‹ Cosmogonie humaineChapitre 2 sur 143 · LE PREMIER HOMME · texte numérisé non relu

LE PREMIER HOMME

Savants et historiens de toutes les époques sont d'accord pour dire que dès la plus haute antiquité, l'homme prit le ciel à témoin pour fonder ses institutions religieuses. Le but de cet ouvrage est de prouver que ces peuples étaient possesseurs des plus hautes connaissances, et qu'ils savaient quels étaient les liens unissant l'homme à l'Univers.

L'Afrique, l'Arabie, la Chine, la Clialdée, l'Egypte, la Grèce antique, l'Inde, la Perse ont laissé dans leurs monuments et dans leurs écrits la preuve indénial)le d'un savoir que nous avons totalement oublié.

Les savants de notre civilisation européenne ont abordé le problème des religions et des mœurs ; mais la plupart l'ont fait avec un parti-pris évident et moins pour satisfaire la science qu'une opinion. Ils n'en ont pas moins rendu de grands services en développant les connaissances que ces peuples avaient de l'Astronomie et de l'Astrologie.

Que ces mêmes savants traitent de charlatans les

2 rosMOGONir: iilmai.ne

l)liis i^n-ands aslrolog-ucs de l'antiquité, cela n'a aucune importance et ne prouve qu'une chose, c'est (luesaus ('ludc; pn-alaliles, ils étaient hostiles à cette

science.

Nous ne Nciilons pas faire un cours d'histoire, mais seulement démontrer que la divination ou l'astrologie sur laquelle elle repose est inséparable (!(' la philosophie, de la science et de la religion à loul ) époque de la vie humaine.

Les Chrélieus ont appelé barbares ces peuples coulcuiplalifs sur le dos desquels s'accumulèrent des légendes aussi insensées (ju'intéressées.

Nous traitons ces peuples de naïfs, de primitifs, ignorant le pvor/vî'S^ et pourtant leur existence remonte à des milliers d'ai-.m'M^s; tandis que nous ne les connaissons (juc dt'|)iiis deux siècles environ. Et (|n(' savons -nous? Juste ce (jui doit profitera notre intérêt mal» ritl on à la défense de nos idées, et juste assez de ce (piils savaient pour les critiquer et nous croire 1res supérieurs à eux.

Il ne stiflil pas de dire que la j)remière religion fui celle du feu on du Soleil, cpie ces peuples adori'rent le (ael tout entier en faisant des Dieux des planètes errantes et tonte une nn-nageric des différentes constellations, et se tirer d'explication jiar un sourire d'orgueil et depiln''.

(îonsiilérer le système de la pliilosoplii'^ des anciens pour défendre le matérialisme et aboutir à un panthi'isme où l'iilée de Dieu est rcMuplacée par l'idée de l'\)rce, n'j'st pas à notre point de vue une amélioration morale ni une tendance vers la solution du problème religieux.

LE PREMIER H03IME

L'homme tend constamment à se séparer du reste de l'Univers ; son ignorance est telle qu'il oublie de se comparer à cet Univers dont l'existence est mathématique, tandis que la sienne est faite de désordres et de troubles. Quelle est donc cette cause qui fait que l'ordre humain est bouleversé, tandis que celui du Ciel est ordonné ?

Cet Univers a toujours existé, il existera toujours, on ne Va Jamais vu se modifier, rien ne nous fait connaître son origine, et rien ne nous fait 2)révoir sa fin. Tel est le jugement courant de nos esprits forts; il n'est pas nouveau. Ceux qui pensent et parlent ainsi devraient se demander s'ils sont venus au monde de parleur volonté, et s'ils ne doivent pas leur existence à leurs parents. Ils devraient se demander également ces choses si simples : comment et pourquoi leur jugement diffère de celui de leur voisin ou pourquoi sont-ils d'accord ; pourquoi ils ont deux yeux, deux bras, deux jambes, etc. Mais ceci est futilité ; l'homme se croit, en g-énéral, bien au-dessus de la Cause première qui donna la vie à toutes les créatures.

Mais puisque l'homme discute, oppose, condamne, et enfin crée continuellement des svstèmes, des relig-ions et des sectes, il doit y avoir en lui-même la raison de ces multiples manifestations. Sa vie s'unit intimement à la mort, et toutes ses créations, il les voue lui-même à la destruction.

Notre but dans cet ouvrage est de fournir l'explication de ce conflit, et chose qu'aucun critique n'a encore fait, nous donnons sinon raison à toutes les écoles, du moins leur explication et leur raison d'être.

i L.V COSMOGONIE HUMAINE

Nous lions placerons lonl crabord à Topposé de tous les syslènies adoptés jnsqu'ici par la plupart des savanis (jui venicnl [)ronver que l'homnie fut un sauva"e, el (|u'll va (lopins en ])lns vers son amélioration morale. Nous dirons an contraire que loin de se perfectionner, riiomme continue de descendre l'éclielle de sa sjMritualité en s'enfonçanl dans r;il)înic (lu mensonge et de riivpocrisie qui sont le fond de Ions ses actes. Il y est entraîné par la nécessité de sa chule, et les éléments en lui servant de muNcn de réalisation le condamnent à cette réalisation (|ui est devenue fatale par les lois immuables (raclioii f't de réaction.

L'Iiommc ne peu! rien faire, rien dire qui ne le dévoile à l'œil exercé, cl rien créer (pii ne porte sa marcpic. Il signe non seulement ses œuvres, mais les clioscs qu'il fait porteni d'elles-mêmes sa sigiialiirc. Ijnané de l'Univers, il porte sur sa face, sur son corps et dans tous ses mouvements la niar(jue de cel l'nivers et aussi la niar(jue du conilit (|ui cxiNlc entre lui et les éléments à liavers les réseaux de la grande famille liumain(\ Les Livres Sacrés disent (pi'il fui rvvc par l)i(Mi apr('s les éléments et fui le eouninneiiieiil de TceiiNre divine; il donna un nom à luules les choses el à tous les êtres de tons les règnes, il eiil donc le pii\ ilège divin de coiuiaîlre la Nature, c'est-à-dire de [)osséder la connaissance universcdie (|ui e^l ici la base et le fondement de rinliiilion pur<>.

Adam poss/'dail eu lui-iiKuiie tout 11 niv«M's et tontes les humanités, et riiarnionie réunail entre lui el cette Nainre univ(M-selle, embh-me (l(> la lixité.

Page 1