‹ Correspondence 1819-1850 (volume 2)Chapitre 204 sur 229 · La Dernière Incarnation de Vautrin · texte numérisé non relu

La Dernière Incarnation de Vautrin

COllUKSPONDANCE. 561

MADAME LAURE SURVILLE, A PARIS

Ma dière La tire,

Tant que je ne l'écrirai pas: « Cela va bien! » c'est que cela va toujours de plus mal en plus mal. Je travaille jour et nuit, je suis attaqué de tous les côtés, et il faut une terrible énergie pour que la tête reste libre quand le cœur souIFre tant!

Mille tendresses.

Ça ne s'appelle plus Mercadetj ça s'appelle le Spéculateur. C'est vraiment, je crois, profondément comique. Mais il ne faut pas arrêter sur les romans! C'est affreux! toujours créer, travailler de la main droite, et combattre de la gauche !

CGCXXXI.

Vierzschovnia, 8 octobre 1847.

Ma chère sœur,

Je suis arrivé ici sans autre accident qu'une excessive fatigue ; car j'ai fait le quart du diamètre de la terre, et même davantage en huit jours, sans m'arrêter ni me coucher; si j'avais doublé le chemin, je me serais trouvé par delà l'Himalaya ! Comme je suis arrivé dix jours avant ma lettre, j'ai beaucoup surpris mes amis, qui ont été très-touchés de mon empressement.

Cette habitation est exactement un Louvre, et les terres sont grandes comme un de nos départements. On ne se figure pas retendue et la fertilité de ces terres qu'on ne fume jamais, et où l'on sème du blé tous les ans. Quoique le jeune comte et la jeune comtesse aient à eux deux quelque chose comme vingt mille paysans mâles, ce qui fait quarante mille âmes, il en faudrait quatre cent mille pour pouvoir cultiver toutes les terres. On n'ensemence que ce qu'on peut récolter.

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