‹ Cosima, ou, La haine dans l'amourChapitre 49 sur 55 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes, LE DUC, ALVISE, LE CHANOINE, NÉRI.

ALVISE, s'élançant vers Ordonio l'épée à la main.

Infâme ! c'est ta dernière heure qui sonne !

A l'instant même, Néri et les autres personnages se jettent entre eux. Le

duc abaisse la poinle de l'épée d'AIvise avec la sienne.

LE DUC

Vous êtes bien hardis, messieurs, de tirer l'épée en ma présence ! Alvise, est-ce ainsi que vous reconnaissez ma protection et que vous respectez mon droit de grâce?... Vous vouliez une satisfaction, il vous l'a donnée; il voulait vous ôter l'honneur, c'est à vous maintenant de lui laisser la vie.

ORDONIO.

Monseigneur, si votre rang ne vous mettait à l'abri de tout; si, oubliant que vous êtes prince, vous vouliez vous souvenir que vous êtes chevalier, vous me feriez raison de cette perfidie !

LE DUC

Rendez grâce à votre qualité d'étranger, qui vous met à l'abri de ma justice; quant à vous rendre raison, vous ne méritez pas un tel honneur.

ORDONIO , bas, au duc.

Peut-être que, si nous prenions pour juge le comte des Uberti, il trouverait Votre Altesse aussi coupable que moi.

LE DUC

Silence sur votre vie, monsieur ! vous aurez satisfaction.

ORDONIO.

J'y compte.

H sort.

LE DUC, à Cosima.

Madame, pardonnez-moi l'abandon où j'ai paru vous laisser ; je n'ai pas cessé un instant de veiller sur vous, mais je devais connaître la vérité, et l'équité a passé avant la courtoisie.

COSIMA

Merci, monseigneur ! béni soyez-vous ! Mais ce que le sort avait décidé est accompli... Il est trop tard pour le réparer... Oh I Al vise!

LE CHANOINE

Ma fdle, tout est réparé ! que tout soit oublié...

ALVISE

Mais voyez comme elle pâlit !... Cosima !... Qu'as-tu donc?

COSIMA

Mon père, absolvez-moi, priez pour moi, j'ai manqué de confiance en Dieu.

LE CHANOINE

Malheureuse enfant, achève 1

Je me suis donné la mort... Je ne voulais pas survivre à la honte... Le poison... Oh! Al vise, je n'espérais pas mourir entre vos bras.

LE CHANOINE

Dieu te pardonne, ma fille !

NÉ RI, tirant son poignard.

Et moi, je vais la venger !

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