‹ CorrespondanceChapitre 29 sur 50 · J f(-vricr IS.TI · texte numérisé non relu

J f(-vricr IS.TI

Vous avez raison, mon anii, mille fois raison. Je n'ai jamais songé à dirif/cr un llié;'ilie, m.iis ;i en arinr ini. Je ne veux pas ùlre directeur d'une" (roupc. n)ais |.r(ipriétaire <run(^ exploitation, niailre «riiii aiclicr oii r;irl

se cisèlerait en grand, ayant tout sous moi et loin de moi, directeur et acteurs. Je veux pouvoir pétrir et repétrir l'argile à mon gré, fondre et refondre la cire, et pour cela il faut que la cire et l'argile soient à moi. Du reste, quelqu'un administrera, dirigera pour mon compte à moi. Je ne ferai que des pièces et, la machine une fois en train, je les irai peut-être faire au lac de Côme ou sur les bords du Rhin, ou chez vous. Je serai même moins mêlé de cette façon aux choses du théâtre qu'en restant auteur du dehors. Ce qui salit le poète, ce sont les tracasseries de la couhsse. Vous concevez qu'il n'y a pas de tracasseries pour le maître. D'ailleurs, aurai-je un théâtre, et tout ceci n'est-il pas une chimère?

Mais tranquillisez-vous, venez me voir, je vous achèverai cette lettre en causerie. Je ne saurais vous dire combien la vôtre m'a touché. Pour rien au monde je ne froisserais une si noble et si tendre amitié quand même elle aurait tort, mais ici elle a raison. Je suis, j'étais, d'avance, d'accord avec vous. Le fond de moi ne change pas; vous savez que je suis un homme .synthétique, et par conséquent plein de préjugés.

Gardez cette lettre bien secrète et bien entre nous deux pour mille raisons, et venez me voir. J'ai un service à vous demander.

Ex iuio corde.

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