Rue des Batailles, n
Je ne suis rentré hier qu'à onze heures, à cause d'une affaire grave qui m'avait fait sortir à l'heure même de mon coucher. Je n'ai pu aller à l'imprimerie : les fautes sont restées; mais il sera pardonné à qui a beaucoup péché !
Si vous me demandez une autorisation écrite de vous laisser enlever les fautes de français, je vous la donne d'autant plus volontiers, qu'elle est extrêmement utile pour moi qui ne puis parvenir à les ôter toutes qu'à coups d'épreuves, et qui en trouve toujours !
Mille compliments.
A M. HIPPOLYTE SOUVERAIN, A PARIS
Les Jardies, M juin 1839.
Monsieur Souverain,
Il y a d'horribles fautes dans Bèatrix, et c'est la dernière fois que j'abandonnerai la lecture de mes épreuves. Vous vous souciez d'un livre comme un épicier de ses pruneaux. C'est fort mal à vous autres libraires !
Si par hasard vous veniez me voir, voulez-vous vous charger de prendre chez votre voisin ^ un Byron, deux exemplaires de la Peau de chagrin, qu'il doit m'envoyer, et de lui demander de plus un Père Goriot ?