‹ Correspondence entre l'Hon. W.H. Draper & l'Hon. R.E. CaronChapitre 5 sur 9 · NON PUBLIÉE · texte numérisé non relu

NON PUBLIÉE

l^VHon. L, H. Lafoniaine à VHm. R. E. Caron,']

Montréal, 26 Octobre. 1845.

Mon cher ami,

J'ai reçu votre lettre en date d'avant-hier, et la copie de celle que vous avez adressée à M. Draper le 17 du mois dernier.

Morin qui doit vous transmettre cette lettre vous dira que ce n'est pas notre correspondance qui a donné lieu aux articles du Pilot et de la Minerve auxquels vous faites allusion.

Au point où en est rendue la négociation dont M. Draper vous a chargé, elle cesse de me regarder personnellement. Je ne le regrette pas, car cela me relève de toute responsabilité ; et comme mon exclusion d'une nouvelle organisation du ministère ne contrarie ni mes vues ni mes goûts, je n'y ai donné mon consentement que plus volontiers.

ïl y a cependant deux points, dans votre lettre à M. Draper, sur lesquels je dois vous faire quelques observations. 1 "=• . A raison de la généralité de vos expressions dans quelques parties de votre lettre, des personnes pourront peut-être y donner un sens ditïérent de celui que vous avez sans doute eu l'intention d'y attacher. Elles pourront peut-être interpréter votre lettre comme admettant en principe qu'un parti politique, sous la forme actuelle de notre gouvernement, •doit sacrifier l'un de ses membres, lorsque le caprice d'un gouverneur le demande. Si une telle opinion était entretenue par quelques personnes de notre parti, je désire saisir cette occasion pour déclarer que cette opinion n'est pas la mienne. Un parti politique peut demander des sacrifices à l'un de ses membres, mais il ne doit jamais l'immoler à la rancune, aux caprices d'un gouverneur. 2 ° . La partie de la même lettre, dans laquelle vous parlez de l'équité d'appeler la minorité à la discrétion des affaires, semble avoir besoin d'être expliquée. D'après sa rédaction elle me paraît en quelque sorte contredire ce que TOUS aviez déjà dit sur le même sujet dans une autre partie de votre lettre. Morin vous fera part de l'objection que j'ai faite à la rédaction de ce passage.

Votre ami,

(Signé) L. H. LAFONTAINK

(traduction.)

{UHon, W. H. Draper à VHon. R. E. Caron.)

(Confidentiel.)

Montréal, 19 Novembre, 1845.

Mon cher Monsieur,

D'après la confiance que vous avez bien voulu placer en moi, vous devez vous attendre à apprendre de moi ce qui, dans tous les cas, je pense, devrait être tenté pour accomplir le seul but que nous nous sommes proposé,

savoir, faciliter la formation d'un gouvernement qui posséderait la confiance du pays généralement. J'ai souvent réfléchi sur le sujet,. avec un bien vif désir d'eflectuer une bonne intelligence avec le parti auquel vous êtes lié comme constituant la majorité de la Représentation du Bas^Canada dans l'Assemblée. La maladie de Lord Metcalfe m'a empêché de lui soumettre la question. Mais quant au résultat de mes propres vues, je puis vous en faire part sans réserve.

Je sens fortement qu'il y a des obligations auxquelles comme homme politique et comme homme d'honneur, je ne puis manquer en ce qui regarde •des tiers, tandis que d'un autre coté j'ai droit d'espérer de leur part ce que,., pour des raisons publiques, je suis préparé à faire.

Maintenant je suis, comme je vous l'ai dit, prêt à céder ma place. Je n'apprécie pas assez la vie publique pour m'y cramponner, ou pour adopter une ligne de conduite autre que celle que je puis ouvertement justifier pour j demeurer. Voilà pour moi.

J'ai senti que notre conseil avait besoin d'être fortifié, et que les charge» d'Orateur du Conseil Législatif et de Président du Conseil Exécutif pouvaient être réunies à l'appui de mon projet, comme moyen d'économie p«blique.

