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(79) [page 153]. Comp. Schwanbeck, de fide Megasthenis et pretio, dans l'édition qu’il a donnée de cet historien, p. 59-77. Mégasthène visita souvent Palibothra, séjour du roi de Magadha, il était profondément versé dans la chronologie des Hindous et rapporte « comment, à des époques antérieures, l’univers était revenu trois fois à la liberté, comment trois âges du monde s'étaient accomplis, et comment le quatrième avait commencé de son temps. Voy. Lassen, indische Alterthumskunde, t. I, p. 510. Les idées d'Hésiode sur les quatre âges du monde, qui se rattachent à quatre grandes révolutions des éléments, et embrassent un espace de 18,028 années, se retrouvent aussi chez les Mexicains. Voy. Humboldt, 7ues des Cordillères et Monuments des peuples indigènes de l’ Amérique, t. XX, p. 119-199. L'étude du Rigeéda et du Mahabharata a fourni récemment une preuve remarquable de l’exactitude de Mégasthène. Il suffit pour s’en assurer de comparer ce qu'il dit sur l’Outtara-Kourou ou le pays des Bienheureux, et sur la longévité de ce peuple, situé à l’extrémité septentrionale de l'Inde (vraisemblablement au Nord de Kaschmir, dans les environs des monts Belourtagh), en rattachant ce réeit, comme devait le faire naturellement un Grec, au mythe des Hyperboréens qui ne vivaient pas moins de mille ans. Voy. Lassen, Zitschrift fur die Kunde des Morgenlandes, t. 1, p. 62. Ctésias, trop long-temps dédaigné, rapporte une légende qui s'accorde avec le récit de Mégasthène (Indica, e. 8, p. 249 et 285, édit. de Bæhr). Ctésias a mentionné, comme des animaux réellement existant, le martichoras cité par Aristote (Hist. de Animal. 1. IL, c.3, ÿ 10, t.I, p. 51, édit de Schneider), les griffons moitié aigles et moitié lions, le kartazonon d'Élien, enfin un âne sauvage dont le front était armé d’une corne. Il ne faut pas l’accuser pour cela de les avoir inventés; ainsi que l'ont remarqué déjà Heeren et Cuvier, il avait vu représentées sur des monuments persans des formes d'animaux symboliques, et avait pris ces images pour la reproduction de monstres qui existaient au fond de l'Inde; cependant, comme l’a fait observer M. Guigniaut, avec sa pénétration habituelle, dans les Notes et Éclaircissements qu'il à joints aux Religions de l'Antiquité de Creuzer , t. 1, 2° part., p. 720, l'identification du martichoras avec les symboles persépolitains offre de grandes difficultés.
(80) [page 155]. J'ai débrouillé ces relations orographiques dans mon Æ4sie centrale, & 1, p. 4929.
(81) [page 155]. Lassen, Zeitschrift [ur die Kunde des Morgenlandes, t. 1, p. 230.
(82) [page 154]. Le pays entre Bamian et Ghori. Voy. l’excellente carte de PAfghanistan, par Carl Zimmermann, 1842 et comp. Strabon, 1. XV, p. 725; Diodore de Sicile, XVI c. 89; Menn, Melelem. histor., 1859, p. 25 et 51; Ritter, weber Alexanders Feldzug am Indischen Kaukasus, dans les Mémoires de l’Académie de Berlin, 1829, p. 150; Droysen, Bildung des hellenist. Staatensystems, p. 614. J'écris Paropanisus avec tous les bons manuscrits de Ptolémée et non Paropamisus: j'ai exposé les raisons de cette préférence dans l’4sie centrale, t. T, p. 114-118. Voy. aussi Lassen, zur Geschichte der Griechischen und indoskythischen Künige, p. 198.
(85) [page 134]. Strabon, 1. XV, p. 7A7.
(84) [page 154]. Arrien dans ses Zndica, 1. VIT, e. 5, désigne sous le nom de Tala, le palmier appelé Borrassus flabelliformis qu’Amarasinha caractérise d’une manière très-expressive, en le nommant le Roi des herbes.
(85) [page 154]. Le mot tabaschir est dérivé du mot sanscrit twak-kschira, lait d’écorce. Voy. plus haut, p. 344, note 3. Déjà en 1817, dans les additions historiques à l’ouvrage: de distributione geographica plantarum secundum cœli temperiem et altitudinem montium, p. 215, j'ait fait remarquer qu'outre le tabaschir, extrait du bambou, les compagnons d'Alexandre avaient eu aussi connaissance de la véritable canne à sucre des Hindous. Voy. Strabon, 1. XV, p. 695; et Periplus maris Erythræi, p. 9. Moïse de Chorène, qui vivait au milieu du ve siècle, a le premier décrit en détail la préparation du sucre composé avec la moelle du saccharum officinarum , dans la province de Chorazan. Voy. sa Géographie, p. 564 de l’édit. de Whiston,
(86) [page 154]. Strabon, 1. XV, p. 694.
(87) [page 154]. Ritter, Erdkunde von Asien, 1. IV, sect. 1, 1855, p.457;t. VI, sect. 1, p. 698; Lassen, indische Alterthumskunde, t. 1, p. 517-523. Le passage d’Aristote, Æist. de Animal., 1. V, ce. 17 (t. I, p. 209, édit. de Schneider), sur le filage d'une grande chenille à corne, se rapporte à l'ile de Cos.
—-304€— (88) [page 154]. De mème ontrouve A%x20s gpouartyos dans le Periplus maris Erythræi, p. 5. Comp. Lassen, indische Alterthumskunde, 1. I, p. 316.
(89) [page 134]. Pline, Æist. natur., 1. XVL c. 59. Sur l’introduction en Égypte par les Lagides de plantes rares originaires d’Asie, voy. aussi Pline, I. XIT, c. 351 et 37.
(90) [page 135]. Humboldt, de distribut. geogr. plantarum , p. 178.
(91) [page 155]. J'ai eu depuis 1827 de fréquentes communications avec Lassen sur l'important passage de Pline (1. XH, ce. 49): « Major alia (arbor) pomo et suavitate præcellentior, quo sapientes Imdorum vivunt, Folium alas avium imitatur, longitudine trium cubitorum, latitudine duum. Fructum cortice mittit, admirabilem succi dulcedine ut uno quaternos satiet. Arbori nomen palæ,pomo arienæ. » Voiei les conclusions auxquelles ont abouti les recherches de mon savant ami: « Amarasinha met l'arbre appelé Musa, (le bananier), à la tète de toutes les plantes nourricières. Il cite entre beaucoup d’autres noms sanserits ceux de varanabouscha, de bhanouphala (le fruit du soleil) et de moko, d'où est venu le nom arabe mauza. Phala (pala) signifie fruit en général, et c’est par un malentendu qu’on la pris pour le nom de la plante. Jamais en sanserit on ne rencontre varana comme nom du bananier sans l'addition de bouscha; cette forme peut être cependant une abréviation populaire, sarana dans ce Cas ferait en grec oæp:vz, ce qui assurément n’est pas bien loin de ariena.» Comp. Lassen, indische Alterthumskunde, 1.1, p. 262; Humboldt, Essai politique sur la Noucelle-Espagne, 1827, t. Il, p. 582, et Relation historique, etc., t. L, p. 491. Prosper Alpinus et Abd-Allatif ont à peu près deviné l’affinité chimique qui existe entre le nourrissant amylum et la substance saccharine, en cherchant à expliquer l'origine du musa par la canne à sucre et le dattier greffés sur les racines du colocasia. Voy. Abd-Allatif, Relation de l'Égypte, trad. par Silvestre de Sacy, p. 28 et 103.
(92) [page 135]. Voy. sur cette époque Guillaume de Humboldt, weber die Kuwi-Sprache und die Verschiedenheit des inenschlichen Sprachhaues, t. 1, p. ce et ceuv; Droysen, Geschichte Alexanders des Grossen, p. B47, et hellenistisches Slaatensyslem, p. 24,
(95) [page 155]. Dante, Znferno, canto IV, v. 151.
(94) [page 156]. Voy. dans la Biographie universelle, 4811, t. Il, p. 458, les assertions de Cuvier, qu'on regrette de retrouver dans l'édition de 4843, €. Il, p. 219, et comp. les A4ristotelia de Stahr, 4re part., p. 15 et 108.
(95) [page 156]. Cuvier, lorsqu'il écrivait sa Vie d’Aristote, a ajouté foi à ce voyage fait en Égypte avec Alexandre, « voyage d'où le Stagirite aurait rapporté à Athènes tous les matériaux de son Zistoire des Animaux, au plus tôt dans la seconde année de la exn° Olymp. » Plus tard, en 1850, le grand naturaliste abandonna cette opinion, parce qu'il vit, en regardant plus attentivement, « que les descriptions des animaux égyptiens avaient été faites non d’après nature, mais d’après les indications d'Hérodote. » Voy. Cuvier, Histoire des sciences naturelles, publiée par Magdeleine de Saint-Agy, t. I, 4841, p. 156.
(96) [page 156]. À ces preuves qu’on peut appeler intrinsèques, appartiennent l'isolement complet de la mer Caspienne, représentée comme une mer fermée; la mention de [a grande comète qui apparut sous l’archonte Nicomachus, Olymp. ax, 4, d’après Corsini, et ne doit pas être confondue avec celle que Bogouslawski a nommée tout récemment la comète d’Aristote ; cette dernière fut vue sous l’archonte Astéius, Olymp. «, 4, et est peut-être identique avec la comète de 1695 et de 4843. Voy. Aristote, Hétéorol., I. I, €. 6, ? 10, (t. I, p. 595, édit. de Ideler); la mention de l'incendie du temple d'Éphèse et celle d’un are en ciel formé par la lune, que l’on observa deux fois en cinquante ans. Comp. Schneider ad Aristot. hist. de Animalibus, t. L, p. xz, xuu, cm et cxx; Ideler ad A4ristot. Météorol., t. I, p. x; Humboldt, 4sie centrale, t. I, p. 468. On peut aussi reconnaitre que l’AÆistoire des Animaux est postérieure aux Méléorologica , d'après cet indice que, dans les Meteorologica, il est fait allusion à cette Zistoire comme à un sujet qui devait suivre prochainement. Voy. Wétéorol., 1. I ce. 41, 9 5 et IV, 12, 13.
(97) [page 156]. Les cinq espèces d'animaux eilés dans le texte, et parmi eux particulièrement l’hippelaphos (le cerf-cheval à longue barbe), l'hippardion, le chameau de la Bactriane et le buffle son cités par Cuvier comme autant de preuves que’ lPHistoire des Animaux fut écrite après la Météorologie, Voy. Æistoire des Sciences naturelles, €. F, p. 154. Cuvier distingue dans le IVe vol. de ses admirables Recherches sur les Ossements fossiles,
1895. p. 40-45 et 5092, deux cerfs d'Asie à crinière, qu'il nomme Cervus hippelaphus et Cerçus Aristotelis; d'abord il avait pris le premier, dont il avait vu à Londres un individu vivant et dont Diart lui avait envoyé de Sumatra des peaux et des bois, pour l’hippelaphos d’Aristote, originaire d’Arachosie. Voy, ist. de Animal. 1. U, €. 2, ? 5 et 4 (t. I, p.43 et #4, édit. de Schneider). Plus tard une tête de cerf, envoyée du Bengale par Duvaucel, parut à Cuvier, d'après tout l’organisme qu’elle supposait, mieux d'accord avec la description d’Aristote, et cet animal, qui habite au Bengale dans la montagne de Gilhet, dans le royaume de Népaul et à l'Est de l’Indus, recut dès lors le nom de Cervus Aristotelis, S'il est naturel de penser qu'Aristote, dans le chapitre où il traite des animaux à crinière en général, a dü citer à côté du cerf-cheval (equicereus) le guépard indien ou le tigre chasseur ( felis jubata ), il faut, ainsi que le propose Schneider (t. IT, p. 66), préférer la lecon 7299107 à celle de +à irrcpdrov. Cette dernière dénomination s’appliquerait mieux à la girafe, suivant lopinion exprimée déjà par Pallas (Spicileg. zoolog., fase. I, p. #). — Si Aristote avait vu de ses yeux le guépard et ne s’en füt pas tenu à des ouï-dire, comment n’eût-il pas fait mention des ongles non rétractiles chez un animal du genre chat? Il n’est pas moins surprenant qu’'Aristote, toujours si-exact, s’il avait eu en effet, comme l’affirme G. de Schlegel, une ménagerie à Athènes, près de sa demeure, et s’il eût disséqué lui-même lun des éléphants pris à Arbèle, n’eüt pas décrit la petite ouverture placée près des tempes, qui, surtout dans le temps du rut, secrète une matière liquide, exhalant une odeur forte, et à laquelle les poëtes indiens font si souvent allusion. Voy.Schlegel, irdische Bibliothek, t. 1, p. 163-166. J’insiste sur ce détail, en apparence frivole, parce que l'ouverture dont je viens de parler fut connue pour la première fois par les récits de Mégasthène, auquel cependant personne ne peut attribuer des connaissances anatomiques. Je ne trouve rien dans les différents écrits zoologiques d’Aristote conservés jusqu’à nous, d’où l’on puisse conclure qu'il ait observé des éléphants par lui-mème, ni surtout qu'il en ait disséqué. Cependant on ne saurait nier que l’Æistoire des Animaux , bien que très-vraisemblablement elle ait été achevée avant l'expédition d'Alexandre dans lAsie-Mineure, ait pu étre complétée, ainsi que le prétend Sthar (4ristotelia, 2° part., p. 98), jusqu'à la mort de l’auteur, arrivée Olymp. exv, 5, trois ans, par conséquent, après la mort du conquérant; mais on manque de preuves positives sur ce point. Tout ce que nous possédons
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de la correspondance d’Aristote est apocryphe. Voy. Stahr, Are part., p. 194-208; 9° part., p. 169-254. Schneider dit aussi avec beaucoup d'assurance, dans son édit. de l’Æistoire des Anigaaux , t. 1, p. xi: « Hoc enim tempore certissimum sumere mihi licebit, scriptas comitum Alexandri notitias post mortem demum regis fuisse vulgatas. »
(98) [page 156]. J'ai montré ailleurs que bien que la décomposition du sulfure de mercure par la distillation soit déjà décrite par Dioscoride (Materia medica, 1. V, 110, p. 667, edid. Saracenus), la première description de la distillation d’un liquide, se trouve, à propos de l’eau de mer, dans le commentaire d'Alexandre d'Aphrodisias sur les Meteorologiea d’Aristote. Voy. Humboldt, Examenéritique, ete., t. 11, p. 508-316; Joannis (Philoponi), Grammatici ën libr. de Generat. Animal. et Alexandri Aphrodisiæ in Meteorolog. Commentarius, Venet., 1827, p. 97, b. Alexandre d’Aphrodisias en Carie, le savant commentateur des Aeteorologica d’Aristote, vivait sous Septime-Sévère et Caracalla; et bien que chez lui les appareils de chimie soient nommés yuex Goya, Un passage de Plutarque (De Iside et Osiride, ©. 35) prouve que le mot chimie appliqué par les Grecs à l'art des Égyptiens ne vient pas de 72». Voy. Hœfer, Æistoire de la chimie. ©. L p. 91, 195 et 219: €. IL, p. 109.
(99) [page 157]. Comp. Sainte-Croix, Examen des historiens d'Alexandre, 1810, p. 207, et Cuvier, Æist. des sciences naturelles, t. 1, p. 157, avec Schneider ad Aristot. Hist. de Animal. t. [, p. xcu-xivi, et Stabr, Aristotelia, 1'e part., p. 116-118. Si d’après cela les prétendus envois de l'Égypte et de l'Asie Mineure sont invraisemblables, d'autre part les derniers travaux du grand anatomiste Jean Muller prouvent avec quelle merveilleuse délicatesse Aristote disséquait les poissons que lui fournissaient les mers de la Grèce. Voy., sur l’adhérence des œufs avec l'utérus chez l’une des deux espèces du genre Mustelus qui vivent dans la mer Méditerranée, laquelle possède à l’état de fétus un placenta amniotique tenant au placenta utérin de la mère, la savante dissertation de Jean Muller et ses recherches sur le yxisès ):i0- d’Aristote, dans les Mémoires de l’Académie de Berlin, année 1840, p. 192-197. Et comp. Aristote, Hist. de Animal, 1. VE €. 10,et de Generatione Animal, 1. HI, €. 3. On peut citer encore comme preuves du soin extrême qu’Aristote apportait dans ses travaux anatomiques, la distinction qu’il a établie entre les différentes espèces de sèches et la dissection
minutieuse de ces animaux, la description des dents chez les escargots et des organes d’autres gastéropodes. Comp. ist. de Animal., L IV, e. 4 et & avec Lebert, dans le recueil intitulé Muller’s Archiv. der Physiologie, 1846, p.463 et 467. J'ai moimême, dès l’année 4797, appelé l’attention des naturalistes sur la forme des dents chez les escargots. Voy. 7ersuche ueber die gereizte Muskel-und Nervenfaser, t. 1, p. 261.
(100) [page 137]. Valère Maxime, LL. VIL e. 2, 9 414: « Ut cum rege aut rarissime aut quam jucundissime loqueretur. »
(1) [page 138]. Aristote, Politica, 1. I, ce. 8, et Ethica ad Eudemum, 1. VIL €, 44.
(2) [page 138]. Strabon. IL. XV, p. 690 et 695.
(5) [page 158]. Ainsi s’exprime Théodecte de Phaselis. Voy. Cosmos, t. I, p. 502 et 455. Tout ce qui était au Nord fut considéré comme plus rapproché de l'Occident, tout ce qui était au Midi comme plus proche de l'Orient. Voy. Vœlcker, weber Homerische Geographie und Weltkunde , p. 43 et 87. Le sens vague du mot Zndes, que l’on appliquait alors arbitrairement à certaines conditions de situation géographique, de couieur et de productions précieuses, contribua à répandre ces hypothèses météorologiques; car l’Arabie occidentale, le pays compris entre Ceylan et l'embouchure de l’Indus, l’Éthiopie des Troglodytes, et en Afrique, le pays de la myrrhe et de la canelle au Sud du cap d’Aromata, tout cela s'appelait également les Indes. Voy. Humboldt, Examen critique, etc. t. II, p. 55.
(4) [page 159]. Lassen, indische Alterthumskunde, t. I, p. 369, 372-575, 579 et 589; Ritter, Erdkunde von Asien, t. IV, sect. 4, 1835, p. 446.
(3) [page 139]. IL n’est pas possible de déterminer exactement, d’après les degrés de latitude, la propagation géographique des races humaines dans des continents entiers , pas plus que celle des plantes et des animaux. Le fait posé en axiôme par Ptolémée (1. I, c. 9) qu’il n’y a pas, au Nord du parallèle d’Agisymba, d’éléphants, de rhinocéros ni de nègres, n'est appuyé sur aucun fondement. Voy. Examen critique, t. 1, p. 39. La doctrine de l'influence générale exercée par le sol et le climat sur les dispositions intellectuelles et sur la moralité des races humaines, resta propre à l'École alexandrine d’Ammonius Saccas, et fut surtout représentée par Longin. (Proclus, Comment.
in Timaœum, p. 50). Comp. cependant, à une époque fort antérieure, Hippocrate, des Airs, des Eaux et des Lieux, ©. 19, 1. I, p. 55, édit. de Littré, Paris, 1840.
(6) [page 159]. Voy. George Curtius, die Sprachsergleichung in ihrem Verhüliniss zur classischen Philologie, 1845, p. 5-7, et Bildung der Tempora und Modi, 1846, p. 5-9. Voy. aussi un article de Pott sur la famille des langues indo-germaniques, dans l'Encyclopédie de Ersch et Gruber, 2° sect. 18° part. p. 41-149. On trouve déjà chez Aristote des recherches sur le langage en général, en tant qu'il touche au fondement de la pensée, dans les passages où il développe le lien qui existe entre les catégories ct les relations grammaticales. Voy. un exposé lumineux de cette comparaison dans A. Trendelenburg, histor., Beilräge zur Philosophie, 4846, 1" part., p. 23-52. Voy. aussi Séguier, la Philosophie du langage d’après Aristote, Paris, 1856.
(7) [page 1401]. Les écoles des Orchéniens et des Borsipéniens. Voy. Strabon, 1. XVI, p. 739. Dans ce passage, à côté des astronomes chaldéens, sont cités aussi par leurs noms quatre mathématiciens. de Chaldée. Gette circonstance a d'autant plus d'importance pour l'histoire, que Ptolémée désigne tous les astronomes sous la dénomination générique de Xæ9z101, comme si les observations s'étaient toujours faites à Babylone collectivement. Voy. Ideler, Zandbuch der Chronologie, t. 1, 1895, p. 198.
(8) [page 1440]. Ideler, ibid., t. I, p. 202, 206 et 218. Lorsque, ainsi que le fait Delambre (Æistoire de l’Astronomie ancienne, t. I, p. 508), on s'appuie pour révoquer en doute les observations astronomiques envoyées de Babylone en Grèce par Callisthène, sur ce que «on ne retrouve dans les éerits d’Aristote aucune trace de ces observations faites par la caste sacerdotale de la Chaldée, > on oublie qu'Aristote (de Cœlo, 1. IX, c. 12), à l’endroit où il parle d’une occultation de Mars par la lune, qu'il a observée lui-même, ajoute expressément: « Les Egyptiens et les Babyloniens ont fait, il y a de longues années, sur les autres planètes des observations semblables, dont un grand nombre sont venues à notre connaissance. » Sur l'usage vraisemblable de tables astronomiques chez les Chaldéens, voy. Chasles dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. XXIIL 1846, p. 859-854.
(9) {page 140]. Sénèque, Watur. queæst., 1. VIE c. A7.
(40) [page 141}. Voy. Strabon, 1. XVI, p. 759, et I. HIT, p. 174.
(11) [page 141). Ces recherches sont de l’année 1824. Voy. Éneonet dans ses Notes et Éclaircissements sur les Religions de Pantiquité de Creuzer, t. I, 2° part., p. 928. Pour les additions plus récentes de Letronne. voy. Journal des savants, 1859, p. 358 et 4992, ainsi que l’ Analyse critique des représentations zodiacales en Égypte, 1846, p. 15 et 54. Comp. Ideler, weber den Ursprung des Thierkreises dans les Mémoires de l’ Acad. des Sciences de Berlin, année 1858, p. 21.
(12) [page 441]. Ge sont les magnifiques forêts de cèdres Deodwara (Voy. Cosmos, t. I, p. 515), situées sur le cour supérieur de l'Hydaspe (Behout), qui traverse le lac de Waller dans la vallée alpestre de Kaschmir, et élevées le plus souvent de 8 à 11,000 pieds au-dessus de la mer, qui ont fourni les matériaux pour la construction de la flotte de Néarque. Voy. Burnes, Travels, t. I, p. 39. D’après les observations du compagnon du prince Waldemar de Prusse, le docteur Hoffmeister, enlevé malheureusement à la science sur un champ de bataille, le tronc de ces arbres a souvent jusqu'à 40 pieds de circonférence.
(15) [page 441]. Lassen, Pentapotamia Indica, p. 25, 29, 57- 62 et 77, et indische Alterthumskunde, t. I, p. 91. Entre le Sarasvati au Nord-Ouest de Delhi et la rocaiileuse Drischadvati, se trouve , d’après le livre de la loi de Manou, Brahmavarta . c’est-à-dire une contrée consacrée à Brahma par les dieux mêmes. D'autre part, l’Aryavarta (le pays des nobles, des Ariens, en prenant ici le mot sarta dans un sens plus large) occupait toute la contrée située à l'Est de l’Indus, entre l'Himalaya et la chaîne du Vindhya, au Sud de laquelle commençait la population primitive non arienne. Le Madhya-Desa ou pays du centre, dont j'ai parlé déjà (Cosmos, t. I, p. 11), n’était qu’une partie de l’Aryavarta. Voy. 4sie centrale, t. I, p. 204, et Lassen, indische Alterthumskunde, t. IT, p. 3,10 et 93. Les anciens états libres de l’Inde, Les pays des peuples sans rois, maudits par les poëtes orthodoxes, étaient situés entre l’Hydraote et l'Hyphase, c’est-à-dire entre le Beas et le Ravi moderne.
(14) [page 141]. Mégasthène, Zndica, edid. Schwanbeck, 1846, p.47.
(15) [page 444]. Voy. plus haut Cosmos, t. II, p. 108.
(16) [page 144]. Voy. Humboldt, 4sie centrale, t. 1, p. 448 et 151-157; t. IL, p. 179.
(17) [page 144]. Pline, 1. VI, c. 30.
(18) [page 145]. Droysen, Geschichte des hellenistischen Staatensystems, p. 747.
(19) [page 145]. Comp. Lassen , indische Alterthumskunde , t. I, p. 107, 153 et 188.
(20) [page 145]. Taprobane est une corruption de Tàmbapanni, forme pali qui se retrouve dans le sanserit Tämraparni; le nom grec est composé à la fois de la forme sanserite (tàmbra, tapro) et de la forme pali. Voy. Lassen, indische Alterthumskunde, t. 1, p. 204, et Dissert. de Taprobane insula, p. 19. Les Lakedives (de lakke pour lakscha, et dive pour dwipa, c’està-dire, un groupe d’iles au nombre de cent mille) étaient connues des marins d'Alexandrie, aussi bien que les Maledives (Malayadiba, c’est-à-dire îles de Malabar).
(21) [page 146]. Hippalus ne vécut pas, dit-on, avant le regne de Claude; mais cela est invraisemblable, s’il est constaté que,même sous les premiers Lagides, une grande partie des productions de l’Inde n'étaient achetées que sur les marchés arabes. Il est bon de remarquer que la mousson du Sud-Ouest était aussi désignée sous le nom d'Hippalus, et qu’une partie de la mer Erythrée ou de l'océan Indien s'appelait également mer d'Hippalus. Voy. Letronne, Journal de Savants , 18138, p. 405; Reinaud, Relation des voyages dans l'Inde, t. I, p. xxx.
(22) [page 147]. Voy. les recherches de Letronne sur les travaux du canal qui joint le Nil et la mer Rouge depuis Neko jusqu'au khalife Omar, durant un laps de plus de 1500 ans, dans la Revue des Deux-Mondes, t. XXVII, 1841, p. 215-255. Voy. aussi du mème auteur, de la Civilisation égyptienne depuis Psammitichus jusqu'à la conquéle d'Alexandre, 1845,
(25) [page 148]. Des observations météorologiques sur les causes éloignées du gonflement du Nil amenèrent une partie de ces voyages, parce que Philadelphe, au dire de Strabon (L XVII, p. 789), cherchait toujours des distractions nouvelles pour satisfaire sa curiosité et oublier sa faiblesse corporelle.
(24) [page 448]. Deux inscriptions concernant des chasses, dont l’une surtout rappelle les chasses aux éléphants de Pto-
lémée Philadelphe, ont été découvertes et copiées par Lepsius sur les colosses d’Abousimbel (fbsamboul). Voy. Strabon, 1. XVE, p. 769 et 770; Ælien, de natura animal., 1. I, ce. 34, et XVII, 3; Athénée, liv. V, p. 196. Bien que l’ivoire de l’Inde soit cité dans le ?Periplus maris Erythræi comme un article d’exportation de Barygaza, cependant, au rapport de Cosmas, l’Éthiopie envoyait aussi de l’ivoire dans la presqu’ile occidentale de l’Inde. De tout temps les éléphants ont tendu à se retirer de plus en plus vers le Sud, même dans l’Afrique orientale. D’après le témoignage de Polybe (1. V, c. 84), lorsque des éléphants africains et indiens se trouvaient en présence dans un combat, l’aspect, l'odeur et le bruit des éléphants indiens, plus grands et plus forts, mettaient en déroute les éléphants d'Afrique. Jamais ces derniers ne furent réunis en aussi grand nombre que dans les expéditions d’Asie, où Tehandragoupta en avait rassemblé 9000, le puissant roi des Prasiens 6000, et Akbar 6000 également. Voy. Lassen, indische Alterthumskunde , tom. 1, p. 305-307.
(25) [page 148]. Athénée, I. XIV, p. 684. Comp. Parthey, das Alexandrinische Museum, p. BB et 171.
(26) [page 149]. La bibliothèque du Bruchium était la plus ancienne; elle fut détruite lors de l’incendie de la flotte sous Jules César. La bibliothèque de Rhakotis remplissait une partie du Serapéum où elle était réunie avec le Musée; la collection de livres de Pergame alla grossir la bibliothèque de Rhakotis, grâce à la libéralité d'Antoine.
(27) [page 149]. Vacherot, Zistoire critique de l’École d’Alexandrie, 1846, t I, p. v et 105. Que l’Institut d'Alexandrie, ainsi que toutes les corporations savantes, ait eu l'inconvénient , à côté des excellents effets produits par le concours des efforts et la réunion de tous les matériaux, d'exercer sur les esprits une influence trop dominante et trop exclusive, c’est un fait que l’antiquité elle-même a souvent reconnu. Avant que cette ville, jadis si brillante, devint le siége de disputes stériles sur la théologie chrétienne, Adrien conféra à son précepteur Vestinus la double dignité de grand-prêtre d'Alexandrie (comme on dirait ministre des cultes), et de directeur du Musée ou président de l’Académie. Voy. Letronne, Recherches pour sereir à l'histoire de l'Égypte pendant la domination des Grecs et des Romains. 1825. p. 251.
(28) [page 149]. Fries, Geschichle der Philosophie, &. W, p.5, et Lehrbuch der Naturlehre, Are part., p.49. Voy. aussi, au sujet de l'influence que Platon a exercée sur les sciences expérimentales par l'application des mathématiques, Brandis, Geschichte der griechisch-rômischen Philosophie, 2° part., sect. 1, p. 276.
(29) [page 150]. Sur les opinions physiques et géognostiques d'Ératosthène, voy. Strabon, 1. I, p. 49-86: 1. I, p. 108.
(50) [page 150]. Strabon, 1. XI, p. 519; Agathémère, dans les Geogr. grœci minor. d'Hudson , t. Il, p. 4. Sur la justesse des grandes vues orographiques d'Ératosthène, voy. Humboldt, 4sie centrale , t. T, p. 404-150, 198, 208-997, 413-415; t. II, p. 367 et 14-155; Examen critique, etc., {. T, p. 152-154. J'ai nommé à dessein la mesure du degré d'Ératosthène la première mesure hellénique, parce qu’il n’est pas invraisemblable que les Chaldéens aient originairement déterminé la longueur du degré, en prenant pour terme de comparaison des pas de chameau. Voy. Chasles, Aecherches sur l’Astronomie indienne et chaldéenne dans les Comptes rendus de l’Acad. des Sciences, t. XXIIL, 1846, p. 854.
