‹ Cosmos (volume 4)Chapitre 39 sur 41 · DE LA SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

DE LA SECONDE PARTIE

(1) [page 88]. Cosmos, t. I, p. 55-49.

(2) [page 92]. Nicbubr, Histoire romaine, traduite par Golbérvy. t. 1, p. 87 et 88; Droysen, Geschichte der Bildung des hellenistischen Staatensystems, 1845, p. 31-34, 567-575; Fr. Cramer, de studiis quæ veteres ad aliarum gentium contulerunt linguas, 1844, p. 2-15.

(5) [page 94]. En sanserit le riz s'appelle vrihi; le coton, karpâsa ; le sucre, ’sarkara; le nard, nanartha; voy. Lassen. indische Alterthumskunde, t. 1, 1845, p. 245, 250, 270, 289, 558. Sur les mots ’sarkara et kanda, d’où vient notre sucre candi (en allem. Zuckerkand), voy. Humboldt, Prolegomena de distributione geographica plantarum, 1817, p. 211: « Confudisse videntur veteres saccharum verum cum Tebaschiro Bambusæ, tum quia utraque in arundinibus inveniuntur , tum etiam quia vox sanscradana scharcara, quæ hodie (ut pers. schakar et hindost. schukur) pro saccharo nostro adhibetur, observante Boppio, ex auctoritate Amarasinhæ, proprie nil dulce (madu) significat, sed quicquid lapidosum et arenaceum est, ae vel calculum vesicæ. Verisimile igitur, vocem scharkara initio duntaxat tebaschirum (saccar mombu) indicasse, posterius in saccharum nostrum humilioris arundinis (ikschu, kandekschu, kanda ) ex similitudine

aspectus translatam esse. Vox Bambusæ ex mambu derivatur; ex kanda vox germanica Zuckerkand, gallica sucre candi. In tebaschiro agnoscitur Persarum schir, h. e. lac, sanser. kschiram. » Le nom sanscrit du tabaschir est tvakkschirà, lait tiré de l'écorce des arbres (twatsch). Voy. Lassen, ibid., p. 274-274 ; Pott, Xurdische Studien, dans la Zeitschrift für die Kunde des Morgenlandes, t. VII, p. 165-166, et l’excellente dissertation de Carl Ritter, dans Erdkunde von Asien, t. VI, sect. 2, 1840, p. 252-957.

(4) [page 96]. Ewald, Geschichte des Polkes Israel, t. 1, 1845, p. 552-554; Lassen, indische Alterthumskunde, t. 1, P. 528. Voy. aussi sur les Chaldéens et sur les Kourdes, nommés par Strabon Kyrtiens, Ræœdiger, Zeitschrift für die Hunde des Morgenlandes, t. NX, p. 4.

(5) [page 96]. L'ancien pays du Zend, nommé Bordj, n0mbril des eaux données par Ormuzd, est situé vers l'endroit où l'extrémité occidentale des monts Célestes (Thian-chan) croise presque à angle droit le système du Bolor (Belourtagh), sous le nom de chaine d’Asferah, au nord du plateau de Pamer (Upa-mèêrou, pays situé au-dessus du Mérou). Comp. Burnouf, Commentaire sur le Yacna, t.T, p. 239, et Addit., p. cuxxxv, avec Humboldt, Asie Centrale, t. 1, p. 165; t. II, p. 16, 577 et 590.

(6) [page 96]. Indications chronologiques relatives à l’histoire de l'Égypte: 3900 av. J.-C., Ménès (cette date n’est certainement pas trop reculée et paraît ètre assez exacte); 5450, commencement de la 1ve dynastie, comprenant les constructeurs de pyramides, Chephren-Schafra, Cheops-Choufou et Mycerinos ou Menkera: 2200, invasion des Hycsos, sous la xne dynastie, à laquelle appartient Amenembha I, fondateur du premier labyrinthe. Avant Ménès (5900 av. J.-C.), il faut encore supposer un millier d’années et peut-être davantage, pour le développement progressif de cette civilisation qui était arrivée à sa maturité au moins 5450 ans avant notre ère, et dès cette époque peutètre s'était immobilisée en partie (Extraits de différentes lettres adressées à l’auteur par le professeur Lepsius, au mois de mars 1846, c’est-à-dire au retour de sa brillante expédition en Égypte). Voy. aussi dans le spirituel et savant ouvrage de Bunsen, Æyyplens Slelle in der Feltgeschichte, 1835, 1. 1, p. 11-15, où distinguant les commencements de l'humanité, les commencements des peuples et ce qu'on appelle d'ordinaire l’histoire uni-

