‹ CorrespondanceChapitre 9 sur 50 · A M. VILLARS · texte numérisé non relu

A M. VILLARS

l'aurais voulu l'agréable et utile commerce de M. YiUars. Je suis enchanté aujourd'hui qu'une circonstance fortuite me ramène vers lui et me mette à même de renouer une connaissance qui m'est si précieuse. M. de Lamartine, mon ami, est un des candidats à la place vacante dans l'Académie française; et, avant de se présenter chez M. Villars, il a désiré que je le prévinsse. Je lui ai dit que la bienveillance dont M. Villars m'avait donné tant de preuves ne sulfisait pas seule pour fixer son choix; mais je ne doute pas que le mérite éminent et l'admirable talent de M. de Lamartine ne soient des recommandations très puissantes auprès de M. Villars. MM. de Chateaubriand et l'évèque d'IIermopolis s'intéressent vivement à la nomination de M. de Lamartine. M. Villars se plaira sans doute h joindre son suffrage au leur et à aplanir à ce beau talent l'entrée de l'Académie où M. Villars occupe une place si distinguée.

Je serai personnellement heureux et flatté d'avoir attiré son attention sur M. de Lamartine; et la nomination de ce poète ajoutera une nouvelle obligation à toutes celles que j'ai déjà à mon ancien et respectable ami M. Villars. J'aurai l'honneur de revenir.

Victor Hugo.

Monsieiir le comte François de Neuf château, de V Académie française,

\o novembre 18'24.

Monsieur le comte,

Vous avez peut-être oublié mon nom; mais moi jamais je n'oublierai la bienveillance avec laquelle vous avez bien voulu accueillir mes premiers essais. C'est de cette bienveillance que j'ose aujourd'hui vous demander une preuve qui, pour ne pas m'être personnelle, ne me sera pas moins chère.

Un fauteuil est vacant à l'Académie française; je n'ai certes pas la prétention de dicter un choix à un goût aussi sûr que le vôtre : je me permettrai seulement d'appeler votre attention sur un célèbre candidat, qui est mon ami et dont je vous ai vu il y a quelques années admirer les premières poésies; c'est vous nommer M. Alphonse de Lamartine.

M. de Lamartine s'empressera d'aller lui-même briguer votre suffrage et je ne doute pas qu'il ne l'obtienne par son seul mérite de votre impartialité si

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