(51) [page 151]. La dernière dénomination me paraît la plus juste. Strabon, en effet (1. XVI, p. 739), cite parmi plusieurs autres personnages considérables un Séleucus de Séleucie, versé dans la science des astres; il est probable qu'il s’agit ici de Séleucie sur le Tigre, qui était une ville de commerce florissante. Il est vrai que Strabon, après avoir cité , comme ayant observé exactement le flux et le reflux, un Séleucus de Babylone (1. I, p. 6), mentionne, peut-être par négligence, à propos du mème objet, un Séleucus d’Erythres. Voy. I. HT, p. 174. Comp. Stobée, Eclogæ physicæ, p. 440.
(52) [page 151]. Ideler, Zandbuch der Chronologie, t.T, p. 212 et 329.
(55) [page 151]. Delambre, Histoire de l’ Astronomie ancienne, LL D: 290:
(54) [page 151]. Bæckh, dans son Philolaüs, p.118, examine la question de savoir si les Pythagoriciens ont pu connaître de bonne heure, par les sources égyptiennes , la précession des équinoxes sous le nom de mouvement des fixes. Letronne (Obsercations sur les représentations zodiacales qui nous restent de l'Antiquité, 1824, p. 65), et Ideler (Zandbuch der Chronologie,
ms VE 2
t. 1, p. 192), revendiquent exclusivement cette découverte pour Hipparque.
(35) [page 1592]. Ideler, ueber Eudoxus, p. 25. (36) [page 153]. La planète découverte par Le Verrier.
(37) [page 458]. Voy. plus haut Cosmos, t. II, p. 92, 96, 98 et 117.
(38) [page 155]. Guillaume de Humboldt, weber die Kawi-Sprache, t. 1, p. xxxvIr.
(39) [page 156]. La surface de l'empire romain sous Auguste, d’après la circonscription qu’a adoptée Heeren (Manuel de l'histoire ancienne, p. 436-465), a été évaluée par Berghaus à un
peu plus de 100,000 milles géographiques carrés: c’est environ un quart de plus que la mesure proposée, comme très-incertaine, il est vrai, par Gibbon, Æistoire de la chute de l'Empire romain, t. 1, ch. 4, p. 86 et suiv. dans l'édition de M. Guizot.
(40) [page 157]. Végèce, de re militari, 1. IT, ©. 6. Comp. Fabricius, notatio temporum Augusti, 1727, p. 208, et Egger, Examen critique des Historiens anciens de la vie et du règne d’'Auguste, Paris, 1844, p. B4 et suiv.
(41) [page 157]. Acte Il, v. 5371, dans la célèbre prédiction qui à commencé , depuis le fils de Colomb, d’être appliquée à la découverte de l’Amérique.
(42) [page 158]. Cuvier, Histoire des Sciences naturelles, t. I, 1841, p. 519-598.
(45) [page 158]. Voy. Liber Ptholemei de opticis sise aspectibus, manuscrit précieux de la Bibliothèque nationale de Paris, n° 7510, que j'ai compulsé à l’occasion d’un passage remarquable sur la réfraction de la lumière, découvert dans Sextus Empiricus (adversus Astrologos, 1. V, p. 551, edid. Fabricius). Les extraits que j'ai donnés de ce manuscrit en 1811, avant Delambre et Venturi, se trouvent dans l'introduction de mon Recueil d’obserçations astronomiques, t. 1, p. xv-L1xx. L’original grec ne nous est pas parvenu. Le manuscrit ne contient qu'une traduction latine de l’Optique de Ptolémée. faite sur deux manuscrits arabes. Le traducteur latin se nomme Amiracus Eugenius, Siculus. Comp. Venturi, Comment. sopra la storia e le teorie dell’Ottica, Bologna, 1814, p. 227; Delambre, Æistoire de l’Astronomie ancienne, A817, t. I, p. u, et t. II, p. 410-432.
(44) [page 158]. Letronne prouve par la mort sanglante de la fille de Théon d’Alexandrie, victime du fanatisme chrétien, que l’époque si souvent contestée de la vie de Diophante ne peut pas tomber après l'an 389 (sur l’origine grecque des Zodiaques prétendus égyptiens, 1837, p. 26).
(45) [page 160]. Gette influence bienfaisante d’une langue qui, en se propageant, moralise les peuples et leur inspire des sentiments plus humains, a été bien caractérisée par Pline dans son éloge de l'Italie (1. HIT, e. 6): « Omnium terrarum alumna eadem et parens, numine Deum electa, quæ sparsa congregaret imperia ritusque molliret et tot populorum discordes ferasque linguas sermonis commercio contraheret, colloquia et humanitatem homini daret, breviterque una cunctarum gentium in toto orbe patria fieret. »
(46) {page 161]. Klaproth, Tableaux histor. de l'Asie, p. 68.
(47) [page 161]. A ces races indo-germaniques, gothiques ou ariennes de l’Asie orientale, remarquables par leurs cheveux blonds et leurs yeux bleus, appartiennent les Ousuns, les Tingling, les Houtis et les Youètes. Les derniers sont désignés par les écrivains chinois comme une race nomade du Tibet, qui déjà, 300 ans avant notre ère , avait pénétré entre le cours supérieur de l’Houangho et le Nanschan couvert de neige. Je rappelle cette origine parce que les Sères, sont caractérisés aussi < rutilis Comis et cæruleis oculis # (Pline, 1. VI, c. 24). Comp. Ukert, Geographie der Griechen und Rômer, 5° part., sect. 2, 1845, p. 275. La connaissance de ces races blondes, qui apparaissent dans les parties de l’Asie les pius reculées vers l'Est et donnèrent le premier branle à la grande migration des peuples, est due aux recherches d’Abel Rémusat et de Klaproth; c’est une des plus brillantes découvertes historiques de notre époque.
(A8) [page 162]. Letronne, Observations critiques et archeologiques sur les représentations zodiacales de l'Antiquité, 1824, p. 99, et sur l’origine grecque des Zodiaques prétendus égypliens, 1857, p. 27.
(49) [page 462]. Le savant Colebrooke place Warahamihira dans le v° siècle de notre ère, Brahmagoupta à la fin du vr, et laisse la place de Aryabhatta incertaine entre l’an 200 et l'an 400 ap. J.-C. Comp. Holtzmann, weber den griechischen Ursprung des indischen Thierkreises, 1841, p. 23.
(50) [page 163]. Sur les raisons qui, conformément au témoignage de Strabon lui-même, prouvent que son grand ouvrage de géographie fut commencé très-tard, voy. la traduction allemande de Groskurd, 1"° part, 1831. p. xvir.
(51) [page 165]. Strabon, L. I, p. 44; IT, p. 118; XVI, p. 781; XVII, p. 798 et 843.
(52) [pag. 463]. Comp. les deux passages de Strabon, L 1, p. 65 et IL, p. 118, et voy. Humboldt, Examen critique, etc., t. I, p. 432-184. Dans la dernière édition de Strabon, donnée en 1844 par G. Kramer, on lit (4"° part., p. 100): Le cercle d’Athènes, au lieu du cercle de Thinæ; Thinæ, dit l’éditeur, ayant été nommée pour la première fois par le Pseudo-Arrien dans le Periplus maris Erythræi. Dodwell place ce périple sous les empereurs Mare Aurèle et Lucius Verus, tandis que, suivant Letronne, il ne date que du règne de Septime Sévère et de Caracalla. Bien que tous les manuscrits de Strabon portent Thinæ dans cinq endroits différents, il paraît résulter de quatre passages du livre Il (p. 79, 82, 86 et 87), particulièrement du second où Ératosthène est nommé, que l’on doit lire le cercle parallèle d'Athènes et de Rhodes. La coutume des anciens géographes de reculer la péninsule de l'Attique trop loin vers le Sud fit confondre ces deux latitudes. On aurait lieu de s’étonner, si la leçon @wwy z1#0: était en effet la véritable, qu’on eût déterminé un cercle parallèle distinct, le Diaphragme de Dicéarque, d’après un lieu aussi peu connu du pays des Sines (Tsin). Cependant Cosmas Indicopleustès rattache aussi la ville de Tzinitza (Thinæ) à la chaîne de montagnes qui partage en deux parties la Perse et les pays Romaniques, ainsi que toute la terre habitée et il ajoute ces mots dignes de remarque: « d’après la croyance des philosophes indiens et des Brahmanes. » Voy. Cosmas dans Montfaucon, Collectio nova Patrum , t. IL, p. 157, et Humboldt, Asie centrale, t. I, p. xx, 120-129 et 194-205; t. IT, p.413. Le Pseudo-Arrien, Agathémère, d’après les savantes recherches du professeur J. Franz, et Cosmas, attribuent d’une manière précise à la métropole des Sines une latitude fort septentrionale et qui tombe à peu près dans le parallèle de Rhodes et d'Athènes, tandis que Ptolémée, trompé par les faux rapports des navigateurs, ne connaît qu'une ville de Thinæ, située à trois degrés au Sud de l’équateur. Je suppose que Thinæ n’était qu’une dénomination génerale sous la-
quelle on désignait un entrepôt, un port du pays des Tsin, et qu'on à pu citer par conséquent des Thinæ ou Tzinitza au Nord et au Sud de l'équateur.
(55) [page 164]. Strabon, 1. T, p. 49-60; IT, p. 95 et 97; VI, p. 277; XVII, p. 850. Sur le soulèvement des iles et de la terre ferme, voy. particulièrement 1. I, p. b1, 54 et 59. Déjà l’ancien philosophe de l’école Éléatique, X6 nophane, frappé de l’abondance des productions marines que l’on rencontrait loin des côtes, à l’état fossile, enseignait que le sol de la terre, sec aujourd'hui, avait été soulevé du fond des mers. Voy. Origène, Philosophumen«, ce. k. Apulée, au temps des Antonins, recueillait des pétrifications sur les montagnes de la Gétulie et les attribuait au déluge de Deucalion qu'il croyait, d’après cet indice, avoir été aussi général que le fut pour les Hébreux le déluge de Noé, et pour les Aztèques du Mexique celui de Coxcox. Le fait affirmé par Beckmann et par Cuvier (Geschichte der Erfindungen, À. I, p.570, et Histoire des Sciences naturelles , t.T, p. 551), qu’Apulée aurait possédé une collection d'objets naturels, a été contredit par le professeur Franz, à la suite de recherches très-approfondies.
(54) [page 164]. Strabon, I. XVI, p. 810.
(53) [page 163]. Ritter, Erdkunde von Asien, t. IV, sect. 4, 1855, p. B60.
(86) [page 165]. J'ai réuni les exemples les plus frappants de fausses directions données aux chaines de montagnes par les Grecs et les Romains dans l'introduction de l’4sie centrale, t. 1, p. xxxvu-x. Les recherches spéciales les plus satisfaisantes sur l'incertitude des bases numériques adoptées par Ptolémée, pour les déterminations de lieux, se trouvent dans une dissertation d’Ukert, insérée au rheinisches Museum für Philologie, 1858, p. 514-524.
(57) [page 166]. Voy. des exemples des mots zend et sanscrits, que nous à conservés la Géographie de Ptolémée, dans Lassen, Dissertalio de Taprobane insula, p. 6, 9 et 17; Burnouf, Commentaire sur le Yacna, t. I, p. xcut-cxx et CLXXXI-CLXXXY ; Humboldt, Examen critique, ete., t. 1, p. 45-49. Quelquefois, mais raremeut, Ptolémée donne le nom sanscrit avec la traduction, ti par exemple, pour l’île de Java ou île de l'Orge, Ixbadiou à qauaivsc pins vases (L VII, ec. 2). Comp. Guillaume
de Humboldt, weber die Kawi-Sprache, t. T, p. 60-63. Aujourd’hui encore, si l’on en croit Buschmann, l'orge paumelle, hordeum distichon, se nomme dans les principales langues indiennes telles que l'Hindoustani, le Bengali et le Nepal, dans les langues de Mahrah, de Guzerate et dans celle des Cingalais, enfin en persan et en malais yasa, dschas ou dschau, et yaa à Orissa. Voy., dans les traductions indiennes de la Bible Évang. selon St. Jean, VI, 9 et 15, et Ainslie, Aateria medica of Hindoostan, Madras, 1815, p. 217.
(58) [page 166]. Humboldt, Examen crit., t. IE, p. 147-188. (59) [page 166]. Strabon, L. XI, p. 806.
(60) [page 167]. Menander, de legationibus Barbarorum ad Romanos et Romanorum ad gentes, e recens. Bekkeri et Niebuhrii, 1829, p. 500,619, 695 et 698.
(61) [page 167]. Plutarque, de facie in orbe Lunæ, p. 921. Comp. Examen critique, ete. t. I, p. 145 et 191. J'ai eu l’occasion de retrouver moi-même eu Pérse, chez des hommes fort instruits, l'hypothèse d’Agésianax, d'après laquelle les taches de la lune, qui représentaient à Plutarque des espèces de montagnes lumineuses, probablement des montagnes volcaniques, ne seraient qu'un reflet produit par les continents et les mers du globe que nous habitons. « Ce qu’on nous montre, disaientils, à l’aide du télescope, sur la surface de la lune, n’est que l’image réfléchie de notre propre pays. »
(62) [page 167]. Ptolémée, I. IV, e. 9: VIT, 35 et 5. Comp. Letronne, Journal des Savants, 1851, p. 476-480 et 545-555; Humboldt, Examen critique, ete., t. I, p. 144, 164 et 329: t. Il, p. 570-575. |
(65) [page 168]. Delambre, Hist. de l’ Astronomie ancienne . t. 1, p. uv;t. Il. p. 551. Théon ne cite jamais l'Optique de Ptolémée, bien qu'il ait vécu deux siècles après lui.
(64) [page 168]. Il est souvent difficile, dans la physique des anciens, de décider si un résultat obtenu est la suite d’une expérience faite à dessein ou d’une observation fortuite. A l’endroit où Aristote traite de la pesanteur de l'air (de Cælo, 1. IV. c. 4), bien qu'ideler paraisse supposer qu'il est question d'autre chose (Heteorologia veterum Græcorum et Romanorum, p. 25), il est dit expressément: « Une outre gonflée est plus pesante
qu'une outre vide. » En admettant que lexpérience ait réellement eu lieu, il faut supposer qu’elle a été faite avec de l'air condensé. Comp. B. Jullien, de Physica Aristotelis, Paris 1856, p. 15 et 45.
(65) [page 168]. Aristote, de Anima, 1. If, c. 7; Biese, die Phitosophie des Aristoteles, t. I, p. 147.
(66) [page 168]. Joannis (Philoponi) grammatici in libr. de generat.,et Alexandri Aphrodis. in meteorol. comment: Venet. 1527, p. 97. Comp. Examen critique, ete., t. I, p. 306-312.
(67) [page 169]. Metellus Numidicus fit égorger 142 éléphants au milieu du Cirque. Dans les jeux que donna Pompée, parurent 600 lions et 406 panthères. Auguste avait sacrifié 3800 bètes pour les fêtes populaires; Pline le jeune parle dans une de ses lettres (L. VL ep. 54) d’un époux sensible qui se plaint de ce qu'il n’a pu donner un combat de gladiateurs à Vérone, pour célébrer les funérailles de sa femme, « parce que les vents contraires ont retenu dans le port les panthères qu'il avait achetées en Afrique! »
(68) [page 169]. Voy. plus haut, note 85, p. 382. Cependant Apulée a décrit le premier avec exactitude, comme le rappelle Cuvier (Hist. des Sciences naturelles, t. 1, p. 287), les espèces d’os en forme de crocs qui garnissent le second et le troisième estomac des Aplysies ou Orties de mer.
(69) [page 179]. « Est enim animorum ingeniorumque naturale quoddam quasi pabulum consideratio contemplatioque naturæ. Erigimur, elatiores fieri videmur, humana despicimus, cogitantesque supera atque cœlestia, hæc nostra ut exigua et minima contemnimus. » (Cicéron, Academica, 1. I, c. #1.)
(70) [page 472]. Voy. Pline, 1. XXXVIL. €. 77 (t. V, p. 320, édit. de Sillig). Toutes les éditions antérieures finissaient avec les mots: Hispaniam quaeumque ambitur mari. La fin de l’ouvrage a été découverte en 4831 dans un manuserit de Bamberg, par Louis de Jan, professeur a Schweinfurt.
(71) [page 173]. Claudien, ia secundum consulatum Stilichonis, V. 150-155.
(72) [page 174]. Cosmos, t. I, p. 506 et 454; LIT, p. 19. Comp. Guillaume de Humboldt, weber die Kawi-Sprache, t.E, p. xxxvmr.
(75) [page 478]. Si Charles Martel, ainsi qu'on l’a souvent répété, a garanti par la victoire de Tours le centre de l'Europe,
contre l'invasion de l’islamisme, on ne saurait dire avec la mème raison que la retraite des Mongols, après la bataille livrée près de Liegnitz, dans la plaine de Wablstatt, ait empêché le bouddhisme de pénétrer jusqu'à l'Elbe et au Rhin. Ce cembat, dans lequel le duc Henri le Pieux mourut en héros, fut livré le 9 avril 1241, quatre ans après que le Kaptschak et la Russie avaient été asservies par les hordes asiatiques, sous Batou, petit-fils de Dschingischan. Mais la première introduction du Bouddhisme parmi les Mongols, tombe dans l’année 1247, lorsque le prince mongol Godan se sentant malade à Leang-Tscheou, ville reculée fort loin vers l'Orient, dans la province chinoise de Schensi, fit appeler un grand prètre Tibétain, Sakya Pandita, pour le guérir et le convertir (Note empruntée à un fragment manuscrit de Klaproth sur la propagation du Bouddhisme dans l'Est et le Nord de l'Asie). Il faut remarquer aussi que les Mongols ne se sont jamais occupés de gagner à leur croyance les peuples qu'ils avaient soumis.
(74) [page 178]. Cosmos, t. I. p. 242 et 412.
(75) [page 179]. De là le contraste entre les mesures tyranniques de Motewekkil, le dixième khalife de la famille des Abbassides, contre les juifs et les chrétiens (Jos. de Hammer, weber die Landerverwaltung unter dem Khalifate, 1835, p. 27, 83 et 147), et la tolérance dont firent preuve les maîtres plus sages de l'Espagne (Ant. Gonde, Zist. de la dominacion de los Arabes en Espana, À. 1, 1820, p. 67). II est bon de rappeler aussi qu’Omar, après la prise de Jérusalem, ne troubla pas les vaincus dans la pratique de leur religion et fit avec le patriarche un accord favorable aux chrétiens. Voy. Fundgruben des Orients, (V6 68:
(76) [page 180]. « Suivant la légende, un vigoureux rejeton de Ja race hébraïque s'était retiré sous le nom de Yokthan (Oachthan) dans l’Arabie méridionale, longtemps avant Abraham, et y avait fondé des empires florissants. : (Ewald, Geschicte des Fotkes Israel, t. I, p. 337 et 450).
(77) [page 180]. L'arbre qui fournit aux Arabes, depuis les temps les plus reculés, le célèbre encens d'Hadramaut et qui manque complétement dans l'ile de Socotora, n’a pas encore été classé ni découvert par aucun botaniste, pas même par l'infatigable Ehrenberg. On trouve dans les Indes orientales, principalement dans le district de Bundelkhund, un produit analo-
gue qui forme un article de commerce important entre Bombay et la Chine. Cet encens indien est extrait, suivant Colebrooke (Asiatic Researches, t. IX, p. 577), d’une plante que Roxburgh a fait connaître, nommée Zoswellia thurifera, de la famille des Burséracées de Kunth. On pouvait mettre en doute, à cause des très-anciennes relations de commerce entre les côtes de l’Arabie méridionale et celles de l'Inde occidentale (Gildemeister, Scriplorum Arabum loci de rebus Indicis, p. 35), si le 116av0c de Théophraste, le thus des Romains, appartenait originairement à la péninsule Arabique; aujourd'hui on sait, grâce à l’importante remarque de Lassen (indische Alterthumskunde, t. I, p. 286), que l’encens est nommé, dans l’4mara-Koscha mème, yéwana, javanais, c’est-à-dire arabe, et que par conséquent cette production était exportée de l’Arabie dans l'Inde. « Turuschka’ pindaka’ sihlô yàwanû », est-il dit dans l4mara-Koscha, et les trois premiers mots sont les dénominations diverses de l’encens. Voy. Æ4marakocha, publié par Loiseleur Deslonchamps, 1"° part. 1839, p. 156. Dioscoride distingue aussi l’encens de l'Arabie de celui de Finde. Charles Ritter, dans sa monographie des différentes espèces d’encens (£rdkunde von Asien, t. VII, sect. 1, 1846, p. 536-562), remarque avec beaucoup de raison que la mème plante (boswellia thurifera} pouvait bien, à cause de la similitude du climat, s'étendre de l'Inde à l’Arabie à travers la Perse méridionale. L’encens américain , connu dans la pharmacologie sous le nom de Olibanum americanum, vient de l’Zcica gujanensis d'Aublet et de l’Zcica tacamahaca que Bonpland et moi nous avons trouvées abondamment dans les grandes plaines couvertes d'herbes (Llanos}, de Calabozo dans l’Amérique du Sud. L’Icica est, ainsi que le Boswellia, de la famille des Burséracées ; l’encens commun que l’on brûle dans les églises est produit par le pinus abies de Linné. — La plante qui donne la myrrhe et que Bruce croyait avoir vue (Ainslie, Aateria medica of Hindoustan, Madras, 1815, p. 29), a été découverte par Ehrenberg près d’El-Gisan en Arabie, et décrite par Nees d’Esenbeck, sous le nom de ZBalsamodendron myrrha, d’après des espèces qu'Ehrenberg avait recueillies. Pendant longtemps, on à pris fréquemment le Balsamodendron Kotaf de Kunth, FPune des 4myris de Forskal, pour l'arbre de la véritable myrrhe.
(78) [page 180]. Welsted, Travels in Arabia, 1858, tom. f,
(79) [page 180]. Jomard, Études géogr. et hist. sur l'Arabie . #859, p. 44 et 52.
(80) [page 181]. Cosmos, t. IT, p. 115.
(81) [page 184]. Isaïe, 60, 6.
(82) [page 182]. Ewald, Geschichte des Polkes Israel, t. E, p. 500-450; Bunsen, Ægyptens Stelle, ete., 1. IT, p. 10 et 32. Des récits rappelant la présence des Perses et des Mèdes dans le Nord de l'Afrique sont un témoignage à Fappui d’antiques migrations vers l'Ouest. Ces légendes ont été rattachées au my-the complexe d’Hercule et du Melkarth phénicien. Voy. dans Salluste (Bellum Jugurthinum), le chap. 18 tiré des écrits carthaginois de Hiempsal, et comp. Pline, I. V, c. 8. Strabon nomme les Maurusiens (les habitants de la Mauritanie) des Indiens amenés par Hercule.
(85) [page 182]. Diodore de Sicile, I. IT, ce. 2 et 3
(84) [page 182]. Ctesiæ Cnidii operum reliquiæ, edid. Bæhr. Fragmenta assyriaca, p. 421, et Charles Muller dans l’édition de Ctésias publiée à la suite de celle d’'Hérodote par Dindorf, Paris, 1844, p. 13-15.
(85) [page 185]. Gibbon, Æistoire de la chute de l'empire Romain, Ch. 50,1. X, p. 11.
(86) [page 185]. Humboldt, 4sie centrale, t. Il, p. 128.
(87) [page 184]. Jourdain, Recherches critiques sur les traductions d’Aristote, 1845, p. 84 et 86.
(88) [page 186]. Sur les connaissances que les Arabes ont empruntées à la pharmacologie des Hindous, voy. les importantes recherches de Wilson, Oriental Magazine of Calcutta, février et mars 1895, et Royle, Essay on the antiquity of Hindoo Medicine, 1857, p. 56-59, 64-66, 75 et 92. Comp. un catalogue d’écrits pharmaceutiques, traduit de l’indien en arabe, dans Aïnslie, Materia medica, etc., 1813, p. 28.
(89) [page 187]. Gibbon, t. X, p. 262; Heeren, Geschichte des Studiums der classischen Litteratur, t.1, 1797, p. 44 et 72; Abd- Allatif, Relation de l'Égypte traduite par de Sacy, p. 240; Parthey, das Alexandrinische Museum, 1858, p. 106.
(90) [page 188]. Henri Ritter, Geschichte der christlichen Phitosophie, 3° part, 1844, p. 669-676.
(91) [page 189]. Voy. trois écrits récents de Reinaud, qui prouvent combien, outre les sources chinoises, il y a à puiser encore dans celles de Arabie et de la Perse: 1° Fragments arubes et persans inédits relatifs à l'Inde, antérieurement au XT° siécle de l'ère chrétienne, 4845, p. xx-xxxim; 2° Relation des voyages faits par les Arabes et les Persans dans l'Inde et à la Chine dans le IX° siècle de notre ère, 4845, 1. 1, p. xivi: 5° Mémoire géographique et historique sur l'Inde d'après les écrivains Arabes, Persans et Chinois, antérieurement au milieu du XT° siécle de l'ère chrélienne, 1846, p. 6. Le second écrit du savant orientaliste n’est qu'une refonte de l’ouvrage intilulé: 4nciennes relations des Indes el de la Chine de deux voyageurs mahomélans, et publié très-incomplétement par l'abbé Renaudot en 1718. Le manuscrit arabe contient seulement une relation de voyage écrite par un marchand nommé Soleiman, qui s’embarqua dans le golfe Persique, l’an 851. On à joint à cette relation ce que Abou-Zeyd-Hassan, de Syraf en Farsistan, avait appris de commerçants instruits, sans être jamais ailé lui-même dans l'Inde ou dans la Chine.
(92) [page 189]. Reinaud et Favé, du Feu grégeois, 1845,
(95) [page 189]. Ukert, weber Marinus Tyrius und Ptolemuæus, die Géographen, dans le rheinisches Museum, 1839, p. 529-352; Gildemeister, de rebus Indicis, 17e part., 4838, p. 120; Humboldt, 4sie centrale, 1. I, p. 191.
(94) [page 189]. La Géographie orientale, attribuée à Ebn- Haukal et publiée à Londres en 1800, par Sir William Ouseley, est en réalité celle d’Abou-Ishak el-Istachri et postérieure d’un demi-siècle à Ebn-Hauckal, ainsi que l’a démontré Fræhn (Ibn-Fozlan, p. 1x, xxu et 236-265). Les cartes qui accompagnent le livre des Climats, de l'an 920, et dont la bibliothèque de Gotha possède un beau manuscrit, m'ont été fort utiles pour mes travaux sur la mer Caspienne et le lac d’Aral. Voy. Asie centrale, t. 1, p. 192-196. IT existe depuis peu une édition et une traduction allemande d’Istackri sous les titres de Ziber climatum ad similitudinem codicis gothani delineandum cur J. H. Mœller, Gotha, 1859, et das Buch der Lünder, traduit de l’arabe par A. D. Mordtmann, Hamb., 1845.
(95) [page 189]. Comp. Joaquin José da Gosta de Macedo , Memoria en que se prelende provar que os Arabes nao conhe-
cerao as Canarias antes dos Portuguezes, Lisboa, 1844, p. 86-99, 205-297, avec Humboldt, Examen critique, t. 1, p. 157-141.
(96) [page 190]. Léopold de Ledebur, weber die in den Raltischen Lündern gefundenen Zeugnisse eines Handelsverkehrs mit dem Orient zur Zeil dei Arabischen Feltherrschaft, 1840. p. 8 et 75.
(97) [page 190]. Les déterminations de longitude qu’Aboul- Hassan, de Maroc, astronome du xm° siècle, a faites dans son ouvrage sur les instruments astronomiques des Arabes, sont toutes calculées sur le premier méridien d’Arin. C’est Sédillot fils qui a appelé l'attention des géographes sur ce méridien, J'ai dû aussi, pour ma part, en faire l’objet de recherches approfondies, parce que Colomb se guidant, comme toujours, sur l’Imago Mundi du cardinal d’Ailly, mentionne, dans ses conjeciures hypothétiques sur la configuration inégale des deux hémisphères de Est et de l'Ouest, une «Isla de Arin, centro de el hemispherio del qual habla Toloméo y quès debaxo la linea equinoxial entre el Sino Arabico y aquel de Persia.» Comp. J.-J. Sédillot, Traité des instruments astronomiques des Arabes, publié par L.-Am. Sédillot, t. [, 1854, p. 519-518: t. II, 1855, préface, avec Humboldt, Examen critique, ete. t. II, p. 64, et Asie centrale, t. I, p. 593-596, où se trouvent réunies les indications que j'ai recueillies dans la Mappa Mundi de Pierre d’Ailly (1410), dans les Tables 4lphonsines (1485) et dans l’7tinerarium Portugallensium de Madrignano (1508). IL est singulier qu'Edrisi ne semble rien savoir de Kobbet Arin (Cancadora, proprement Kankder). Sédillot fils (Sur les systèmes geographiques des Grecs et des Arabes , 1849, p. 20-95) place le méridien d’Arin dans le groupe des Acores, tandis que le savant commentateur d’Aboulfeda, Reinaud, dans léerit intitulé Mémoire sur l'Inde antérieurement au xx siècle de l'ère chrétienne, d'après les écrivains Arabes el Persans, p. 20-24, suppose «que Arin a été formé par corruption des mots azyn, ozein et odjein, nom d’un antique centre de civilisation, situé dans le Malva, l'Ofx»1 de Ptolémée et le mème que Udjijayani, selon l'opinion de Burnouf; que cette Ozène était placée dans le méridien de Lanka, et que plus tard Arin fut prise pour une ile située sur la côte de Zanguebar, peut-être l'Ezzvo de Ptolémée.» Voy. aussi. Am. Sédillot, Mémoire sur les Instruments astronomiques des Arabes, 1841, p. 75.
