‹ Correspondence 1819-1850 (volume 2)Chapitre 36 sur 229 · Voir le texte de cette lettre, tome XXII, page 579, note · texte numérisé non relu

Voir le texte de cette lettre, tome XXII, page 579, note

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a mademoiselle lacre de balzac * , a villepari5is (seine-et-marne).

Paris, 12 avril 1810.

Ta veux, ma chère sœur, des détails sur mon emménagement et ma manière de vivre, en voici ! ^*

J'ai répondu à maman elle-même sur les achats ; mais tu vas frémir, c'est bien pis qu'un achat : j'ai pris un domestique î

— Un domestique ! Y penses-tu, mon frère ? p Oui, un domestique. 11 a un nom aussi drôle que celui du docteur Nacquart* : le sien s'appelle Tranquille: le mien s'appelle Moi-yième, Mauvaise emplette vraiment I... Moi-Même est paresseux, maladroit, imprévoyant. Son maître a faim, a soif : il n'a quelquefois ni pain ni eau à lui offrir; il ne sait pas même le garantir contre le vent, qui souffle à travers la porte et la fenêtre comme Tulou dans sa flûte, mais moins agnréablement.

Dès que je suis éveillé, je sonne Moi-Même, et il fait mon lit. Il se met à balayer et n'est guère adroit dans cet exercice.

— Moi-même!

— Plaît-il, monsieur?

— Regardez donc cette toile d'araignée où cette grosse mouche pousse des cris à m'étourdir ! ces moutons qui se promènent sous le lit! cette poussière sur les vitres qui m'aveugle !

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