‹ Correspondence 1819-1850Chapitre 76 sur 81 · A M. LOUIS VÉRON, DIRECTEUR DU CONSTITUTIONNEL · texte numérisé non relu

A M. LOUIS VÉRON, DIRECTEUR DU CONSTITUTIONNEL

A PARIS

Dresde, 1 1 mai 18 50.

Mon cher Véron,

On se marie à sept cent cinquante lieues de Paris, dans un pays de gouvernement absolu; on se croit à l'abri du pillage, et me voilà pillé, abîmé dans ma considération, et trahi comme un roi M

La lettre ci-jointe vous dira combien je suis furieux, et je vous prie de l'insérer dans le Constitutionnel dès qu'elle vous/sera parvenue^.

Excusez le griffonnage ; j'ai une maladie nerveuse qui s'est jetée sur les yeux et sur le cœur ; je suis dans un état affreux pour un homme nouvellement marié ; mais il y a dans cette misérable affaire une compensation , c'est que je puisse me rappeler à votre bon souvenir à travers mon voyage.

Oh! quelles belles choses il y a ici! J'en suis déjà pour une toilette de vingt-cinq à trente mille francs, qui est mille fois plus belle que celle de la duchesse de Parme. Les orfèvres du moyen âge sont bien supérieurs au nôtre, et j'ai découvert des tabk-aux magnifiques. Si je reste, il n'y aura plus un liard de la fortune de ma femme, car

1. On avait annoncé, sans le consentement de Balzac, une reprise de Vautrin.

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