(98) [page 190]. Le khalif Al-Mamoun fit acheter en grand uombre, à Constantinople, en Arménie, en Syrie et en Égypte, de précieux manuscrits qui par ses ordres furent immédiatement traduits en arabe, tandis que pendant longtemps les traductions arabes avaient été faites sur des traductions syriaques Voy. Jourdain, Recherches sur les traductions d'Aristote, 1843, p. 84, 86 et 209. Grâce aux efforts d’Al-Mamoun, beaucoup d'ouvrages furent sauvés, qui eussent été perdus sans les Arabes. Les traductions arméniennes ont rendu le même service ; ainsi que l’a fait voir Heumann: malheureusement un passage de l'historien Geuzi, de Bagdad, que le célèbre géographe Léon l’Africain nous à conservé dans un écrit intitulé: de V'iris inter Arabes illustribus, fait supposer qu’à Bagdad mème on brüla un grand nombre d’originaux grecs que l’on regardait comme inutiles. Mais ce passage, susceptible de diverses interprétations, ainsi que l’a montré Bernhardy (Grundriss der griechischen Lilleratur, 1° part., p. 489), contrairement à l'opinion de Heeren (Geschichte der classichen litteratur, t. 1, p. 155), ne se rapporte probablement pas aux manuscrits importants quiétaient déjà traduits. — Les traductions arabes d’Aristote ont souvent servi aux traductions latines, par exemple pour les huit livres de la Physique et de l'Histoire des animaux: mais cependant la plus grande et la meilleure partie des traductions latines à été faite immédiatement sur le grec. Voy. Jourdain, Recherches sur les traductions d’Aristote, p. 219-217. On reconnait cette double source dans la lettre mémorable par laquelle l'empereur Frédéric 11 de Hohenstaufen envoya, avec recommandation, des traductions d’Aristote à ses universités, particulièrement à celle de Bologne. Cette lettre renferme l’expression de sentiments élevés; elle prouve que ce n’était pas seulement par goût pour l’histoire naturelle que Frédéric Il ajoutait du prix aux ouvrages philosophiques, aux « compilationes varias quæ ab Aristotele aliisque philosophis sub græcis arabicisque vocabalis antiquitus editæ sunt. > Nous avons, dit-il encore, toujours eu la science en vue, depuis notre première jeunesse, bien que les soins de l’empire nous en aient détourné. Nous employons notre temps avec une application à la fois sévère et enjouée à la lecture d'excellents ouvrages, afin que notre ame puisse se rasséréner et se fortifier par des acquisitions sans lesquelles la vie de l’honime ne connaît ni règle ni liberté (ut animæ clarius vigeat instrumentum in acquisitione scientiæ sine qua morta- Hum vita non regitur liberaliter). « Libros ipsos tanquam præ-
mium amici Cæsaris gratulantes accipite, et ipsos antiquis philosophorum operibus, qui vocis vestræ ministerio reviviscunt, aggregantes in auditorio vestro...» (Comp. Jourdain, des traductions d’Aristote, ete. p. 152-165, et l'excellent ouvrage de Friedrich de Raumer, Geschichte der Hohenstaufen, t. IX, 1841, p. 415). Les Arabes se présentent comme les intermédiaires entre la science ancienne et la moderne, Sans eux et Le goût qu'ils avaient pour traduire, les siècles suivants eussent été privés d’une grande partie des découvertes que la Grèce avait faites ou s'était appropriées. À ce point de vue, les relations dont nous venons de parler ici n’ont pas seulement, comme on le croirait au premier abord, un intérêt de philologie comparée ; elles importent aussi à l’histoire générale du monde.
(99) [page 190]. Sur la traduction de l’Æistoire des Animaux d’Aristote, par Michel Scot, et sur un semblable travail d’Avicenne (Manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris, n° 6495). Voy. Jourdain, Des traductions d’Aristole, p. 129-1392, et Schneider, 4dnotat. ad Aristot. de Anim. Hisl., 1. IX, €. 18.
(100) [page 190]. Sur Ibn-Baithar, voy. Sprengel, Geschichte der Arzneykunde, 2° part., 1825, p. 468; et Royle, On the Antiquity of Hindoo medicine, p. 28. Il existe, depuis 4840, une traduction allemande d’Ibn-Baithar sous ce titre: Grosse Zusammenstellung ueber die Kräfte der bekannten einfachen Heil: und Nahrungsmittel, trad. de l'arabe, par J. de Sontheimer.
(1) [page 191]. Royle, ibid. p. 35-65. Sousrouta, fils de Visvanitra, est donné, selon Wilson, pour un contemporain de Rama, Nous avons de son ouvrage une édition sanserite: The Sus’ruta, or system of medicine, taught by Dhanwantari, and composed by his disciple Sus'ruta. Ed. by Sri Madhusüdana Gupta, t. 1 et If, Calcutta, 1833-1856, et une traduction latine: Sus’rutas Ayurvédas, id est medicinæ systema a venerabili D'hanvantare demonstratum, a Susruta discipulo compositum, nunc pr. ex sanskrita in latinum sermonem vertit Franc. Hessler. Erlangæ, 1844-1847, 2 vol.
(2) [page 191]. Avicenna dit: « Le Deiudar (deodar) de la famille de l’abhel (juniperus), est la mème que el sapin de l’Inde qui produit une résine particulière syr deiudar (térébenthine liquide). »
(3) [page 191]. Des juifs espagnols de Cordoue portèrent la science d’Avicenna à Montpellier, et eurent une grande part
dans la fondation de cette célèbre école de médecine, qui, formée sur le modèle des écoles arabes, remonte jusqu’au xue siècle. Voy. Guvier, Hist. des Sciences naturelles, L. 1, p. 587.
(4) [page 191]. Sur les jardins que fit planter, dans son palais de Nissafah, Abdourrahman Ibn-Moawijeh, voy. History of the Mohammedan Dynasties in Spain, extraeted from Ahmed Tbn Mohammed Al-Makkari by Pasecual de Gayangos, t. [, 1840, p. 209-211. « En Su Huerta plant el Rey Abdurrahman una palma que era entonces (786) unica, y de ella procediéron todas las que hay en Espana. La vista del arbol acrecentaba mas que templaba su melancolia. » Voy. Antonio Conde, ist. de la dominacion de los Arabes en Espana, t. T, p. 169.
(5) [page 199). La préparation de l'acide nitrique et de l’eau régale, par Djabar (proprement Abou-Moussah Dschafar), est antérieure d’au moins 00 ans à Albert le Grand et à Raymond Lulle, et de 700 ans au moine d’Erfurdt Pasilius Valentinus. Cependant on a longtemps attribué à ces trois personnages la découverte de ces deux dissolvants, qui fait époque dans l’histoire de la chimie.
(6) [page 192]. Sur la méthode indiquée par Razes pour la fermentation de l’amylum et du sucre et pour la distillation de l'alcool, voy. Hoefer, Æist. de la chimie, t. TX, p. 325. Alexandre d’Aphrodisias, quoiqu'il ne décrive en détail que la distillation de l’eau de mer (Joannis Philoponi Grammatici in libr. de generalione et interitu Comment. Venèt., 1527, p. 97), ajoute cependant, à ce propos, que le vin peut aussi être destillé, affirmation d'autant plus remarquable qu’Aristote exprime lopinion erronée que l’évaporation naturelle du vin, comme celle de l’eau de mer, donne de l’eau douce (Heteorologica. 1. W, e. 3, p. 558, édit. de Bekker.)
(7) [page 4992]. La chimie des Hindous, comprenant aussi l'alchinie, s'appelle rasdyana, de rasa, sue, liquide et mercure, et dyana, marche. Elle forme, selon Wilson, la septième partie de l’'éyur-Feda, science de la vie ou art de prolonger la vie. Voy. Royle, Æindoo medicine, p. 59-48. Les Indiens connaissent depuis les plus anciens temps. (Rovle, ibid., p. 151) l’application de l’eau régale à l'impression sur calicot et sur coton, art familier aux Égyptiens, et qu’on trouve déerit fort clairement dans Pline l'Ancien, 1. XXXV, €. 42. Le mot chimie, dans le sens de décomposilion, veut dire à la lettre
art égyptien , art de la terre noire, car Plutarque déjà savait (De Iside ed Osiride, €. 55) que les Égyptiens appelaient leur pays Xyuix à Cause de la noirceur du sol. L'inscription de Rosette porte chmi. Le mot chimie, signifiant l’art de décomposer, se trouve pour la première fois, à ma connaissance, dans le décret de Dioclétien contre les anciens écrits des Égyptiens qui traitent de la chimie de l'or et de l'argent (r2pt ynuias apyipou «at gpvood). Comp. Examen critique, etc., t. Il, p. 314.
(8) [page 192]. Reinaud et Favé, du feu grégeois, des feux de guerre, et des origines de la poudre à canon, dans leur Histoire de l'artillerie ; t. T, 4845, p. 89-97, 201 et 211; Piobert, Traité d'artillerie, 1856, p. 98; Beckmann, Technologie , p. 542.
(9) [page 193]. Voy. Laplace, Précis de l’hist. de l’ Astronomie, 4821, p. 60, et Am. Sédillot, Mémoire sur les Instrum. «stron. des Arabes, 184, p. #4. Thomas Young (Lecture on Natural Philosophy and the Mechanical Arts, 1807, 1. 1, p. 191) ne doute pas non plus qu'à la fin du x° siècle Ebn Jounis ait appliqué le pendule à la détermination du temps: mais €’est à Sanctorius (1612, par conséquent 44 ans avant Huyghens) qu'it fait honneur d’avoir le premier rattaché le pendule au jeu d’un rouage. Quant à la merveilleuse horloge qui faisait partie des présents envoyés de Perse, en 807, deux siècles avant Ebn Jounis, à l’empereur Charlemagne, dans Aix-la-Chapelle, par Haroun-al-Raschid, ou plutôt par Abdallah, Éginhard dit positivement qu'elle était mue par l’eau (Horologium ex aurichalco arte mechanica mirifice compositum, in quo duodecim horarum cursus ad elepsidram vertebatur). Voy. Einhardi Annales, dans Pertz, Monumenta Germanie historica, Seriptorum t. I, 14826, p. 194; H. Mutius, de Germanorum origine, gestis, etc: Chronicon, 1. VIII, p. 7, dans Pistorius, Germanicorum scriptorum, ete., t. Il, Francof, 4884, et Bouquet, Recueil des Historiens des Gaules, t. V, p. 535 et 554. Les heures y étaient indiquées par la chute sonore de petites boules et par le passage de cavaliers à travers autant de portes distinctes qui s’ouvraient à leur approche, La manière de faire agir l’eau dans ces horloges était peut-être fort différente chez les Chaldéens, « qui pesaient l'heure (c’est-à-dire qui la déterminaient par le poids d’un liquide en mouvement), et dans les clépsydres des Grecs et des Hindous; car l’horloge hydraulique de Ctésibius contemporain de Ptolémée Évergète If, qui donnait, une année durant,
l'heure civile d'Alexandrie, n’est jamais citée sous le nom général de clepsydre. Voy. Ideler, Æandbuch der Chronologie, 1898, t. I, p. 251. D’après la description de Vitruve(l. IX, €. 4), c'était une véritable horloge astronomique, un horologium ex aqua, une machina hydraulica très-complexe, fonctionnant par des roues dentées (versatilis tympani denticuli æquales alius alium impellentes). Il n’est donc pas invraisemblable que les Arabes, qui connaissaient les perfectionnements introduits sous l'empire romain dans la construction des machines, aient réussi à établir un horloge à rouages (tÿmpana quæ nonnulli rotas appellant Græci autem z:pirpoye, Vitruve, I. X, €. 4). Cependant Leibnitz (Annales Imperii occidentis Brunsvicenses. edid. Pertz, t. I, 4845, p. 247), exprime l’étonnement que lui cause l'horloge d'Harounde Al-Raschid. Voy. Abd-Allatif, Relation de l'Égypte, trad. par de Sacy, p. 578. — Une œuvre encore plus remarquable est celle que le sultan d'Égypte envoya, en 1232, à l'empereur Frédéric Il. C'était un grand pavillon, où le soleil et la lune, mis en mouvement par d’habiles mécanismes, paraissaient et disparaissaient en marquant avec exactitude et régularité les heures du jour et de la nuit. On lit dans les 4nnales Godefridi monachi S. Pantaleonis apud Coloniam Agrippinam: « tentorium, in quo imagines Solis et Lunæ artificialiter motæ cursum suum certis et debitis spatiis peragrant et horas diei et noctis infallibiliter indicant » (Freheri, Reruwm germanic. script. t, 1, Argentor., 1717, p. 598). Le moine Godefried ou l’auteur, quel qu’il soit, qui a rédigé les faits de l’année 1952 dans cette chronique, écrite à l'usage du cloître de Saint- Pantaléon, à Cologne, peut-être par plus d’un auteur, vivait au temps même de Frédéric IL Voy. Bühmer, Fontes rerum germanic., t. 1, 4845, p. xxxiv-xxxvi. L'empereur laissa ce chefd'œuvre, évalué à 20,000 marces, dans le trésor de Venouse avec d’autres objets précieux. Voy. Fréd. de Raumer, Geschichte der Hohenstaufen, t. HT, p. 450. Que le pavillon de cette horloge se müt comme la voûte du ciel, c’est ce qui me parait très-invraisemblable, quoiqu'on lait souvent affirmé. La Chronica monaslerii Hirsaugiensis, publiée par Trithème, reproduit presque textuellement le passage des 4nnales de Godefried, sans nous rien apprendre de plus sur le mécanisme de l'instrument (Joh. Trithemii Opera historica, 2° part., Francfort., 4701, p. 180). Reinaud dit que le mouvement s’accomplissait « par des ressorts cachés. » (Extraits des Historiens Arabes relatifs aux guerres des Croisades, 18929, p. 455).
fl peut n'être pas sans intérêt de mentionner ici un texte que n’a pas cité M. de Humboldt, soit que ce détail lui ait échappé, soit qu’il ait été mis en garde contre la vérité de la description par le caractère sophistique de l’auteur. Dans le vi siècle, plus de 200 ans par conséquent avant qu'Abdallah envoyât à Charlemagne l'horloge d’eau dont parle Éginhard, Choricius de Gaza avait déerit longuement une horloge qui était une des merveilles de sa ville natale; des aigles d’airain étaient placés sur une même ligne, en nombre égal à celui des heures. chacun d'eux portait dans ses serres une couronne, prèt à la déposer sur la tête de l'Hercule qui répondait à sa station, au moment où le dieu se présenterait. Le soleil lui-même donnait le signal; revêtu des insignes royaux et portant dans la main gauche un globe céleste, il étendait la main droite vers les portes, quand le moment était venu, et aussitôt Hercule paraissait pour recevoir la récompense de l’un de ses douze travaux. Malgré la subtilité et laffectation qui semblent naturelles à Choricius, il est difficile de croire qu'il invente ce qu'il dépeint. De pareils frais d'imagination seraient encore plus inexplicables que le mécanisme décrit par le sophiste. Malheureusement rien dans le texte n'indique quelle force mettait en jeu tous ces ressorts. Vov. Choricii Gazæi Orationes, déclamationes, fragmenta edid. J. F. Boissonade , Paris, 1846, p. 148-155. C. G.]
(40) [page 194]. Sur les tables indiennes que Alphazari et Alkoresmi ont traduites en arabe, voy. Chasles, Recherches sur l'astronomie indienne, dans les Comptes rendus des séances de l'académie des sciences, t. XXII, 1846, p. 846-880. La substitution des sinus aux arcs dont Albategnius, au commencement du x° siècle, est d'ordinaire regardé comme l’auteur, appartient primitivement aux Hindous. On trouve déjà des tables de sinus dans le Sourya-Siddhanta.
(11) [page 194]. Reinaud, Fragments arabes relatifs à l'Inde , p. xu-xvu, 96-126 et surtout 135-160. Le vrai nom d’Alby-rouni était Aboul-Ryhan. Il était natif de Byroun dans la vallée de l’Indus et ami d’Avicenna avec lequel il vécut dans l’Académie arabe qui s'était formée à Charezm. Son séjour dans l'Inde et l’histoire qu'il a écrite de cette contrée, le Tarikhi-Hind, dont Reinaud à fait connaître les plus remarquables fragments, tombent dans les années 1030 à 1032.
(12) [page 195] Sédillot, Matériaux pour servir à l'histoire comparee des Sciences mathématiques chez les Grecs el les Orientaux, &. 1, p. 59-89; le mème dans les Comptes rendus de L'4cadémie des Sciences, t. IH, 1856, p. 2092; t. XVII, 1845, p. 163- 1753. XX, 1845, p. 1508. Contrairement à cette opinion, M. Biot affirme que la belle découverte de Tycho n'appartient pas du tout à Aboul-Wéfa, et qu’'Aboul-Wéfa ne connaissait pas la variation, mais seulement la deuxième partie de lévection. Voy. Journal des Savants, A845, p. 515-339, 609-626, 719-757; 1845, p. 146-165, et Comptes rendus de l’Acad., |. XX, 1845, p. 4519-1595.
(15) [page 195]. Laplace, Exposition du Système du monde, note b, p. 407.
(14) [page 196]. Sur l'observatoire de Meragha, voy. Delambre, Æisloire de l'Astron. du moyen âge, p. 198-205 , el Am. Sédillot, Mémoire sur les Instr. arabes, AS4A, p. 201-205, où est décrit le gnomon à ouverture circulaire. Sur le caractère particulier du catalogue d'étoiles d'Oulough Beig, voy. J. Sédillot, Traité des Instr. astron. des Arabes, 1854, p. 4.
(15) [page 196]. Colebrooke, 4lgebra with Arithmetic and Mensuration, from the sanserit of Brahmegupta and Bhascara, London , 1817; Chasles, /perçu historique sur l'origine et le développement des méthodes en Géométrie, 1857, p. 416-502; Nesselmann, Z'ersuch einer kritischen Geschichte der Algebra, t. 1, p. 50-61, 273-276, 509-506.
(16) [page 196]. 4lgebra of Mohammed ben Musa, edited and translated by F. Rosen, 4851, p. vin, 72 et 196-199. Les connaissances mathématiques des Hindous se répandirent aussi en Chine vers l’an 720; mais à cette époque beaucoup d’Arabes s'étaient déjà établis à Ganton et dans d’autres villes chinoises. Voy. Reinaud, Relation des Foyages faits par les Arabes dans l'Inde et à la Chine, t. 1, p. ax; € Il, p. 56.
(17) [page 196]. Chasles, Histoire de l'algèbre, dans les Comptes rendus de l’Académie, t. XUT, 1841, p. 497-524, 601-626. Voy. aussi Libri, Zbid., p. 559-563.
(18) [page 197]. Chasles, 4perçu historique des méthodes en Géométrie, 1857, p. 464-472; le mème, dans les Comples rendus de l'Académie, & NI, 1859, p. 783 & IX, 1859, p. #49; t XVI, 4845, p. 156-175 et 218-246; t. XVII, 1845, p. 143-154.
(19) [page 197]. Humboldi, weber die bei cerschiedenen Fülkern üblichen Systeme von Zahlzeichen und ueber den Ursprung des Stellenwerthes in den indischen Zahlen, dans Crelle’s Journal für die reine und angewandte Mathematik, t. IV, 1899, p. 205-251. Voy. aussi Examen crilique, etc., t. IV, p. 275). « La simple énumération des diverses méthodes qu'ont employées des peuples auxquels était inconnue larithmétique indienne dite de position, pour exprimer les multiples des groupes fondamentaux, explique selon moi la formation successive du système indien. Si l’on exprime le nombre 3568 en l’écrivant, soit verticalement, soit horizontalement à l’aide d’indices qui correspondent aux différentes divisions de lZbacus, ainsi
5 5 68 qu'il suit MC X I, on reconnaît aussitôt que les signes de groupe
M, C.. ete, peuvent êlre omis sans inconvénient, Or nos chiffrés indiens ne sont pas autre chose que ces indices: ils sont les multiplicateurs des différents groupes, L'idée de ces indices
se retrouve encore dans le Suanpan (machine à compter d'invention asiatique et fort ancienne que les Mongols ont importée en Russie), où des séries de cordons rapprochés l’un de l’autre représentent les mille, les centaines, les dizaines et les unités. Dans le nombre cité plus haut pour exemple, ces cordons offriraient: le premier 5, le second 3, le troisième 6 et le quatrième 8 boules. Dans le Swanpan il n’y a aucun signe écrit des groupes, si ce n’est les cordons eux-mêmes, qui sont comme des colonnes vides remplies par les unités (3, 3, 6 et 8) par lesquelles sont figurées les multiplicateurs ou indices. Par ces deux voies, celle de arithmétique figurative (signes écrits) ou celle de arithmétique palpable, on arrive à ce qu’on appelle position, valeur relative, et la numération se trouve réduite à neuf chiffres. Quand un cordon est vide, la place reste en blanc dans l'écriture; quand un groupe manque, c’est-à-dire un terme de la progression , on remplit le vide par un procéde graphique, par l’hiéroglyphe du vide (sénya, sifron, tzüphra). Dans la Méthode d’Eutocius, je trouve, pour les groupes de myriades, la première trace du système grec des exposants ou plutôt des indices, système qui a eu tant d'importance chez les Orientaux. M, M5 M? désignent 10.000, 20.000, 30,000. Ce qui n’est ‘ci appliqué qu'aux myriades est employé pour tous les multioles des groupes chez les Chinois et chez les Japonais, qui n’ont “eçu la civilisation chinoise que 200 ans avant notre ère. Dans le Gobar (écriture sur le sable?) qui a été découvert par feu mon
ami et maitre Silvestre de Sacy, dans un manuscrit de l’ancienne bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés, les signes des groupes sont des points, c’est-à-dire des zéros; car pour les Indiens, les Thibétains et les Persans, les zéros et les points sont identiques. Dans le Gobar on écrit 3° pour 30, 4 pour 400, 6° pour 6000. L'usage des chiffres indiens et de leur valeur relative doit être postérieur à la séparation de la race hindoue et de la race arienne; car le peuple zend, qui remonte en ligne directe aux Ariens, se servait du système fort incommode des chiffres pehlwis. Une preuve nouvelle à lappui du perfectionnement successif de la méthode indienne nous est fournie par les chiffres des Tamouls. Dans l'écriture de ce peuple, 9 signes d'unités et divers signes pour les groupes particuliers de 10, 400, 1000, expriment tous les nombres à l’aide de multiplicateurs placés à leur gauche. On peut eiter encore ces singuliers gpt9uot ivduot dans une scholie du moine Neophytos, découverte à la bibliothèque de Paris par le professeur Brandis, qui me l’a obligeamment communiquée, en m’autorisant à la publier. Les neuf chiffres de Neophytos sont, à l'exception du quatrième, tout à fait semblables aux chiffres persans actuels; mais les unités que représentent ces chiffres peuvent devenir des dizaines, des centaines et des mille, à la condition que l’on écrira
au-dessus un, deux ou trois zéros, on aura ainsi 2 pour 20, 24
00 00 pour 24, et en juxtaposant les zéros : 5 pour 500,36 pour 506.
Supposons maintenant au lieu de zéros de simples points, et nous: avons le Gobar des Arabes. De mème que, selon la remarque souvent faite par mon frère, G. de Humboldt, le sanserit est trèsvaguement désignépar les mots langue indienne, ancienne langue indienne ; Car dans la péninsule de l'Inde il existe plusieurs langues fort anciennes et fort étrangères au sanserit; de même l'expression chiffres indiens, anciens chiffres indiens, est d’une généralité extrèmement vague. La mème incertitude règne dans les idées sur la configuration des signes numériques et sur l’esprit des methodes, qu'on exprime tantôt par la simple juxtaposilion, tantôt par les coefficients et les indices, tantôt par l« valeur de position proprement dite. L'existence mème du zéro: n'est pas encore dans les chiffres indiens une condition nécessaire pour le système de la valeur relative: c’est ce qu'on a vu par la citation faite plus haut de Neophytos. Les Indiens parlant le tamoul ont des signes de nombres différents, en ap-
parence, par leur forme, de l’alphabet tamoul, et parmi lesquels les chiffres 2 et 8 offrent avec les signes dévanagaris du 2 et du 5 une légère ressemblance (voy. Robert Anderson, Audiments of Tamul Grammar, 1821, p. 153); cependant une comparaison exacte prouve que les chiffres tamouls sont dérivés de l'écriture alphabétique de cette langue. Les chiffres cingalais sont, d’après Carey, plus différents encore des chiffres dévanagaris. Or, dans les signes cingalais, comme dans les tamouls, on ne trouve ni valeur relative, ni zéro, mais seulement des hiéroglyphes pour les groupes de dizaines, de centaines, de mille. Les Cingalais procèdent, comme les Romains, par juxtaposition, les Tamouls par coefficient. Le vrai signe de zéro, pour désigner une quantité qui manque, est employé par Ptolémée, tant dans son Æ{lmageste que dans sa Géographie, dans l'échelle descendante, pour les degrés et les minutes qui manquent. Ce signe est, par conséquent, en Occident, beaucoup plus ancien que l'invasion des Arabes. Voy. le mémoire cité plus haut, dans le Journal mathématique @e Crelle, p.215, 219, 223 et 227. On pourra consulter aussi avec intérêt un Mémoire de M. A.-J.-H. Vincent, sur l’Origine de nos chiffres et sur l’Abacus des Pythagoriciens , dans le Journai de mathématiques, publié par M. Liouville, t. IV, juin 1859, p. 261, et du mème auteur une Notice intitulée: des Notations scientifiques à l’École d'Alexandrie, dans la Revue archéologique , 15 janvier
(20) [page 198]. G. de Humboldt, weber die Kawi-Sprache, t. 1, p. cœuxn. Voy. aussi le portrait des Arabes si habilement tracé par Herder dans ses Zdees sur la philosophie de l'hist. de l'humanité, 1. XIX, ce. & et 5, p. 591-495 de la trad. franc.
(21) [page 201]. Comp. Humboldt, Examen crilique, etc.. DE VIN EL XX:
(22) [page 205]. Des parties de l'Amérique avaient déjà été vues, mais sans que l’on y atterràt, 14 ans avant Leif Erikson, dans l’expédition que Bjarne Herjulfsson entreprit vers le Sud en partant du Groenland (986). Ce navigateur vit une première fois la terre dans l’ile Nantoucket, un degré au Sud de Boston, puis à Neu-Schottland, et enfin à Neufundland (Terre-Neuve) qui s’appela plus tard Litla Hellouland, mais jamais Vinland. Le golfe qui sépare Neufundland de l'embouchure du grand fleuve Saint-Laurent, était nommé, chez les colons normands du Groen-
land et de lislande, Golfe du Markland. Voy. GC. Chr. Rafn : Antiquilates Americanæ, 1845, p. 4, #91, 495 et 465.
(25) [page 205]. Gunnbjôrn se perdit en 876 ou 877 sur les écueils qui portent encore aujourd’hui son nom et qu’a récemment découverts pour la seconde fois le capitaine Graah. C’est Gunnhjôrn qui le premier vit la côte orientale du Groenland, mais sans y prendre terre. Voy. Rafn, 4ntiquil. Americ., p. 11, 93 et 504.
(24) [page 205]. Cosmos, t. Il, p. 112.
(28) [page 204]. Ces températures moyennes de la côte orientale d'Amérique sous les parallèles de 49° 45 et 41° 15 répondent en Europe aux latitudes de Berlin et de Paris, c’est-à-dire à des contrées qui sont de 8° à 10° plus rapprochées du nord. En outre, sur la côte occidentale de PAmérique septentrionale, l’abaissement de la température moyenne, du Sud au Nord, est tellement rapide que, sur l’espace de 2° 41° qui sépare Boston et Philadelphie, la différence d’un degré répond à un abaïissement de deux degrés du thermomètre centigrade, dans la température moyenne de l’année, tandis que dans le système des lignes isothermes, en Europe, la même distance répond à peine, ainsi que je l’ai observé moi-même, à un abaissement de température moyenne dur demi-degré. Voy. Asie centrale, t. TK, p. 227.
(26) [page 204]. Voy. Carmen Faerdicum in quo Vinlandiæ mentio fit. (Rafn, Antiquit. Americ., p. 520 et 532.)
(27) [page 204]. On plaçait la pierre runique au plus haut point de l’île Kingiktorsoak « le samedi avant le jour du triomphe, » c’est-à-dire avant le 24 avril, grande fête du paganisme scandinave, qui, lors de l'introduction du christianisme, fut changée en une fête chrétienne ( Rafn, 4ntiquil. Americ., p. 347-555). Sur les doutes que Brynjuflsen, Mohnike et Klaproth ont exprimés au sujet des chiffres runiques, voy. Examen critique, ete, t I, p. 97-101; cependant Brynjuflsen et Graah, d’après d’autres indices, reconnaissent comme appartenant certainement aux x et xn° siècles le précieux monument de #omans Islands, et cette date est aussi celle des inscriptions runiques découvertes à Igalikko et à Egegeit, par 60° 51° et 60° 0° de latitude, et des ruines trouvées à Upernavick par 72° 50.
(28) [page 204]. Rafn, Antiquit. Americ., p. 20, 274 et H15- 118 (Wilbelmi, ueber Island, Heitramannaland, Groenland und
V'inland, p. 117-191). En 4494, suivant une très ancienne saga, des navigateurs cherchèrent l'extrémité Nord de la côte orientale du Groenland, sous le nom de Sealbard, dans un pays qui correspond au Goresby Land, près du point où mon ami le capitaine Sabine a fait ses observations sur le pendule, et où je possède, sous 75° 16°, un Cap fort peu hospitalier. Voy. Rafn, Antiquit. Americ. p. 505, et mon Æpercu de l’ancienne Géographie des régions artiques de l'Amérique, 1847, p. 6.
(29) [page 205]. Wilhelmi, weber Island, etc., p. 226; Rafn, 4ntiquit. Americ., p. 264 et 453. Les colonies de la côte occidentale du Groenland, qui jouirent d’une grande prospérité jusqu'au milieu du xw° siècle furent successivement ruinées par l'influence funeste du monopole commercial, par les invasions des Esquimaux (Skrælingues, par la peste noire qui, selon Hecker, dépeupla le Nord surtout de 1547 à 1551; enfin par l’attaque d’une flotte ennemie venue, on ne sait d’où, dans eette contrée. Aujourd'hui on ne eroit plus aux fables météorologiques d’un changement subit de climat, de la formation d'un môle de glace qui aurait complétement séparé de leur métropole les colonies fondées dans le Groenland. Comme ces colonies ne se trouvent que dans la partie tempérée de la côte occidentale du Groenland, un évêque de Skalholt ne pouvait avoir vu en 1540, au delà du mur de glace, « des bergers qui faisaient paître leurs troupeaux. » L'accumulation des glaces sur la côte orientale de l'Islande qui fait face au Groenland, est eausée par la constitution du terrain ; par le voisinage d’une chaine de montagnes couronnée de glaciers et parallèle à la côte: enfin par le courant auquel obéissent les eaux de la mer dans ces parages. Cet état de choses n’appartient pas seulement à la fin du x° siècle ou au commencement du xv°; il a été soumis, comme l’a très-bien développé sir John Barrow, à beaucoup de changements accidentels, surtout dans les années 1813-1847. Voy. Barrow, 7'oyages of discovery within the Arctic Regions. 1846, p. 2-6. Le pape Nicolas V à nommé encore en 1448 un évèque du Groenland.
