Jésus-Christ en Flandre lui est dcdié
CORBESPONDAINCE. 4!
beaux endroits d'une symphonie de Beethoven, les deux jours que j'ai eus de vous; en sorte que — ce qui m'ar-; rive rarement — je fuis resté les lettres à la main, pensif, me faisant un poëme à moi tout seul, me disant : « Elle a donc conservé souvenir d'un cœur dans lequel elle a pleinement retenti, elle et ses paroles, elle et ses poésies de tout genre? » Car nous sommes du même pays, madame, du pays des larmes et de la misère. Nous sommes aussi voisins que peuvent l'être en France la prose et la poésie, mais je me rapproche de vous par le sentiment avec lequel je vous admire, et qui m'a fait rester une heure de dix minutes devant votre portrait au Salon.
Allons, adieu. Ma lettre ne vous dira pas toutes mes pensées; mais trouvez-y intuitivement toute Tamitié dont je la charge, et tous les trésors dont je voudrais pouvoir disposer. Ah ! si Dieu me prêtait sa puissance, tous ceux que j'aime auraient, selon leur goût, une grande, une petite, une moyenne Grenadière et toutes les joies du paradis par avance, car à quoi bon les faire attendre?
Adieu donc; baisez Ondine au front pour moi, et gardez, je vous prie, comme quelque chose de vrai, mon sincère attachement et ma vive et sympathique admiration.
CGXXIX.
A MADAME LAUP.E SURVILLE, A PARIS
Les Jardics, 23 septembre 1840.
Je ne peux aller te voir, chère sœur : la fatigue me cloue !ci; j'arrête mon travail de nuit jo m^' couche tôt et dors.
i2 CORRESPONDANCE.
Je ne vais nulle part, je suis brouillé avec M. de Girardin; j'ai déjà rompu avec ce coin du monde.
Ma troisième livraison de la Revue parisienne paraîtra dans deux jours.
Ne te tourmente pas, j'arrangerai le payement dont tu me parles. Pourquoi ma mère est-elle triste? J'ai encore à souffrir, il est vrai; mais, dans le combat, il faut marcher sans s'attendrir.
A bientôt, quoique cela; tu sais si le faubourg Poissonnière m'attire. Venez à Ville-d'Avray, d'ailleurs, si vous vous ennuyez trop après le frère.
A M. LOUIS DESNOTERS, A PARIS.
Sèvres, vendredi soir, 1840, Mon cher Desnoyers,
On m'a jeté, sans aucun égard à ma qualité de membre de la Société des gens de lettres, dans une ignoble prison à Sèvres, pour ne pas avoir été, dans les vignes, voir si des échappés de Paris ne mangeaient pas les raisins. Grave crime envers la garde nationale rurale instituée pour préserver les vendanges 1 Et j'en ai pour soixante -douze heures.
Il m*est impossible de me rendre à l'assemblée*, et je vous explique le cas, afin qu'on n'y voie pas autre chose que la difliculté de sortir. C'est absolument aussi rigou-