SCÈNE III COSIMA, JACOPO
Jacopo introduit Cosima par la porte de gauche. Cosima est fort pâle. Son voile est jeté en désordre sur ses épaules. Son regard est tantôt fixe, tantôt effaré. Sa voix est changée.
COSIMA
Où me conduisez-vous? Ce n'est point là la maison de votre maître; ce n'est point ici que je suis venue dans la journée.
JACOPO
Votre Seigneurie est dans une maison voisine du palais ducal, et appartenant aussi bien que l'autre au seigneur Ordonio. Votre Seigneurie m'a déjà l'ait l'honneur de m'interroger en chemin, et j'ai eu l'honneur de lui faire la même réponse.
COSIMA
Ah! je ne m'en souvenais pas. (Avec un frisson.) Mais cette maison-ci est-elle sûre?...
JACOPO
Encore plus que l'autre, madame.
COSIMA, lui donnant de l'argent.
Vous ne direz jamais rien contre moi, n'est-ce pas? Quand même je mourrais bientôt, vous ne vous croiriez pas délié de votre silence? Songez qu'il y a un Dieu !
JACOPO
Soyez sans crainte, madame.
Il salu8 et se retire par où il est venu.