La position de M. Viger, je le sens, lui donne des droits à toute la considération possible de ma part. Je dois avoir pour lui, comme vous le sentirez vous-même, j'en suis certain, tous les égards qui sont dûs à ses sentimens et à ses désirs. Mais je ne vous cacherai pas, et je vous répéterai ce que je vous ai déjà dit, que je considère depuis longtems l'abandon par lui de k place qu'il occupe, comme essentiel à la force du gouvernement. La ma~ nière d'effectuer cette retraite est une autre considération.

Quant à mes autres collègues du Bas-Canada MM. Daly et Papineau e* Smith, je puis vous dire ce que pense de leurs sentimens, spécialement lee deux premiers. Ils ne tiennent pas à garder leurs places, pour embarrasser le gouverneur actuel ou son successeur, dans la formation de son conseil. J'ai souvent eu des conversations avec M. Papineau, et d'après ce qu'il m'a dit, je suis persuadé qu'il n'hésiterait pas un moment à se retirer pour le bien de son pays plutôt que de créer des difficultés en restant au pouvoir. Pour M. Smith, je n'ai eu ?jtîï&tine conversation avec lui sur la possibilité dô sa retraite.

Je puis répondre pour MM. Morris et Cayley comme pour moi-même, que nous ne demeurerons en charge qu'autant que nous pourrons le faire sans compromettre nos caractères comme individus, et que nous y serons utiles au public. Si ces deux bases nous manquaient, nous nous retirerions. Aucun de nous ne placerait de difficultés sur la voie d'arrangements pour la formation d'un bon gouvernement.

Ces prémisses étant posées, je désire maintenant vous faire cette question, afin de prévenir tout malentendu par la suite, et de me mettre en pouvoir d'agir franchement dans cette question vis-à-vis de ceux avec lesquels

ou par Vordre desquels je dois agir, comme je vous avais informé dans ma dernière lettre : " Quelles situations devraient être rendues vacantes, ou quels changements devraient être faits dans l'administration pour satisfaire aux justes attentes des Canadiens-Français en général, et pour obtenir leur appui ;" Je ne vous demande pas de nommer vu que le temps pour une pareille proposition n'est pas encore venu 5 et ce ne serait pas non-plus là, la manière de le faire. Mais si je puis dire distinctement ce que l'on veut comme sine quâ non, je suis en la position de mettre franchement laqueslion devant ceux qui y ont droit et de me consulter avec eux tous sur ce que nous conseillerons. Vous verrez j'en suis sûr, que je ne puis autrement agir honorablement vis-à-vis de mes collègues.

Jusqu'ici nos communications ont été restreintes à nous deux. L'estime que je porte à votre caractère, ma confiance dans votre jugement et la considération que j'ai pour la haute position que vous occupez, m'ont fait désirer une explication, afin que je pusse, en fesant connaître mes propres vues (si vous croyez devoir faire connaître les vôtres,) savoir quelle espérance il y avait d'un rapprochement.

Jusqu'ici notre confiance, je le crois, a été mutuelle. Votre dernière lettre •ontient un exposé franc et intéressant de vos vues générales et de celles de Tos amis politiques. Je puis maintenant aller de l'avant du mom^ent que j'ai votre réponse ; mais comme ce que j'ai à faire est de mettre la question devant le gouverneur et mes collègues, je ne puis le faire, sans votre consentement, ayant à y mêler votre nom ainsi que l'expression de votre opinion sur la question que je vous ai posée quant au changement qu'il était nécessaire de faire.

Croyez-moi, etc.,

IL'Hon. A. N. Morin à VHon. R. E. Caron.]