(50) [page 205]. Les sources principales sont les récits historiques de Erik-le-Rouge, Thorfinn Karlsefne et Snorre Thorbrandsson, récits dont une partie fut écrite probablement par des descendants de colons natifs du Winland, dans le Groenland mème et dès le xn° siècle. Voy. Rafn, Antiquit. Americ., p. vu, xiv et xvi. Les tables généalogiques de ces familles ont
été tenues avec un si grand soin, que l’on à pu conduire depuis 4007 jusqu’à 1811 celle de Thorfinn Karlsefne, dont le fils Thorbrandsson était né en Amérique.
(51) [page 206]. Ævitramannaland, la terre des hommes sages. Comp. les documents originaux dans Rafn, 4ntiquit. Amerie. p. 205-206, 211, 446-451, et Wilhelm, weber Island Hvitramannaland, etc. p. 75-81.
(52) [page 207]. Letronne, Recherches géogr. et crit. sur le livre DE MENSURA ORBIS TERRÆ, Composé en Irlande par Dicuil, 1814, p. 1929, 146. Comp. Examen crilique, etc. t IL p. 87-91.
(55) [page 207]. J'ai réuni dans un appendice au neuvième livre de mon voyage (Relation historique, t. IT, 1898, p. 159) tous les contes imaginés depuis Raleigh sur l’usage prétendu de la langue celtique chez les indigènes de la Virginie; com-
ment on croyait y avoir entendu la formule de salutation gaëlique, hao, hui, tach; comme quoi le chapelain Owen se sauva, en 1669, des mains des Tuscaroras, qui voulaient le scalper, « parce qu'il leur avait parlé dans sa langue maternelle, le gaëlique. > Ces Tuscaroras de la Caroline du Nord sont, au contraire, comme des recherches philologiques sur les langues américaines l’ont nettement prouvé, une race iroquoise. Voy. Albert Gallatin, On Indian tribes, dans l’Archæologia Americana, t. WU, 1856, p. 25 et B7. Catlin, un des meilleurs observateurs qui aient vécu parmi les peuplades indigènes de l’Amérique, a donné une collection considérable de mots tuscaroras. Toutefois il inceline à regarder la nation des Tuscaroras, à cause de son teint blanchâtre et du grand nombre d'individus à yeux bleus qui s'y rencontrent, comme un mélange d'anciens Gallois et d’indigènes américains. Voy. son ouvrage intitulé: Zetters and Notes on the manners, customs and condition of the North-American Indians, 1841, t. E, p. 207; t. IL, p. 259 et 262-265. Une autre collection de mots tuscaroras se trouve dans les manuserits philologiques de mon frère, à la bibliothèque royale de Berlin. Comme la structure des idiomes américains paraît singulièrement bizarre aux différents peuples qui parlent les langues modernes de l’Europe occidentale et se laissent facilement tromper par de fortuites analogies de quelques sons, les théologiens ont cru généralement y voir de l’hébreu, les colons espagnols du basque, les colons anglais ou français du gallois, de l'Irlandais ou du bas breton. — J’ai rencontré un jour sur les
côtes du Pérou un officier de la marine espagnole et un baleinier anglais, dont l’un prétendait avoir entendu parler basque à Tahiti et l’autre gale-irlandais aux iles Sandwich. > -(Humboldt, Z'oyage aux Régions équinoxiales, Relat. hist., & WI, 1893, p. 160.) Quoique jusqu'à présent on n'ait prouvé lexistence d'aucune corrélation entre ces langues, je ne veux pourtant pas nier que les Basques et les peuples d’origine celtique qui habitaient le pays de Galles et l'Irlande, et se livrèrent de bonne heure à la pêche sur les côtes les plus lointaines, aient été dans la partie septentrionale de l’océan Atlantique les perpétuels rivaux des Scandinaves, et que dans les îles Færoër et dans l'Islande les Irlandais aient prévenu les Scandinaves. Il est très à souhaiter que de nos jours, où s'exerce une critique sévère sans être pour cela dédaigneuse, les anciennes recherches de Powel et de Richard Hackluyt (7’oyages and Navigations, t. NL, .p. 4) puissent être reprises sur le sol même de l'Angleterre et de l'Irlande. Est-il vrai que le voyage aventureux de Madoc fut célébré, quinze ans avant la découverte de Golomb, dans le poëme du barde gallois Mereditho? Je ne partage pas l'esprit exclusif qui à trop souvent jeté dans l'oubli les traditions populaires; j'ai, au contraire, l’intime conviction qu'avec un peu pius {d'application et de persévérance on parviendra un jour, par la découverte de faits restés jusqu'ici entièrement inconnus, à résoudre une foule de problèmes historiques qui se rapportent, soit aux voyages maritimes accomplis dès les premiers siècles du moyen âge, soit à la ressemblance merveilleuse qu’offrent les traditions religieuses, les divisions du temps et les œuvres de l’art dans l'Amérique et dans l'Asie orientale, aux migrations des peuplades mexicaines et à ces centres primitifs de civilisation qui brillèrent à Aztlan, à Quivira et dans la Louisiane supérieure, ainsi que sur les plateaux de Cundinamarca et du Pérou. Voy. Examen eritique, etce., t. IF, p. 149-149.
(54) [page 208]. Tandis que d’un côté on citait celte cireonstance du manque de gelée en février 1477 comme une preuve que l’île Thyle de Colomb ne pouvait pas être l'Islande, Finn Magnusen a trouvé, d’après d'anciens documents, qu’en 1477 l'hiver en Islande fut si doux que le Nord de File n'avait pas de neige au mois de mars, de sorte que les ports du Midi étaient libres de glace en février. Comp. Examen critique, ete, t. IX, p. 405: € V, p. 215. Il est très-remarquable que Colomb, dans
le nicme Tratado de las cinco zonas habitables, parle d'une lle méridionale appelée Frislanda, nom qui joue un grand rôle dans le voyage généralement tenu pour fabuleux, des frères Leni (1588-1404), mais qui manque sur les cartes d’Andrea Bianco (1456) comme sur celle de Fra Mauro (1457-1470). Comp. Examen critique, ete., L. IE, p. 114-196. Colomb ne peut avoir connu les voyages des frères Zeni, puisqu'ils restèrent ignorés des Vénitiens eux-mêmes jusqu’à l’année 1558 où Marcolini les publia, 52 ans après la mort du grand amiral. Alors comment celui-ci a-t-il connu l'ile Frislanda ?
(35) [page 209]. Voy. les preuves que J'ai recueillies dans des documents certains, pour Colomb, Examen eritique, etc, t IV, p. 255, 250 et 261; et pour Vespucci, ibid. t..V, p. 182-188. Colomb était tellement rempli de l’idée que Cuba faisait partie du continent asiatique et n’était autre que le Khatay méridional (la province de Mango), qu'il fit jurer, le 12 juin 1494, à tout l'équipage de son escadrille (environ quatre-vingts matelots), « qu’ils étaient convaincus de la possibilité d’aller par terre de Cuba en Espagne (que esta tierra de Cuba fuese la tierra firme al comienzo de las Indias y fin à quien en estas partes quisiere venir de Espana por tierra); » ajoutant que « quiconque, après avoir fait ce serment, oserait un jour affirmer le contraire, recevrait cent coups de fouet et aurait la langue arrachée en expiation de son parjure. » Voy. Znformacion del escribano publico Fernando Perez de Luna, dans le recueil de Navarrete: Z’iages y descubrimientos de los Espanoles, t. IT, p. 145-149. Lorsque Colomb, dans sa première expédition, se rapproche de Cuba, il se croit vis-à-vis des villes commerciales de la Chine, Zaitun et Quinsay; « Y es cierto, dice el Almirante, questa es la tierra firme y que estoy, dice él, ante Zayto y Guinsay. » « Il veut remettre les lettres des monarques catholiques au grand khan des Mogols à Khatay, et après avoir ainsi rempli sa mission, retourner de suite en Espagne, mais par mer. Plus tard il fait descendre à terre un juif baptisé, Louis de Torres, parce que cet homme savait l’hébreu, le chaldéen et Parabe, » toutes langues usitées dans les comptoirs ds l'Asie. Voy. le journal de Colomb, dans Navarrete, V'iages y descubrim.,t. 1, p. 57, k4 et 46. En 1853, l’astronome Schoner affirme encore que tout le soi-disant Nouveau-Monde n’est qu'une partie de l'Asie, superioris Indiæw, et que la ville de Mexico (Temistitlan), prise par Cortès, n’est pas autre chose que Quinsay, ville com-
merciale de la Chine, tant célébrée par Marco-Polo. Voy, Joannis Schoneri Carlostadii Opusculum geographicum, Norimbergæ, 1533, 2° part. c. 1-20.
(56) [page 210]. Joao de Barros e Diogo de Couto, da Asia, dec. 4, 1. IL e. 41 (parte I, Lisboa, 1778, p. 250).
(37) [page 219]. Jourdain, Recherches critiques sur les traductions d’Aristote , A845, p. 212-216 et 577-380 ; Letronne des opinions cosmographiques des Pères de l’Église, rapprochées des doctrines philosophiques de la Grèce, dans la Revue des Deux-Mondes, 1854, t. I, p. 652.
(58) [page 212]. Frédéric de Raumer, ueber die Philosophie des dreizehnten Jahrhunderts, dans son Historisches Taschenbuch, 1840 , p. 468. Sur le penchant des esprits pour le platonisme, au moyen âge, et sur la lutte des écoles, voy. H. Ritter, Geschichte der christlichen Philosophie, 2° part. p. 159: 3° part., p. 151-160 et 381-417.
(59). [page 212]. Cousin, Cours d'histoire de la Philosophie, Lt. 1, 1829, p. 560 et 589-456; Fragments de Philosophie Cartesienne, p. 8-19 et 403. Voy. aussi le récent et spirituel écrit de Christian Bartholmèss, Jordano Bruno, 1847, t. I, p. 568; t. IT, p. 409-416.
(10) [page 215]. Jourdain, Recherches sur les traductions d1ristote, p. 256; Michel Sachs, die religiose Poesie der Juden in Spanien, 1845, p. 180-200.
(41) [page 214]. C’est à l’empereur Frédéric Il que revient la plus grande part dans les progrès de la zoologie. On lui doit d'importantes observations personnelles sur la structure intérieure des oiseaux. Voy. Schneider, dans la préface du recueil intitulé: Reliqua librorum Friderici II imperatoris de arte venandicum avibus. t. 1, 1788. Cuvier appelle aussi cet empereur « le premier zoologue du moyen âge scolastique qui ait travaillé par lui-même. » — Sur les saines idées d'Albert le Grand touchant la distribution de la chaleur à la surface du globe selon les latitudes et les saisons, voy. son livre intitulé: Liber cosmographicus de natura locorum, Argentorati, 1515, 14 b et 93 a, et comparez l’Examen critique, t. I, p. 54-38. Malheureusement, à côté d'observations personnelles à l’auteur, on trouve souvent le manque de critique qui caractérise toute son époque. Il croit savoir que « le seigle sur un bon terrain se change en
froment; que d’une forèt de hètres déboisée il naît, par la pourriture, une forêt de bouleaux; que des branches de chêne plantées en terre produisent des ceps de vigne. » Comparez aussi Ernest Meyer, weber die Bolanik des dreizehnten Jahrhunderts, dans le recueil intitulé Zinnæa, t. X, 1826, p. 719.
(42) [page 215]. Tant de passages de l’Opus majus témoignent du respect de Roger Bacon pour l'antiquité grecque, qu’on ne peut attribuer qu'aux mauvaises traductions faites sur l’arabe, ainsi que l’a déjà remarqué Jourdain (des traduct. d’4ristote, p.326), le désir exprimé par lui, dans une lettre au pape Clément IV, « de brüler les livres d’Aristote, pour empècher la propagation des erreurs parmi les étudiants. »
(45) [page 215]. « Scientia experimentalis a vulgo studentium penitus ignorala ; duo famen sunt modi cognoscendi, scilicet per argumentum et experientiam (la méthode théorique et la méthode expérimentale). Sine experientia nihil sufficienter sciri potest. Argumentum conceludit, sed non certificat, neque removet dubitationem, ut quiescat animus in intuitu veritatis, nisi eam inveniat via experientiæ. # (Opus majus , pars VE €. I.) J'ai rassemblé tous les passages qui se rapportent aux connaissances de Roger Bacon en physique et à ses projets d'inventions dans mon Examen critique, t. H, p. 295-299. Voy. aussi Whewell, the Philosophy of the inductive Sciences, t. I, p. 323- 557,et les articles de M. Cousin sur le manuscrit de l’Opus terlium , récemment découvert par lui à la bibliothèque de Douai, dans le Journal des Savants, mars 1848 et n°5 suiv.
(44) [page 215]. Voy. Cosmos, t. Il, p.167. Je trouve l’Optique de Ptolémée citée dans POpus majus, p.79, 288 et 404 (édit. de Jebb, London 1755); mais on a nié avec raison que la connaissance , puisée dans Alhazen, de la vertu grossissante des segments de sphère ait véritablement engagé Roger Bacon à construire des lunettes ou binocles (voy. Wilde, Geschichte der Optik, 1. |, p. 92-96); cette invention doit s'être produite en 1299 ou appartenir au Florentin Salvino degli Armati, qui fut enterré en 1316 dans l’église de St°-Marie-Majeure, à Florence.
(45) [page 216]. Voy. Humboldt, Examen critique, t. 1, p.61, 64-70, 96-108; t. IF, p. 349 : « Il existe aussi de Pierre d’Ailly , que don Fernando Colomb nomme toujours Pedro de Helico, cinq livres de Concordantia astronomiæ cum theologia. Hs rap-
pellent certains essais très modernes de Géologie hébraisante , publiés 400 ans après le cardinal. »
(46) [page 217]. Comp. la lettre de Colomb dans Navarrete , V’iages y descubrimientos , t. 1, p. 244, avec l’Zmago mundi du cardinal d’Ailly, e. 8, et l’'Opus majus de Roger Bacon,
(47) [page 218]. Heeren, Geschichte der classischen Lilleratur, t. 1 p. 284-290.
(48) [page218]. Klaproth. AZémoires relatifs à l’Asie, t. WT. p. 115.
(49) [page 218]. L'édition florentine de 1488. Le premier livre grec imprimé fut la Grammaire de Constantin Lascaris de 1476.
(80) [page 218]. Vilemain, Mélanges historiques et lilléraires, t. IL, p. 435.
(51) [page 218]. Ces indications sont le résultat des recherches de Louis Wachler, bibliothécaire à Breslau, et sont consignées dans sa Geschichte der Litteratur , 1833, {re part., p. 12-95. L'impression sans caractères mobiles ne remonte pas non plus en Chine au delà du xe siècle de notre ère. Les quatre premiers livres de Confucius furent imprimés , suivant Klaproth, dans la province Szütschouen, entre 890 et 995, et dès l’an 1310 les occidentaux avaient pu lire dans l’histoire des souverains de Khataiï, écrite en persan par Raschid-Eddin, les détails techniques relatifs à la manipulation de limprimerie chinoise. D’après les derniers résultats dus aux importantes recherches de Stanislas Julien, en Chine même, un forgeron avait fait usage, entre les années 1041 et 1042, près de 400 ans par conséquent avant Guitenberg, de types mobiles en argile cuite. Cette invention, qui demeura à la vérité sans application; était l’œuvre de Pisching.
(52) [page 219]. Voy. les preuves de ces faits dans l’Examen critique, t. I, p. 516-520. Josafat Barbaro en 1456 et Ghislin de Bousbeck en 1555, trouvèrent encore, entre Tana (Azow), Caffa et d’Erdil (le Volga), des Alains ainsi que des peuples de race gothique qui parlaient allemand. Voy. Ramusio, delle Nasigaliont et V'iaggi, t. W, p. 92 b et 98 a. Roger Bacon désigne toujours Rubruquis par ces mots: « Frater Willielmus quem dominus rex Franciæ misit ad Tartaros. »
(55) [page 919]. Le grand et magnifique ouvrage de Marco Polo (il milione di Messer Murco Polo), tel que nous le possédons dans l'édition correcte du comte Baldelli, est appelé à tort un Voyage. C’est surtout un ouvrage descriptif, on pourrait presque dire un ouvrage de statistique dans lequel il est difficile de distinguer ce que le voyageur a vu de ses yeux, de ce qu'il a appris par d’autres ou d’après les descriptions topographiques que possède en si grand nombre la littérature chinoise et qui pouvaient lui être rendus intelligibles par des interprètes persans. La ressemblance singulière que l’on surprend entre la relation de voyage de Hiouan-Thsang, le pélerin bouddhiste du vu* sièele, et ce que Marco Polo avait appris, en 1277, du plateau de Pamir, avait de bonne heure attire mon attention. Jacquet, prématurément enlevé à l'étude des langues asiatiques, qui, ainsi que Klaproth et moi, s'était longtemps occupé du voyageur vénitien , m'écrivait peu avant de mourir: « Je suis frappé comme vous de la forme de rédaction littéraire du Milione. Le fond appartient sans doute à l'observation directe et personnelle du voyageur, mais il a probablement employé des documents qui lui ont été communiqués soit officiellement, soit en particulier. Bien des choses paraissent avoir été empruntées à des livres chinois et mongols, bien que ces influences sur la composition du Hilione soient difficiles à reconnaître dans les traductions successives sur lesquelles Polo aura fondé ses extraits. » Marco Polo mettait autant de soin à confondre ses propres observations avec les renseignements officiels qu'il pouvait recevoir en grand nombre , comme gouverneur de la ville d'Yangui, qu’en ont mis depuis les voyageurs à s'occuper de leur propre personne. Voy. Asie centrale , t. , p. 395. La inéthode de compilation suivie par le célèbre voyageur fait aussi comprendre comment, prisonnier à Gènes en 1295, il put encore dicter son livre à son compagnon de captivité, messer Rustigielo de Pise, comme en présence des documents. Voy. Marsden, Trasels of Marco Polo, p. xxxur.
(54) [page 219]. Purchas, Pilgrimes, 3e part., c. 28 et 56, p. 23 et 54.
(53) [page 220]. Navarrete, 7'iages y descubrimientos , ete., t.1, p. 260; Washington Irving, History of the life and voyages Of Christopher Colombus, 1828, t. IV, p. 297.
(36) [page 220]. Humboldt, Examen critique, t. 1, p. 65 et 245 ; LIT, p. 550; Marsden, Travels of Marco Polo, p.Lvu, LXX et LXV.
Du vivant de Colomb, parurent imprimées, la première traduction allemande de Marco Polo à Nurenberg (das puch des edeln Ritters un landtfarers Marcho Polo, 1477), la première traduction latine (1490), et les premières traductions italienne et portugaise (1496 et 1509).
(57) [page 221]. Barros (dec. I, 1. HE, ce. 4, p. 190) dit expressément « Bartholomeu Diaz, e os de sua companhia per causa dos perigos, e tormentas, que em o dobrar delle passäram Ihe puzeram nome Tormentoso. » Le mérite d’avoir doublé, le premier, le cap des Tempètes n'appartient pas par conséquent à Vasco de Gama, comme on le lui attribue généralement. Diaz était à la pointe extrème de l’Afrique au mois de mai 1487, à peu près au temps où Pedro de Covilham et Alonso de Payva partaient de Barcelone pour leur expédition. Dès le mois de décembre de la même année, Diaz rapportait lui-même en Portugal la nouvelle de son importante expédition.
(88) [page 221]. Le planisphère de Sanuto qui se nomme lui-même Marinus Sanulo dictus Torxellus de Veneciis, fait partie de l'ouvrage Secreta fidelium Crucis. « Marinus prècha adroitement une croisade dans l'intérêt du commerce, voulant détruire la prospérité de l'Égypte et diriger toutes les marchandises de l'Inde par Bagdad, Bassora et Tauris (Tebriz à Kaffa. Tana (Azow) et aux côtes asiatiques de la Méditerranée. Contemporain et compatriote de Polo, dont il n’a pas connu le Milione, Sanuto s'élève à de grandes vues de politique commerciale, C’est le Ravnal du moyen âge, moins l’incrédulité d’un abbé philosophe du xvme siècle. » (Examen critique, ete... t. 1. p- 251 et 555-548.) Le cap de Bonne-Espérance est nommé Capo diDiab sur la carte de Fra Mauro qui fut composée entre 1457 et 1459. Voy. le savant écrit du cardinal Zurla: il Mappamondo di Fra Mauro Camaldolese, 1806, 54.
(59) [page 229]. 4vron ou ar (aur) est un mot rarement employé à la place du mot schemäl pour désigner le Nord. Le mot arabe zohron ou zohr dont Klaproth veut à tort faire dériver l'espagnol sur et le portugais sul, qui forme probablement avec le mot sud un même mot de pure origine germanique, ne sert pas proprement à la désignation des contrées, il n’exprime autre chose que le moment du jour où le soleil est en plein midi. Le Sud s'appelle dschentb. Sur la connaissance qu’eurent de bonne heure les Chinois de la direction de l'aiguille aimantée
vers le Sud, voy. les importantes recherches de Klaproth dans sa lettre à M. A. de Hamboldt, sur l’Invention de la Boussole, 1854, p. 41, 45, 50, 66, 79 et 90, et l'écrit d’Azuni de Nice, publié dès 1805, Dissertation sur l’origine de la Boussole, p. 35 et 65-68. Navarrete, dans son Discurso hislorico sobre los progresos del Arte de Navegar en Espana, 1802, p. 98, rappelle un passage remarquable dans les Zeyes de las Partidas (1. IF, tit. IX, ley 28), qui datent du milieu du xue siècle: « L’aiguille qui guide le navigateur au milieu de l'obscurité de la nuit et lui montre, dans le beau et dans le mauvais temps, de quel côté il doit diriger sa course, est l'intermédiaire (medianera) entre l’aimant (la piedra) et l'étoile polaire...» Voy. Las siete Pardidas del sabio Rey don Alonzo el 1X (Alphonse X d’après les calculs ordinaires), Madrid, 1829, t. I, p. 475.
(60) [page 295]. Christian Bartholomès. Jordano Bruno, 1847, t. IL, p. 481-187. ”
(61) [page 295]. « Tenian los mareantes instrumento, carta, compas y aguja. » Salazar, Discurso sobre los progresos de la Hydrografia en Espana, 1809, p. 7.
(62) [page 293]. Cosmos, t. IT, p. 145.
(65) [page 2925]. Sur Nicolas de Cusa (Nicolas de Cuss, proprement de Cues sur la Moselle), voy. plus haut Cosmos, t. Il, p. 94, et Clemens, weber Giordano Bruno und Nicol. on Cusa. p. 97, où se trouve cité un passage important, trouvé il n'y a pas plus de trois ans et écrit de la main de Nicolas de Cuss, relativement à un triple mouvement de la terre. Voy. aussi Chasles, {perçus sur l’origine des methodes en Geométrie, 1827, p. 529.
(64) [page 993]. Navarrete, Disertacion histérica sobre la parte que tuvieron los Espanoles en las guerras de Ultramar 0 de las Cruzadas , 1816, p. 100 , et Examen critique, etc., t. T, p. 274-277. On rapporte au maître de Regiomontanus, George de Peurbach, une amélioration importante dans les moyens d’observation, obtenue par l'usage du fil à plomb; mais il y avait longtemps que cette espèce de niveau était en usage chez les Arabes, ainsi que l’atteste la description des instruments astronomiques, composée au xme siècle par Aboul-Hassan-Ali. Voy. Sédillot, Traité des instruments astronomiques des Arabes, 1855, p. 579; 1841, p. 205.
(65) [page 224]. Dans tous les écrits sur l’art de la navigation, que j'ai consultés, j'ai vu reproduite cette erreur que le
loch n’avait pu être appliqué à la mesure de la vitesse avant la fin du xvie siècle ou le commencement du xvue. Dans l'Encyclopedia britannica, 7e édit., 14849, t. XIE, p. #16, on lit encore: « The author of the device for measuring the ship’s way is not known and no mention of it oceurs till the year 1607 in an East India voyage published by Purchas. > Dans tous les dietionnaires qui ont précédé ou suivi (voy. Gehler, t. VI, 1851, p. 450), cette date est indiquée aussi comme la limite la plus reculée. Seul Navarrete, dans la Disertacion sobre los progresos del Arte de navegar, 1809, fait remonter jusqu’à l’an 1577 l’usage du ioch sur les vaisseaux anglais. Voy. Duflot de Mofras, Notice biographique Sur Mendoza et Navarrete, 1845, p. 64. Plus tard, Navarrete dit dans un autre ouvrage (J'iages y descubrimientos, t. IV, 4837, p. 97): « Au temps de Magellan, on ne mesurait pas la vitesse d’un vaisseau autrement qu'à vue d’œil (à ojo), jusqu’à ce que le loch (corredera) eût été inventé au xvie siècle. » Le fait de mesurer la distance parcourue en jetant la ligne de loch, bien que ce moyen soit encore imparfait, absolument parlant, a eu cependant de telles conséquences pour amener à connaître la rapidité et la direction des courants océaniques, que j'ai dû en faire l’objet de recherches approfondies. Je communique ici les résultats contenus dans le VIe volume, encore inédit, de l'Examen critique de l'histoire de la Géographie et du progrès de l'Astronomie nautique au xv° et au xvie siècle. Les Romains, du temps de la République, avaient sur leurs vaisseaux des instruments pour mesurer la route parcourue, consistant en roues hautes de quatre pieds et garnies (l’ailes, que l’on adaptait au flanc extérieur du bâtiment, absolument comme sur un vaisseau à vapeur et comme dans les mécaniques que Blasco de Garay avait présentées, en 1843, à l'empereur Charles V, pour servir à mettre en mouvement les véhicules. Voy. Arago, Annuaire du bureau de longitudes, 1829, p. 152. L'ancien hodomètre des Romains (ratio a majoribus tradita, qua in rheda sedentes vel mari navigantes scire possumus quot milia numero itineris fecerimus), a été décrit en détail par Vitruve (1. X, €. 14), dans lequel il faudrait, il est vrai, renoncer à voir un Contemporain d’Auguste, si l’on cède aux raisons assez convaincantes qu'ont fait valoir tout récemment Schultz et Osann. Le nombre des tours accomplis par les roues extérieures qui plongent dans la mer et celui des milles parcourus en un jour étaient indiqués par trois roues dentelées, s'engrenant lune dans l’autre, et par la chute de
petites pierres rondes qui s’échappaient d’une boîte (loculamentum) n'ayant qu'une seule ouverture. Ces hodomètres, qui, selon les expressions de Vitruve, étaient à Ja fois un objet d’utilité et d'agrément, furent-ils fort en usage dans la Méditerranée, c’est ce que Vitruve ne dit pas. Dans la biographie de l'Empereur Pertinax, par Julius Capitolinus (Voy. Zistorice Augustæ scriplores, ©. 8, t. [, p. BB4, édit. de Leyde, 1674), il est fait mention d'une vente faite à la suite de la succession de l’empereur Commode, dans laquelle fut comprise une voiture de voyage murie d’un semblable appareil. Les roues donnaient en même temps la mesure du chemin parcouru et le nombre d'heures qu'avait duré le voyage. Héron d'Alexandrie, disciple de Ctésibius, à décrit dans son ouvrage sur la dioptrique, qui n'a pas encore été publié en grec, un hodomètre beaucoup plus perfectionné, également applicable sur la terre et sur l’eau. Voy. Venturi, Comment. sopra la Storia dell’Ottica, Bologna, 1814, t 1, p. 154159. On ne trouve rien dans la littérature du moyen âge qui ait rapport au sujet que nous traitons, jusqu’à l’époque où apparaissent un grand nombre d'ouvrages techniques sur la navigation, composés où imprimés à peu de distance les uns des autres. De ce nombre sont: Trattato di Navigazione, probablement antérieur à l'an 1500, par Antonio Pigafetta; un autre de 1555 par Francisco Falero (frère de l’astronome Ruy Falero, qui accompagna, dit-on, Magellan dans son voyage de cireumnavigation et laissa un Aegimiento para observar la longitud en la mar):;V Arte de nasegar (4845), par Pedro de Medina, de Séville; Breve Compendio de la Esfera y de la Arte de navegar (1551), par Martin Cortez, de PBujalaroz: enfin ARegimiento de nasegacion y hydrografia (1606), par André Garcia de Cespedes. Dans tous ces ouvrages dont plusieurs sont aujourd’hui fort rares, Comme aussi dans la Suma de Geografia, publiée en 1519 par Martin Fernandez de Enciso, on reconnaît que l’espace franchi par les vaisseaux espagnols et portugais, n’était pas mesuré directement, mais apprécié à vue d'œil, d’après quelques principes numériques. On lit dans Medina (1. HE, €. 41 et 12): « Pour connaître la vitesse d’un vaisseau d’après l’espace qu’il parcourt, le pilote doit marquer d'heure en heure sur son livre, en se servant d’un sablier (ampolleta), quelle distance a franchie le bâtiment. Pour cela il doit savoir que la plus grande distance qu’un vaisseau puisse parcourir en une heure est de quatre milles, que, si le vent est faible, il n’en peut franchir que trois et quelquefois deux seulement. » Cespedes ( Xegi-
miento, elc., p. 99 et 156) appelle, ainsi que Medina, ce procédé « echar punto por fantasia. » Il est nécessaire, comme le remarque Enciso, que cette fantasia repose sur une connaissance exacte de la force du vaisseau; mais en général quiconque à été longtemps sur mer a remarqué, tout en s’en élonnant, combien, pourvu que la mer ne soit pas trop agitée, la simple évaluation se rapproche du résultat que l’on obtient plus tard en jetant le loch. Quelques pilotes espagnols appellent cette ancienne méthode d'appréciation, dont on ne peut nier l’incertitude, mais qui ne mérite pas cependant d’être traitée si légèerement, la « corredera de los Holandeses, corredera de los Perezosos. » Dans le Journal de bord de Christoph Colomb, il est souvent question de dissentiments avec Alonso Pinzon sur la distance parcourue depuis le départ de Palos. Les sabliers dont on faisait usage s’écoulaient en une demi-heure, de sorte que l’espace d’un jour et d’une nuit était divisé en 48 ampolletas. On lit dans le Journal de Colomb, si rempli d'observations importantes, à la date du 22 janvier 4493: « Andaba 8 millas por hora hasta pasadas 5 ampolletas y 3 antes que comenzase la guardia, que eran 8 ampolletas. > Voy. Navarrete, t. I, p. 145. Le loch (corredera) n’est jamais nommé, Doit-on admettre que Colomb l’a cependant connu, qu'il s’en est servi, et a négligé de le nommer, comme une chose trop vuigaire, de même que Marco Polo n’a pas fait mention du thé ni de la muraille de la Chine? Une telle supposition me paraît très-invraisemblable, ne fût-ce que pour cette seule raison, que dans les projets présentés, en 1495, par le pilote don Jayme Ferrer, pour arriver à déterminer la ligne de démarcation papale, il s’agit de mesurer la distance parcourue, à partir d’un point donné, et qu’il est fait uniquement appel au jugement (juicio) de vingt marins consommés (que apunten en su Carta de 6 en 6 horas el eainino que la nao farà segun su juicio). Si le loch eût été en usage, Ferrer n’eût pas manqué de dire combien de fois il fallait le jeter. Je trouve mentionnée la première application du loch, dans un passage du journal de voyage tenu par Pigafetta pendant la cireumnavigation de Magellan, qui est resté longtemps enseveli, avec d’autres manuscrits, dans la bibliothèque Ambroisienne de Milan. On y lit, à la date de janvier 1821, quand Magellan était déjà entré dans la mer du Sud: « Secondo la misura che facevamo del viaggio colla catena a poppa, noi percorrevamo da 60 in 70 leghe al giorno. » Voy. Amoretti, Primo V'iaggio inlorno al Globo lerracqueo, ossia Navigazione
fatta dal Casaliere Antonio Pigafella sulla squadra del Cap. Magaglianes, 1800, p. 46, Que pouvait être cette chaîne attachée à l'arrière du vaisseau « dont nous nous servimes, dit Pigafetta, pendant toût le voyage, pour mesurer la route, » si ce n’est un appareil semblable à notre loch? 11 n’est pas question de la chaine du loch roulée et divisée en nœuds, ni de la table ou du navire du loch, non plus que du sablier du loch marquant les demiminutes; mais ce silence n’a rien d'étonnant, si l’on admet qu'il s'agisse d'un objet connu depuis longtemps. Dans la partie du Traltalo di Navigazione du cavalier Pigafetta, citée par Amoretti, il n'est pas fait de nouveau mention de la « catena della poppa; » il est vrai que cet extrait ne dépasse pas dix pages.
