‹ Corvisart et la cardiologieChapitre 23 sur 26 · LORS · texte numérisé non relu

LORS

sion en parenie pauvre sinon elle peut rendre les mêmes services que lui demandait Corvisart, et l’on sait bien que le diagnostic des péricardiles liquidiennes repose tout entier sur les données de la percussion.

D'autre part, ce fut l’œuvre des cardiologues du XIX° siècle de préciser les rappotts des affections organiques orificielles et de la défaillance cardiaque et surtout de trouver les signes des diverses affections orificielles.

Ici, Corvisart avouait son impuissance, et il faut laisser à l’auscultation, à Laënnec, à Bouillaud, le mérite d’avoir permis ces précieuses distinctions.

Quant à la séparation des phases successives depuis l'état de compensation jusqu’à l’asystolie terminale, elle a été conservée. Au contraire, si Portal, si Beau n’utilisaient pas les formules de Corvisart, nous y sommes revenus et l’on a guère eu par la suite que le mérite de leur donner des noms grecs. Mis à part les signes fournis par les méthodes d'inscription graphique et par la radiologie, on s'aperçoit, en relisant Corvisart, qu'il connaissait tous les symptômes et tous les signes décrits encore aujourd'hui au décours des insuffisances cardiaques.

Mais la séparation existe-t-elle réellement entre l’hypertrophie et la dilatation cardiaques ? On l'a Cru jusque dans ces dernières années ; les travaux de Laubry et de ses élèves sont venus révoquer en doute la dilatation des cavités droites. Classiquement, depuis Corvisart, l’asystolie était due à la dilatation, et plus particulièrement à la dilatation des cavités droites. Tout au contraire, Laubry soutient que cette dilatation est excep-

tionnelle et ne se voit que dans des cas très particuliers +

et peu nombreux. Dans tous les autres cas, les cavités. droites ne sont pas: dilatées, mais l’hypertrophie des cavités gauches refoulerait la cloison interventriculaire, pour réduire presque à néant la cavité du ventricule droit. Les signes d'asystolie seraient dûs à l’hypertrophie du ventricule gauche et non,pas à la dilatation des cavi- | tés droites.

Il est possible que d'ici peu d'années s'accomplisse une révision des notions classiques d'hypertrophie et de dilatation héritées depuis plus d’un siècle de Corvisart.

Les travaux de Laubry, les notions nouvelles sur lhypertrophie du cœur découlant des travaux lyonnais de Bouchat et Bonafé, de Dumas, des éfudes de Walser sur la myocardie, modifieront sans doute bientôt les conceptions de l’hypertrophie et de la dilatation cardiaques : mais rien de tel n’est encore définitivement démontré jusqu’à ces dernières années l'on a vécu sur le fonds légué par Corvisart, et jusqu'à nouvel ordre on les doit tenir pour exactes dans l’ensemble.

Ainsi Corvisart, ayant envisagé les affections du cœur dans les conséquences mécaniques qui en découleront, a donné les grands principes sur lesquels s’est fondée la Cardiologie. ù

Qu'il n’ait pas connu le rôle de l'infection, si important, il n’en peut être autrement. Ah

Laënnec pour le poumon et tous jusqu’à l’ère pastorienne furent dans la même ignorance. La gloire de Bouillaud n'apparaît que plus grande d'avoir affirmé si tôt les rapports entre les lésions cardiaques ef la maladie infectieuse rhumatismale. |

ENT OREUN

« Du reste, comme nous l'avons déjà dit, on avait

trop conservé la doctrine mécanique = la doctrine de. Corvisart -— dans sa pureté et il a fallu les travaux de Ribierre et Pichon (1) sur le rhumatisme cardiaque évo- - lutif pour rappeler que les affections cardiaques ne sont pas une pure question d'hydraulique et de défaillance musculaire. Mais, en définitive, la Cardiologie s’est construite sur le « Traité » de Corvisart et il est même remarquable qu’avec les moyens d'exploration dont il disposait, cet homme ait su dégager de grands principes que l'épreuve du temps n’a fait que confirmer.

(4) RiBiERRE et PIcHON. — Le Rhumatisme cardiaque évolutif, ën Paris Médical.

HoBe Conclusions

I. Corvisart, fondateur de la médecine anatomoclinique, a surtout été un cardiologue. Avant lui, on ne connaissait bien que les lésions anatomiques de la péricardile et seul Sénac avait tenté une étude raisonnée des affections du cœur,

I. Les quatre grands traits du caractère de Corvisart : sens critique, indépendance, don d’observer, scepticisme, aident à comprendre qu'il soit devenu, en médect, ne, un novateur.

IL. Dans son « Essai sur les Maladies et les lésions organiques du cœur » il avance des faits nouveaux :

1°) Fréquence des lésions organiques du cœur.

2°) Nécessité de séparer les troubles fonctionnels des lésions organiques définies. |

3°) Nécessité d’avoir une séméiologie cardiaque, fondée essentiellement sur la percussion.

Dans ses descriptions cliniques, restées exactes, des « anévrysmes du cœur », c’est-à-dire de l’insuffisance

ardiaque, il signale pour la première fois

Page 1