Directeur de l'Europe littéraire
190 CORUKSPONDANCE.
la robe blanche qu'on appelle gloire, honneur, réputation, pour y laisser tomber une tache.
Merci de votre bonne lettre ; merci de celle d'Auguste : dites-lui qu'il sera fait comme il veut, que je suis son banquier, et que, quand je viendrai, il me dise ce qu'il lui faut; je ne puis pas lui répondre, mais je puis bien penser à lui, et l'aimer.
Je ne dors plus que cinq heures; de minuit à midi, je travaille à mes compositions, et, de midi à quatre heures, je corrige mes épreuves. Le 25, j'aurai quatre volumes imprimés. Eugénie Grandet vous étonnera.
J'ai un événement bien grave dans ma vie, et dont je ne peux vous parler qu'à Angoulême. Peut-être réclamerai -je toute votre amitié pour une chose que je ne saurais confier qu'à vous.
Adieu, mille tendresses; et dites à M. Garraud et à Auguste tout ce que je ne puis dire ici.
A LA MEME
Paris, fin de décembre 1833.
Mon Dieu, pour un ami qui sait ce que vous mettez dans chaque point de broderie, le beau présent, le précieux souvenir que vous me donnez ! Merci mille fois !
Je ne puis rien dire de vos critiques S si ce n'est que les faits sont contre vous. A Tours, il y a un épicier en boutique qui a huit millions; M. Eynard, simple colporteur, en a vingt, et a eu treize millions en or chez lui; il les a placés en 181/; sur le grand-livre, à cinquante-six francs, et s'en est ainsi /ait vingt. Néanmoins, dans la prochaine édition, je baisserai de six millions la fortune de Grandet; et, à Frapesle, je vous répondrai successivement sur vos critiques, dont je vous remercie. Peut-être verrez-vous que autre est le point de vue de l'auteur, autre celui du lecteur. Mais rien ne peut vous dire quelle est ma gratitude pour les soins maternels que me dénoncent vos observations.