(66) [page 224]. Barros, da Asia, dec. I, IL. IV, p. 320. (67) [page 226]. Examen critique, etc, t. L p. 3-6 et 290.
(68) [page 226]. Voy. Opus Epistolarum Petri Martyris Anglerii Mediolanensis, 1670, ep. cxxx et eur: « Præ lætitia prosilisse te, vixque a lacrymis præ gaudio temperasse, quando literas adspexisti meas, quibus de Antipodum Orbe, latenti hactenus, te certiorem feci, mi suavissime Pomponi, insinuasti. Ex tuis ipse literis colligo, quid senseris. Sensisti autem, tantique rem fecisti, quanti virum summa doctrina insignitum decuit. Quis namque cibus sublimibus præstari potest ingeniis isto suavior ? quod condimentum gratius? À me facio conjecturam. Beari sentio spiritus meos, quando accitos alloquor prudentes aliquos ex his qui ab ea redeunt provineia (Hispaniola insula). » L'’expression Christophorus quidam Colonus rappelle, je ne dirai pas le nescio quis Plutarchus d’Aulu-Gelle (Woctes atticæ, 1. XIE, c. 16) que l’on à trop souvent cité et sans raison, mais le gwodam Cornelia scribente, dans la lettre que Le roi Théodoric écrivit en réponse au prince des Æstyens, en lui indiquant, d’après le 45e chapitre de la Germanie de Tacite, la véritable origine du succin.
(69) [page 227]. Opus Epislolarum, ep. cccexxxvu et DLxM, L’illuminé Jér. Cardan, sorte de thaumaturge en mème temps que mathématicien pénétrant, a appelé aussi, dans ses Problemala physica, l'attention sur les progrès que la connaissance de la terre doit aux faits dont un seul homme a procuré lobservation. On lit dans Cardan, t. I, 1663, p. 630 et 659: « At nune quibus te laudibus efferam, Christophore Columbi, non familiæ tantum, non Genuensis urbis, non Italiæ provinciæ, non
Europæ partis orbis solum; sed humani generis decus! + En cemparant les Problèmes de Cardan avec ceux qui dérivent de l’école posthume d’Aristote, je me suis assuré que si la faiblesse et la confusion des démonstrations physiques est la même de part et d’autre, les questions de Cardan us celte particularité caractéristique pour lPépoque à laquelle il vécut, que toutes ont trait à la météorologie comparée. Je citerai les considerations sur le climat des iles, à propos de la température élevée de l’Angleterre mise en opposition avec l'hiver de Milan; sur le rapport de la grèle et des explosions électriques; sur les eaux et la direction des courants pélagiques ; sur le maximum de chaleur et de froid atmosphérique qui se produit à la suite de chacun des deux solstices; sur la hauteur de la région des neiges dans les tropiques; sur la température dépendante dela chaleur rayonnante qui émane du soleil et de tous les astres à la fois: sur l'intensité plus grande de la lumière australe, etc. Le froid, dit Gardanus, n’est que l’absence de la chaleur. La lumière et la chaleur ne différent que par le nom et sont en elles-mèmes inséparables. Voy. Cardani Opera, t. 1, de vita propria, p. 407; t. IE, Problem., p. 621, 650-652, 655 et 715; t. III, de subtililate, p. 417. L
(70) [page 227]. Voy. Examen critique, etc., t. I, p. 210-249, D'après l’Historia general de las Indias, restée à l’état de manuserit (1.1, ©. 12), « la carta de marear que maestro Paulo Fisico (Toscanelli) envi à Colon > était dans les mains de Bartholomé de Las Casas quand il écrivit son ouvrage. Le journal de bord de Colomb, dont nous possédons un extrait dans Navarrete (t. I, p. 15), n’est pas complétement d'accord avec le récit du manuscrit de Las Casas, dont je dois la connaissance à l’obligeance de M. Ternaux-Compans. Il est dit dans le journal de Colomb: « Iba hablando el Almirante (martes 25 de Setiembre 1492), con Martin Alonso Pinzon, capitan de la otra carabela Pinta, sobre una carta que le habia enviado tres dias hacia à la carabela, donde segun parece tenie pintadas el Aliniranle ciertas islas por aquella mar... » On lit, au contraire, dans le manuscrit de Las Casas, 1. I, ce. 12: « La carta de marear que embi6 (Toscanelli al Almirante), yo que esta historia escrivo la tengo en mi poder. Creo que todo su viage sobre esta carta fundôs » et. 1, €. 58: « Asi fué que el martes 25 de Setiembre Ilegase 1 Martin Alonso Pinzon con su caravela pinta à hablar con Christobal Colon sobre una carta de marear que Christobal
— ki, —
Colon le avia embiado .….. Esta carla es lu que le embiô Paulo Fisico el Florentin, la qual yo tengo en mi poder con otras cosas del Alnirante y escrituras de su misma mano que traxéron à mi poder. En ella le pinté muchas islas... » Faut-il admettre que l'amiral avait tracé sur la carte de Toscanelli les îles qu'il s'attendait à rencontrer, ou les mots « tenia pintadas » veulent-ils seulement dire que l'amiral avait une carte sur laquelle étaient peintes ces iles ?
(71) [page 298]. Navarrete, Documentos, n° 69, dans le £. I des Fiages y descubrim., p. 565-571; Examen crilique, t.T, p. 254-249 et 259; t. IT, p. 158-165 et 224. Voy. aussi sur le point contesté où l’on aborda pour Ja première fois dans les Indes occidentales, t. IE, p. 186-229. La carte du monde de Juan de la Cosa, antérieure de six ans à la mort de Colomb, que Walckenaer et moi avons reconnue en 1832, pendant l’épidémie du choléra, et qui est devenue depuis si célèbre, a jeté un grand jour sur ces questions controversées.
(72) [page 229]. Sur le talent avec lequel Goïomb décrit la nature et qui s'élève souvent jusqu'à la poésie, voy. Cosmos, & IL p. 43-46.
(75) [page 250]. Voy. les résultats de mes recherches dans la Relation historique du voyage aux Régions équinoxiales, t. IH, p. 709, et Examen critique, etc., L. I, p. 509.
(7h) [page 9250]. Biddle, Memoir of Sebastian Cabot. 1851, ». 89-61; Examen critique, t. KV, p. 251.
(78) [page 250]. On lit dans un passage peu remarqué du journal de Colomb, en date du 4er novembre 1492: « Jai en face de moi et tout près Zayto et Guinsay del Gran Can (Zaitun et Quinsay de Marco Polo, Il, 77). » Colomb, en écrivant ces sots, était à Cuba. Voy. Navarrete, J'iages y descubrimientos, tu. 1, p. 46, et Cosmos, t. Il, note 55, p. 404. La courbure dirioée vers le Sud que Colomb, à son second voyage, remarqua sur la côte occidentale de l'île de Cuba, eut une importance décisive pour la découverte de l'Amérique méridionale, du delta de lOrénoque et du cap Paria, ainsi que je l'ai montré ailleurs. Voy. Examen critique, L IV, p. 246-250. « Putat Colombus, dit Anghiera (Epist. cuxv, édit. d'Amsterd., 1670, p. 96), regiones has (Pariæ) esse Gubæ contiguas et adhærentes: ita quod utræque sint Indiæ Gangetidis continens ipsum... »
(76) [page 250]. Voy. l'important manuscrit d'André Bernaldez, « cura de la villa de los Palacios » dans l’Æistoria de los Reyes Catholicos,e. 125. Gette histoire comprend les années 1488- 1515. Bernaldez avait reçu Colomb dans sa maison, lorsque ce grand navigateur revint de son second voyage. Je dois à l’obligeance de M. Ternaux-Compans , qui a jeté beaucoup de lumière sur l’histoire de la Conquista, d’avoir pu consulter librement à Paris, en 1858, ce manuserit, que mon célèbre ami l'historien don Juan Bautista Munoz a eu en sa possession. Comp. Fern. Colon, F'ida del Almirante, ©. 56.
(77) [page 250]. Examen critique, ete, t. TL, p. 244-948.
(78) [page 231]. Le cap Horn fut découvert au mois de février 1526 par Francisco de Hoces, dans l’expédition du commandeur Garcia de Loaysa, qui suivit celle de Magellan et avait pour destination les Moluques, Tandis que Loaysa faisait voile à travers le détroit de Mâgellan, Hoces s'était séparé de la flotille avec la caravelle San Lesmes et avait été poussé jusqu'à 55° de latitude méridionale. « Dijéron los del buque que les parecia que era alli acabamiento de tierra. » Navarrete, 7'iages y descubrimientos, t. V, p. 28 et 404-488. Fleurieu affirme que Hoces a vu seulement le Cabo del buen Suecesso à l'Ouest de l'ile des États. Les notions sur la forme de ces côtes étaient déjà redevenues si incertaines vers la fin du xvi siècle, qu'aux yeux de l’auteur de l’4raucana, le détroit de Magellan avait été formé par un tremblement de terre et par le soulèvement du lit de la mer (voy. canto I, oct. 9), tandis qu’Acosta (Æistoria natural y moral de las Indias,1. I, €. 10) prenait la Terre-de-Feu pour le commencement de la grande contrée qu'il croyait s'étendre vers le pole Sud. Comp. Cosmos, t. Il, p. 48.
(79) [page 231]. Sur la question de savoir si l'hypothèse des isthmes, d'après laquelle le promontoire Prasum, situé sur la côte orientale de l'Afrique, se rattachait à la péninsule de Thinæ, doit être attribuée à Marin de Tyr, à Hipparque, ou à Séleucus de Babylone, ou bien si elle n'appartient pas plutot à Aristote (de Cælo, I. IT, c. 14), voy. une discussion détaillée dans l’Examen critique, t. T, p. 144, 161 et 329; t. IL, p. 570-372.
(80) [page 252]. Paolo Toscanelli était si distingué comme astronome, que le maître de Behaim, Regiomontanus, lui dédia en 1525 son ouvrage de Quadratura Circuli, dirigé contre le cardinal Nicolas de Cusa. Il construisit le grand gnomon de
l'église Santa Maria Novella à Florence, et mourut en 1489, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans, sans avoir eu la joie de voir Ja découverte du cap de Bonne-Espérance par Diaz, ni celle de la partie tropicale du nouveau continent par Colomb.
(81) [page 255]. Comme l’ancien continent compte de 129 à 150 degrés de longitude depuis l’extrémité occidentale de la péninsule ibérique jusqu'aux côtes de la Chine, il en restait à peu près à Colomb 230 à parcourir, en supposant qu'il voulut aller jusqu’au Cathai (la Chine), et moins s’il se proposait seulement d'aborder à Zipangi (le Japon). L'intervalle de 230 degrés que je viens d'indiquer est calculé d’après la position du cap Saint-Vincent (long. 14° 20 Ouest de Paris) et celle du rivage de la Chine, à la hauteur du port de Quinsay, si célèbre autrefois et souvent nommé par Colomb et Toscanelli (latit. 50° 28, long. 4170 47 Est de Paris). Les autres noms de Quinsay sont Kanfou, Hangtscheoufou, Kingszou. Le grand commerce de lAsie orientale était partagé, au xm° siècle, entre Quinsay et Zaitoun (Pinghai ou Tseouthoung) qui, situé à l’opposite de l'ile Formose (Toungfan), était sous 28° 5 de latitude Nord. Voy. Klaproth, Tableaux historiques de l'Asie, p. 227. Zipangi (Niphon) est moins éloigné du cap Saint-Vincent que Quinsay de 22 degrés de longitude; la distance est par conséquent de 209° environ, au lieu de 230° 53. Il est remarquable que, gräce à des compensations accidentelles, les données les plus anciennes, celles d'Ératosthène et de Strabon (1. I, p. 64) se rapprochent, à 10° près, du résultat que nous avons indiqué plus haut, c'est-à-dire de 129° pour l'étendue méridienne de ce que les anciens appelaient oëxouu:vyn. Strabon dit expressément, en parlant de l’existence possible de deux grands continents habitables dans l'hémisphère du Nord, que la terre habitée forme, sous le parallèle de Thinæ (ou d'Athènes, voy. Cosmos. t. II, p. 165), plus du tiers de toute la circonférence terrestre. Marin de Tyr, trompé par la durée de la traversée de Myos Hormos vers les Indes , comme aussi par les idées fausses que l’on se faisait sur la mer Caspienne dont on croyait le grand axe dirigé de lOuest à l'Est, et sur la longueur du chemin qui conduisait par terre chez les Sères, ne donnait pas à l’ancien continent moins de 225°, au lieu de 129. Les côtes de la Chine se trouvaient ainsi reculées jusqu'aux îles Sandwich. Colomb préfère naturellement ce résultat à celui de Ptolémée, d’après lequel Quinsay ne serait tombé que dans la partie orientale de
l'archipel des Carolines. Ptolémée, en effet, dans l’4/mageste (1. IE, c. 4), place les côtes des Sines à 180°, et dans la Geographie (1. 1, e. 19), à 177° 494. Comme Colomb évaluait à 120° la traversée de l’Ibérie au pays des Sines, et Toscanelli à 592 seulement, tous deux pouvaient, en prélevant 40° environ pour la longueur de la Méditerranée, appeler « brevissimo camino » une entreprise qui semblait si hasardeuse. Martin Behaim place aussi sur sa Pomme du monde, sur ce globe célèbre qu'il acheva en 1492 et qui est conservé encore aujourd’hui dans Ja maison Behaim à Nuremberg, les côtes de la Chine, ou, comme il dit, le trône du roi de Mango, de Cambalou et de Cathay, à 100 seulement à l'Ouest des Açores, ou plutôt, comme Behaim était établi depuis quatre ans à Fayal et prenait sans doute cette ville pour point de départ, à 119° 40° à l'Ouest du cap Saint- Vincent. Colomb fit vraisemblablement connaissance de Martin Behaim à Lisbonne, où ils se trouvèrent ensemble de 1480 à 1484. Voy. Examen critique, ete., t. Il, p. 357-569. Les nombres fort inexacts que l’on rencontre dans tous les ouvrages sur la découverte de l'Amérique et sur l'extension présumée de l'Asie orientale, m'ont engagé à comparer exactement les Opinions du moyen âge avec celles de l’antiquité classique.
(82) [page 235]. La partie la plus orientale de l’océan Pacifique fut traversée pour la première fois par des hommes blanes montés sur un canot, lorsqu'Alonso Martin de Don Benito qui, le 25 septembre 1515, avait embrassé l'horizon de la mer, avec Vasco Nunez de Balboa, des hauteurs de la Quarequa, descendit quelques jours après dans l’isthme ou golfe de San Miguel, avant que Balboa n’accomplit l’étrange cérémonie de la prise de possession. Déjà sept mois auparavant, en Janvier 1513, il faisait savoir à sa cour qu'il entendait la voix des indigènes de la mer du Sud et que cette mer était d’une navigation trèsfacile: « Mar muy mansa y que nunca anda brava como la mar de nuestra banda (de las Antillas). > Ce fut Magellan qui, ainsi que le raconte Pigafetta, donna le premier le nom d'Oceano Pacifico à la Mar del Sur de Balboa. Déjà avant l'expédition de Magellan (10 août 1519) le gouvernement espagnol, qui ne manquait ni de prudence ni d'activité, avait fait transmettre en novembre 1514 des ordres secrets à Pédrarias Davilla, gouverneur de la province de Castilla del Oro, située à l'extrémité Nord-Ouest de l'Amérique du Sud, et au grand navigateur Juan Diaz de Solis. Le premier devait faire construire quatre cara-
velles dans fe golfe de San Miguel pour aller faire des décowvertes dans la mer du Sud, nouvellement découverte elle-méme; le second devait trouver, en partant de la côte orientale de l'Amérique, une ouverture (abertura de la tierra) afin de gagner par derrière (à espaldas) le nouveau pays, c’est à-dire de gagner les rivages de la Castilla del Oro. L'expédition de Solis, qui dura depuis le mois d'octobre 15138 jusqu’au mois d'août 1516, pénétra fort avant vers le Sud et amena la découverte du Rio de‘la Plata, qui fut long-temps nommé Rio de Solis. Comp. sur cette première découverte, peu connue, de l’océan Pacifique, Petrus Martyr, ep. pxz, p. 296, avec les documents des années 1515-1518 dans Navarrete, t. MT, p. 134 et 357. Voy. aussi Examen crilique, t. F1, p. 320 et 550.
(85) [page 2353]. Sur la situation géographique des deux îles Makheureuses (San Pablo, lat. 16° 174 Sud, long. 155° 374 Ouest de Paris, et isla de Tiburones, lat. 10° 374 Sud, long. 145°), voy. Examen crilique, t. I, p. 286, et Navarrete, t. IV, p. x, 52, 218 et 267. La grande époque des découvertes dans l'espace fournit matière à de nombreux emblèmes héraldiques, tels que celui de Sébastien de Elcano, que nous avons cité dans le texte et qui représentait le globe du monde avec cette légende: Primus circumdedisti me. Les armoiries données à Colomb dès le mois de mai 1495, pour l’illustrer aux yeux de la postérité (para sublimarlo), se composaient de la première carte de FAmérique et d’une rangée d'iles dans un golfe. Voy. Oviedo, Hist. general de las Indias, édit. de 4547, 1. IT, ©. 7, p. 10 a; Navarrete, t. Il, p. 37; Examen critique, t. IV, p. 256. Charles- Quint donna en armoiries à Diego de Ordaz, pour avoir gravi le volcan d’Orizaba, l'image de ce pic, et à l'historien Oviedo quiavait passé trente quatre ans sans interruption (1515-1547) dans l'Amérique tropicale, les quatre belles étoiles de la Croix du Sud. Voy. Oviedo, I. Il, e. 11, p. 16 b.
(84) [page 934]. Voy. Humboldt, Essai politique sur le royaume de la Nouselle-Espagne, t. WW, 1897, p. 259, et Prescott, History of the Conquest of Mexico, New-York, 1843, t. I, p. 271 et 356.
-(85) [page 255]. Gaetano découvrit une des îles Sandwich en 15492. Sur les voyages de don Jorge de Menezes et de Alvaro de Saavedra aux îles des Papous (1526 et 1528), voy. Barros, da Asia, dec, IV, 1 I, c. 16, et Navarrete , t. V. p. 125. L'hy-
drographie de Jean Rotz (1549), conservée dans le Musée britannique et étudiée par le savant Dalrvmple, contient, ainsi que la collection de cartes de Jean Balard de Dieppe (1532), signatée pour la première fois par M. Coquebert-Monbret, les con: tours de la Nouvelle:Hollande.
(86) [page 258]. Après la mort de Mendana , sa femme dona Isabela Baretos , également distinguée par son courage et les facultés de son esprit, prit le commandement de l'expédition, qui se prolongea jusqu’en 1396. Voy. Humboldt, ÆEssai politique sur la Nouvelle-Espagne, t. IV, p. 411. — Quiros opéra en grand sur ses vaisseaux la désalaison de l’eau de mer, et cet exemple fat suivi plusieurs fois. Voy. Navarrete, t. 1, p. mn. Le procédé était déjà connu, ainsi que je l'ai prouvé ailleurs par le ténroignage d'Alexandre dAphrodisias, au me siècle de notre ère. bien qu'il n’ait pas été en usage sur les vaisseaux.
(87) [page 256]. Voy. l'excellent ouvrage du professeur Meinicke, das Festland Australien, 1857, Âre part.. p. 2-10.
(88) [page 238]. Ce roi-poëte mourut tandis que régnait au Mexique Axayacatl (1464-1477). Le savant historien Fernando da Alva Ixtlilxochitl, dont j'ai vu en 1802, dans le palais du vice-roi de Mexico, la chronique manuscrite des Chichimèques, si heureusement mise à profit par Prescott (Conquest of Mexico, t. 1, p. 61, 175 et 206; t. IT, p. 412). était un descendant de Nezahoualcoyotl. Le nom aztèque de Fernando de Alva signifie visage de vanille. M. Ternaux-Compans a fait imprimer à Paris en 1840 une traduction française de son manuscrit. — La mention des longs poils d’éléphants recueillis par Cadamosto est consignée dans Ramusio, t.I, p. 109, et dans Grynæus, €. 43, p. 53.
(89) [page 238]. Clavigero, Sforia antica del Messico, Cesena, 1780, €. Il, p. 155. On ne peut douter, d’après les témoignages unanimes de Fernand Cortès dans ses rapports à Charles V, de Bernal Diaz, de Gomara, d’Oviedo et de Hernandez, que, à l'époque où fut conquis l'empire de Montézuma, il n’y avait dans aucune partie de l'Europe des ménageries et des jardins botaniques comparables à ceux de Houartepec, de Chapoltepec. de Iztapalapan et de Tezcouco. Voy. Prescott, Conquest of Mexico, t. 1, p. 178; t. Il, p. 66 et 417-191; t. III, p. 42. — Sur les ossements fossiles trouvés et observés il y a plusieurs siècles dans les Champs des géants, voy. Garcilaso, 1. IX, €. 9: Acosta. L. IV, €. 30, et Hernandez, t. 5, ©. 59, p. 105, édit. de 1356.
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(90) [page 241]. Voy. les observations de Christophe Colomb sur le passage de la polaire par le méridien, dans ma Zelation historique, etc., t. 1, p. 506, et Examen critique, 1. I, p. 17-20, 44-51 et 56-61. Voy. aussi Navarrete, dans le Journal de voyage de Colomb (16-30 septembre 14992), p. 9, 15 et 254.
(91) [page 241]. Sur les singulières différences qui existent entre la « bula de concesion à los reyes Gathôlicos de las Indias deseubiertas y que se descubrieren » du 3 mai 1495, et la « bula de Alexandro VI sobre la particion del Oceano » du 4 mai 1495, éclaircie dans la « bula de extension » du 95 septembre 1493, voy. Examen critique, t. I, p. B2-54. Très-différente de cette ligne de démarcation est la ligne de séparation fixée dans la « Capitulacion de la particion del mar Oceano entre los reyes cathélicos y Don Juan, Rey de Portugal, » du 7 juin 1494, à 570 leguas (de 17 192 au degré équatorial) à l'Ouest des iles du cap Vert. Comp. Navarrete, 7’iages y descubrimientos, t. IX, p. 28-55, 116-143 et 404; t. IV, p. 55 et 252. Cette dernière répartition, qui amena la vente faite au portugal des Moluques, pour la somme de 350,000 ducats d’or, n'avait aucun rapport avec les hypothèses magnétiques ou météorologiques. Les lignes de démarcation papales méritaient d'être mentionnées exactement parce que, ainsi que je l'ai dit dans le texte, elles ont eu une grande influence sur les efforts tentés pour perfectionner astronomie nautique et les méthodes de longitude. Il est aussi à remarquer que la Capitulacion du 7 juin 1494 fournit le premier exemple de la détermination précise d’un méridien à l'aide de tours érigées ou de signes gravés sur des rochers, Il est ordonné: « Que se haga alcuna senal 6 torre, > partout où le méridien allant d’un pôle à l’autre, traverse une île ou un continent dans les deux hémisphères de l'Ouest et de l'Est. Sur les continents, la ligne devait être marquée par une rangée de tours ou de signes placés de distance en distance; ce qui, à vrai dire, n’eùt pas été une petite entreprise!
(92) [page 2492]. 11 me paraît très-digne de remarque que le premier écrivain classique qui ait traité du magnétisme, William Gilbert, chez lequel on ne peut pas supposer la moindre connaissance de la littérature chinoise, regarde cependant la boussole comme une invention des Chinois, apportée en Europe par Marco Polo: « Illa quidem pyxide nihil unquam humanis exCogitatum artibus humano generi profuisse magis constat. Scientia nauticæ pyxidulæ tradueta videtur in ftaliam per Pau-
Jum Venetum, qui circa annum MGCLX apud Chinas artem pyxidis didicit, » (Guillielmi Gilberti Colcestrensis, de Magnete Physiologia nova. Lond., 1600, p. 4.) On ne peut cependant ajouter aucune foi à la prétendue importation de la boussole par Marco Polo, dont les voyages sont compris entre les années 1274 et 4295, qui par conséquent revenait en Italie alors que Guyot de Provins, dans son poëme de la Boussole, avait parlé déjà de cet instrument comme d’une chose connue depuis longtemps , ainsi que Jacques de Vitry et Dante. Avant le départ de Marco Polo, dès le milieu du xme siècle, les Catalans et les Basques se servaient de la boussole marine. Voy. Raymond Lulle, dans son traité de Contemplatione, écrit en 1272.
(95) [page 245]. Ce témoignage sur les derniers moments de Sébastien Cabot est consigné dans un écrit de Biddle, composé avec beaucoup de critique, sous le titre de Mémoir of Seb. Cabot, p. 222: « On ne sait exactement, dit Biddle, ni l’année où mourut ce grand navigateur, ni le lieu de sa sépulture ; et cependant la Grande-Bretagne lui doit presque un continent tout entier; sans lui peut-être, de mème que sans sir Walter Raleigh, la langue anglaise n’eût pas été parlée par des millions d’Américains. » — Sur les materiaux d’après lesquels fut établie la carte des variations de Alonso de Santa Cruz, et sur la boussole de variation dont la disposition permettait déjà de inesurer la hauteur du soleil, voy. Navarrete, Woticia biografica del cosmografo Alonso de Santa Cruz, p. 3-8. La première boussole de variation fut établie par un homme fort industrieux. Felipe Guillen, pharmacien à Séville. On avait une telle ardeur de connaître d’une manière précise la direction des courbes de déclinaison magnétique que, en 1385, Juan Jayme fit, avec Francisco Gali, la traversée de Manille à Acapoulco, sans autre but que d’éprouver, dans la mer du Sud, l'instrument qu'il venait d'inventer pour cet usage. Voy.Essai politique sur la Nouselle-Espagne, t. IV, p. 110.
(94) [page 243]. Acosta, ist. natural de las Indias, 1. I, c. 17. Ce sont ces quatre lignes sans déclinaison qui, à l’occasion des débats soulevés entre Henry Bond et Beckborrow, ont conduit Halley à la théorie des quatre pôles magnétiques.
(95) [page 244]. Gilbert, de Magnete Physiologia nova, 1. V. c. 8, p. 200.
(96) [page 244]. Dans la zone glaciale et dans la zone tempérée, cette flexion des bandes isothermes est, il est vrai, un fait général entre les côtes occidentales de l’Europe et les côtes orientales de l'Amérique du nord; mais, sous les tropiques , cette flexion devient telle que les bandes isothermes sont presque parallèles à l’équateur. Colomb, dans les conclusions précipitées auxquelles il fut conduit, n’eut pas égard à la différence du climat sur terre et sur mer, à la distinction des côtes orientales et des côtes occidentales, non plus qu'à l’influence de la latitude et des vents qui soufflent sur lAfrique. Voy. les rémarquables considérations sur les climats qui se trouvent réunies dans la Z'ida del Almirante, €. 66. La conjecture précoce de Colomb sur la flexion des bandes isothermes dans Focéan Atlantique était vraie, si l'on se borne à la zone froide et à la zone tempérée, c’est-à-dire en mettant à part les régions tropicales.
(97) [page 244]. Colomb avait déjà observé ce fait, Voy. 7ida del Alinirante, ec. 35; Examen critique, t. IV, p. 253.
(98) [page 244]. L’amiral, dit Fernando Colomb (7'ida del Almirante, e. B8), attribuait à l'étendue et à l'épaisseur des forêts, qui couvraient la croupe des montagnes, l'abondance des pluies rafraîchissantes auxquelles il fut exposé aussi longtemps qu'il côtoya la Jamaïque. Il remarque à cette occasion, dans son Journal de voyage, « qu'autrefois les pluies n'étaient pas moins abondantes à Madère, dans les Canaries et dans les AÇores; mais que depuis que l’on a fait couper les arbres qui répandaient de l'ombre, les pluies sont devenues beaucoup plus rares dans ces contrées. » On n’a fait presque aucune attention à cet avertissement pendant trois siècles et demi.