Montréal, 24 Novembre, 1845.

lîON CHER MONSIEUR ET AMI,

Notre ami à qui votre dernière missive était adressée, ne se propose pas de prendre sur lui la réponse, non qu'il y ait en cela rien de personnel à votre égard, et vous savez le contraire, mais parceque là où en sont rendues les choses il juge à propos de se placer hors de toute démarche positive, et il me dit vous en avoir informé dans sa dernière lettre. Ses conseils cependant ne nous manqueront pas, j'en suis assuré, et ce n'est qu'après mie longue conversation avec lui que je vous écris.

Mon premier projet était de vous f-eire une longue lettre, résultat de cette conversation. Mais vous savez que pour une écriture tant soit peu longue, je suis obligé d'employer une autre main ; je le fais même pour celle-ci, souffrant du rhumatisme en ce moment. Nous avons cru par après, qu'une Jettre serait un moyen bien imparfait de communication. C'est pourquoi mal-

gré la saison avancée, il serait peut-être de la plus haute importance que vous vinssiez à Montréal, plus encore pour vous expliquer nettement avec votre correspondant principal, que pour savoir ce que nous pensons nous-mêmes. Sî vous ne pouvez venir, force me sera d'écrire ma lettre projettée. Mais nous pensons cpie dans tous les cas une entrevue avec votre correspondant parerait â beaucoup des dangers (.\iv'û y a à écrire, et vous donnerait le moyen de traiter le sujet plus intimement et plus amplement.

Notre principale remarque sur le tout, est que votre correspondant a changé de terrein, qu'il se remet presque, quoique sur une échelle plus large, dans la position où il était avant votre lettre; qu'il A'eut nous rendre responsables d'une partie du sujet dont nous ne nous mêlons pas, et qu'il procède encore par nomE et par exceptions, au lieu de mettre les deux parties contractantes sur un pied d'égalité, et d'admettre que la position à leur faire à chacun résulte de l'appui qu'elles reçoivent respectivement de leurs amis.

Voici ce que je puis vous dire de mieux, en abrégé et sous cette forme. Si vous voulez bien me faire connaître vos déterminations, j'y donnerai suite en. toute hâte et en toute sincérité. Si, comme la 'dernière lettre de votre correspondant le comporte, vous devez être le principal dans cette affaire, nous nou« en réjouirons.

Croyez moi bien sincèrement,

Votre ami,

(Signé) A. N. MORIN.

[non-publiée.]

(L'Hon. A. N. Morin à VHon. R. E. Caron.)

Montréal, 24 Novembre, 1845,

Cher Monsieur & Ami,

Depuis que l'incluse a été écrite et cachetée, quelqu'un a fait parvenir à M.

Lafontaine les lignes suivantes : " Mr. 's compliments to Mr. Lafon-

taine, and begs to inform him that His Excellency the G. G. has received diêpatches last evening ordering him home, he leaves on Wednesday."

Ainsi il est peut-être prudent de notre part de temporiser, en remettant votre homme sur le terrein où vous l'avez mis. Peut-être aussi que de son côté il trouvera à propos de remettre le sujet. Dans tous les cas nous persistons à. croire que votre présence à Montréal serait infiniment à désirer. J'oubliais de vous dire que le bruit du départ du Gouverneur était connu d'une autre source au bureau du Pilot ce matin. Est-ce la guerre, ou la conviction que les choses ne peuvent plus aller, même pour un temps ordinaire.

Votre ami,

(Signé) A, N. MORIN.

(UHon. W. H. Draper à VHon. R. E. Caron.)

Lundi, 24 Novembre, 1845^ Pkivke.

Mon cher Monsieur,

J'arrive de Monklands. — Il a plu à Sa Majesté autoriser Lord Metcalfe à laisser au Comte Cathcart l'Administration temporaire des affaires de la Province, jusqu'à ce qu'un successeur puisse lui être nommé. — Il est de l'intention de Son Excellence de se prévaloir de cette permission, et de partir Mercredi pour l'Angleterre. Cette circonstance peut affecter vos vues par rapport à la lettre que je vous ai adressée, et je crois de mon devoir de vous en informer au plus tôt.

