‹ Correspondence 1819-1850 (volume 2)Chapitre 70 sur 229 · Enquête sur la politique des deux ministères · texte numérisé non relu

Enquête sur la politique des deux ministères

2. Nouvelle de Henry Berthoud, qui dirigeait alors la Gazette de Cambrai et désirait collaborer à la Hevue de Paris.

chainement dans la Revue et à vous faire écrire par Rabou, ou je ne serai qu'un sot.

Vous allez voir, du reste, avec quelle fidélité je suis obligé de faire vos affaires. Ce que vous m'avez dit de Cambrai m'a suggéré l'idée de m'y présenter comme candidat. — Ouf! tout est dit. Alors, vous allez vous écrier ; « Ce vil flatteur!... » Entre deux journalistes, toute finesse est, je crois, inutile, et le contrat que j^ signe avec vous en ce moment est d'une étendue que je ne méconnais pas. Je commencerai par faire assez pour vous, ici, pour que vous me pilotiez là-bas.

En ce qui vous concerne, je vous prierai de tenir tout prêt quelque article dans lequel vous mettiez toutes voiles dehors; je vous dirai confidentiellement, sans faire la croix, d'arrondir vôtre pensée et vos périodes, de donner je ne sais quel vernis à vos phrases, d'opposer des phrases courtes à des phrases cicéronniennes, etc., et de jeter de la poésie et de l'observation dans quelque sujet neuf.

Vous verrez dans six semaines pourquoi je vous demande de tenir cela prêt.

Maintenant, quant à moi, écrivez-moi quelle espèce d'ouvrage politique pourrait appuyer ma candidature à Cambrai. L'Assemblée future peut être fort orageuse; elle est grosse d'une révolution. Il est possible que les gens de votre arrondissement préfèrent voir au jeu une tête parisienne plutôt que les leurs; une ville aime toujours assez à se voir représentée par un orateur, et, si j'aborde l'Assemblée, c'est avec la pensée de jouer un rôle politique et d'en faire profiter la patrie adoptive dans laquelle j'aurai reçu le baptême politique de l'élection. Tous mes amis de Paris fondent, à tort ou à raison, quelque espérance sur moi. J'aurai pour appui: vous, si cela entre dans vos vues, la Revue de Paris, le Temps, les Débats, le Voleur, un petit journal, et ce que, d'ici là, je ferai.

J'attends de vous même confiance. Vous voyez que je brûle ma flotte avec vous !

CORKESPONDANCE. 89

A .M. CHARLES GOSSELIN, LIBRAIRE ÉDITEUR, A PARIS

Paris, juillet 1831.

Mon cher Gosselin, *

J'ai promis d'acquitter le compte de Levavasseur aujourd'hui; auriez-vous la complaisance de remettre au porteur du présent un effet à trois mois, de .deux cent cinquante francs?

Je vous ai dit, dans le temps, la difficulté que j'aurais de placer des effets; mais celui-là me paye une dette, et il peut vous être indifférent de me le remettre aujourd'hui ou dans vingt jours, puisque cela n'anticipe pas réellement le payement.

Votre neveu a dû vous dire que je me suis renfermé et que je ne quitte pas la Peau de chagrin qu'elle ne soit finie. J'ai bien préparé le succès. Madame Récamier a réclamé une lecture; en sorte que nous aurons encore une immense quantité de prôneurs dans le faubourg Saint-Germain.

Vous ferez bien de mettre dans les journaux un avis pour les libraires de province, afin qu'ils vous envoient à l'avance leurs demandes, parce que je sais, par plusieurs personnes, que cela sera d'un bon effet.

Vous pouvez annoncer maintenant hardiment pour le 25 ; nous arriverons à peu près.

Tout à vous.

Et mille compliments affectueux à madame Gosselin.

A MADAME LA DUCHESSE d'aBRANTÈS, A VERSAILLES.

Paris, juillet 1831.

Nous n'avions pas pensé aux fêtes des 27, 28 et 29 juillet! 11 m'est impossible d'avoir le plaisir de dîner avec vous; je suis mis en réquisition par le feu d'artifice et le concert et la donna. Vous comprenez et me pardonnez.

Vous me devez un autre jour, mais avant samedi; car j'irai pour un mois à la campagne.

Mille amitiés.

Mardi, si vous voulez. J'aurai une lettre à remettre à mademoiselle Joséphine. •

A LA MÊME. '

Paris, 1831.

Pardonnez-moi de vous envoyer ainsi incongrûment votre argent ; mais les placards pourraient me faire oublier ma dette ! Il n'y a qu'une chose qu'ils me laissent en mémoire, c'est notre délicieuse soirée et toutes vos bonnes gracieusetés , dont j'ai toujours le goût au cœur.

Mille douceurs et tendresses ! Et que sœur Joséphine * ne m'oublie pas en ses prières, moi qui me souviens d'elle en mes bouquins !

Hommages et amitiés dévouées.

A M. CHARLES DE BERNARD^, A BESANÇON

Paris, 25 août 1831.

Permettez-moi de vous remercier cordialement de la promptitude avec laquelle vous avez parlé de mon livre ^. Un critique du Jour^ nal des Débats m'a communiqué votre article; j'ai été agréablement surpris en me trouvant si heureusement compris, bonheur assez rare à Paris. L'analyse de mon livre y est faite avec une rapidité

1. Mademoiselle Joséphine Jiinot avait été sœur de charité pendant quelques années.

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