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61» du Cygne. . .
Sirius. . . . .
Arcturus. . . .
Polaire
On voit qu*il faut 22 ans pour que la 4umière de Sirius arrive ' jusqu'à nous. Il en résulte que si cette étoile, la plus brillante de notre ciel, était détruite, par une cause quelconque, nous la verrions encore pendant 22 ans à partir du moment où sa lumière se serait éteinte, et cependant Sirius est une des étoiles les plus rapprochées de nous. Aussi Arago disait-il que les rayons lumineux, ces courriers si rapides, ne nous apportent que Fhistoire ancienne des mondes qui brillent dans notre ciel.
225. Étoiles doubles. — Lorsqu'on regarde avec un puissant télescope certaines étoiles qui paraissent simples à Toeil nu, ces étoiles se dédoublent, c'est-à-dire présentent Pensemblo de deux étoiles très-rapprochées, d^un éclat inégal et quelquefois différemment colorées. Ce phénomène peut s'expliquer de deux manières : ou c^est un simple effet de perspective , les deux étoiles étant éloignées, mais l'angle formé par les rayons visuels dirigés vers chacune d'elles étant très-petit; ou les deux étoiles sont en réalité très-rapprochées l'une de l'autre, ûans le premier cas, on dit que les deux étoiles forment un couple optique^ et dans le second on donne au système le nom de couple physique. Les premiers n'offrent évidemment aucun intérêt, mais il n'en est pas de même des couples physiques qui présentent un système de deux soleils circulant l'un autour de l'autre, ou plutôt autour de leur centre de gravité commun ; on compte aujourd'hui près de 700 de ces systèmes.
Nous citerons comme exemples : l^ la 61" du Cygne, formée de deux étoiles à peu près égales dont l'écart angulaire est d'environ 16' et correspond à une distance réelle égale à 43 fois le rayon de l'orbite terrestre; la durée de la révolution est do 452 ans; 2« l'étoile ( de la Grande Ourse, dont les composantes sont, l'une de quatrième grandeur et Tautre de cinquième grandeur; la durée de la révolution est de 61»'",6; 3« a du Centaure, dont les composantes sont, l'une de première grandeur et l'autre de deuxième grandeur; la durée de la révolution est de 78"",5.
En général, les orbites des étoiles iloublcs ont une forme
^-OTlONS dVstRONOMIB SIDÉRALE. 213
elliptique très-prononcée; on ne peut les comparer sous ce rapport qu^aux orbites des comètes périodiques.
On connaît aussi quelques systèmes plus compliqués composés de 3, k soleils; on leur donne le nom d^étoiles nmltiples. Citons, par exemple, Fétoile 6 d'Orion qu'on regarde comme une étoile sextuple.
226. Étoiles colorées. — Presque toutes les étoiles sont blanches, mais quelques-unes sont colorées; on peut même dire aujourd'hui que toutes les nuances ont été reconnues dans la lumière des étoiles, mais la coloration est en général peu tranchée. Nous citerons parmi les étoiles colorées : Béteigneuse, Aldébaran, Arcturus et Antarès, qui sont rouges; Procyon, la Chèvre, la Polaire et Ataïr de PAigle, qui sont jaunes; Castor qui est verte, et ») de la Lyre qui est bleue.
On attribue ces colorations variées à des différences réelles dans la nature de la lumière émise par chaque étoile.
C'est surtout dans les groupes de soleils que la coloration est remarquable. Parmi 596 étoiles doubles, M. Struve compte : 375 couples dont les composantes ont la même couleur avec la même intensité; 101 où les composantes ont la même couleur avec des intensités inégales; 120 où les composantes sont de couleur différente. Les ^76 couples formés de deux étoiles de même couleur peuvent être partagés de la manière suivante : dans 295 couples, les composantes sont blanches; dans 118 elles sont jaunes ou rougeâtres; dans 63 elles sont bleuâtres.
227. Étoiles ohangeantes. — On appelle étoiles changeantes ou périodiques des étoiles dont Téclat change périodiquement. Pour quelques-uns de ces astres, le passage du maximum au minimum d'éclat et le retour du minimum au maximum s'opère en peu de temps; pour d'autres, au contraire, ces périodes sont assez longues.
C'est à un savant hollandais, Holwarda, qu'on doit la découverte des étoiles périodiques. Ses observations portèrent sur Tétoile o de la Baleine, connue sous le nom de Mira. Au commencement de décembre 1638, cette étoile observée au moment d'une éclipse de lune lui parut être de troisième grandeur. Vers le milieu de l'été de 1639, Holwarda n'en put retrouver aucun vestige. Plus tard, le 7 novembre 1639;, il la revit à son ancienne place. Cette étoile a été étudiée depuis Holwarda, et l'on a reconnu que sa période était de 331 jours et 20 heures. Après avoir brillé comme une étoile de deuxième grandeur pendant environ 15 jours, elle décroît peu à peu pendant environ
214 COSMOGRAPHIE élEMENTAIRtS,
3 mois et finit par disparaître. Il s*écoule ensuite près de 5 mois sans qu'on puisse l'apercevoir ; puis, après sa réapparition, elle met encore environ 3 mois pour reprendre son ancien éclat.
Nous citerons parmi les étoiles changeantes à longue période :
L'étoile R de la Couronne, dont la période est de 323 jours. Elle varie de la sixième grandeur à là disparition complète.
L'étoile X du Cygne; sa période est de 406 jours. Elle varie de la cinquième grandeur à la disparition.
L'étoile 30 de l'Hydre femelle-, sa période est de 495 jours. Elle varie de la quatrième grandeur à la disparition.
a ou Béteigneuse d'Orion-, sa période est de 196 jours. Elle varie de la première à la seconde grandeur.