Je suis avec sincérité,

La dernière malle annonce plusieurs mille louis en faveur des incendiés de Québec.

[non-publiée.]

(UHofi. R. E. Caron à VHon. A. N. MoHn.)

QuEBKC, 25 Novembre, 1845.

Moir CHER Monsieur & Ami,

J'ai reçu vos deux lettres en date d'hier, elles m'ont appris le départ du Gouverneur pour demain. Cet événement auquel je m'attendais et qui ne pouvait guères tarder à arriver, me confirme dans la. ligne de conduite que je m'étais proposée de suivre. Je vous ai dit dès le principe, et je crois l'avoir écrit, que tout ce que j'entendais faire en recevant les communications qui m'étaient ikites, était de les transmettre à ceux que je considérais plus en état de connaître les opinions du parti que Pon voulait regagner et à qui l'on faisait de» ouvertures. Je me suis volontiers chargé de servir d'intermédiaire entre les chefs reconnus de ce parti et l'administration,ou plutôt un des membres de l'administration, parceque je croyais apercevoir des difficultés momentanées qui empêchaint que ces communications ne se fissent directement, je n'ai jamais entendu être chargé de la formation d'une administration, et de fait je n'en ai jamais été chargé, ni directement ni indirectement, et je pense aussi vous avoir dit que si la chose m'était proposée^ je la refuserais, et certainement je l'aurais fait. En recevant la dernière lettre de M. Draper, je l'ai de suite transmise sans commentaire à M. Lafontaine, afin de savoir de lui et de vous ce qu'il fallait y répondre, mais comme je prévoyais ce qui arrive, le départ du Gouverneur, j'étais bien décidé à ne pas aller plus loin dans l'affaire pour le moment, assuré que j'étais que les raisons qui m'avaient mis en scène allaient bien vite disparaître, et que iDientôt l'administration actuelle pourrait traiter sans obstacle avec les personnes qui sont seules compétenteiites pour y faire les changements nécessaires, je veux parler de M. Lafontaine, de vous et de vos autres cidevant collègues à qui la satisfaction est due et à qui il appartient de dire comment elle doit être faite. Pour moi, rester plus longtemps sur la scène, serait letarder et compliquer vos opérations, c'est à vous autres, à présent, qu'il faut aller, et je suis tellement convaincu que c'est là la marche à suivre, que jevais écrire de suite à M. Draper dans ce sens. En agissant ainsi, je ne le fais

que parceque c'est une justice à vous faire, tout en vous assurant que si vous pensez que mon assistance, d'une manière ou d'une autre, peut vous être de quelque utilité, elle ne vous manquera pas, et que vous mç trouverez toujours prêt a vous aider par tous les moyens en mon pouvoir.

D-après ces -vues, vous voyez que ma présence à Montréal serait inutile, et d'ailleurs, je ne pourrais pas quitter avimt deux ou trois jours. Vous voyez aussi, par ce qui précède, que vous n'avez pas a craindre que je gâte les choses en allant trop vite et trop loin.

Dans les démarches que vous aurez à adopter, il vous sera peut-être de quelqu'utilité de savoir que dans les lettres (|ue j'ai écrites, et dans celles que je vous ai transmises, ou communiquées, se trouve tout ce qui s'est passé entre M. Draper et moi sur le sujet qui nous a occupés.

Dans la première de vos lettres, vous me demandez de vous faire connaître mes déterminations, je vous dirai que je n'en avais formé aucune, que celles que j'aurais pu avoir formées ne seraient plus de saison, et que manitenant je ne crois pas nécessaire d'en fomier.

Je vous remercie de la confiance que vous me témoignez, lorsque vous me dites que si je dois être le principal dans cette affaire, vous vous en réjouirez, et c'est sans flatterie, et en toute sincérité, que je tous dis que la chose ne peut bien aller, que conduite par vous et Lafontame, et que c'est cette conviction qui m'a amené à la conclusion de ne m'en mêler nullement, si ce n'est pour V0U5 aider, si la chose est en mon pouvoir.

