A M. AUGUSTE BORGET, CHEZ M. CARRAUD, A FRAPESLE
Aux Jardies, 1 3 août 1840.
Mon bon, vieil et sûr ami, à toute heure, atout moment, vous avez chez moi et les entrées et une chambre. J'ai bien pensé à vous, madame Carraud vous le dira. Qu^nt à ma situation, elle est pire. L'amitié pour vous, les dettes, les travaux, tout a grandi.
Au moment où je vous écris, il y a un Vautrin à Frapesle, et un mot pour la chère et bien-aimée châtelaine.
Je ne puis vous en écrire bien long, mon cher Borget. Il y a la plus touchante histoire que j'aie faite, la Messe de l'athée, qui vous est dédiée. Cela vous dira tout.
Venez, cher! vous serez reçu comme la veille de votre départ.
Pendant que vous travailliez, que vous parcouriez le monde, j'avançais dans cette œuvre dont vous savez le plan, l'étendue et les détails innombrables. Point d'amis, beaucoup d'ennemis, voilà ce qui est du personnel.
Je suis bien heureux de vous savoir revenu en France, bien portant et persévérant dans votre carrière; mais j'eusse été plus content encore de vous savoir rapportant de quoi établir votre indépendance. Je suis un triste exemple de ceux qui comptent sur l'art pour vivre.
Là où je suis, je suis dans Paris, et bien moins éloigné du centre que je n'étais à Ghaillot et rue Gassini.
Adieu, cher, bien cher! je n'ai pas le temps de vous envoyer autre chose qu'une poignée de main et un baiser fraternel. Vous savez que j'ai fait une perte cruelle et qui a blessé ma vie. On tient bien aux amitiés qui nous restent et qui sont anciennes; aussi plus viennent les années, plus on s'attache. Dites-le bien à madame Zulma, à qui j'envoie mille tendresses. Mes amitiés au commandant. Embrassez Yorik pour moi, puis trouvez ici les plus vives effusions de mon cœur.
10 CORHESPONDANCE.
CGXXVII.
A M. CHARLES DE BERNARD, A PARIS
Paris, jeudi matin, 1840.
Mon cher de Bernard,
Je pars pour les Jardics jusqu'à morcredi prochain ; si vous voulez venir voir un matin la niche dont je vous ai parlé, venez! puis prenez la réponse que vous savez pcuir les deux ouvrages de Mitouflet ou ^Élection en province et Qui a terre a guôrre; il faut, et pour cause, une décision avant jeudi prochain; il y a marchand, comme disent les acquéreurs aux ventes.
Mille gracieusetés et fleurs d'amitié; venez m'aider, avec In Fosseasc^, à ranger mes livres; vous aurez cin- ((Uantc S0U9 par jour et le vin.