Parmi les étoiles variables à courte période, la plus remarquable est Algol ou p de Persée, dont la période est de 2^ 20^ 49". Elle varie de la deuxième à la quatrième grandeur. Pendant 2 jours et 14 heures, cette étoile est de deuxième grandeur sans que son éclat semble changer; au bout de ce temps, elle commence à s'affaiblir et décroît jusqu'à la quatrième grandeur dans l'espace d'environ 3"* 1/2. Ensuite, son éclat augmente de nouveau, et, après le même intervalle de 3** 1/2, elle a repris la deuxième grandeur.
Parmi les autres étoiles à courte période, nous citerons 8 de Côphée, dont la période est de 5^ 8** 49"; p de la Lyre, dont la période est de 12^ 21^ 45" et qui varie de la troisième à la cinquième grandeur.
On a cherché à expliquer le changement d'éclat qu'éprouvent les étoiles périodiques, en admettant que ces étoiles tournent sur elles-mêmes et nous montrent ainsi successivement des parties de leur surface qui ne sont pas également brillantes; telle était l'explication de Bouillaûd. D'autres ont supposé qu'elles sont environnées de satellites opaques qui viennent s'interposer entre elles et nous de manière à produire de véritables éclipses. Maupcrtuis supposait que certaines étoiles sonl très-aplaties. On expliquerait alors leur changement d'éclat en admettant qu'elles se présentent à nous tantôt do face et tantôt de profil.
M. llind a remarqué que les étoiles variables sont entourées d'une espèce de brouillard au moment de leur minimum d'éclat. Arago en a conclu que les variations sont dues peutêtre à des nuages cosmiques non lumineux par eux-mêmes qui viendraient s'interposer successivement entre ces astres et la terre.
NOTIONS d'astronomie SIDÉRALE. 215
228. Btoiles temporaires. — On a admis pendant longtemps que le ciel offrait le spectacle d'une immutabilité complète, mais les idées actuelles ne sont plus les mêmes. Les phénomènes que nous avons décrits dans les paragraphes précédents suffiraient pour expliquer ce changement dans les idées ; nous en citerons quelques autres qui viennent confirmer les déductions des astronomes.
Il est parfaitement établi que le soleil se meut dans l'espace avec tout son cortège de planètes décrivant une orbite immense dans une période composée peut-être de plusieurs millions de siècles. Le point vers lequel se dirige notre systèn.e planétaire paraît être situé dans la constellation d'Hercule*, la vitesse de translation doit être évaluée à plus de 60 millions de lieues par année. La même chose a lieu probablement pour toutes les étoiles qui sont autant de soleils; pour quelques-unes on a pu déjà constater le mouvement, ainsi que le sen> et la vitesse de ce mouvement.
L'apparition subite de certaines étoiles dites nouvelles ou temporaires est encore une preuve des métamorphoses célestes. La plus remarquable des étoiles temporaires est celle qui fut observée par Tycho-Brahé en novembre 1572 dans la constellation de Cassiopée. Son éclat était d'abord comparable à celui de Vénus en quadrature, mais l'intensité de sa lumière diminua peu à peu. Au mois d'avril 1573, elle n'était plus que de deuxième grandeur, puis elle diminua rapidement et disparut en mars 1574. La couleur de cette étoile varia aussi d'une manière remarquable; elle fut successivement blanche, puis jaune, puis endn rouge.
L'apparition de l'étoile de 1572 n'est pas un fait isolé dans les annales de l'astronomie; on a enregistré plusieurs observa» tiens du même genre. Dans le courant du mois de mai 1866, on a constaté la présence d'une nouvelle étoile dans la constellation de la Couronne boréale. La cause de ces phénomènes est en liércment inexpliquée.
229. Nébuleuses. — On distingue à la vue simple, dans les espaces célestes, certains groupes dont les étoiles composantes sont assez rapprochées pour qu'on ait été conduit à admettre qu'il y a entre elles une certaine liaison. Les plus remarquables sont : le groupe des Pléiades, situé dans la constellation du Taureau et composé de 80 étoiles environ parmi lesquelles 6 sont visibles à l'œil nu; la plus brillante, Alcyone, est de troisième grandeur (fig. 141).
Le groupe des Hyodes, toujours dans la même constellation^
"'* C08H0CBAP1IIE ÉLÉUENTAIRB.
compose d'étoiles moins nombreuses et motos presaiiea «uo le*
Deux autres groupes, situés l'un dans la constellation du Cancer et l'auti'o dans Persée. sont encore visibles à l'œil rj,
mais les étoiles qui les composent ne peuvent Èlro aperçues qu'avec le secours dos lunettes; il est vrai que celles-ci n'ont . pas besoin d'un Tort pouvoir grossissant.
Pour les personnes qui ont la vue faible, ces groupes stcllaires offrent simplement l'apparence de nuages lumineux. Or, les espaces célestes sont parsemés d'une multitude de masses nuageuses au milieu desquelles les mcillcuros.vucs ne peuvent distinguer aucune étoile. On leur donne le nom de nébuleuses; OD en connaît aujourd'hui près de 5000.
Les nébuleuses peuvent Ctre divisées en trois classes :
1* Celles que les instruments décomposent entièrement en étoiles; on leur donne lo nom d'amas stellaires;
S* La seconde classe comprend les nébuleuses qui se décomposent parliellemenl en étoiles; on les appelle quelquefois nébuleuses résolubles;
3° La troisième classe comprend les nébuleuses que les télescopes les plus puissants ne peuvent décomposer.