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CHAPITRE II

PLANËTES INFEBIEURES

301. Mouvement apparent des planètes infMeuree. <— Le centre du mouvement planétaire étant en dehors du lieu d*observation, il importe, pour éviter toute confusion, de définir d*une manière précise ce qu*on entend par mouvement direct et par mouvement rétrograde d*une planète. Supposons un observateur placé au centre d'un mouvement de translation curvili-

PLANÈTES ET COMÈTES

gne dans un plan, le long de Taxe de ce mouvement, les pieds sur le plan de Torbite et la tête dans rhômisphère boréal céleste; le mouvement direct est celui qui a lieu de la droite vers la gauche de Tobservateur, et le mouvement rétrograde celui qui a lieu de sa gauche vers sa droite. Or, quelle que soit la position d'une planète sur son orbite, Tobservateur terrestre la voit se mouvoir, soit de sa droite vers sa gauche, soit au con* traire de sa gauche vers sa droite. Dans le premier cas, le mouvement est direct; il est rétrograde dans le second : cette règle est invariable.

Cela posé, soient A A' A" A'" Porbite d'une planète inférieure et TT' celle de la terre. Nous supposons, pour simplifier, que

Fig. 124.

leurs plans se confondent et que la terre reste immobile pendant la révolution complète de la planète. Prenons celle-ci en A, en conjonction supérieure. Elle se meut dans le sens de la flèche et son mouvement est direct; d'ailleurs ce mouvement doit paraître se ralentir à mesure qu'elle se rapproche du point A' où la droite TA' est tangente (fig. 124). Aux environs du point A', Tastre paraît stationnaire ; en effet, il se meut dans la direction même de la tangente. De la position A' à la position A"' obtenue en menant la tangente TA''', le mouvement est rétrograde; la vitesse croît de A' en A' (conjonction inférieure), pour décroître ensuite de A' en A", où l'astre semble immo-

bile. Enfin, de A'' en A le mouyement est direct et la vitesse va en croissant. En définitive, la planète se meut toujours d'occident en orient (sens direct), et si le mouvement change de sens pdur nous, cela tient uniquement à ce que nous sonmies plaicés en dehors du centre. Le déplacement de la terre pendant la révolution de la pjanète n'altère évidemment pas Texplication précédente.

202. Phase» des planètes inférieures. — Les planètes inférieures présentent des phases analogues à celles de la lune. A Tépoque de la conjonction supérieure, en A~, la planète tourne vers nous son hémisphère éclairé, et nous Papercevrions sous la forme d'un cercle entier si elle n'était pas noyée dans la lumière du soleil, mais on la voit à peu près ainsi avant et après la conjonction. Dans la position A'^, le disque est échancré ; en A' nous ne voyons plus qu'un demi-cercle ; c'est le dernier quartier. Au moment de la conjonction inférieure, la planète tourne vers nous son hémisphère obscur et nous ne la voyons plus ; on peut dire, comme pour la lune, que la planète est nouvelle. En A'', nous avons le premier quartier, et ainsi de suite. C'est au moment de la quadrature, en A' et en A'", que la planète a le plus d'éclat*, en effet, à ce moment, elle est beaucoup plus près de nous qu'à l'époque de la conjonction supérieure et nous la voyons mieux, malgré l'échancrure, d'abord parce que son diamètre apparent est plus grand, ensuite parce qu'elle se projette sur le ciel un peu plus loin du soleil que lorsqu'elle est dans le voisinage du point A.

Cette explication suppose la terre immobile, tandis qu'elle s'est réellement déplacée sur son orbite lorsque la planète est revenue à la même conjonction. 11 ne faut pas oublier ce que nous avons établi plus haut, savoir que la durée de la révolution sidérale d'une planète inférieure est moindre que celle d'une oscillation complète par rapport à la terre.

203. Notions sur les planètes inférieures. — Nous ne connaissons que deux planètes inférieures. Mercure et Vénus; voici quelques notions sur ces deux planètes.

Mercure. De toutes les planètes principales, Mercure est celle dont l'orbite s'écarte le plus de la forme circulaire. Sa distance maximum au soleil est de 17 millions 700 mille lieues, tandis que sa distance minimum est de 11 millions 670 mille. A sa conjonction inférieure, la distance de Mercure à la terre est de 19 millions de lieues; cette distance atteint 56 millions de lieues au moment de la conjonction supérieure. Aussi le diamètre apparent de la planète varie-t-il entre des limites assez éloignées:

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