serselle, il conclut en disant: « Cette histoire, rigoureusement parlant, ne peut être que lhistoire de l'humanité nouvelle, ou l’histoire nowselle de notre race, en supposant qu'il puisse y avoir une histoire de ces mystérieuses origines. » — La conscience historique et la chronologie régulière des Chinois remontent à 2400 ans, ou même à 2700 ans avant notre ère, c’està-dire bien au delà de Jou et jusqu’à Hoang-ti. On possède beaucoup de monuments littéraires du xme siècle avant notre ère, et ce fut pendant le xne que Tschen-Koung, d’après le livre du Tscheou-li, mesura la longueur de l'ombre du soleil au solstice, dans la ville de Lo-Yang, bâtie au Sud du fleuve Jaune, avec une telle précision que Laplace à trouvé cette longueur d'accord avec la théorie du changement d’obliquité de l’écliptique, qui fut établie pour la première fois à la fin du dernier siècle. Devant un pareil témoignage il n’est plus permis de soupçonner qu’on ait antidaté des faits postérieurs. Voy. Édouard Biot, Constilulion politique de la Chine au xne siècle avant notre ère, 1845, p. 5 et 9. La fondation de Tyr et de l’ancien temple de Melkarth (l'Hereule tyrien) doit, d’après le calcul présenté à Hérodote par les prêtres (I. Il, c. 44), remonter à 1760 ans avant notre ère. Voy. Heeren, de la politique et du commerce des peuples de l'antiquité, t. I, p. 12, de la traduct. franc. Simplicius estime, d’après un témoignage de Porphyre, que les observations astronomiques des Babyloniens, qui étaient connues d’Aristote, datent de l’an 1903 avant Alexandre le Grand, et Ideler qui a apporté dans l'étude de la chronologie tant de pénétration et de profondeur, regarde cette conjecture comme n'étant nullement invraisemblable. Voy. son Æandbuch der Chronologie, t. I, p. 207; les Mémoires de l’Académie de Berlin, année 1818, p. 217, et Boeckh, metrologische Untersuchungen ueber die Masse des Alterthums, 1838, p. 36. — On ne peut encore résoudre la question de savoir si dans l’Inde la certitude historique commence plus de 4200 ans avant notre ère. La chronique de Kachmir (Radjatarangini, trad. en frane. par Troyer, Paris 4840), laisse elle-même subsister des doutes, tandis que Mégasthène dans ses Zndica (édit. de Schwanbeck, 1846, p. 184), compte, pour 153 rois de la dynastie de Magadha, depuis Manou jusqu'à Tchandragoupta, 60 et même 64 siècles, et que l’astronome Aryabhatta fait reculer l’ère indienne jusqu’à lan 3102 av. J.-C. Voy. Lassen, indische Alterthumskunde, t. Y, p. #75, 503, B07 et B10. — Afin de mieux faire sentir quelle haute portée les chiffres rassemblés dans cette note ont pour l'hi-

stoire de la civilisation humaine, nous rappellerons que chez es Grecs on place ordinairement la ruine de Troie à l’an 1184, Homère vers l’an 1000 ou 950, l'historien Cadmus de Milet vers b24 ans avant notre ère. Ce rapprochement montre à quels longs intervalles et avec quelle irrégularité est né, chez les peuples les plus susceptibles de culture, le besoin de noter d’une manière exacte les faits et les grandes entreprises, et nous remet involontairement en mémoire les paroles que Platon, dans le Timée (p. 22 B), fait dire aux prètres de Saïs: « O Solon, Solon! vous autres Hellènes, vous restez toujours des enfants: il n°y a pas un vieillard en Grèce, vos ames sont toujours jeunes, vous n'avez en vous aucune notion de l’antiquité, aucune vieille croyance, aucune science que le temps ait blanchie. »

(7) [page 97]. Voy. Cosmos, t. I, p. 67 et 195. (8) [page 97]. Guillaume de Humboldt, Æerke, t. I, p. 75.

(9) [page 100]. Cosmos, t. I, p. 242 et 276. Asie centrale , t. JL, p. 24 et 143.

(10) [page 101]. Platon, Phédon, c. 38 (p. 109 B). Comp. Hérodote, I. 11, c. 21. Cléomède creusait aussi la surface de la terre à la partie centrale, pour y faire tenir la mer méditerranée. Voy. Voss, kritische Blülter , 1828 , t. IT, p. 144 et 150.

