A M. ALBERT MARCHAND DE LA RIBELLERIE, A TOURS
Paris, 1844.
Mon cher Albert,
Ta crois que nous sommes quittes de Tinfâme Berrué! M. Odier a renvoyé la caisse, qui ne lui appartenait pas, sans s'en inquiéter davantage ; et elU n'avait pas d'adresse ! et il ne sait pas, après avoir regardé la lettre de voiture, à quel roulage elle est retournée! Il faut donc que, courrier par courrier, tu me dises à quel roulage de Paris la caisse a été expédiée.
■ Voilà un cadre qui, par les démarches qu'il a nécessitées, me coûtera trois cents francs de temps perdu. N'avais-je pas raison de vouloir l'emporter par la diligence? il m'aurait coûté moins, et je ne sais pas s'il sera temps.
Merci de ta bonne lettre. Quoi qu'il arrive des perles, il faut les donner quand on en doit. M. Loiseau ne se doute pas que les Anglais et autres étrangers offrent des billets de mille de ce que je lui ai envoyé si coquettement arrangé.
Toi, si rien ne s'y oppose, je te donnerai le manuscrit des Illusions perdues, puisque je l'ai martelé dans ton grenier de peintre.
Je ne te répéterai pas ce que tu m'as dit sur les amitiés d'enfance, parce que tu imagines bien que ce sont des choses vissées dans le cœur, quand on a un cœur.
Tout à toi.
Courrier par courrier, entends-tu? Il n'y a guère de chance d'avoir des doreurs, et Boulanger est chagrin s'il ne voit pas un cadre taillé.
Tous les beaux cadres que tu verras, achète-les-moi, tant qu'ils seront entre dix et trente francs et bien richement sculptés. J'en ai besoin de cinq, dont deux de /^6 sur 3/i, carrés.
Addio carol Surveille les bois; quand tu trouveras qu'ils sont beaux, écris-moi; j'irai à Tours.