‹ Correspondence 1819-1850Chapitre 15 sur 81 · LA COMMISSION DITE DU MANIFESTE · texte numérisé non relu

LA COMMISSION DITE DU MANIFESTE

Messieurs,

11 m'est impossible d'aller lundi ou tout autre jour de cette semaine à la commission, car je serai absent pour huit jours; mais j'ai maintenant, sur ce qu'on nomme le

1, Notes sur la propriété lUicrairSt

CORRESPOxNDANCE. 2\

manifeste, une opinion arrêtée et mûrie. Je suis d'avis de cesser, comme commission, ce travail, et de demander Tajournement à trois mois ; voici mes raisons :

!• Je désirerais que l'écrit fût adressé au roi, ce qui rendrait la chose plus grave, le langage d'une respectueuse audace ;

2** Que toutes les questions y fussent traitées d'une manière générale, d'abord grief par grief, mais ensuite en entrant dans la question jusqu'au vif, aux choses et aux intérêts, en y mêlant des faits statistiques venus de source qui les rendissent frappants pour les gens d'affaires des Chambres ;

3° Qu'il n'y eût pas d'autres conclusions que celles-ci :

Demander l'exécution de la législation par une loi nouvelle du décret sur les prix décennaux ainsi modifiés ;

Un prix de cent mille francs pour la plus belle tragédie ;

idem pour la plus belle comédie;

Idem pour le plus bel opéra (paroles et musique) ;

Un prix de cinquante mille francs pour le plus beau drame des scènes inférieures;

Un prix de cent mille francs pour le plus beau roman;

Un prix de cent mille francs pour le plus beau livre de philosophie chrétienne;

Un prix de cent mille francs pour le plus beau travail de recherches archéologiques ou linguistiques, ou de comparaison transcendante de diverses méthodes, ou de faits iLJioriques et scientifiques, afin de récompenser les créateurs philosophiques ;

Deux cent mille francs pour le plus beau poëme épique ou demi-épique;

Ne rien demaûder pour l'histoire, qui a une fondatioa suffisante, ni rien pour les ouvrages utiles aux mœurs, qui ont le prix Montyon;

Demander que l'Académie française soit juge; qu'elle no puisse diviser les pris; que, si elle ne trouve point d'œavre digne du prix, elle le joigne à celui d'une nouvelle période de dix années jusqu a ce que l'œuvre soit produite;

Que les honneurs accordés aux pairs de France soient également accordés aux membres de riustitut ;

Que les soixante-cinq mille francs de rente nécessaires à ces prix soient donnés à l'Académie par une fondation, afin que l'exécution de la loi ne soit point un caprice des régimes ou des législatures, quitte au gouvernement à diminuer d'autant l'aliocation annuelle qu'il demande aux Chambres pour les lettres;

Enfin, que les places littéraires, telles que bibliothèques, etc., ne puissent être données qu'à des littérateurs, âgés de quarante ans, depuis dix ans dans les lettres, et sur une hste de dix candidats présentés par l'Âcadémio française, et qu'on ne puisse être destitué que par suite d'un jugement encouru;

Que la distribution des prix déceoûâux sait l'objei d'une fête solennelle;

Que le poëie qui aura remporté le prix de t>oêrae épique soit désigné comme candidat à l'Académie ;

Que celui qui aura deux fois remporté le prix de la tragédie ou de la comédie, soit candidat désigné à l'Académie, et, musicien de l'Opérn, désigné candidat à Tlnstitut.

J'irai au comité expliquer mes motifs si vous adoptez mes idées.

Agréez, messieurs, l'expression de mes sentiments les plus affectueux et distingués.

CGXXXIX.

AUX MEMES

Messieurs,

Votre commission, après un travail de quatre séances, a reconnu :

\^ Qu'il était presque impossible de rédiger collectivement un manifeste, attendu que l'on obtenait constamment sept idées pour une, et que, de la discussion perpéuielle, il ne sortait que des phrases incolores;

2° Par suite de la discussion, il est résulté cet avis unanime :

Que le manifeste contenait une suite d'allégations plus ou moins éloquentes, mais essentiellement sujettes à la contradiction ;

Que les corps constitués ne devaient pas procéder par allégations;

Que toute affirmation, es^sentiellement bonne en ellemême, devait reposer sur des faits;

Qu'en conséquence, il était impossible de donner les affirmations sans les faits; qu'à chaque articulation grave, il était de la dignité du comité d'apporter les preuves ou les faits;

3° Que, de ces considérations, il résultait la nécessité de diriger la publication à faire en autant de parties qu'il y a d'ordres de faits différents;

Que chaque paragraphe actuel peut très-bien constituer le sommaire ou le résumé des faits qui sont à recueillir;

Mais qu'alors ce travail exige une division, une augmentation et une distribution nouvelles; que, dans tous les cas, le travail doit offrir ces conclusions.

En conséquence, la commission propose à Tunanimité au comité :

1° La division de la publication en autant de chapitres qu'il y a d'ordres de faits comme idées générales : journalisme, librairie, publicité, loi sur la propriété littéraire, encouragements;

2° La distribution de chaque chapitre à un membre différent du comité, avec la charge de recueillir les documents qui s'y rattachent;

3° La nomination d'un président qui puisse conduire le travail.

Quand tous les éléments seront réunis, la publication aura les caractères qu^elle doit offrir au public, à l'administration et à la Société.

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