‹ Corvisart et la cardiologieChapitre 4 sur 26 · J.-N. CORVISART · texte numérisé non relu

J.-N. CORVISART

Premier Médecin de S. M. l'Empereur et Roi

Officier de la Légion d'Honneur, Baron de l’Empire

Introduction

La médecine officielle, la France et le monde entier viennent de consacrer, il y a quelques mois, un hommage solennel à la mémoire de Laënnec, après avoir laissé dans l'oubli un autre centenaire, celui du vulgarisateur, on pourrait dire de l’inventeur de la percussion : l'illustre Corvisart. | |

Et cependant, cette glorieuse reuommée si juste, si méritée, Laënnec ne la doit-il pas en partie à son maître? N'oublions pas, en effet, que Laënnec, dès son arrivée à Paris, en avril 18o1, court se faire inscrire à l'Ecole de Santé nouvellement fondée ; il va suivre les leçons de Corvisart, du maître qui venait de rénover l’enseigne-

ment de la clinique, qui, dédaignant les dissertations

philosophiques et les discussions théoriques en honneur

à l’école, s’astreignait à l'observation exacte et à l'étude rigoureuse des faits. Et plus tard, Laënnec dans son « Traité de l’Auscultation » ne dira-t-il pas lui-même que Gorvisart avait déjà essayé d’ausculter très près de la poitrine ? (1).

(1) LAENNEC. — Traité de l'auscultation.

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Néanmoins, il semble que le génie de Laënnec ait com- , plètement effacé la gloire de son maître Corvisart. Sans doute, depuis plusieurs années, l’homme a été étudié dans une série de travaux ; mais peu de biographes ont insisté sur la valeur du clinicien ; beaucoup n’ont vu en lui que « Le premier Médecin de Sa Majesté l'Empereur et: Roi ». Seul, le D° Hechemann, son compatriote Ardennais, a bien mis en relief le rôle du médecin, mais nous a surtout montré les grands progrès qu'il fit faire à l’étude des affections thoraciques, en propageant et en perfectionnant la percussion découverte quelques années auparavant par Avenbrügger.

Or, il nous a paru que ses titres étaient plus grands encore d’avoir, en quelque sorte, créé la Gardiologie clinique.

Peut-être la pathologie cardiaque n'est-elle pas sortie tout armée de son « Essaï-sur les maladies du Cœur et des gros vaisseaux » et sans doute encore l'œuvre de Laënnec fut-elle, d’un. seul coup, plus complète, au point d'être presque parfaite.

Aussi bien, n'est-il pas question d'établir un parallèle entre un Corvisart et un Laënnec. Nous avons simplement voulu saisir l’occasion de montrér qu'à côté de l'inventeur de l’auscultation, il y a certainement une place enviable pour celui qui « lança », peut-on dire, la percussion ; et si Laënnec est plus particulièrement le « patron » des phtisiologues actuels, Corvisart n'est-il pas le père de la Cardiologie française ?

Nous montrerons plus loin qu’il jeta en effet les bases

de cette branche nouvelle de la pathologie médicale — et

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