‹ Cosmos (volume 2)Chapitre 26 sur 36 · RESUME · texte numérisé non relu

RESUME

COUP d'œIL RETROSPECTIF SUR LA 8UITB DBS PERIODES PAEOOURUES. — INFLUENCE DES ÉVÉNEMENTS EXTÉRIEURS SUR LE DEVELOPPEMENT DE l'idée du cosmos. — DIVERSITÉ ET BNCBAtNBMBirr DES EFFORTS SCKNTIFIQUES DANS LES TEMPS MODERNES. — l'hISTOIRE DBS SaENCBS PHYSIQUES SE CONFOND PEU A PEU AVEC l'hISTOIRB DU COSMOS.

J'arrive à la fin d'une entreprise hasardeuse et qui offrait de grandes difficultés. Plus de deux mille ans ont été passés en revue, depuis les premiers dévoloppements de la civilisation chez les peuples qui habitaient autour du bassin de la Méditerranée et dans les contrées occidentales de TAsie, fécondées par le cours des fleuves, jusqu'au commencement du dernier siècle, jusqu'à une époque par conséquent dont les sentiments et les idées se confondent déjà avec les

nôtre». Je croi^ avoir retracé dans sept chapitres, qui forment une série de tableaux distincts, V Histoire de la Contemplation physitfue du Mondej c'est-à-dire le développement progressif de l'idée du Cosmos. Ai-je réussi à dominer un si vaste amas^ de matériaux , à saisir le caractère des phases principales, à marquer les voies par lesquelles les peuples ont reçu des idées nouvelles et une moralité plus haute, c'est ce que je n'ose décider, pénétré d'une juste défiance dans les forces qui me pestent. Je l'avouerai même, au milieu du vaste plan que je me proposais de suivre, seuls les traits généraux m'apparaissaient clairement à Tesprit.

Dans l'introduction à la période de la domination arabe, lorsque j'ai commencé à décrire l'influencé puissante qu'exerça cet élément étranger mêlé à la civilisation européenne, j'ai essayé de marquer les limites au delà desquelles l'histoire du Cosmos seconfond avec celle des sciences physiques. liCS agrandissements successifs qu'a reçus la science de la nature, dans la double sphère de la terre et du ciel, se divisent, selon moi, en périodes distinctes. La connaissance historique de ces progrès se rattache à des événements déterminés qui , par les amséquences qu'ils ont produites à la fois dans l'espace et dans l'intelligence humaine, ont donné à chaque époque un caractère et une couleur propres. Telles furent les entreprises qui conduisirent dans le Pont^Euxin les vaisseaux des Phéniciens, et firent soupçonner un autre rivage au delà du Phase ;

les expMîlÛMis ifanfi tes oonMes Ifofwaleâ d'/M ¥m ik*ait for et I'^mig^bs, el le passage ji travers le dé*troit oeeidental ou l'ouverture de cette grande route maritime sur laquelle ftirènt découvertes , à de longs intervalles de temps, Cerue et tes Hespérides, les Iles septentrionales qui produisaient Tétâin ^t Tambre, les Açores voloaniques et le nouveau oontinent de Colomb, au sud des anciens établissements Scandinaves. Après les mouvements qai partirent d« bassin de la Méditerranée et de l'extrémité septentrionale da golfe Arabique, après les voyages an Pont-^luxin 0t à la terre d'0[^ir, viennent^ dans ce tableau historique, le récit de Texpédition macédonienne et la tentative d'Alexandre pour amener la fusion de l'orient et de P occident ; les heureux effets du conoraeroe maritime des Hindous et des instituts scientifiques qui fleurirent à Alexandrie, sous les Lagides ; la domination des Romains au temps des Césars ; la taor dance féconde des Arabes à se oiettre en communtca'tion avec les forces de la nature et leu» dispositions pour l'astronomie, les mathématiques et les applicÉ» tions de ladiimie. Avec la prise de possession de toat un continent qui était demeuré caché jusque-là, afsc les phis grandes découvertes qu'il ait été donné aux hommes d'accomplir dans l'espace, se ferme pour uioi la série des événements qui ont agran<fi par seepu»ses l'horizon des idées, qui ont sollicité les esprits A la recherche des lois j^âques, et ont entretenuJe^ efforts tentés pour embrasser définitivement l'ai^ semble du monde. Désormais, ahisi que cela a été

du phjs haut^ riiitelligepice n'aura plus besoin) pour faire de grandes chwes , de Texcitatiop des événements; elle se développera dans toutes les direction^ par la seul e|Set de la force intérieure qu^i ranime.

Parmi les instruments ou, si Y on veut, les orgsineis nouveaux que Itiomme s'est créés et qui ont multiplié en lui la puissance de la perception sensible, il en est un cependant qui à eu toutes les conséquences d'un événement soudain. Grâce à la propriété qu'a le télescope de pénétrer dans l'espace, une partie considérable du ciel est explorée , de nouveaux corps célestes sont découverts ; on tente de déterminer leur forme et leur orbite, et tout cela presque d'un coup. Alors pour la premièi:e fois, l'humanité entre en possession de la sphère céleste du Cosmos. Il valait donc bien la peine, pour montrer l'importance de ces découvertes et l'unité des efforts provoqués par l'usage du télescope , d'établir une septième division dans l'histoire de la contemplation du monde. Mais si maintenant nous essayons de comparer avec cette découv^te inie autre plus récente, celle de la pile de Yplta; si nous recherchons l'influence que la pile a exercée siu* l'ingénieuse théorie de l'électro-chimie , sur la connaissance des métaux alcalins et des métaux alcalins-terreux, enfin sur la découverte longtemps attendue de l'électro-magnétisme, nous sommes amenés à un enchaînement de phénomènes qu'il nous est loisible d'évoquer à volonté, qui par beaucoup de oôtés se rattachent au déploiement général des