(99) [page 248]. Cosmos, t. I, p. 281; Examen crilique, etc. t IV, p. 294; 4sie centrale, t. M, p. 255. L'inscription d’Adulis, antérieure de près de 1500 ans à Anghiera, parle des neiges de l’Abyssinie dans lesquelles on enfonce jusqu'aux genoux.
(100) [page 246]. Léonard de Vinei dit très-bien au sujet de cette méthode: Questo & il methodo da osservarsi nella ricerea de’ fenomeni della natura. Voy. Venturi, Essai sur les ouvrages physico-mathématiques de Léonard de P'inci,1797, p. 51; Amoretti, Memorie storiche su la vita di Leonardo da Vinci, Mi-
lano, 4804, p. 443 (dans son édition du Trattato della Pittura, t. XXXIIL, des Classici Italiani); Whewell, Philos. of the inductive Sciences, 1840, t. Il, p. 368-570; Brewster, Life of Newton, p. 532. Les travaux physiques de Léonard de Vinei datent pour la plupart de 1498.
(1) [page 246]. On voit dans les plus anciennes relations des Espagnols combien l'attention des marins fut éveillée de bonne heure sur les phénomènes naturels. Diego de Lepe, par exemple, ainsi que nous l’apprend un témoignage rendu dans le procès du fiscal contre les héritiers de Colomb, reconnut,en 1499, au moyen d’un vase à soupape, qui ne s’ouvrait qu'au fond de la mer, qu'à une distance considérable de lembouchure de l’Orénoque, l’eau de mer est recouverte d’une couche d’eau douce épaisse de six brasses. Voy. Navarrete, Fiages y descubrimientos, t. WT, p. 549. Colomb puisa au Sud de l'ile de Cuba de l’eau blanche comme du lait « blanche comme si l’on y eût répandu de la farine, » afin d’en rapporter en Espagne dans des bouteilles (7ida del Almirante, p. 36). J'ai été dans les mêmes lieux pour faire des déterminations de longitude, et je me suis étonné que le vieil amiral ait pu, avec son expérience, regar- . der comme un phénomène nouveau la couleur blanche de l’eau de mer si souvent troublée dans les bas-fonds. — Pour ce qui est du gulf-stream ou courant d’eau chaude, qui doit être regardé comme un phénomène considérable dans la contemplation du monde, on avait eu souvent, même avant la découverte de FAmérique , l'occasion d'en observer les différents effets dans les Canaries et dans les Açores, en voyant la mer rejeter sur les côtes des bambous, des troncs de pins et des cadavres d’hommes qui, par leur physionomie et leurs traits, différaient entièrement des Européens, et en voyant aborder des canots remplis d'étrangers qui se trouvaient entrainés malgré eux «et ne pouvaient jamais sombrer. » Mais on attribuait alors ces effets à la violence des ouragans qui soufflaient de l'Ouest, sans remarquer que le mouvement des eaux était indépendant de la direction des vents, et sans reconnaître la flexion du courant pélagique vers l'Est et le Nord-Est, c’est-à-dire l’impulsion qui porte chaque année les fruits des Antilles sur les côtes de l'Irlande et de la Norwége. Voy. 7'ida del Almirante, c. 8 ; ‘Herrera, dec. I; 1. I, c. 2 ; 1. IX, c. 19; le Mémoire de sir Humphrey Gilbert, sur la possibilité d’un passage au Cathay par le Nord-Ouest, dans Hakluyt, Wavigations and Foayages ,
L I, p. #4, et Examen critique, ele. t& IT, p. 247-257; L IT, p. 99-108.
(2) [page 248]. Examen critique, LE, p. 26 et 66-99; Cosmos, t. I, p. 257-260.
(5) [page 248]. Alonso de Ercilla à imité la pensée de Garcilase dans ce passage de l’4raucana: « Climas passè, mudè constelaciones. » Voy. Cosmos, L. IT, p. 335, note 96.
(4) [page 249]. Petri Martyris Oceanica , dec. E, I. IX, p. 96; Examen critique, t. IV, p. 221 et 3517.
(5) [page 249]. Acosta, Hist. natural de las Indias, 1 1,c. 2; Rigaud, Account of Harriols astron. papers, 1835, p. 57.
(6) [page 249]. Pigafetta, Primo Piaggio intorno al Globo ferraqueo, pubbl. da C. Amoretti, 1800, p. 46; Ramusio , t. I, p. 545 ©; Petri Martyris Oceanica, dec. TE, 1. F, p.217. D’après les événements que mentionne Anghiera (dec. IH, 1. X, p. 204, et dec. HT, 1. X, p. 252), le passage des Oceanica où il traite des nuées de Magellan, doit avoir été écrit entre 1814 et 1316. Andrea Corsali (voy. Ramusio , t. T, p. 177) décrit aussi, dans une lettre à Giuliano de’ Medici, le mouvement de translation circulaire « de due nugolette di ragionevol grandezza. > L'étoile placée entre la nubecula major et la nubecula minor, dont Corsali a donné le dessin, me parait être 6 de l'Hy dre. Voy. Examen critique, t. V, p. ‘a5n- 938. — Sur Petrus Theodori de Emden et Houtmann, le disciple du mathématicien Plancius, voy. aussi un essai historique de Olbers, dans le Schumacher’s Jahrbuch, 1840, p. 249.
(7) [page 281]. Comp. les recherches de Delambre et de Encke avec celles d'Ideler, Ursprung der Sternnamen, p. xux, 265 et 277. Voy.aussi Examen critique, ete., t& IV, p. 319-5943; t. V p.. 17-19, 50 et 230-9254.
(8) [page 9251]. Pline, L U, c. 71; Ideler, Sternnamen, p. 260 et 295.
(9) [page 2592]. J'ai essayé de résoudre ailleurs les doutes qu'ont exprimés de nos jours au sujet des « quattro stelle > de célèbres commentateurs du Dante. Pour bien embrasser tous les termes de la question, il faut comparer les vers « [Jo mi volsi, ete. » (Purgalorio , canto [, v. 22-94) avec les passages suivants: Purgal., I], 37; VIIL, 85-93; XXIX, 121; XXX, 97;
XXXI, 106, et Inferno, XXVI, 117 et 197. L’astronome Milanais de Cesaris voyait dans les trois facelle, « di ehe’l polo di quà tutto quanto arde,» et qui.se couchent quand se lèvent les quatre étoiles de la Croix, Canopus, Achernar et Fomalhaut. J'ai tenté d'éclaircir le problème par les considérations suivantes: « Le mysticisme philosophique et religieux qui pénètre et vivifie l'immense composition du Dante, assigne à tous les objets, à côté de leur existence réelle ou matérielle, une existence idéale, C’est comme deux mondes dont l’un est le reflet de l’autre. Le groupe des quatre étoiles représente, dans l’ordre moral, Îles vertus cardinales. la Prudence, la Justice, la Force et la Tempérance: elles méritent pour cela le nom de saintes lumières, luci sante. Les trois étoiles « qui éclairent le pôle » représentent les certus théologales, la Foi, l'Espérance et la Charité. Les premiers de ces êtres nous révèlent eux-mêmes leur double nature: ils chantent: «ici nous sommes des nymphes, dans le ciel nous sommes des étoiles, 20t sem qui ninfe, e nel ciel semo stelle. >» Dans la Terre de la vérité, le paradis terrestre, sept nymphes se trouvent réunies «In cerchio le facevan di se claustro le sette Ninfe.» C’est la réunion des vertus cardinales et théologales. Sous ces formes mystiques, les objets réels du firmament, éloignés les uns des autres d’après les lois éternelles de la 3£ecanique céleste, se reconnaissent à peine. Le monde idéal est une libre création de lame, le produit de l'inspiration poétique.» Examen critique, t. IV, p. 324-532.
(10) [page 252]. Acosta, I. I, e. B. Comp. ma Zelation historique. etc.. t. I, p. 209. Comme les étoiles z et 7 de la Groix du Sud ont un mouvement d’ascension directe à peu près uniforme, la Croix parait verticale quand elle passe par le méridien; mais les naturels oublient trop souvent que cette horloge céleste avance chaque jour de 3 56. — Je dois tous les calculs relatifs à l’apparition des étoiles australes dans les latitudes du Nord aux communications obligeantes du docteur Galle, qui, le premier, a reconnu dans le ciel la planète Leverrier, « L'incertitude des calculs, dit le docteur Galle, d’après lesquels + de la Croix du Sud commença à devenir invisible vers l’an 2,900 avant notre ère à 52° 25 de latitude Nord, peut porter sur plus de 100 ans, et il ne serait pas possible, quelque exactitude que l’on apportät dans les opérations, de se mettre complétement à l'abri de cette erreur, parce que le mouvement propre aux fixes n’est pas uniforme pour de si longs espaces de temps. Le
= Ve —
mouvement de ; de la Croix s'élève à un tiers de seconde par an, surtout dans le sens de l’ascension directe. Il est probable que l'incertitude produite par cette cause d'erreur ne dépasse pas la limite que j'ai indiquée plus haut. »
(11) [page 254]. Barros, da Asia, 1778, dec. I, 1. IV, c. 2, p. 282.
(12) [page 254]. Voy. Woticia biografica de Fernando de Magallanes, dans Navarrete, 7’iages y descubrimientos, etc. t. IV, pe xXXxXI.
(15) [page 255]. Barros, da Asia, dec. I, 2° part., 1777, p. 630 et 658-662.
(14) [page 255]. La reine écrit à Colomb: «Nosotros mismos, y no otro alguno, habemos visto algo del libro que nos dejàstes (un journal de voyage dans lequel le méfiant navigateur avait supprimé toutes les indications numériques de latitude et de distance): quanto mas en esto platicamos y vemos conocemos cuan gran cosa ha seido este negocio vuestro y que habeie sabido en ello mas que nunca se pensd que pudiera Saber ninguno de los nacidos. Nos parece que seria bien que Ilevasedes con vos un buen Estrologo , y nos parescia que seria bueno para esto Fray Antonio de Marchena, porque es buen Estrologo y siempre nos parecié que que se conformaba con vuestro parecer.» Sur ce Marchena, qui n’est autre que Fray Juan Perez, le gardien du cloître de la Nabida, où Colomb dans sa misère, en 1484, supplia les moines de lui donner pour ses enfants du pain et de l’eau, voy. Navarrete, t. Il, p. 4103 t. UT, p. 597 et 603; Munoz, Hist. del Nuevo Mundo, 1. IV, ÿ 24. — ‘Colomb, dans une lettre écrite de la Jamaïque, le 7 juillet 14503, aux Christianissimos Monarcas, nomme les Éphémérides astronomiques une « vision profetica. » Voy. Navarrete, t. [, p. 306. — L'astronome portugais, Ruy Falero , natif de Cubilla, prit une part considérable aux préparatifs de la cireumnavigation de Magellan, avec lequel il avait été nommé, par Charles V, « caballero de la Orden de Santiago » (1519); il avait composé pour Magellan un traité spécial sur les déterminations de longitude, dont le grand historien Barros possédait quelques chapitres manuscrits, le même probablement qui fut imprimé, en 1555, à Séville, chez Jean Cromberger. Voy. Examen critique, t. 1, p. 276 et 302 ; t. IV, p. 515. Navarrete (Obra pôstuma sobre la hist.
de la Nautica y de la ciencias matemalicas, 1846, p. 447) n’a pu trouver ce livre même en Espagne. Sur les quatre méthodes, servant à déterminer les longitudes, que Falero devait aux inspirations de son démon familier, voy. Herrera, dec. I, 1. I, c. 19, et Navarrete, t. V, p. Lxxvi. Plus tard, Alonso de Santa Cruz, le même qui tenta, comme le fit en 1595 l’apothicaire de Séville Felipe Guillen, de déterminer les longitudes par la variation de l'aiguille aimantée, fit des propositions inexécutables pour arriver à ce résultat par la transposition du temps. Ses chronomètres étaient des sabliers et des clepsydres, des rouages mus par des poids suspendus, et même des mèches trempées dans de l’huile qui se consumaient exactement dans le même laps de temps! — Pigafetta (Transunto del trattato di Navigazione , p. 219) recommande les hauteurs de la lune au méridien. Amerigo Vespucci dit, avec beaucoup de naïveté et de vérité, de ces méthodes lunaires pour déterminer les longitudes: « L'avantage qu’elles offrent vient du corso più leggier de Ja luna.» Voy. Canovai, 7’iaggi, p. B7.
(15) [page 257]. La race américaine, qui s'étend partout la même depuis 65° de latitude Nord jusqu’à 35° de latitude Sud, passa directement de la vie de chasseur à la vie agricole, sans traverser la vie pastorale. Cela est d'autant plus remarquable, que les bisons qui errent par troupeaux innombrables et peuvent être réduits à l’état domestique, donnent une grande quantité de lait. On a fait peu d’attention à cette particularité mentionnée par Gomara dans son Hist. gen. de las Indias, ©. 214, que, au Nord-Ouest de Mexico, sous 40° de latitude, il y avait encore au xvie siècle une population dont la plus grande richesse consistait en troupeaux de bisons domestiques (bueyes con una giba). Ces animaux fournissaient aux naturels des vètements, des aliments et une boisson qui était sans doute du sang; car c'est un trait qui parail avoir été commun, avant l’arrivée des Européens, à tous les habitants du Nouveau Monde, ainsi qu’à ceux de la Chine et de la Cochinchine, d’avoir eu de l’antipathie pour le lait, ou du moins de n’en avoir fait aucun usage. Voy. Prescott, Conquest of Mexico, t. HE, p. 416. Il est vrai aussi que dans toute la partie montagneuse de Quito, du Pérou et du Chili il y eut de tout temps des troupeaux de lamas apprivoisés; mais ils formaient la richesse des peuples établis sur le sol et vivant de la culture. On n’a trouvé dans les Cordillères de l’Amérique méridionale aucune trace de la
vie pastorale. Que peuvent être les cerfs apprivoisés que l’on entretenait près la Punta de S. Helena, et dont je trouve la mention dans Herrera, dec. If, 1. X, c. 6? {1 y est dit: Ces cerfs, à ce qu'il paraît, fournissaient du lait et du fromage (ciervos que dan leche y queso y se crian en casa)! A quelle source a été puisé ce renseignement? Il ne peut pas provenir d’une confusion avec les lamas sans cornes et sans bois de Ia froide région des montagnes, dont Garcilaso affirme, dans ses Cominentarit reales, 1"° part., 1. V, c. 2, p. 153, que dans le Pérou, et particulièrement sur le plateau de Collao, on les attelait à la charrue. Comp. Pedro de Cieca de Leon, Chronica del Peru, Séville, 1553, €. 110, p. 264. Cette application des animaux au labourage paraît n’avoir été qu’une exception très-rare, un usage purement local; car, en général, un des traits de la race américaine est l’absence d'animaux domestiques, absence qui influe profondément sur la vie de la famille.
(16) [page 257]. Voy. dans une lettre en date du mois de juin 1518 (Neander, de J'icelio, p. 7) des témoignages remarquables de l’espérance que Luther plaça sur la génération nouvelle, sur la jeunesse de l'Allemagne, pour le soutenir dans l'exécution de son œuvre d’affranchissement.
(17) [page 958]. J'ai raconté ailleurs comment 1x connaissance de l’époque à laquelle Vespucci fut nommé grand pilote de la flotte royale contredit déjà suffisamment la calomnie inventée par l’astronome Schoner de Nuremberg, à savoir que les mots « terra di Amerigo » auraient été insérés frauduleusement par Vespucci surles cartes hydrographiques qu'il fut charge de corriger. La haute estime que la cour d'Espagne professait pour les connaissances de Vespucei en hydographie et en astronomie ressort manifestement des instructions qui lui furent données (real titulo con extensas faculdades), lorsqu'il fut nommé « piloto mayor, » le 22 mars 1508. Voy. Navarrete, t. I, p.297, 502. I fut mis à la tête d’un véritable « deposito hydrografico » et chargé d'exécuter pour la « casa de contratacion » de Séville, point central de toutes les entreprises maritimes, un tableau général des côtes et un registre des positions géographiques (Padron general), dans lequel il devait ajouter chaque année les découvertes nouvelles. Mais, dès l’année 1507, le nom de Americi terra est appliqué au nouveau continent par un homme dont l'existence était certainement restée ignorée de Vespueci, par le géographe Waldseemüller (Martinus Hylacomylus). de Fri-
bourg en Brisgau, qui avait établi une imprimerie à Saint-Dié, au pied des Vosges, et qui publia une petite description du monde intitulée: Cosmographiæ Introductio, insuper quatuor Americi lespucii Nasigationes (impr. in oppido S. Deodati, 1507). La plus étroite amitié lait Ringmano, professeur de cosmographie à Bâle, plus connu sous le nom de Philésius, Hylacomylus et le père Grégoire Reisch, auteur de la Margarita philosophica. Dans cette encyclopédie se trouve un traité d'Hylacomylus sur l'architecture et la perspective, de 1509. (Voy. Examen crilique, t. IV, p. 112.) Laurentius Phrisius qui vivait à Metz, ami d’Hylacomylus et ainsi que lui protégé de René duc de Lorraine qui entretenait une correspondance avec Vespueci, parle d’'Hylacomylus, dans l'édition de Ptolémée qu'il publia en 1522 à Strasbourg, comme n’existant plus. La carte du nouveau continent tracée par Hylacomylus et contenue dans cette édition, fait entrer pour la première fois dans les éditions de Ptolémée le nom d’4merica. J'ai découvert cependant que déjà deux ans auparavant il avait paru une carte du monde de Petrus Apianus, qui fut jointe d’abord à une édition de Solin publiée par Caer, et une seconde fois à l’édition de Mela, donnée par Vadianus, et qui représente, comme on le voit dans les cartes chinoises modernes, l’isthme de Panama coupé. Voy. Examen critique, etc., t. IV, p. 99-194; t. V, p. 168-176. C’est tout à fait à tort que l’on a regardé la carte de 1527 qui, après avoir fait partie de la bibliothèque d’Ebner, à Nurenberg, est aujourd’hui réunie à la collection de Weimar, et celle de Diego Ribero, de 1529, gravée par Gussefeld, comme les plus anciennes cartes du nouveau continent (ébid.. t. I, p. 4843 t. IE, p. 191). Dans l'expédition de Alonso de Hojeda, un an après le troisième voyage de Colomb (1497), Vespucci avait visité les côtes de l’Amérique méridionale avec Juan de la Cosa, dont j'ai le premier signalé la carte, dessinée en 1500 au Puerto de Santa Maria, six années entières avant la mort du grand amiral génois. Vespucci n'avait aucune raison de supposer un voyage fait en 1497, puisque, de même que Colomb, il resta convaincu jusqu’à Sa mort qu'il n'avait touché que des parties de l’Asie orientale. (Voy. la lettre de Colomb au pape Alexandre VI, du mois de février 1502, et une autre à la reine Isabelle, du mois de juillet 1503, dans Navarrete, t. I, p. 504; t. II, p. 280, ainsi qu’une lettre de Vespucci à Pier Francesco de’ Medici, dans Bandini, Pila e Lettere di Amerigo Fespucci, p. 66 et 85.) Pedro de Ledesma, pilote de Colomb pendant son troisième voyage, dit en-
core en 1515, dans le procès contre les héritiers de l'amiral, que l’on regarde la côte de Paria comme une partie de l'Asie. Voy. Navarrete, t. II, p. 839. Les périphrases souvent employées de mondo nuovo, aller orbis, Colonus novi orbis repertor ne sont pas en opposition avec cette croyance; on veut seulement désigner par là des contrées inconnues, et ces expressions sont employées dans le même sens par Strabon, Mela, Tertullien, Isidore de Séville et Cadamosto. Voy. Examen critique, t. }, p. 4183 t. V, p. 182-184. Plus de vingt ans après la mort de Vespucci, qui arriva en 1519, et jusqu'aux calomnies de Schoner dans l’'Opusculum geographicum de 1535, et à celles de Servet dans l'édition de Ptolémée publiée à Lyon en 1555, on ne rencontre aucune réclamation contre le navigateur florentin. Colomb, un an avant de mourir, le désigne comme un homme « du caractère le plus intègre (mucho hombre de bien), digne de toute confiance, qui a toujours été prêt à l’obliger. » Voy. Carta à mi muy caro fijo D. Diego, dans Navarrete, & I, p. 551. Fernando Colomb, qui écrivit la vie de son père, vers 1535, à Séville, quatre ans avant de mourir, et qui assistait, en 1524, avec Juan Vespucci, neveu d’Amerigo, à la junte astronomique de Badajoz et aux négociations ouvertes sur les Moluques; Martyr de Anghiera, l'ami personnel de l'amiral Oviedo, dont la correspondance s’étend jusqu’en 1595, qui cherche au contraire tout ce qui peut diminuer la gloire de Colomb; Ramusio et Guicciardini, tous témoignent la même bienveillance pour Amerigo. Si Amerigo eüt à dessein falsifié les dates de ses voyages, il les eût du moins fait concorder et n’eût pas placé la fin du premier cinq mois après le commencement du second. Les confusions de chiffres qui se sont giissées dans les nombreuses traduetions de ses voyages ne doivent pas lui être imputées, puisqu'il ne publia lui-même aucune de ces relations. De semblables erreurs sont d’ailleurs très-habituelles dans les ouvrages imprimés au xvi siècle. Oviedo avait, en qualité de page de la reine, assisté à l'audience où Ferdinand et Isabelle firent à l'amiral un accueil si brillant dans la ville de Barcelone (1495), après son premier voyage de découverte. Trois fois il a écrit que l’audience avait eu lieu en 1496, et même que l'Amérique avait été découverte en 1491. Gomara dit la mème chose, non pas en chiffres, mais en toutes lettres, et place la découverte de la tierra firme d'Amérique en 1497, précisément dans l’année dont l'indication erronée à porté malheur à la mémoire de Vespucci. Voy. Examen cri-
tique, t. V, p. 196-202. D'ailleurs le procès soutenu par le fiscal, de 1508 à 1527, contre les héritiers de Colomb, afin de leur enlever les priviléges et les droits qui avaient été concédés à l'amiral dès l'an 1492, met à l'abri de tout reproche la conduite du navigateur florentin, qui jamais ne prétendit attacher son nom au nouveau continent, mais qui, par la jactance à laquelle ii se laissa aller dans les rapports qu'il adressa au gonfalonier Piero Soderini, à Pier Francesco de’ Mediei et au duc René IT de Lorraine, attira malheureusement sur lui, plus qu'il ne le méritait, l'attention de la postérité. Amerigo entra au service de l'Etat, comme piloto mayor, l’année mème où commenca le procès; il vécut encore quatre ans à Séville pendant l'instruction de ce procès dans lequel il s'agissait de savoir quelles étaient les parties du Nouveau Continent auxquels Colomb avait touché le premier. Les bruits les plus misérables trouvèrent accès et devinrent une arme entre les mains du fiscal, On chercha des témoins à Santo Domingo et dans tous les ports espagnols, à Moguer, à Palos et à Séville, presque sous les yeux d’Amerigo Vespucei et de son neveu. Le Mundus nosus, imprimé par Jean Otimar à Augsbourg, en 1504, le Recueil des Voyages de Vicence (Hondo Novo et puesi novamente retrocali da Alberico Fespuzio Fiorentino, 1507), attribué ordinairement à Fracanzio di Montalboddo, mais en réalité d’Alessandro Zorzi, et les Quatuor navigationes de Martin Waldseemuller (Hylacomylus) avaient déjà paru; depuis 1820, il y avait des mappemondes sur lesquelles était inscrit le nom d’Æ#nerica, mis en avant, en 1507, par Hylacomylus, et approuvé par Joachim Vadianus dans une lettre écrite de Vienne à Rudolph Agricola, en 1512; et cependant cet homme, auquel des ouvrages répandus en Allemagne, en France et en Italie attribuaient un atterrage à Paria en 1497, n’est pas cité à comparaître par le fiscal dans le procès commencé dès l’année 1498 et qui se prolonge pendant dix-neuf ans, ni même nommé, soit comme précurseur, soit comme contradicteur de Colomb. Pourquoi, après la mort d’Amerigo Vespucci, arrivée à Séville, le 22 février 1519, n’appela-t-on pas son neveu, Jean Vespucci, comme on appela Martin Alonso et Vicente Yanes Pinzon, Juan de la Gosa et Alonso de Hojeda, pour témoigner que déjà avant Colomb, c’est-à-dire avant le 4er août 1498, -Amérigo avait touché aux côtes de Paia, qui avaient une si grande importance, non pas comme « terre lerme de l'Asie, » mais à cause de la pèche des perles qui se jaisail près de là et était d’un revenu considérable. Il est impos-
sible de comprendre qu’on eût négligé ainsi le témoignage le plus important, si Amerigo Vespucci se fût vanté d’avoir fait, en 1497, un voyage de découverte, et si l’on eût attaché quelque valeur aux fausses dates et aux fautes d'impression des Quatuor Navigationes. Je sais pertinemment que le grand ouvrage encore inédit d’un ami de Colomb, Fray Bartholomé de Las Casas (Æistoria general de las Indias), se compose de parties distinctes, écrites à des époques très-diverses ; il fat commencé en 4527, quinze ans après la mort d’Amerigo, et achevé en 1559, sept avant que l’auteur mourüût dans sa quatre-vingt-douzième année. Un blâme amer y est mêlé d’une manière bizarre à l'éloge. On voit se fortifier la haine et le soupcon à mesure que grandit la renommée du navigateur florentin. On lit dans la partie du livre qui fut composée la première, dans le prologue: « Amerigo raconte ce qu'il a fait dans deux voyages vers les Indes; cependant il paraît avoir omis plusieurs détails importants soit à dessein (à saviendas), soit par négligence. De là est venu que quelques personnes lui ont attribué ce qui appartient à d’autres et ne devait pas leur être enlevé. » Le jugement porté dans le 140° chapitre du Fer livre n’est pas moins mesuré: « Je dois faire mention ici du tort qu’Amerigo semble avoir fait à l’amiral, lui ou peut-être ceux qui ont fait imprimer les Quatuor Navigationes (6 los que imprimiéron). On attribue à lui seul, sans nommer personne autre, la découverte de la terre ferme; il paraîtrait qu'il a inscrit le nom d’#mérique sur des cartes et aurait ainsi manqué gravement envers l'amiral. Comme Amerigo était un habile parleur et écrivait avec élégance (era latino y eloquente), il s’est donné, dans sa lettre au roi René de Lorraine, pour le chef de l'expédition d’Hojeda. H n’était cependant que l’un des pilotes, malgré son expérience des choses maritimes et ses connaissances en Cosmographie (hombre entendido en las cosas de la mar y docto en cosmografia).... Il s’est répandu dans le monde qu'il avait le premier abordé à la terre ferme. Si lui-même a propagé ce bruit à dessein c’est grande méchanceté de sa part, et s’il n'est pas coupable, il a du moins l'air de l’être (clara pareze la falsedad: y si fué de industria hecha, maldad grande fué ; y ya que no lo fuese, al menos parezelo). Amerigo dit être parti dans l'an 7 (1497); cette date paraît tenir à une méprise et non à un calcul perfide, puisqu'il prétend être resté dix-huit mois absent. Les écrivains étrangers nomment le nouveau continent Æmerica : c'est Columba qu'il faudrait dire. » Ce passage montre assez
que jusque-là Bariholomé de Las Casas n’accusait pas Amerigo d’avoir mis lui-même en circulation le nom d’4merica; il dit: « an tomado los escriptores extrangeros de nombrar la nuestra Tierra firme America, como si Americo solo y no otro con él y antes que todos la oviera descubierto. » C’est dans le liv. I, ch. 164-469, liv. Il, ch. 2, qu'éclate brusquement sa haine: il n'attribue plus les choses à une méprise dans la supputation des années où à la prédilection des étrangers pour Amerigo: tout tient à un mensonge prémédité dont Amerigo lui-même s’est rendu coupable (de industria lo hizo.. persistié en el engano.. de falsedad esta claramente convencido). Bartholomé de Las Casas prend encore Amerigo à partie dans deux autres passages, et s'efforce de lui démontrer que, dans les relations de ses deux premiers voyages, il a confondu la suite des événements, qu'il a rapporté au premier voyage plusieurs faits qui appartiennent au second, et réciproquement. L’accusateur ne parait pas avoir senti, et cela est assez remarquable, qu’il diminuait lui-même le poids de ses accusations, en mentionnant l'opinion opposée et l'indifférence de l’homme, qui avait le plus d’intérèêt à attaquer Amerigo Vespueci, s’il l’avait cru coupable d’hostilité et de mauvaise foi envers son père. « Je ne puis n’empêcher de m'étonner, dit Las Casas (ch. 164), que Fernand Colomb, qui était un homme de beaucoup de pénétration, et qui eut entre les mains. comme je le sais à n’en pas douter, les relations d’Amerigo, n'ait pas reconnu leur infidélité et son injustice envers l’amiral.» — Ayant eu de nouveau, il y à quelques mois, l’occasion de consulter le rare manuscrit de Bartholomé de Las Casas, j'ai voulu intercaler dans cette longue note, sur un sujet si incomplétement traité jusqu'ici, ce que je n’avais pu mettre à profit dans mon Examen critique (t. V, p. 178-217). La conviction que j'exprimais alors (p. 217 et 224) n’a pas été ébranlée: « Quand la dénomination d’un grand continent, généralement adoptée et consacrée par l'usage de plusieurs siècles, se présente comme un monument de l'injustice des hommes, il est naturel d'attribuer d’abord la cause de cette injustice à celui qui semblait le plus intéressé à la commettre. L'étude des documents a prouvé qu'aucun fait certain n'appuie cette supposition, et que le nom d'Amérique à pris naissance dans un pays éloignés en France et en Allemagne, par un concours d'incidents qui paraissent écarter jusqu’au soupçon d’une influence de la part de Vespuce: c’est là que s’arrète la critique historique. Le champ sans bornes des causes inconnues ow des combinaisons morales
possibles n’est pas du domaine de l'histoire positive. Un homme qui, pendant une longue carrière, a joui de l'estime des plus illustres de ses contemporains, s’est élevé, par ses connaissances en astronomie nautique, distinguées pour le temps où il vivait, à un emploi honorable. Ce concours de circonstances fortuites lui a donné une célébrité dont le poids, pendant trois siècles, a pesé sur sa mémoire, en fournissant des motifs pour avilir son caractère. Une telle position est bien rare dans l'histoire des infortunes humaines: c’est exemple d’une flétrissure morale croissant avec l'illustration du nom. Il valait la peine de seruter ce qui, dans ce mélange de succès et d'adversités, appartient au navigateur même, aux hasards de la rédaction précipitée de ses écrits où à de maladroits et dangereux amis. » Copernic lui-même a contribué à cette dangereuse renommée; il attribue aussi la découverte du Nouveau Continent à Vespucci. Après une discussion sur le centrum gravitatis et le centrum magnitudinis, il ajoute: « Magis id erit clarum, si addentur insulæ ætate nostra sub Hispaniarum Lusitaniæquæ principibus repertæ et presertim America ab inventore denominata navium præfecto, quem, ob incompertam ejus adhue magnitudinem, alterum orbem terrarum putant. (Nicolai Copernici de Revolutionibus orbium cœlestium libri sex, 1543, p. 2 a.)
