‹ Cosima, ou, La haine dans l'amourChapitre 23 sur 55 · LE BARIGEL · texte numérisé non relu

LE BARIGEL

Oui, madame ; à la première menace des tourments qu'on inflige aux accusés, le véritable assassin a tout confessé. Il a nommé ses complices, et le duc notre maître, en attendant l'arrêt qui doit absoudre Alvise, s'est porté lui-même caution pour votre mari, et l'a fait mettre en liberté.

COSIiMA, regardant son mari.

Oh ! mon Dieu! ces tourments, tu les as soufferts peut-être, Alvise!... Ta pâleur me les révèle, ô mon amil

ALVISE, la serrant sur son cœur.

Je ne m'en souviens plus! (Lui présentant Ordonio.) Voilà notre

sauveur : un digne gentilhomme, un frère, Cosima, à qui je te

prie de présenter ta main en signe d'amitié.

Cosima hésite, Alvise insiste, Ordonio baise la main de Cosima d'un air

contraint et respectueux, puis s'incline profondément.

FARGANACCIO, bas, à Malavolti.

Voyez donc Alvise qui présente ce galant à sa femme!

MALAVOLTI, de même.

Que voulez-vous! on ne meurt pas deux fois. Il est tout simple qu'on tienne un peu à la vie!

ALVISE, à Pascalina qui pleure dans un coin.

Eh bien, toi, tu ne me dis rien? Viens donc m'embrasser, ma pauvre fille!

Pascalina se jette à son cou en criant et en sanglotant.

LE BÂRIGEL.

Alvise, la manière dont vous êtes accueilli dans votre maison est la plus belle réhabilitation possible.

ALVISE

Je n'en demande pas d'autre, et je ne me plains pas de l'avoir payée cher.

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