forces de la nature ^ mais qui cependant réclament plutôt une place dans Thistoire des sciences physiques que dans celle de la contemplation du monde. D'ailleurs la variété de la science moderne et Tenchatnement des diverses parties rendent bien difficile de distinguer et de limiter les faits particuliers. Tout récemment encore, nous avons vu Téleclro-magnétisme agir sur la direction des rayons polarisés et produire des modifications analogues à celles des mélanges chimiques. Lorsque, grâce à l'activité d'esprit qui est le caractère de notre siècle, tout paraît en voie de progrès, il serait aussi dangereux de vouloir se jeter à la traverse de ce mouvement intellectuel, et de représenter comme définitivement accomplies des choses qui tendent encore vers un progrès incessant, que de se prononcer, avec la conscience de son insuffisance personnelle, sur Timportance relative des glorieux efforts tentés par des hommes qui sont encore de ce monde, ou qui viennent à peine de le quitter.

Dans les considérations historiques que j'ai présentées, j'ai, presque partout, en recherchant le germe de la science de la nature, indiqué le degré de développement qu'elle a atteint de nos jours , dans chacune de ses branches. La troisième et dernière partie de mon ouvrage contribuera à éclairer le tableau général de la nature, en fournissant les données de l'observation sur lesquelles est principalement fondé l'état actuel des opinions scientifiques. Beaucoup de choses que l'on pouvait s^ étonner de ne

pas trouver ici , en se faisant , sur la composition d'un Livre de la Nature , des idées différentes des miennes, trouveront place dans le troisième volume. Ébloui par Téclat des découvertes nouvelles, nourri d'espérances auxquelles d'ordinaire on ne renonce que bien tard, chaque siècle se flatte d'être arrivé, dans la connaissance et l'intelligence de la nature , tout près du dernier terme. Je doute que , si l'on veut y songer, une pareille croyance aide à mieux jouir du temps présent. La conviction que le champ dont on s'est rendu maître est une faible partie de celui que la libre humanité doit conquérir dans les siècles futiu*s, par le progrès de son activité et le bienfait de plus en plus répandu de la civilisation , est plus féconde et mieux appropriée à la destinée de la race humaine. Chaque découverte n'est qu'un pas vers quelque chose de plus élevé, dans le cours mystérieux des choses.

Ce qui a souvent hâté , au xix* siècle , le progrès de la science , et empreint cette époque de son caractère le plus frappant , c'est le zèle avec lequel chacxm s'est efforcé de faire subir une épreuve rigoiu*eus6 aux idées antérieiu*ement émises , et d'en mesiu*er la valeui^ et le poids , sans se borner aux conquêtes récentes; c'est le soin que l'on a pris de séparer des résultats certains ce qui n'est fondé que sur une analogie douteuse , et de somnettre à une critique uniforme et sévère toutes les parties de la science, l'as* Ironomie physique, l'étude des forces terrestres de la nature , la géologie et la connaissance du monde antique. Ces procédés critiques ont surtout permis

4p détermimBr les Ijp^itôs rpspectives (les diverses sciences , et out révélé h faiblesse de quelques-unes 4' entre elles, où de§ ppiuipns sans fondement ont pris la place des faits» où des i^ythi^s symboliques, pQpsacrés par le temps , étaient réputés des théories moQUtest^bles. Le v^gue du langage , la confusioa 4e la nomenclature trausportée d'un? scieuçe dans l'autre , ont conduit à des vues eprouées et à des analogies trompeuses. Ainsi le progrès de la zoologie a longtemps été mis en question, p^rce que l'on croyait que, dans les classes inférieures 4u règne animal, comme dans les classes pli^ élevées , les mêmes fonctions vitales réclamaient toujours une conformatiou 9nalogue des organes. La botanique surtout a eu à souffrir de ces préjugés. L'histoire du développemejit des végétaux dans la classe des Cormophyte^ Cryptor games, quj comprennent les mousses, les hépatiques, les fougères et Ips lycopodiacé^s, ou d^ns la classe moins élevée encore des Thallophytes, c'pst'à-dire dans les algues, les lichens et les cj^ampignons > a été obscurcie par ^uite de T illusion qui faisait voir piartout des analogies; avec la génération des animaux.

^'ort réside au milieu du cercle magique tracé par l'imagination , et a sa source dans l'intérieur même de l'âme ; pom* la science , au contraire , le principe du progrès est dans le contact avec 1^. monde eî^térieur. A mesure que les relatious des peuples s'accroissent, la science gagne à la fois en variété et eu profondeur. La création de nouveaux organes,

car on peut appeler de ce nom les instruments d'observation, augmente la force intellectuelle et souvent aussi la force physique de Tbomme. Plus rapide que la Imnière, le courant électrique à circuit fermé porte la pensée et la volonté dans les contrées les plus lointaines. Un jour viendra où des forces qui s'exercent paisiblement dans la natiu*e élémentaire, comme dans les cellules délicates du tissu organique , sans que nos sens aient pu encore les découvrir, reconnues enfin, mises à profit et portées à un plus haut degré d'activité, prendront place dans la série indéfinie des moyens, à l'aide desquels , en nous rendant maîtres de chaque domaine particulier dans l'empire de la nature , nous nous élevons à une connaissance plus intelligente et plus animée de l'ensemble du monde.

NOTES

On a supprimé le chiffre des centaines dans Titidication nnmériqoe des notes; au lieu de 115, par ^x^mple, on a rois simplement 15. Cette suppression n'occasioiiieri 0>\ki d'incertitude , attendu qu*au numéro du renvoi est toujours joint le chiffre exact de la page correspondante.

NOTES

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