XXIV
— iMais, monsieur, je ne vois pas...
— Allons, taisez-vous, raisonneur!
Et il se tait.
Il bat mes habits, balaye en chantant, chante en balayant, rit en causant, cause en riant. Au total, c'est un bon garçon. Il a mis mon linge en ordre dans l'armoire à côté de la cheminée, après l'avoir bien collée en papier blanc; avec six sous de papier bleu et de la bordure qu'on lui a donnée, il m'a fait un paravent. Il a peint en blanc la chambre, depuis la bibliothèque jusqu'à la cheminée. Quand il ne sera pas content, — ce qui n'est pas encore arrivé, — je l'enverrai à Villeparisis ^ chercher du fruit, ou bien à Alby ^ voir comment va mon cousin.
Assez parlé de mon domestique ; parlons du maître, le maître qui est Moi.
J'ai fait, ma chère sœur, dorer la cage du moineau le mieux possible ; il faut joncher sa vie de fleurs, et j'y travaille quand je t'écris.
— Tiens ! comme il est galant, mon frère !
Comment! tu ne vois pas que c'est un petit reste des galanteries que je débite à la demoiselle du second? Mais, hélas! mes amours ont été furieusement troublées, depuis que je me suis aperçu qu'elle aime un domestique! Oui, Moi-Même lui conte fleurette !
Maintenant, je vais bavarder, et, puisque j'en ai fini avec la gazette officielle, voici le feuilleton.
Le père et la mère du second m'ont l'air de braves gens; mais je n'ai pas encore pu deviner ce qu'ils sont. Le père est paralysé de tout le côté gauche.
J'ai aussi dans mon propriétaire un excellent homme. Sa femme est femme de commerce, un peu commune, malgré son bel air. Ils ont deux enfants : un fils — l'aîné, qui est un grand paresseux !
— et une fille mariée au marchand de porcelaines de la rue du