Je suis, &c.,

Tout à TOUS,

CL'Hqh. W. h. Draper à VHon, R. E. Caron.)

COIIFIDKNTIKL.

Montréal, 26 Novembre, 1845.

Mon cher Monsirur,

Le départ de Lord Metcalfe a eu lieu ce matin. Quoique ce changement n'altère en aucune manière l'opinion que j'entretiens sur la nécessité de renforcer l'Administration locale, il affecte matériellement la position dans laquelle je me trouve et serai placé, et encore bien plus les pouvoirs que je peux avoir pour effectuer quelque chose d'avantageux et de satisfaisant.

J'ai cru de mon devoir Lundi — le jour où j'eus la première communication officielle de l'intention de vSon Excellence — de vous en informer, et c'est d'après le même motif que je vous communi(|ue combien je sens ma position affectée, vu que vous avez droit d'attendre de moi l'information la plus prompte sur tout ce qui pourrait influencer vos propres opinions et actions dans cette affaire.

Croyez-moi, &c.,

(UHon.R, E. CaronàVHon. W, H, Draper,)

Québec, 26 Novembre, 1845.

Mon cher Monsieuf,

Votre billet du 24- a été reçu ce matin. En m'annonçant le départ de Son Excellence, vous me dites que vous vous hâtez de me transmettre cette inlormation, vu que cette nouvelle pourrait changer nos vues sur la nature de la dernière lettre que vous m'avez écrite.

En effet ce départ ne peut manquer d'avoir le résuliat que vous anticipez.

Dans les communications que nous avons eues ensemble, vous savez que je ne me suis jamais donné pour chef de parti ; je me suis seulement prêté, et cela je l'ai fait bien volontiers, à servir d'intermédiaire entre ceux que notre parti regarde comme ses chefs et vous-même, afin de leur faire parvenir les communications que vous avez bien voulu me faire, et aussi pour vous transmettre leurs vues et leurs idées sur le sujet qui nous occupait. En m'acquittant de cette tâche, je ne vous ai pas caché mes propres opinions ; mais cette partie n'étant que secondaire, toujours j'ai voulu vous faire connaître ce que voulaient et exigeaient les guides du parti avec lequel vous voulez négocier un rapprochement. Je n'ai prêté mon ministère à cette fin que parce que je savais qu'il existait des obstacles momentanés qui empêchaient que les communications pussent aisément se faire d'une manière directe entre l'administration actuelle et ceux auxquels il fallait s'adresser pour atteindre le but désiré. Les obstacles, ce me semble, n'existent plus et ne doivent plus exister, et par conséquent ma mission doit cesser avec les causes qui l'ont fait naître.

Je serais fâché pourtant que vous concluriez de ceci que je refuse d'aider à un rapprochement que nous paraissons tous deux désirer; tout au contraire, je suis prêt à faire tout en mon pouvoir pour en faciliter la conclusion. Mais comme vous avez sur les lieux ceux de qui dépend en grande partie le succès de l'arrangement, il me paraît plus convenable, plus facile et plus expédif de traiter directement avec eux, tout en vous invitant à ne vous gêner aucunement avec moi, et à m'indiquer librement de quelle manière je puis être utile.

Je suis bien sincèrement, Tout à vous,

'^"■"~^ I^XQ^T PUBLIÉE.]

(L'//o?î. /?. E. Caron à VHon L. H. Lafontaîne.)

Québec, 6 Février, 1846.

Mon cher ami,

Je m'acqnite aujourd'hui de la promesse que je vous ai faite, de vous envoyer copie des lettres qui vous manquaient pour compléter la correspondance qui a eu lieu entre vous et moi, et entre Draper et moi.

Je compto sur votre discrétion pour l'usaije que vous ferez d'une correspondance commencée avec Tenteiite qu'elle serait conlidentielle. Je n'entends pas cependant vous pri%'er des avantages qu'elle pourrait vous procurer, et je ne recule nullement devant la responsabilité de ce que j'ai écrit et sugi^éré ; mais j'ai lieu de m'attendra que vous ne ferez pas de ceci le sujet de discussions sur les papiers publics.