(18) [page 258]. Voy. Exam. crit., 1. I, p. 154-158 et 225-227. (19) [page 261]. Comp. Cosmos, t. 1, p. 65.
(20) [page 261]. « Les lunettes que Galilée construisit, celles qui lui servirent à découvrir les satellites de Jupiter, les phases de Vénus et à observer les taches du soleil, grossirent successivement quatre, sept et trente deux fois les dimensions linéaires des astres. Ce dernier nombre, l’illustre astronome de Florence ne le dépassa pas. » (Arago, Annuaire du Bur. des long. 1849, p. 268.)
(21) [page 262]. Westphal, dans la biographie de Copernic, dédiée au grand astronome de Kænigsberg, Bessel, nomme, comme Gassendi, l’évèque d’Ermeland Lucas Watzelrodt de Allen. D'après les communications que m'a faites tout récemment le savant historien Voigt, directeur des archives à Kænigsberg, la famille de la mère de Copernic est nommée dans les actes Weiselrodt, Weisselrot, Weisebrodt, et le plus souvent Waisselrode. Sa mère était sans aucun doute d’origine allemande, et la famille des Weisselrode, distincte dans le principe de
= 48% — la famille des Allen qui florissait à Thorn depuis le commence ment du xv° siècle, a vraisemblablement pris le nom de Allen par suite d’une adoption ou d’autres relations de parenté. Suiadecki et Czynski (Kopernik et ses travaux, 1847, p. 26) nomment la mére de Copernic Barbara Wasselrode; elle épousa, disentzils, à Thorn, en 4464, un homme dont la famille était originaire de Bohème, Westphal et Czynski appellent l’astronome que Gassendi désigne sous le nom de Tornæus Borussus Xæpernik ; Krzyzanowski écrit Xopirnig. Dans une lettre écrite de Heïlsberg le 21 novembre 1880 par l’évèque d’Ermeland Martin Cromer, il est dit: « Cum Jo. (Nicolaus) Copernicus vivens ornamento fuérit atque etiam nunce post fata sit, non solum huic ecclesiæ, verum etiam toti Prussiæ patriæ suæ, iniquum esse puto., eum post obitum carere honore sepulchri sive monumenti.:
(22) [page 262]. On lit dans la Vie de Nicolas Copernic par Gassendi, annexée à sa biographie de Tycho (Tychonis Brahet sita, 1635, Hagæ-Comitum, p. 320): « eodem die et horis non multis priusquam animam efflaret. » Schubert, dans son 4stronomie, 4e part., p. 115, et Robert Small, dans le savant ouvrage intitulé 4ccount of the astron. discoveries of Kepler, 1804, p. 92. affirment seuls que Copernic mourut quelques jours après la publication de son ouvrage; c’est aussi l'opinion du directeur des archives de Kænigsberg, Voigt, parce que dans une lettre écrite au duc de Prusse, après la mort de Copernic, par un chanoine d’Ermeland, George Donner, il est dit: « que le digne et honorable docteur Nicolaus Koppernick a laissé échapper son ouvrage quelques jours avant de quitter cette terre, comme le cygne chante avant de mourir, » D’après la tradition commune (voy. Westphal, Wicolaus Kopernicus, 1829, p. 75 et 82), le livre avait été commencé en 1307, et il était tellement avancé en 1550, que l’auteur se contenta d'y apporter plus tard quelques rares améliorations. Le cardinal Schonberg presse la publication dans une lettre écrite de Rome en novembre 1836; il veut en faire prendre une copie par Théodore de Reden et se la faire adresser. Copernic dit lui-même, dans sa dédicace au pape Paul WE, que l’entier achèvement de l'ouvrage a rempli un espace de quatre fois neuf années (quartum novennium). Si l'on songe combien il fallait de temps pour imprimer un écrit de 400 pages, il est vraisemblable que la dédicace ne fut pas écrite dans l'année de sa mort, arrivée en 1543; d’où l’on peut conclure, en défalquant de cette date trente-six années, que Copernic se
mit à l’œuvre non pas après, mais avant lan 1507. — Voigt doute que l’aquedue qui existe à Frauenburg et que la voix publique attribue à Copernic, ait été réellement exécuté d’après ses plans; il a reconnu qu’en 1571 seulement intervint un contrat entre le Chapitre et maître Valentin Zendel, de Breslau, pour conduire l’eau des fossés de Frauenburg dans les bâtiments occupés par les chanoines. Il n’est question nulle part d’un aquedue antérieur à celui qui existe encore aujourd’hui, et qui fut construit, comme on vient de le voir, vingt-huit ans après la mort de Copernic.
(25) [page 263]. Delambre, Æist. de l’Astron. mod.,t.T, p.140.
(24) [page 265]. Neque enim necesse est, eas hypotheses esse veras., imo ne verisimiles quidem, sed sufficit hoc unum, si calculum observationibus congruentem exhibeant, dit Osiander dans son introduction. D’autre part, on lit dans Gassendi (Zita Copernici, p. 319): « L’évêque de Culm, Tidemann Gise, natif de Dantzick, qui pendant plusieurs années insista auprès de Copernic pour hâter la publication de son ouvrage. obtint enfin le manuscrit, avec la commission de le faire imprimer tout à fait comme il l’entendrait. Il en chargea d’abord Rhæticus, professeur à Wittemberg, qui avait quitté son maître peu de temps auparavant, après un long séjour à Frauenburg. Rhætieus supposa que la publication se ferait à Nurenberg dans des conditions plus favorables, et confia à son tour le soin de l’impression au professeur Schoner et à Andreas Osiander, qui habitaient cette ville. + Des éloges donnés à l’ouvrage de Copernic dans la fin de l'introduction, on eût pu déjà conclure, même sans le témoignage expressif de Gassendi, que cette introduction est d’une main étrangère. Dans le titre de la première édition (Nurenberg, 1545), Osiander se sert des expressions suivantes, soigneusement évitées dans tout ce qu'a écrit Copernic: « Motus stellarum novis insuper ac admirabilibus hypothesibus ornati, » et il ajoute cette exhortation un peu cavalière: « Igitur, studiose lector, eme, lege, fruere. » Dans la deuxième édition (Bâle, 1566), que j'ai serupuleusement comparée avec la première, il n’est plus question sur le titre des admirables hypothèses; mais la Præfatiuncula de hypothesibus hujus operis, termes sous lesquels Gassendi désigne l'introduction qu’Osiander joignit au livre, a été conservée. Il résulte d’ailleurs clairement de la dédicace à Paul IL, intitulée par Osiander Præfatio authoris, que cet éditeur, sans se nommer, à voulu cependant
indiquer que [a Præfatiuncula était d'une main étrangère. La première édition n’a que 196 pages; la seconde en à 215, à cause de la narratio prima, longue lettre adressée à Schoner par l’astronome George Joachim Rhæticus, qui donna pour la première fois au monde savant une connaissance exacte du système de Copernic, lettre imprimée à Bâle, par les soins du mathématicien Gassarus, dès l’année 14541. Rhæticus avait résigné sa chaire de Wittemberg, eu 1339, pour venir à Frauenburg jouir des lecons de Copernic. Voy. Gassendi, p. 310-519. Gassendi explique les restrictions auxquelles fut conduit Osiander par ses serupules timides: « Andreas porro Osiander fuit, qui nen modo operarum inspector fuit, sed præfatiunculam quoque ad lectorem {tacito licet nomine) de Hypothesibus operis adhibuit. Ejus in ea consilium fuit, ut, tametsi Copernicus Motum Terræ habuisset, non solum pro Hypothesi, sed pro vero etiam placito; ipse tamen ad rem, ob illos qui hinc offenderentur, leniendam, excusatum eum faceret, quasi talem Motum non pro dogmate, sed pro Hypothesi mera assumpsisset. »
(25) [page 264]. Quis enim in hoc pulcherrimo templo lampadem banc in alio vel meliori loco poneret, quam unde totum simul possit illuminare? Si quidem non inepte quidam lucernam mundi, alii mentem, alii rectorem vocant. Trismegistus visibilem Deum, Sophoclis Electra intuentem omnia. Ita profecto {anquam in solio regali sol residens circumagentem gubernat astrorum familiam: Tellus quoque minime fraudatur lunari ministerio, sed ut Aristoteles de animalibus ait, maximam Luna cum terra cognationem habet. Concipit interea a Sole terra et impregnatur annuo partu. Invenimus igitur sub hac ordinatione admirandam mundi symmetriam ac certum harmoniæ nexum motus et magnitudinis orbium, qualis alio modo reperiri non potest (Nicol. Copernicus, de Recolutionibus orbium cœlestium , 1. I, €. 10, p. 9 b). Dans ce passage, qui n’est ni sans grâce ni sans élévation poétique, on reconnaît, comme chez tous les astronomes du xvn° siècle, les traces d’un long commerce avec l'antiquité classique. Copernic avait en vue les passages suivants: Cicéron, Somnium Scipionts, ce. 4; Pline, 1. IL c. 3, et Mercure Trismégiste, 1. V (p. 195 et 201, édit. de Cracovie, 1586). L’allusion à l’Electre de Sophocle est obscure, car ce n’est pas dans cette pièce que le soleil est appelé « omnia intuens, » mais bien dans l’Jliade et dans l'Odyssée, ainsi que dans les Choëéphores d’'Eschyle (v. 980), que Copernic n'aurait assurément pas nom-
més £lectre. D'après une conjecture de Bæckh, l’allusion vient d'un défaut de mémoire; Copernic se sera rappelé confusément le vers 869 de l'OEdipe à Colone de Sophocle. Il est assez singulier que tout récemment, dans un livre d’ailleurs instructif (Czynski, Xopernik et ses travaux, 1847, p. 102), l'Électre du tragique grec ait été confondue avec les courants électriques. L'auteur à traduit, comme il suit, le passage de Copernic cité plus haut: « Si on prend le soleil pour le flambeau de l'univers, pour son ame, pour son guide; si Trismégiste le nomme un Dieu, si Sophocle le croit une puissance électrique qui anime et contemple l'ensemble de la création... etc. »
(26) [page 265]. « Pluribus ergo existentibus centris, de centro quoque mundi non temere quis dubitabit, an videlicet fuerit istud gravitatis terrenæ, an aliud. Equidem existimo gravitatem non aliud esse quam appetentiam quamdam naturalem partibus inditam a divina providentia opificis universorum, ut in unitatem integritatemque suam sese conferant in formam globi coeuntes. Quam affectionem credibile est etiam Soli, Lunæ ceterisque errantium fulgoribus inesse, ut ejus efficacia in ea qua se repræsentant rotunditate permaneant, quæ nihilominus multis’ modis suos efficiunt circuitus. Si igitur et terra faciat alios, utpote secundum centrum (mundi), necesse erit eos esse qui similiter extrinsecus in multis apparent, in quibus invenimus annuum cireuitum. — Ipse denique Sol medium mundi putabitur possidere, quæ omnia ratio ordinis, quo illa sibi invicem succedunt, et mundi totius harmonia nos docet, si modo rem ipsam ambobus (ut aiunt) oculis inspiciamus. » (Copernicus, de Resolut. orbium cœælest., 1. I, €. 9, p. 76.)
(27) [page 265]. Plutarque, de facie in orbe Lunæ, p.925 c. Comp. Ideler, Meteorologia velerum Græcorum el Romanorum, 1832, p. 6. Anaxagoras n'est pas nommé dans le passage de Plutarque ; mais on ne peut douter qu’il ait appliqué cette même théorie de la chute des corps par la cessation du mouvement gyratoire à tous les aérolithes, en lisant Diogène Laërce, 1. ik, €. 49, et les nombreuses citations que j'ai rassemblées dans le Cosmos, t. 1, p. 108, 556, 540 et 546. Voy. aussi Aristote, De cælo, 1. IL, c. 4, p. 224, et un remarquable passage des scholies de Simplicius (p. 491, édit. de Brandis), où il est question « de l'équilibre des corps célestes quand le mouvement de rotation l'emporte sur la pesanteur ou sur l'attraction qui les sollicite à tomber. » À ces idées, qui d’ailleurs appartiennent en par-
ee CM — tie à Empédocle et à Démocrite, aussi bien qu’à Anaxagore, se rattache l'exemple cité par Simplicius dans le passage indiqué plus haut: « que l’eau d’une fiole soumise à un mouvement de rotation ne peut être renversée, tant que la rotation est plus rapide que le mouvement de l’eau de haut en bas, +äs 27t ro 2470 TOŸ VÜWTOs no. »
(28) [page 265]. Cosmos, t. I, p. 98 et 346. Comp. Letronne, des opinions cosmogruphiques des Pères de l’Église, dans la Reoue des Deux-Mondes, 1834, t. I, p. 621.
(29) [page 265]. Les passages d’où l’on peut tirer quelque conséquence pour tout ce qui se rapporte, dans l'antiquité, à Battraction, à la pesanteur et à la chute des corps, ont été recueillis avec beaucoup de soin et de sagacité par Th. H. Martin, Études sur le Timée de Platon, 1841, €. IL, p. 272-280 et 341.
30) [page 265]. Jean Philopon, de creatione Mundi, 1. K, c. 49, pas P
(51) [page 265]. Plus tard il abandonna l'opinion vraie. Voy. Brewster, Martyrs of science, 1846, p. 211. Quant à ce fait qu'il y a dans le soleil, centre du système planétaire, une force qui gouverne les mouvements des planètes, et que cette force diminue, soit directement à mesure que l'éloignement augmente, soit comme le carré des distances, il est déjà exprimé par Kepler dans l’Xarmonie du monde, achevée en 1618.
(32) [page 266]. Cosmos, t. I. p. 23 et 44.
(33) [page 266]. Cosmos, 1. Il, p. 91 et 151. Les passages épars qui dans l’ouvrage de Copernic ont trait aux systèmes du monde antérieurs à Hipparque, sont, en dehors de la dédicace: 1. Le: 5 et 403 L'V;c. 1 et5 (p: 5 b, 7 b, 8 b,133 b. 141-et 441 b, 479 et 181 b, édit. princ.). Partout Copernic montre de la prédilection en faveur des Pythagoriciens et une connaissance précise de leurs doctrines, ou, pour m’exprimer avee plus de circonspection, des idées attribuées aux plus anciens d’entre eux. 11 connait, par exemple, ainsi que le prouve le début de la dédicace, la lettre de Lyris à Hipparque, qui témoigne du goût que l’ancienne école italique avait pour le mystère, et du soin qu'elle mettait à cacher ses opinions à tous ceux qui n’étaient pas ses amis, comme ce fut aussi dans le principe le projet de Copernic. L'âge de Lysis est assez incertain; tantôt il est cité comme un disciple immédiat de Pythagore, tantôt, et cela est plus vraisemblable, comme un maitre d'Épaminondas.
Voy. Bæœckh, Philolaos, p. 8-15. La lettre de Lysis à Hipparque, ancien pythagoricien, qui avait divulgué les secrets de lPassociation, a été, comme beaucoup d’écrits du mème genre, faite après coup par un faussaire. Copernie en a sans doute pris connaissance dans la collection d’Alde Manuce, Epistolæ diversorum philosophorum, Romæ, 1494, où dans une traduction latine du cardinal Bessarion (Venise 1316). Le décret célèbre de la « congregazione dell’Indice » du 5 mars 1616, qui lance linterdit contre le livre de Copernic, de Revolutionibus, désigne le nouveau système par les termes suivants: « Falsa illa doctrina Pythagorica divinæ scripturæ omnino adversans. » Le passage important sur Aristarque de Samos, dont j'ai parlé dans le texte, fait partie de l4renarius (p.449 de l'édition d’Archimède, publiée à Paris, en 1618, par David Rivaltus). L'édition princeps du mème auteur à paru à Bâle en 1544, chez J. Hervagius. Il est dit très-expressément dans l’{renarius que « Aristarque a Contredit les philosophes qui se représentent la terre comme immobile au milieu du monde; c’est le soleil qui marque le point central; il est immobile comme les autres étoiles, tandis que la terre tourne autour de lui. » Aristarque est nommé deux fois dans l'ouvrage de Copernie (p. 69, b et 79), sans rien qui ait trait à son système. Ideler se demande si Copernic à connu le traité de Nicolas de Cusa, de docta ignorantia. Voy. le Museum der Alterthumswissenschaft publié par Wolf et Buttmann, t. IF, 1808, p. 482. La première édition du de docta ignorantia est, à la vérité, de 1544, et ces mots: jam nobis manifestum est terramin veritate moveri, » eussent dû, dans la bouche d’un cardinal platonicien, faire quelque impression sur le chanoine de Frauenberg. Voy. Whewell, Philosophy of the inductive Sciences, t. II, p. 543. Mais un fragment de la main de Cusa, trouvé tout récemment, en 1843, par Clémens dans la bibliothèque de l'hôpital à Cues, prouve clairement, ainsi que le 28° chapitre du de Penatione sapientiæ, que Cusa se représentait la terre, non pas tournant autour du soleil, mais tournant avec lui, quoique plus lentement, autour du pôle du monde incessamment variable, Voy. Clemens, Giordano Bruno el Wicol. von Cusa, 1817, p. 97-101.
(54) [page 266]. Voy. une discussion approfondie sur ee sujet dans Th. H. Martin, Études sur le Timée, t. M, p. 111 (Cosmographie des Égyptiens), et p. 129-155 Antécedentes du système de Copernic). L'opinion de ce savant philologue que le véritable
— MR système de Pythagore différait de celui de Philolaüs et representait la terre comme immobile au milieu du monde, ne me paraît pas tout à fait convaincante (voy. t. IL p. 105 et 107). Je sens le besoin de m'expliquer plus nettement sur la singulière affirmation de Gassendi au sujet de la prétendue ressemblance entre le système d’Apollonius de Perge et celui de Tycho- Brahé, dont j'ai dit déjà quelque chose dans le texte. Gassendi s’exprime ainsi dans ses biographies: « Magnam imprimis rationem habuit Copernicus duarum opinionum affinium, quarum unam Martiano Capellæ, alteram Apollonio Pergæo attribuit. — Apollonius Solem delegit, circa quem., ut centrum, non modo Mercurius et Venus, verum etiam Mars, Jupiter, Saturnus suas obirent periodos, dum Sol interim uti et Luna, cirea terram, ut cirea centrum, quod foret Affixarum mundique centrum, moverentur; quæ deinceps quoque Tychonis propemodum fuit. Rationem autem magnam harum opinionum Copernicus habuit, quod utraque eximie Mereurii ae Veneris circuitiones repræsentaret, eximieque causam retrogradationum, directionum, stationum in iis apparentium exprimeret et posterior (Pergæi) quoque in tribus Planetis superioribus præstaret. : Mon ami l’astronome Galle, auprès duquel j'ai voulu m'éclairer, ne trouve rien, non plus que moi, qui justifie cette affirmation si précise de Gassendi. « Les passages m'écrit-il, que vous n'avez signalés dans l’{lmageste au début du XII livre et dans l'ouvrage de Copernic, l. V, c. 5, p. 4H a, c. 35, p. 179 a et b; c. 56, p.481 b, n’ont d'autre but que d’expliquer les stations et les rétrogradations des planètes, d’où l’on peut conclure qu’Apollonius admettait le mouvement des planètes autour du soleil. Pour ce qui est de savoir à quelle source ont été puisées les conjectures de Copernic sur Apollonius, c’est ce qu'on ne peut déterminer. Aussi la supposition d’un système d’Apollonius de Perge analogue à celui de Tycho parait-elle ne reposer que sur une autorité de fraîche date, bien qu’à vrai dire je ne trouve pas plus chez Copernie qu'ailleurs, ni une exposition claire de ce système, ni même des citations faites d’après des textes plus anciens. Si le XII: livre de l’{lmageste est la source unique d’après laquelle on a attribué à Apollonius toutes les vues de Tycho, il est vraisemblable que Gassendi est allé trop loin dans ses conjectures, et qu'il en a agi, en cette occasion, comme avec les phases de Mercure et de Vénus dont Cepernic a parlé (LL, ce. 10, p. 7 b, et 8 à), sans les mettre exactement en rap port avec son système. De même il est possible qu’Apollonius
ait traité mathématiquement des rétrogradations des planètes dans la supposition d’un mouvement décrit par elles autour du soleil, sans y avoir Joint rien de général ni de déterminé sur la vérité de cette supposition. Au reste, la différegce entre le système d’Apollonius, tel que le décrit Gassendi, et celui de Tycho consisterait en ce seul point que celui de Tycho explique encore les inégalités dans les mouvements. La remarque de Robert Small que l'idée qui sert de base à la doctrine de Tycho ne fut pas étrangère à Copernic, mais qu'elle lui servit de transition pour arriver à son propre système, me paraît fondée. »
(55) [page 267]. Schubert, 4stronomie, 1e part., p.124. Whewell a donné dans sa Philosophy of the inductive Sciences, t. NH, p. 282, un tableau complet et très-bien ordonné de tous ies aspects sous lesquels les astronomes ont considéré la structure du monde depuis les premiers temps de l'humanité jusqu’au système de la gravitation de Newton.
(56) [page 267]. Platon se montre dans le Phèdre disciple de Philolaüs; dans le Timée, d'autre part, il est converti au système de l’immobilité de la terre au centre du monde, système que l’on a désigné plus tard par les noms d'Hipparque et de Ptolémée. Voy. Bœckh, de Platonico systemate cœlestium globorum et de vera indole astronomiæ Philolaicæ, p. xxvi-xxxn; Philolaos, p. 104-108, et comp. Fries, Gesch. der Philosophie, t. 1, p. 523-547, avec H. Martin, Études sur le Timée, t. Il, p. 64-992. L'espèce de songe astronomique sous lequel est voilée la structure du monde, à la fin de la République, rappelle le système des sphères entrelacées des planètes et le concert des tons considérés comme les voix des sirènes qui suivent chacune de ces sphères dans leur mouvement. Voy. sur la découverte du véritable système du monde le bel ouvrage d’Apelt, Epochen der Gesch. der Menschheit, t. 1, 1845, p. 205-305 et 579-445.
(37) [page 267]. Kepler, Harmonices mundi libri quinque , 1619, p. 189. «Le 8 mars 1618, Kepler en vint, après beaucoup de tentatives inutiles, à l’idée de comparer les carrés des temps pendant lesquels les planètes accomplissent leur révolution avec les cubes des distances moyennes; mais il se trompa dans ses calculs et rejeta cette idée. Le 15 mai 1618 il revint à la charge, et son calcul se trouva juste: la troisième loi de Kepler était trouvée. » Cette découverte et celles qui s’y rattachent tombent
précisément dans l’époque déplorable où ce grand homme, exposé dès sa tendre enfance aux plus rudes atteintes du sort, travaille pendant six années à sauver de la torture et du bücher sa mère septuagénaire, que l’on accuse d’empoisonnement et de sortilége. Les soupçons étaient fortifiés per ces circonstances que la malheureuse femme avait pour accusateur son propre fils, le potier Cristophe Kepler, et qu’elle avait été élevée chez une tante qui avait été brûlée à Weil comme sorcière. Voy. sur ce sujet un écrit du baron de Breitschwert peu connu hors de l'Allemagne, quoique fort intéressant, et composé d’après des manuscrits récemment découverts: Johann Keppler's Leben und Wirken, 1851, p. 12, 97-147 et 1496. D’après cet ouvrage, Kepler, qui signe toujours Æeppler quand il écrit en allemand, n'étais pas né, comme on le croit vulgairement, le 21 décembre 1371, dans la ville impériale de Weil, mais dans un viliage du Wurtemberg, à Magstatt, le 27 décembre 1571. Pour Copernic, on ne sait s’il naquit le 49 janvier 14479 ou le 19 février 1473, comme le veut Mæstlin, ou enfin, selon Czynski, le 42 février de la mème année. La date de la naissance de Colomb a flotté longtemps dans un intervalle de 19 ans; Ramusio la place en 1450; Bernaldes, qui fut l’ami de Colomb, en 1436; enfin, le célèbre historien Munoz, en 1446.
(58) [page 268]. Plutarque, de placitis Philosoph., 1. IN, ©. 44; Aristote, Meteorol., I. XI, c. 8; de Cœælo, 1. IL ce: 8. Sur la théorie des sphères en général et en particulier sur les sphères réagissantes d’Aristote, voy. Zdeler's Vorlesung ueber Eudoxus, 1898, p. 49-60, et l’analyse qu’en a donné Letronne dans le Journal des Savants, décembre 1840, février et septembre 1841.
(59) [page 269]. Grâce à des vues plus justes sur le mouvement des corps et sur labsence de tout rapport entre la direction une fois donnée à l’axe de la terre d’une part, et de l’autre la rotation et la révolution du globe, le système originaire de Copernic fut dégagé aussi de lhypothèse d’un mouvement de déclinaison ou du prétendu troisième mouvement de la terre. Voy. de Revolut. orbium cœlest, 1. 1, €. 41. Le parallélisme de l'axe se conserve dans la révolution annuelle autour. du soleil, d’après la loi de l’inertie, sans qu'il soit besoin d’un épicyele pour le rétablir.
(40) [page 270]. Delambre, Hist. de l’Astronomie ancienne, t. Il, p. 584.
(41) [page 270]. Voy. le jugement de sir David Brewster dans les Martyrs of Science, 1846, p. 179-189, el comp. Wilde, Geschichte der Optik, 1838, Are part., p. 182-210. Si la loi de la réfraction des rayons appartient à un professeur de Leyde, Willebrord Snellius, qui la laissa enfouie dans ses papiers, c’est Descartes qui eut l’honneur de la répandre sous une forme trigonométrique. Voy. Brewster, dans le Worth-British Review, t. VI, p. 207; Wilde, Gesch. der Optik, 1re part., p. 2927.
(42) [page 271]. Voy. deux excellentes dissertations sur l’invention du télescope, par le professeur Moll, d'Utrecht, dans le Journal of the Royal Institution, 1851, t. I, p. 319, et par Wilde, Geschichte der Optik, 1858, 1re part., p. 138-172. L’ouvrage de Moll, écrit en hollandais, a pour titre: Geschiedkundig Onderzoek naar de eerste Uitfinders der F’ernkykers, uit de Aantekeningen van wyle den Hoogl. van Swinden zamengesteld door G. Moll (Amsterdam, 4831). Olbers a inséré un extrait de cet intéressant mémoire dans le Schumacher’s Jahrbuch, 1843, p. B6-65. Les instruments d'optique livrés par Jansen au prince Moritz de Nassau et au grand-duc Albert (ce dernier fit cadeau du sien à Cornélius Drebbel) étaient, ainsi qu’il résulte de la lettre de l’envoyé Boreel qui dans son enfance, avait fréquenté la maison du fabricant de lunettes Jansen, et vit plus tard les instruments dans sa boutique, des microscopes longs de dix-huit pouces, à l’aide desquels les petits objets se trouvaient grossis d’une manière surprenante, quand on les regardait de baut en bas. La confusion du microscope et du télescope jette de l'obscurité sur l'invention de ces deux instruments. La lettre de Boreel, que nous venons de citer, rend invraisemblable, malgré l'autorité de Tiraboschi, que la première invention du mieroscope composé appartienne à Galilée. Voy. sur cette difficile histoire des inventions en optique, Vincenzio Antinori, dans les Saggi di Naturali Esperienze fatte nell’ Accademia del Cimento, A841, p. 22-26. Huyghens, dont la naissance tombe à peine vingt cinq ans après l'époque généralement assignée à la découverte du télescope, n'ose déjà pas se prononcer sur le nom du premier inventeur. (Voy. Opera reliqua), 1728, t. I, p. 125). D’après les recherches faites dans les archives par Sivenden et Moll, Lippersey n’était pas seul à posséder, le 2 octobre 1608, des télescopes construits par lui-même. L’envoyé français, le président Jeannin, écrivait, le 28 décembre, à Sully, « qu’il étaiten pourparler avec le fabricant de lunettes de Mid-
dlebourg au sujet d'un télescope , déstiné au roi Henri IV. » Simon Marius (Mayer de Gunzenhausen ), qui eut aussi sa part dans la découverte des satellites de Jupiter, raconte même que, à Francfort-sur-le-Mein, dans l'automne de l’année 1608, un Belge à offert un télescope à son ami Fuchs de Beinbach, conseiller privé du margrave d’Ansbach. On fabriquait des télescopes à Londres au mois de février 1610, un an par conséquent après que Galilée avait achevé le sien. Voy. Rigaud, On Harriot’s papers, 1855, p. 25, 26 et 46. Ces instruments se nommèrent d’abord cylindres. Porta, l'inventeur de la camera obscura, a parlé comme l'avaient fait avant lui Fracastor, le contemporain de Colomb, Copernie et Cardan, de la possibilité de grossir et de rapprocher les objets à l’aide de verres convexes et concaves placés les uns sur les autres: « Duo specilla ocularia alterum alteri superposita; » mais la découverte du télescope ne peut pas leur être attribuée. Voy. Tiraboschi , Storia della Letter. ital., t. XI, p. 467; Wilde, Geschichte der Optik, 1re par., p. 124. Les besieles étaient connues à Harlem dès le commencement du xive siècle, et une inscription sépulcrale dans l'église de Maria Maggiore, à Florence, nomme comme l'inventeur de ces instruments (inventore degli occhiali) Salvino degli Armati, mort en 1517. On à même des renseignements qui paraissent certains sur l’emploi de besicles par des vieillards, dans les années 1505 et 1299. Les passages de Roger Bacon ont trait à la force amplifiante de segments taillés dans des globes de verre. Voy. Wilde, Gesch.der Optik, {re part., p. 93-96, et Cosmos, t.11,p. 406, note 44.
