‹ Correspondence 1819-1850 (volume 2)Chapitre 180 sur 229 · A UN JEUNE AUTEUR DRAMATIQUE · texte numérisé non relu

A UN JEUNE AUTEUR DRAMATIQUE

Paris, 5 novembre 1844.

Monsieur,

Sans deux petites indispositions qui se sont suivies, et qui m'ont tenu successivement au lit, je vous eusse répondu plus tôt. J'ai reçu votre essai dramatique et je l'ai lu avec plaisir; néanmoins vous savez que, si l'on répugne déjà beaucoup à la vérité dramatique de nos histoires, il est presque impossible de montrer à la scène les Romains tels qu'ils étaient et sans les échasses que leur ont adaptées de beaux génies.

Je vous remercie d'autant plus des choses flatteuses que vous voulez bien me dire sur mes travaux, que je ne suis pas accoutumé à ces sortes de gracieusetés. Un travailleur éternel, enseveli dans les difficultés, n'a pas le temps de vendre un sou d'éloges à chaque passant, pour en recevoir cette masse d'or qu'on nomme la gloire; mais, quelque occupé que je sois, je suis bien sensible à ces paroles spontanées et parties du cœur, qui sont au moins signées

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par rocciipation que donne une lettre à écrire ; les noms qui les marquent sont tous à part dans une place de mon cabinet. Vous me permettrez de ne pas accepter de si magnifiques éloges dans leur entier, mais de vous remercier avec cordialité du sentiment auquel je les dois. Je suis un de ceux qui disent à tous les gens de bonne volonté : « Travaillez! » Nous nous en allons, nous autres, et il faut continuer Tœuvre.

Agréez donc, monsieur, l'assurance de mes sentiments les plus distingués.

A MADAME EMILE DE GIHARDIN, A PARIS

Paris, décembre 1844.

Je suis très-susceptible de vous présenter M. Hetzel, aujourd'hui à trois ou quatre heures. Je profite de cet avis pour mettre à vos pieds un homme fort comme Nicolas Tonsard, et malicieux comme le père Fourchon\ mais bête quand il vous voit, et qui n'est autre que l'un des trois auteurs, selon vous, de la Bilboquèide.

Il est huit heures, jeudi; je reçois votre lettre d'invitation pour voir Lautour-. Jugez de mon chagrin! Hier, j'avais un dîner d'affaires; mardi, Dujarier me retint, et j'appris l'arrivée de Lautour. J'irai tantôt, vers trois heures, causer de mes malheurs avec vous. J'ai du monde à dîner aujourd'hui.

A M. CHLENDOWSKI, LIBRAIRE ÉDITEUR, A PARIS

2 0 décembre 1844.^

Mon cher .monsieur Ghlendowski,

J'ai le plus urgent besoin des bonnes feuilles d'une Passion dans le désert. J'ai eu plus tôt fini votre ouvrage que vous n'avez fait

1. Pcrsonnaî^cs du roman les Paysans, que pul)liait alors la Presse.

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