‹ CorrespondenceChapitre 2 sur 16 · RÉPONSE DU SÉNATEUR SUMNER · texte numérisé non relu

RÉPONSE DU SÉNATEUR SUMNER

Washington, 29 Juillet 1872. #

I Messieurs et chers concitoyens:

Si j’ai tardé à répondre à votre communication du 11 Juillet, qui m’a été remise par votre Committé, ce n’est pas parce que je doutais du parti que vous avez à prendre, mais bien parce que je desirais y réfléchir, et m’aider des renseignements que ce délai pouvait me fournir. J’ai, depuis, considéré avec soin les divers points de la requête qui m’a été adressée; écouté les prétentions de l’un et l’autre parti: et mon jugement s’accorde aujourd’hui avec les conclusions auxquelles j’étais arrivé dès le principe. Je suis bien touché de l’appel que vous m’adressez. Il est bien vrai que je suis l’ami de votre race, et suis bien aise d’apprendre que, dans votre opinion, j’ai suivi au Sénat et ailleurs une ligne politique que vous approuvez, en la qualité que j’ai assumée d’ avocat de vois droits: Cette ligne politique, avec l’aide de Dieu, j’y persisterai aussi longtemps que je vivrai. Je sais les nombreux griefs dont vous avez à vous plaindre, et je les ressens comme si j’en souffrais moi même. Vous ne faites que me rendre justice quand vous affirmez que mes conseils, dans les cir constances critiques où nous sommes, seront exempts de toutes considérations de personnes et de préjugés politiques.

En répondant à votre requête, je n’ai en vue que votre bien, et c’est avant tout ce que je recherche. Je ne souffrirai pas l’intervention d'aucune influence étrangère, en accomplissant cette mission. Car les circonstances sont trop solennelles. Il n’y a surtout pas de place ici pour des considérations de personnes ou de parti. Aucun homme, aucun parti ne saurait espérer le pouvoir, à moins que ce ne Soit en vue du bien public. Par conséquent, il faut que l’un et l’autre s’inclinent devant la vérité, qui est dépourvue d» tout sentiment comme de tout préjugé.

question proposée.

Vous avez raison de dire que le choix des électeurs présidentiels est limité maintenant au Générai Grant et à Horace Greeley; l’un de ces deux hommes sera élu ; et prenant en considération que je connais l’un et l’autre, que j’ai observé leur carrière, vous me de- I mandez de me prononcer ; vous me deman-

dez lequel des deux, au poiut de vue de leurs antécédents, aussi biefi que de leur position présente, fera le mieux exécuter la constitution et les lois, de manière à vous assurer la plus entière jouissance de vos droits civils et politiques. Ici, je remarque que vous placez naturellement en première ligne l’exercise de vos droits. Je vous approuve; car je crois très sincèrement que les intérêts bien ♦entendus du pays dépendent de la reconnaissance absolue de vos droits, de manière à permettre aux deux races de vivre côte à côte, en parfaite harmonie. Je remarque aussi que vous appelez mon attention sur ces deux points : “ Les antécédents des candidats et leur position présente.” Vous désirez savoir en prenant ces deux points comme critérium, lequel des deux candidats offre le plus de garanties qu’il maintiendra vos droits et montrera, dans l’accomplissement de cette mission, le plus de vigueur et de sympathie; en d’autres termes, lequel, jugé par son passé, sera votre plus ferme ami.

La lettre que vous m’avez écrite n’est pas la seule de ce genre que j’aie reçue. Des personnes de couleur m’ont écrit de divers points de l’Union — je pourrais dire de chaque Etat de l’Union — et adressé pareille requête; quelques unes se sont plaintes que j’aie gardé si longtemps le silence. Je sens profondément la confiance dont je suis l’ob jet ; mais si mes conseils doivent être donnés, ils doivent l’être en accord avec ma conscience. C’est dans ce sens que je réponds à votre requête, et je commence par les antécédents des deux candidats,

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