‹ Correspondances du siècle dernier, un projet de mariage du Duc d'Orleans (1836), Lettres de Léopold Ier de Belgique a Adolphe Thiers (1836-1864), Documents inédits publiés avec des avertissements et des notesChapitre 42 sur 43 · CORRESPONOANCES DU SIÈCLE DERNIER · texte numérisé non relu

CORRESPONOANCES DU SIÈCLE DERNIER

fiance de l'empereur Alexandre, et plusieurs fois à la tête de l'état-major général russe. L'ouvrage a un M. de Bernhardi ' pour éditeur et paraît à Breslau. 11 est malheureusement en allemand. Ce n'est que le quatrième volume qui mérite votre attention. Tout est parfaitement vrai, car je puis en juger ^, et cela fait voir l'inconcevable manière de faire la guerre des alliés d'alors.

J'espère que vous me donnerez de bien bonnes nouvelles de votre santé, et je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments d'une bien sincère amitié.

Léopold R.

Laeken, i4 mars 1860.

Mon cher Monsieur Thiers,

Conformément à une bonne et ancienne habitude, je me rappelle à votre souvenir dans cette nouvelle

comte russe après la victoire de Kulefce ; en i833, il fut préposé aux voies de communication.

' Le personnage dont Léopold I" parlait avec cette indifTérence un peu dédaigneuse est Félix-Théodore de Bernliardi (i8o2-l885), le fameux historien et théoricien militaire. Les DenkwiirdigkeUen aas dem Leben des Grafen Toll, ouvrage plus personnel que ne l'indique ici le roi des Belges, excitaient en particulier l'admiration du futur maréchal de Moltke.

• On sait que le prince Léopold de Saxe-Gobourg avait fait dans l'état-major du tsar A-lexandre les campagnes de i8i3 et 1814.

année, car j attache à ce souvenir un bien grand prix. Si au lieu de vous écrire je pouvais comme dans les temps anciens échanger mes idées avec vous, cela serait pour moi une bien vive satisfaction, mais hélas ! cela est difficile. L'année dernière nous donnerait bien matière à discuter politiquement et militairement.

On ne peut pas nier qu'il y ait eu des dangers très réels, mais le Providence paraît vraiment protéger la France. Il reste beaucoup à faire et cela créera un étrange état de choses pour l'Europe.

Ici nous allons bien. Je regrette seulement une trop grande violence des partis, suite de ce qu'avait dirrégulierla fuite du cabinet de 1857.

L'irritation qui est restée au parti conservateur prouve le progrès des idées constitutionnelles, car c'est ce qu'il y avait incontestablement d'irrégulier dans les événements de 1857 qui les irrite le plus. Ils se seraient soumis à un mode plus régulier.

Je suis curieux de voir comment les Italiens constitutionnels mèneront leurs affaires. Jusqu'à présent l'assemblée de Turin n'était qu'une réunion de gens qui attendaient les événements qui ont eu lieu depuis. Gela ne donne donc encore la mesure de rien. Il y aurait tant de choses à dire, si l'on n'entrait même que dans un examen superficiel des choses, que je dois me borner à vous prier de me conserver votre bienveillance et de croire que mes sentiments d'amitié pour vous sont immuables.

Léopold R.

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