Je suis, cher imii

Tout à vons, (Signé) R. E. CARON.

(NON rUBLlÉE.)

lUHo?i. M, Caron à Vllon. L. IL Lafoniaine.]

Montréal, 10 Mars, 1846.

LIOK CHER AMI,

Je pars pour la campagne d'où je ne reviendrai que Jeudi soir, pensant que peut-être vous aimeriez à avoir avant ce temps ma réponse sur le sujet qui nous a occupés Dimanche, je vous écris ces lignes qui contiennent ce que je pense sur la proposition que vous m'avez alors faite de livrer à la publicité» soit en mon propre nom, ou autrement, la correspondance en entier entre Mr. Draper et moi, et entre vous et moi depuis le mois de Septembre dernier.

J'ai donné à cette proposition beaucoup d'attention, et je l'ai fait avec un sincère désir de pouvoir en venir à la conclusion que vous paraissez désirer, savoir, de donner mon consentement à cette publication ; mais je regrette de dire que je n'ai pu encore me convaincre de la convenance d'une pareille démarche et des avantages qui pourraient en résulter. Quant à faire la chose en mon nom, je ne vois rien qui pourrait de ma part justifier un tel acte ; quant à y donner même mon consentement, les circonstances et l'entente sous lesquelles cette correspondance a été commencée et continuée me fait croire que je ne le puis pas convenablement.

Je n'ai pas manqué de réfléchir sur la prétention que vous avez émise, que la correspondance en question ayant été de ma part conduite comme intermédiaire seulement, elle était plutôt vôtre que mienne, et que vous avez partout droit d'en faire tel usage que vous jugerez à propos. Je dois avouer, je la trouverais sans réponse, si en entamant avec moi cette correspondance, vous n'eussiez eu cédé, tacitement d'abord, et ensuite directement à la condition que j'y avais mise, c'est qu'en cas de non succès, la chose resterait entre nous. Malgré cela, vous pouvez avoir raison, et je vous en laisse le juge. Si votre position est correcte, vous n'avez pas besoin de mon consentement ; si vous faites ta publication en vertu du droit que vous prétendez avoir, je me réserve celui de dire que vous avez agi sans ma sanction et contre mon avis. Si vous vous décidez à publier, il y a dans mes lettres plusieurs parties qui devraient en être retranchées, votre excellent jugement vous indiquera ces choses. Quel que soit la détermination à laquelle vous en veniez, je me flatte que nos liaisons d'amitié et d'estime réciproques n'en souffriront en rien, que vous voudrez me regarder comme par le passé.

Votre dévoué confrère et ami,

[non publiée]

(JUHon. L. H, Lafontaine à VHon. R. E. Caron.)

Montréal, 11 Mars, 1846.

Mon cher ami.

Votre lettre en date d'hier ne m'a été remise que bien tard le même jour, c'est à dire après l'ajournement de la cour d'appel, où j'avais eu le plaisir de TOUS voir.

Avant de répondre au long à cette lettre, dans le cas oii je croirais à propos de le faire, tant pour rectifier quelques inexactitudes que pour revendiquer la justice qui est due à mes amis et à moi-même, permettez-moi de vous prier de me dire, si votre refus de consentir à ce que vous appelez la publicité de la correspondance dont il s'agit, doit s'étendre à tous les cas possibles où je pourrais, d'après les usages constitutionnels, surtout en ma qualité de Membre de la Chambre d'Assemblée, être appelé à parler de cette correspondance, et si dans un pareil cas, vous entendez avoir le droit d'exiger que je garde le silence sur le contenu de cette correspondance au point de n'avoir aucune discrétion à exercer à cet égard, tant dans mon intérêt personnel que dans celui du parti auquel j'appartiens.

Tout à vous

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