‹ Correspondence entre l'Hon. W.H. Draper & l'Hon. R.E. CaronChapitre 6 sur 9 · L. H. LAFONTAINE · texte numérisé non relu

L. H. LAFONTAINE

[non puliée.]

{UHon. R. E. Caron à VHon. L. H . Lafontaine.)

Montréal, 16 Mars, 1846.

Mon cher ami.

D'après l'entretien que nous avons eu Dimanche dernier, je pense que nous BOUS entendons parfaitement, sur l'usage que vous pouvez faire de notre cor- Tespondance ; ainsi il est à peine nécessaire de vous dire, en réponse à votre lettre du 11, provoqué par la mienne en date de la veille, que le refus de ma part contenu dans cette dernière, de consentir à ce que j'aurais pu appeler picblication plutôt que publicité, de la correspondance en question, ne s'étend pas aux cas possibles, où vous pourrez d'après les usages constitutionnels, et surtout en votre qualité de membre de la chambre d'assemblée, être appelé à parler de cette correspondance, mais qu'il est distinctement compris qu'en pareil cas, je ne réclame nullement le droit d'exiger que vous gardiez le silence sur le contenu de cette correspondance, qu'au contraire vous avez pleine liberté d'exercer à cet égard une discrétion judicieuse, tant dans votre intérêt personnel, que dans celui du parti auquel vous appartenez.

Tout à Vous,

[non publiée]

(VHon. 3/. Draper à VHon. R. E. Caron.)

MoKTREAL, 19'Mai-s, 1846»

Mox CHER Monsieur,

Je viens de recevoir votre note de ce jour, m'informant qu'à l'égard de certaines communications verbales et écrites, qui ont eu lieu entre nous sur l'administration lies atl'aires publiques en celte Province, et le moyen de faire entrer en charge des Canadiens comme vous-mêmes, d'origine française, vous aviez transmis les lettres que je vous avais adressées aux chefs du parti avec lesquels TOUS étiez en rapport afin de les consulter ; que ces lettres sont actuellement en possession des amis auxquels vous les avez envoyées ; que vous ignorez l'usage qu'ils en feront, mais anticipant qu'ils pourraient peut-être les rendre publiques, vous croyez de votre devoir de m'en avertir, afin que si elles étaient publiées, je connusse sous quelles circonstances elles se trouvaient entre leurs mains.

Notre communication a commencé par une conversation provoquée de ma part, dans laquelle je vous ai témoigné le désir de m'assurer (dans le cas où TOUS jugeriez à propos de reposer cette contiance eu moi) s'il n'y avait pas moyen de surmonter les obstacles qui s'opposaient à l'entrée en charge de personnes telles que vous même, et je remarquai alors, que si les Messieurs de politique différente ne pouvaient se fier à l'honneur et au caractère de ceux avec qui ils étaient en relation, il leur devenait impossible de pouvoir se communiquer leurs opinions; je demandais aussi s'il y avait moyeft d'effectuer quelque rapprochement. Je compris que vous étiez démon avis. Alors je vous exposai mes vues sur l'état des partis politiques et sur la possibilité de placer les Canadiens Français de manière à ce qu'ils eussent une part équitable dans l'administration des affaires publiques. Vous m'avez dit qu'avant de pouvoir me répondre, sur la possibilité de parvenir à ce résuhat, il vous fallait conférer avec d'autres personnes. A l'égard de cette conférence je n'y ai pas pris part — en ce moment même j'ignore les noms des partis avec lesquelles elle a eu lieu ; il ne devait pas non-plus être fait mention de mon nom, d'après ce que vous m'a- Tez dit.

Les lettres que je vous ai écrites, à la suite de notre conversation, ont été dictées avec cet esprit de confiance qui a dû, si je l'ai bien compris, présider à notre conversation. Elles étaient toutes, je ne crois pas me tromper, marquées de façon à démontrer ce fait ; en un mot, d'une manière aussi positive qu'il convient de le faire, en observant ce qui est dû et doit être laissé à l'homieur d'un, gentilhomme.

La démarche que pourrait adopter ceux de vos amis auxquels vous avez remis ces lettres, démarche qui pourrait vous forcer d'être partie à la publicité de ce qui était confidentiel et communiqué sur la foi de votre honneur, est une chose qui, je crois, ne me regarde pas. Elle ne regarde comme de raison que TOUS et eux. Quant à moi, je dois dire que jamais je n'ai pensé (et vous ne me l'avez jamais donné à entendre avant votre note de ce matin) que vous aviez, placé les lettres que je vous avais écrites, hors de votre contrôle, ou même que par votre fait, il était devenu au pouvoir d'une tierce partie de violer notre con- Hauce mutuelle.

Je me suis cru obligé, en justice à moi-même, de faire la présente réponse à Totre note, afin que vous sachiez mon opinion sur la nature de nos correspon-

dances, aussitôt que possible, après que je sauvai la position dans laquelle vous vous trouvez placé vis-à-vis de vos amis, à cet égard.

Croyez moi, cher Monsieur,

Bien sincèrement,

[non publiée,]

{L'Eon. R. E. Caron d VHon. W. H. Draper.)

Jeudi, 19 Mars, 1846.

Mon citer Monsieur,

Le but que je me suis proposé dans la correspondance qui a eu lieu entre nous, était, ainsi que je vous l'ai exprimé plusieurs fois par écrit et de vive voix, de vous faire connaître les vues et les opinions de mes amis politiques, afin de voir s'il n'y aurait pas de moyen d'en venir avec eux àquelqu'arranirem.ent ; pour remplir la mission dont je m'étais charge, il m'a fallu de nécessité consulter les chefs du parti avec lequel je devais négocier ; comme plusieurs d'eux demeuraient à une distance, j'ai adopté comme plus facile et plus ouvert, le moyen de leur passer vos lettres et les miennes, à mesure que nous les échangions ; de cette façon, la partie importante de votre correspondance se trouve actuellement en la possession des amis à qui je l'ai envoyée. J'ignore quel usage ils entendent ou pourront faire de ces documents, mais anticipant la possibilité qu'ils pouraient s'en servir et les rendre publics, je crois de mon devoir de vous mentionner le fait, afin que dans le cas où notre correspondance deviendrait publique, vous sachiez sous quelles circonstances la chose a eu iieu, et comment et pourquoi les papiers qui la composent sont sortis de mes mains.

■ Je suis, à l'ordinaire,

Tout à vous,

{VHon. L. H. Lafontaine à Vlîon. R. E. Caron.)

Dimanche, 22 Mars, à 8 h. p. m.

Mon cher Ami,

Je suis arrêté à votre hôtel — Vous n'y étiez pas — Je vous laisse un précis que je viens de rédiger — Je ne l'ai pas relu dans l'espérance de le lire avec vous — Faites moi le plaisir de me le renvoyer demain matin de bonne heure, et de me dire si cette forme vous convient — Je crois que c'est la meilleure.

Tout à vous,

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