(45) [page 272]. Il parait que, d’après la description faite par Fuchs de Bimbach des effets d’un télescope hollandais, le médecin et mathématicien Simon Marius, dont il a été parlé plus haut, parvint aussi à en construire un lui-même. — Au sujet de la première observation dans laquelle Galilée reconnut les montagnes de la lune, voy. Nelli, Zita di Galilei, t. TX, p. 200-206; Galilei, Opere, 1744, t. Il, p. 60, 405, et Zettera al Padre Crisloforo Grienberger, in materia delle Montuosità della Luna, p. 409-494. Galilée observa quelques paysages de forme cireulaire et entourés de toutes parts de montagnes, semblables aux paysages de la Bohème: « Eundem facit aspectum Lunæ locus quidam, ac faceret in terris regio consimilis Boemiæ, si montüibus altissimis, inque peripheriam perfecti circuli dispositis occluderetur undique » (t. IF, p. 8). Les montagnes furent mesurées d'après la méthode trigonométrique. Galilée mesura la
distance des sommets au bord lumineux dans le moment où ces sommets étaient frappés pour la première fois par les rayons solaires, comme fit plus tard Hévéllius. Je ne découvre aucune observation sur la longueur des ombres projetées par les montagnes. Galilée trouva que la hauteur des montagnes de la lune est environ de « quattro miglia, » « et que beaucoup étaient plus hautes que les montagnes de la terre. Cette comparaison est remarquable en ce que Riccioli avait répandu à cette époque des idées fort exagérées sur l'élévation de nos sommets montagneux et que l’un des principaux , de ceux qui furent le plus renommés de bonne heure, le pic de Ténériffe, fut mesuré pour la première fois avec quelque exactitude par Feuillée en 1724. Galilée croyait aussi à l'existence de plusieurs mers et d’une atmosphère de la lune. Gette opinion, au reste, fut celle de tous les observateurs jusqu’à la fin du xvmue siècle.
(44) [page 279]. Je trouve de nouveau l’occasion de citer ici le principe posé par Arago: « Il n'y à qu'une manière rationnelle et juste d'écrire l’histoire des sciences, c’est de s’appuyer exclusivement sur des publications ayant date certaine ; hors de là tout est confusion et obscurité. » Le retard singulier apporté à la publication du Calendrier franconien ou de la Practica (1612), et à celle du « Mundus jovialis, anno 1619 detectus ope perspicilli Belgici, » qui ne parut qu’en février 1614, pouvait assurément faire naître le soupçon que Marius avait puisé au Nuncius siderius de Galilée, dont la dédicace est du mois de mars 4610, ou avait mis à profit du moins des communications épistolaires. Galilée, qui n'avait pas oublié le procès intenté au sujet du cercle proportionnel contre Balthasar Capra, Pun des élèves de Marius, appelle ce dernier: « usurpatore del Sistema del Giove. » Galilée objecte même à l’astronome protestant de Gunzenhausen que son observation antérieure repose sur une confusion de calendrier : « Tace il Mario di far cauto il lettore, come essendo egli separato della Ghiesa nostra, nè avendo accettato l’emendatione gregoriana, il giorno 7 di gennaio del 1610 di noi cattolici (c’est le jour où Galilée découvrit les satellites), è l’istesso, che il di 28 di dicembre del 1609 di loro eretici, e questa è tutta la precedenza delle sue finte osservationi. » Voy. Venturi, Memorie e Letltere di Galileo Galilei, 1818, 1" part., p. 279, et Delambre, Æist. de l’Astron. moderne , t. 1, p. 696. Galilée, d’après une lettre qu'il écrivit en 1614 à l’Accademia dei Lincei, avait le désir peu philoso-
phique de porter sa plainte contre Marius devant le marquis de Brandebourg. En général cependant Galilée témoigna toujours de la bienveillance pour les astronomes allemands. I écrit, au mois de mars 4611: « Gli ingegni singolari, che in gran numero fioriscono nell’Alemagna, mi hanno lungo tempo teuuto in desiderio di vederla. » (Opere, t. IL, p. 44.) J'ai toujours été surpris que Kepler, qui, dans un Dialogue avec Marius, est cité plaisamment comme le parrain de ces dénominations mythologiques d'Io et de Callisto, ne fasse aucune mention de son compatriote Marius, ni dans son commentaire publié à Prague en avril 1610, sur le « Nuncius sidereus nuper ad mortales à Gali- Leo missus, » ni dans les lettres qu’il écrivit à Galilée et à l’empereur Rodolphe pendant l’automne de la mème année; mais que partout il parle de la glorieuse découverte faite par Galilée des Sidera Medicea. À Foccasion des découvertes que lui-même fil sur ces satellites du # au 9 septembre 1610, il fit paraitre à Francfort, en 1641, un petit écrit intitulé : Xepleri narralio de observatis a se qualuor Jovis satellitibus erronibus quos Galilœus Mathematicus Florentinus jure inventionis Medicea sidera nuncupasit. Une lettre de Prague, écrite à Galilée le 25 octobre 1610, se termine par ces mots: « Neminem habes quem metuas æmulum. » Voy. Venturi, Memorie e Letlere, etc., re part. p- 100, 417, 139, 444 et 149. Trompé par un examen trop peu attentif des manuscrits précieux conservés à Petworth, dans la terre de lord Egremont, le baron de Zach à affirmé que le célèbre astronome Thomas Harriot, qui voyagea dans la Virginie, avait découvert les satellites de Jupiter en même temps que Galilée et peut-être mème avant lui. Une étude plus attentive, faite par Rigaud, des manuscrits de Harriot, à démontré que cet astronome à commencé ses observations non pas le 16 janvier, mais le 147 octobre 1610, neuf mois après Galilée et Marius. Voy. Zach, Corresp. astronom., t. VIE, p.105; Rigaud, {ccount of Harriot®s astron. papers, Oxford, 1833, p. 57; Brewster, Wartyrs of Science, 1846, p. 32. Il y a deux ans seulement qu'on à eu connaissance des premières observations originales faites par Galilée et son disciple Renieri sur les satellites de Jupiter.
(45) [page 275]. Il aurait dû dire soixante-treize ans car l’interdiction lancée contre le système de Copernic par la congrésation de l'index est du 5 mars 1616.
(16) [page 275]. Le comte de Breitschwert, Æepler's Leben, p. 56. c
(47) [page 273]. Sir John Herschel, Traité d'Astronomie , © 465, p. 552 de la traduction de M. Cournot, 2° édit., 1856.
(#8) [page 275]. Galilei, Opere, t. Il (Zongiludine per via de Pianeti Medicei), p. 455-306: Nelli, Vita di Galilei, t. I, p. 656- 688; Venturi, Memorie e Leltere di G. Galilei, {re part., p.177. Dès l’an 1612, deux ans à peine après la découverte des satellites de Jupiter, Galilée se vantait, un peu prématurément peutêtre, d’avoir déterminé les tables de ces satellites à une minute près. Une longue correspondance diplomatique fat engagée, en 1616 avec les envoyés espagnols, en 1656 avec ceux de Ja Hollande. Les télescopes grossissaient, dit-on, les objets jusqu’à quarante et cinquante fois. Afin de trouver plus facilement les satellites, malgré les oscillations des vaisseaux, et de les retenir plus sûrement, à ce qu’il eroyait, du moins, dans le champ de la lunette, Galilée inventa, en 1617, le télescope binoculaire que l'on attribue ordinairement au capucin Schyrleus de Rheita, très-versé dans la science de l’optique, et qui visait à construire des télescopes capables de grossir jusqu’à quatre mille fois les objets. Voy. Nelli, t. IT, p.665. Galilée fit des expériences avec son binoculo qu'il nomme aussi celatone où testiera, dans le port de Livourne, par un vent violent qui imprimait de fortes secousses au vaisseau. | fit travailler aussi dans l'arsenal de Pise à un vaste appareil à l’aide duquel l'observateur assis sur une espèce de barque, qui flottait librement dans une autre barque remplie d’eau et d'huile, était mis à l'abri de tous Jes mouvements brusques. Voy. Leltera al Picchena de 22 Marzo 1617 dans Nelli, t. 1, p. 281, et Galilei, Opere, t. If, p. 475, Leltera « Lorenzo Realio del B giugno 1637. Le passage dans lequel Galilée fait ressortir les avantages qu'il attribue à sa méthode d'observations maritimes sur la méthode des distances lunaires de Morin est d’une lecture fort curieuse. Voy. Opere, t. Il, p. 454.
(49) [page 275]. Voy. Arago, Annuaire du Bureau des longitudes, 1849, p. 460-476, dans le mémoire intitulé: Découvertes des taches Solaires et de la rotation du Soleil. Brewster (Martyrs of science, p. 56 et 59) place la première observation de Galilée dans le mois d'octobre ou de novembre 1610. Comp. Nelli, Fita di Galilei, LI, p. 524-584; Galilei, Opere, t. 1, p. ux; t. I, p. 85-200; t. IV, p. 35. Sur les observations de Harriot, voy. Rigaud, p. 52 et 58. On a reproché au jésuite Scheiner , qui fut appelé de Gratz à Rome, d’avoir fait insinuer au pape Urbain VII, par un autre jésuite, Grassi, afin de se venger de
ses débats avec Galilée sur la découverte des taches du soleil, que sa Sainteté ligurait dans les célèbres « Dialoghi delle Scienze Nuove » sous le personnage du sot et ignorant Simplicio. Voy. Nelli, €. IE, p. 515.
(60) [page 276]. Delambre, Histoire de l'Astronomie moderne, LI, p. 690.
(51) [page 276]. La mème opinion est exprimée dans la lettre de Galilée au prince Cesi du 25 mai 1612. Voy. Venturi, Memorie e Lettere, ete., F° part. p. 172.
(82) [page 276]. Voy. les ingénieuses observations d’Arago sur ce sujet dans l’A{nnuaire du Bur. des longit., 1842, p. H81-H88. Sir John Herschel fait mention, dans son Traité d'astronomie (2 554, p. 250 de la trad. française), de l'expérience faite avec de la chaux vive en ignition dans la lampe de Drummond, projetée sur le disque du soleil.
(55) [page 276]. J. Clemens, Giordano Bruno und Nicol, von Cusa, 1847, p. 101. — Sur les phases de Vénus, voy. Galilei, opere, t. Il, p. 55, et Nelli, Zita di Galilei, t. 1, p. 215-215.
(54) [page 277]. Voy. Cosmos, t. I, p. 125 et 335.
(55) [page 278]. Laplace dit, au sujet de la théorie de Kepler sur le mesurage des tonneaux (Stereometria doliorum 1615), théorie qui, « de même que le calcul des sables d’Archimède, développe les idées les plus élevées à loccasion d’un objet peu important en lui-même: » « Kepler présente dans cet ouvrage des vues sur l'infini qui ont influé sur la révolution que la géométrie à éprouvée à la fin du xvr siècle; et Fermat, que l’on doit regarder comme le véritable inventeur du calcul différentiel, a fondé sur elles sa belle méthode De maximis et minimis » (Précis de l'histoire de l’Astronomie, 1821, p. 95). Pour la pénétration dont Kepler a fait preuve dans les einq livres de son Æarmonie du monde, voy. Chasles, 4percu histor. des Méthodes en Géométrie, 1857, p. 489-487.
(56) [page 278]. Sir David Brewster dit très-bien dans l’ouvrageintitulé: 4ccount of Kepler's Method of insestigating Truth, « The influence of imagination as an instrument of research has been much overlooked by those who have ventured to give laws to philosophy. This faculty is of greatest value in physical inquiries. If we use it as a guide and confide inits indications,
it will infallibly deceive us; but if we employ it as an auxiliary it will afford us the most invaluable aid. » Martirs of Science, p. 215.
(57) [page 278]. Arago, Annuaire de 1849, p. 434 (de la transformation des Nébuleuses et de la matière diffuse des étoiles) Comp. Cosmos, p. 116 et 195.
(58) [page 279]. Voy. les idées de sir John Herschel sur la situation de notre système planétaire, dans le Cosmos, t. I, p. 121 et 554, et comp. Struve, Études d'astronomie stellaire, Â847, p. #.
(59) [page 279]. On lit dans Apelt, Epochen der Geschichte der Menschheit, t. 1, 1845, p. 293 : « La remarquable loi des distances planétaires qui porte ordinairement le nom de Bode (ou de Titius) est une découverte de Kepler qui, le premier, après plusieurs années d'expérience, la déduisit des observations de Tycho-Brahé. Voy. Harmonices mundi libri quinque, c. 3; Cournot, dans ses additions au Traité d'astronomie de sir John Herschel, 1856, ? 454, p. 398, et Fries, 7orlesungen ueber die Sternkunde, 1815, p. 325. Les passages de Platon, de Pline, de Censorinus et d'Achille Tatius dans ses prolégomènes sur Aratus ont été recueillis avec soin par Fries Geschichte der Philosophie, t. 1, 1857, p. 146-180; par Th. H. Martin, Études sur le Timée de Platon, t. H, p. 38, et Brandis, Geschichte der griechisch-rômischen Philosophie, 2° part., sect. 1re, 1844, p. 564.
(60) [page 279]. Delambre, Histoire de l’Astronomie moderne, t. I, p. 360.
(61) [page 280]. Arago, Annuaire de 1842, p. B60-B64 ; Cosmos, t. I, p. 69.
(62) [page 280]. Voy. Cosmos, t. I, p. 110-115 et 552.
(65) [page 281]. 4nnuaire de 1849, p. 512-555 (Étoiles changeantes ou périodiques). On reconnut encore, comme changeantes, dans le xvn° siècle, outre Mira Ceti (Holwarda 1658, : de l’Hydre (Montanari 1672, 8 de Persée ou d’Algol, et x du Cygne (Kirch 1686). — Sur ce que Galilée nomme nébuleuses, voy. ses Opere, t. If, p. 15, et Nelli, Zita di Galilei, t. IT, p. 208, Huyghens désigne manifestement dans son Systema Saturninum le nuage que l’on remarque à l'Épée d'Orion, lorsqu'il dit en général de la nébuleuse: « Cui certe simile aliud nusquam apud reliquas fixas potui enim advertere. Nam ceteræ nebulosæ olim existimatæ atque ipsa via lactea, perspicillis inspectæ, nullas
nebulas habere comperiuntur, neque aliud esse quam plurium stellarum congeries et frequentia. » Il résulte de ce passage que le nuage d’Andromède, décrit pour la première fois par Marius, n’avait pas été observé attentivement par Huyghens, non plus que par Galilée. |
(64) [page 283]. Sur la loi découverte par Brewster du rapport qui existe entre l'angle de polarisation et l'indice de réfraction, voy. Philosophical Transactions of the Royal Sociely for the year 1815, p. 125-159.
(68) [page 285]. Voy. Cosmos, t. I, p. 50 et 519.
(66) [page 283]. Voy. Brewster, dans Berghaus et Johnson, Physicol Atlas, 1847, 7° part., p. 5 (Polarization of the Atmosphere).
(67) [page 283]. Sur Grimaldi et sur la tentative de Hooke pour expliquer la polarisation des bulles de savon par l’interférence des rayons lumineux, voy. Arago, dans l'Annuaire de 1831, p. 164; Brewster, The life of Sir Isaac Newton, p. 55.
(68) [page 284]. Brewster, Life of Newton, p.17. On à adopté l’année 1663 pour la découverte de la « method of fluxions » qui, d’après la déclaration officielle faite le 24 avril 1712 par le comité de la Société royale de Londres, est, « one and the same with the differential method, excepting the name and mode of notation. » Sur toutes les phases de la lutte que Newton soutint ouvertement contre Leibnitz au sujet de la priorité de cette découverte, et à laquelle on ne peut sans étonnement voir mêlés des soupçons contre la loyauté de l’inventeur de la gravitation, voy. Brewster, p. 189-218. De la Chambre, dans son Traité de La lumière (Paris, 1687), et Isaac Vossius qui plus tard fut chanoine à Windsor, dans un remarquable écrit intitulé: de Lucis natura et proprietate (Amsterdam, 1662), dont je dois à M. Arago d’avoir pu prendre connaissance à Paris, il y a deux ans, affirment déjà que la lumière blanche contient toutes les couleurs. On peut voir le sentiment de Brandes sur cet ouvrage d'Is. Vossius dans la nouvelle édition du physikalisches Würtlerbuch de Gehler, t. IV, 1827, p. 45, et une analyse deétaillée du même écrit dans Wilde, Geschichte der Optik, Are part. 1858, p. 225, 298 et 517. Is. Vossius regarde cependant comme étant la base de toutes les couleurs le soufre qui, selon lui, se trouve mêlé à tous les corps. — On lit dans Vossius,
Responsum ad objecla Joh. de Bruyn, professoris Trajectini et Petri Peliti, 1663, p. 69: « Nec lumen ullum est absque calore, nec calor ullus absque lumine. Lux, sonus, anima (!), odor, vis magnetica, quamvis incorporea, sunt tamen aliquid. » Voy. de Lucis nalura, ©. 15, p. 29.
(69) [page 284]. Cosmos, 1. 1, p. 366 et 367; L. Il, p. 388, note 92.
(70) [page 284]. On s'explique d'autant moins l’injustice que montra envers Gilbert Bacon de Verulam, dont les idées larges et méthodiques étaient accompagnées malheureusement de connaissances fort médiocres, même pour son temps, en mathématiques et en physique: « Bacon showed his inferior aptitude for physical research in rejecting the Copernican doctrine, which William Gilbert adopted. » (Whewell, Philos. of the inductive Sciences, t. 1, p. 378.)
(74) [page 285]. Cosmos, t. I, p. 180, 151 et 374,375, note 61 et 62.
(72) [page 285]. Les premières observations de ce genre furent faites en 1890 sur la tour de l’église Saint-Augustin à Mantoue., Grimaldi et Gassendi connaissaient déjà des exemples analogues, tous placés sous des latitudes où l’inclinaison de l'aiguille aimantée est très-considérable. -— Pour les premières mesures de l'intensité magnétique par l’oscillation d’une aiguille, voy. ma Zelalion historique, t. 1, p. 260-264, et Cosmos, t. EL, p. 571-374, note 59.
(73) [page 287]. Cosmos, 1. I, p. 375-378, note 66. (74) [page 288]. Cosmos, t. I, p. 147.
(75) [page 288]. Sur les plus anciens thermomètres, voy. Nelli, Vita e commercio letterario di Galilei (Lausanne, 1795), t. I, p. 68-94; Opere di Galilei (Padoue, 1744), t. 1, p. Lv; Libri, Histoire des Sciences mathém. en Italie,t. IV, 1841, p. 185-197. Au sujet des premières observations comparées sur la température, on peut consulter les lettres de Gianfrancesco Sagredo et de Benedetto Castelli (1613, 1615 et 1655) dans Venturi, Memorie e Leltere inedite di Galilei, 1"° part., 1818, p. 20.
(76) [page 289]. Vincenzio Antinori, dans les Saggi di Naturali Esperienze falle nell’ Accademia del Cimento, 1841, p. 50-44.
(77) [page 289]. Sur la détermination de l'échelle du thermomètre de l'Accademia del Cimento et sur les observations
+ 4008 — météorologiques continuées pendant seize ans par un disciple de Galilée, le P. Raineri, voy. Libri, dans les 4nnales de Chimie et de Physique, t. XLV, 1850, p. 354, et un travail analogue composé postérieurement par Schouw, Tableau du Climat et de la Fégétation de l'Italie, 4839, p. 99-106.
(78) [page 289]. Antinori, dans les Saggi dell’Accadem. del Cimento, 1841, p. 114, et dans l’appendice placé à la fin du volume, p. LXXVI.
(79) [page 290]. Antinori, Saggi, ete., 1844, p. 29.
(80) [page 290]. Ren. Cartesii Epistolæ, Amstel., 1682, 3° part.. ep. 67.
(81) [page 290]. Bacon’s Works by Shaw, 1735, t. WL p.441. Comp. Cosmos, t. TI, p. 266 et 421, note 88.
(82) [page 291]. Zooke’s Posthumous works, p. 564. Comp. ma Aelation historique, t. Y, p. 199. Hooke admit malheureusement, comme Galilée, une différence de vitesse entre la rotation de la terre et celle de latmosphère. Voy. Posthum. works, p. 88 et 365.
(83) [page 291]. Bien que dans l’explication que donne Galilée des vents alisés, il soit question des parties de l'atmosphère qui résistent au mouvement du globe, ses idées sur ce point ne doivent pas être confondues, comme cela est arrivé récemment, avec celle de Hooke et de Hadley. —— Galilée fait dire à Salviati, dans son IV* Dialogue (Opere, t. IV, p. 511): « Dicevamo pur ora che l’aria, come corpo tenue, e fluido, e non saldamente congiunto alla terra, pareva che non avesse necessità d’obbedire al suo moto, se non in quanto l’asprezza della superficie terrestre ne rapisce, e seco porta una parte à se contüigua, che di un molto intervallo sopravanza le maggiori altezze delle montagne; la qual porzion d’aria tanto meno dovrà esser renitente alla conversion terrestre, quanto che ella è ripiena di vapori, fumi, ed esalazioni, materie tutte participanti delle qualità terrene: e per conseguenza atte nate per lor natura (?) a i medesimi movimenti. Ma dove mancassero le cause del moto, cioè dove la superficie del globo avesse grandi spazù piani, e meno vi fusse della mistione de i vapori terreni, quivi cesserebbe in parte la causa, per la quale l’aria ambiente dovesse totalmente obbedire al rapimento della conversion terrestre; si che in tali luoghi, mentre che la terra si volge verso
Oriente, si dovrebbe sentir continuamente un vento, che ci ferisse, spirando da Levante verso Ponente; e tale spiramento dovrebbe farsi più sensibile, dove la vertigine del globo fusse più veloce: il che sarebbe ne i luoghi pit remoti da i Poli, e vicini al cerchio massimo della diurna conversione, L’esperienza applaude molto a questo filosofico discorso, poichè ne gli ampi mari sottoposti alla Zona torrida, dove anco l’evaporazioni terrestri mancano (?), si sente una perpelua aura muovere da Oriente.... »
(84) [page 291]. Brewster, dans l’Edinburgh Journal of Science, t. IE, 1895, p. 145. Sturm a décrit le thermomètre différentiel dans un petit livre intitulé Collegium experimentale curiosum, Nurenberg, 1676, p. 49. On peut voir tous les détails nécessaires sur la loi de la rotation des vents que Dove, le premier, a étendue aux deux zones, et dont il a recherché les rapports avec les causes générales de tous les courants aériens, dans la dissertation de Mancke, Gehler’s Physical. Würterbuch (dernière édit.), t X, p. 2003-2019 et 2050-2038.
(85) {page 291]. Antinori, p. 45. et dans les Saggi mêmes, p. 17-19.
(86) [page 292]. Venturi, Essai sur les ouvrages physico-mathématiques de Léonard de Vinci, 1797, p. 98.
(87) [page 292]. Bibliothèque universelle de Genève,t. XXVII 1824, p. 190.
(88) [page 299]. Gilbert, de Magnete, 1. W, c. 2-4, p. 46-71. En donnant l'explication de la nomenclature dont il fait usage, Gilbert dit déjà: « Electrica quæ attrahit eadem ratione ut electram; versorium non magneticum ex quovis metallo, inserviens electricis experimentis. » Dans le texte mème on lit (p. 82): « Magnetice, ut ita dicam, vel electrice attrahere (vim illam electricam nobis placet appellare....); effluvia electrica, attractiones electricæ. +» Gilbert n’emploie pas l’expression abstraite electricitas, non plus que le mot barbare magnetismus, qui ne se rencontre qu’au xvin* siècle. Sur l’étymologie du mot 7ex7pov dérivé de 2£:- et sw, ainsi que l'indique déjà Platon dans le Timee (p. 80 c), en passant vraisemblablement par une forme plus dure roc, voy. Buttmann, Mythologus, t. W, 1829, p. 357. Parmi les principes posés par Gilbert, et qui ne sont pas toujours exprimés avec une égale clarté, je choisis les suivants: « Cum duo sint corporum genera, quæ manifestis sensibus nos-
tris motionibus corpora allicere videntur, Electrica et Magne tica; Electrica naturalibus ab humore effluviis; Magnetica formalibus efficientiis, seu potius primariis vigoribus, incitationes faciunt, — Facile est hominibus ingenio acutis absque experimentis et usu rerum labi et errare. Substantiæ proprietates aut familiaritates, sunt generales nimis, nec tamen veræ designatæ causæ, atque, ut ita dicam, verba quædam sonant, re ipsa nihil in specie ostendunt. Neque ita succini eredita attractio, a singulari aliqua proprietate substantiæ aut familiaritate assurgit: eum in pluribus aliis corporibus eumdem effectum majori industria invenimus et omnia etiam corpora cujusmodicumque proprietatis, ab omnibus illis alliciuntur. » (de Magnetep. 50, 51, 60 et 65). Les travaux les plus précieux de Gilbert paraissent tomber entre les années 1890 et 1600. Whewell lui assigne avec raison une place considérable dans ce qu’il appelle les « practical Reformers » des sciences positives. Gilbert était médecin de la reine Élisabeth et de Jacques [* ; il mourut en 1603. Après sa mort parut un second ouvrage: de Mundo nostro Sublunari Philosophia no*a.
(89) [page 295]. Brewster, Life of Newton, p. 307.
(90) [page 296]. Rey ne parle, à vrai dire, que du contact de l'air avec les oxydes; il n’a point reconnu que les oxydes euxmêmes (ce que l’on appelait alors la chaux métallique) ne sont autre chose qu’une combinaison de métal et d’air. L'air, d’après lui, rend la chaux métallique plus lourde, de même que le sable devient plus lourd lorsqu'il est imbibé d’eau; la chaux métallique, dans ce cas, se sature d'air: « L'air espaissi, dit Rey, s'attache à la chaux; ainsi le poids augmente du commencement jusqu’à la fin; mais quand tout en est affublé, elle n'en sçaurait prendre d'avantage; ne continuez plus votre calcination soubs cet espoir, vous perdriez vostre peine. » On voit que l’ouvrage de Rey est le premier pas vers l’explication véritable d’un phénomène dont l'intelligence a amené plus tard une réforme complète de la chimie. Voy. Kopp, Geschichte der Chemie, 3° part., p. 151-155. Comp. dans le même ouvrage {re part., p. 116-197; 3° part., p. 119-158 et 175-195.
(91) [page 297]. Les dernières plaintes de Priestley sur les plagiats prétendus de Lavoisier sont consignées dans son petit écrit: The doctrine of Phlogiston established, 1800, p. 45.
(92) [page 298]. John Herschel, Discours on the study of Natural Philosophy, p. 116.
(95) [page 298]. Humboldt, Essai grognostique sur le Gise ment des roches duns les deux hemisphéres, 1895, p. 584.
(94) [page 299]. Steno, de Solido intra Solidum naturaliter contento, 1669, p. 2, 17, 28, 63 el 69 (fig. 20-93).
(95) [page 299]. Venturi, Essai sur Les ouvrages physico-mathématiques de Léonard de Vinci, 1797, ÿ 5, n° 194.
(96) [page 299]. Agostino Scilla , la vana Speculazione disingannata dal senso, Nap. 1670, tab. xu, fig. 1. Comp. un Mémoire de Jean Muller, lu à lAcadémie royale des sciences de Berlin dans les mois d'avril et de juin 1847, sous ce titré: Bericht ueber die von Herrn Koch in Alabama gesammelten fossilen Knochenreste seines Hydrarchus (le Basilosaurus de Harlan 1855, le Zeuglodon d'Owen 1839, le Squalodon de Grateloup 1840, le Dorudon de Gibbes 1845). Les restes précieux de cet animal antédiluvien, recueillis dans l’état d’Alabama non loin de Clarksville (comté de Washington), sont devenus, gräce à la munificence du roi de Prusse, la propriété du musée z00logique de Berlin. Outre l Alabama et la Caroline du Sud, on a trouvé en Europe des débris de l'Hydrareus, à Leognan près de” Bordeaux, dans les environs de Linz sur le Danube. et, en 4670, à Malte.
(97) [page 500]. Martin Lister, dans les Philos. Transact., t. VT, 1671, p. 2985.
(98) [page 500]. Voy. une exposition lumineuse des premiers progrès de la science paléontologique, dans Whewell, Æistory of the inductive Sciences, 1857, t WE, p. 507-545.
(99) [page 300]. Zeibnizens Geschichtliche Aufsätze und Gedichte, publiés par Pertz, 4847 (1. IV des Ouvrages historiques). Sur la première ébauche de la Protogæa et sur les modifications nécessaires que reçut cet ouvrage, voy. Tellkampf, Jahresbericht der Bürgerschule zu Hannover, 1847, p. 1-52.
(100) [page 502]. Cosmos, t. 1, p. 154.
(1) [page 502]. Delambre, Histoire de l’Astronomie moderne, t. IL p. 601.
(2) [page 502]. Cosmos , t. 1, p. 155. Delambre a le premier éclairei, dans son Zist. de lAstron. mod., 1. 1, p. un, et t. NN, p. 558, la lutte de priorité à laquelle donna lieu la découverte
de l’aplatissement terrestre, à l’occasion d’un mémoire lu en 1669 par Huyghens à l’Académie des Sciences de Paris. Le retour de Richer en Europe n’est assurément pas postérieur à l’année 1675
et son ouvrage ne fut imprimé qu ‘en 1679; mais comme d’ailleurs Huyghens quitta Paris en 1689, on peut en conclure qu il écrivit L'Additamentum à son mémoire, lu en 1669 et imprimé beaucoup plus tard , ayant sous les yeux les résultats des observations de Richer sur le pendule et le grand ouvrage de Newton: Philosophiæ Naturalis Principia mathematica.
(3) [page 505]. Bessel, dans le Jahrbuch de Schumacher pour 1843, p. 52.
(4) [page 505]. Guillaume de Humbeldt, gesammelte Ferke ,
sp 24
(5) [page 508]. Schleiden , Grundzüge der wissenschaftlichen Botanik, 1° part. 1845, p. 152, 9° part., p. 76; Kunth, Zehrbuch der Bolanik, 1'° part., 1847, p. 91-100 et 505.