(11) [page 109]. J'ai développé cette idée pour la première fois dans la Relation historique du voyage aux régions équinoxiales , t. IT, p. 256, et dans l’ÆExamen critique de l’histoire de la Géographie, t. 1, p. 36-38. Voy. aussi Otfried Muller dans les Güttingische gelehrte Anzeigen , 1858, t. 1, p. 575. Le bassin le plus occidental qu’on appelle d’une manière générale le bassin de la mer Tyrrhénienne, se compose, d’après Strabon, des mers d'Ibérie, de Ligurie et de Sardaigne. Le bassin des Syrtes, à l'Est de la Sicile, comprend la nier d’Ausonie ou de Sicile, la mer de Libye et la mer lonienne. La partie de la mer Egée, située à l'Ouest et au Sud, portait les noms de mer de Crète, mer Saronique et mer de Myrtos. Le remarquable passage du Pseudo-Aristote de Mundo, c. 5 (p. 595. édit. de Bekker), a trait uniquement à la forme des côtes de la Méditerranée, arrondies en golfes, et aux effets qu’elles produisent sur l'Océan qui pénètre dans ces sinuosités.

(12) [page 102]. Cosmos, t. I, p. 198 et 595.

(15) [page 405]. Humboldt, 4sie centrale, t. 1, p.67. Les deux remarquables passages de Strabon sont les suivants: 4° (1. If, p. 109): « Polybe distingue 5 promontoires, qui forment autant de prolongements à l’Europe; Ératosthène n’en compte que 5: dont l’un, aboutissant vers les colonnes d'Hercule, renferme l'Ibérie, tandis que le second s’étendant vers le détroit de Sicile, se compose de l'Italie, et le troisième, terminé par le cap Malea , embrasse tous les pays situés entre la mer Adriatique, le Pont-Euxin et le Tanaïs » 2° (1 IL, p. 126): « Nous commencerons par l’Europe, et parce que cette partie de la terre est celle dont la forme est la plus variée, et parce que son climat est le plus favorable à la civilisation et à la dignité morale des citoyens. L'Europe est partout habitée, excepté dans quelques contrées situées sur les bords du Tanaïs et désertes à cause de l'excès du froid. »

(14) [page 105] Voy. Ukert, Geographie der Griechen und Rômer, 4re part., sect. 2, p. 545-348, et 2e part., sect. 1, p. 194; Jean de Muller, Æerke , t. 1, p. 58; Humboldt, Examen critique, etc. t. I, p. 112 et 171; Otfried Muller, Minyer., p. 64, et dans les Güttingische gelehrte Anzeigen , 1838, t. 1 p. 372 et 383, où faisant de mes idées sur la géographie mytique des Grecs, une critique à laquelle je ne puis reprocher d’ailleurs qu’un excès de bienveillance, il a cependant marqué son désaccord. Voici dans quel sens je m'étais exprimé: « En soulevant des questions qui offriraient déjà de l'importance dans l'intérêt des études philologiques , je n’ai pu gagner sur moi de passer entiérement sous silence ce qui appartient moins à la description du monde réel qu’au cycle de la géographie mythique. Il en est de l’espace comme du temps: on ne saurait traiter l’histoire sous un point de vue philosophique, en ensevelissant dans un oubli absolu les temps héroïques. Les mythes des peuples, mélés à l’histoire et à la géographie, ne sont pas en entier du domaine du monde idéal. Si le vague est un de leurs traits disünctifs, si le symbole y couvre la réalité d’un voile plus ou moins épais, les mythes, intimement liés entre eux, n’en révèlent pas moins la souche antique des premiers aperçus de cosmographie et de physique. Les faits de l’histoire et de la géographie primitives ne sont pas seulement d’ingénieuses fictions, les opinions qu’on s’est formées sur le monde réel s’y reflètent. » Ge grand antiquaire, mon ami, dont la perte prématurée a été douloureusement sentie sur le sol de la Grèce, creüsé par lui

à une si grande profondeur et dans des directions diverses, croit au contraire qu'il ne faut nullement, ainsi qu'on se le figure surtout pour les légendes maritimes des Phéniciens , rapporter à des expériences réelles , que la crédulité et l'amour du merveilleux auraient revètues d’une forme fabuleuse, la majeure partie des récits sur la configuration de la terre, telle qu’elle est représentée dans la poésie grecque. Selon lui, ces images auraient leur véritable source dans des hypothèses que le sentiment suggéra à l'intelligence et qui ne recurent que plus tard et peu à peu l'influence des connaissances positives; d’où il résulte que des créations purement subjectives, auxquelles limagination fut conduite par certaines idées, se lièrent presque insensiblement aux contrées réelles et aux objets clairement connus de la géographie scientifique, On peut conclure de ces considérations que toutes les images mythiques ou qui se produisent du moins sous des formes mythiques, appartiennent proprement au monde des idées et n’eurent rien de commun, dans l'origine , avec l’agrandissement de la connaissance de la terre et le progrès de la navigation au delà des colonnes d’Hercule. Les premières vues d’Otfried Muller étaient plus d'accord avec mon sentiment : il disait, en effet, expressément dans les Prolegomenen zu einer wissenschaftlichen Mythologie, p.68 et 109, que dans les légendes mythiques la science et l’imagination, le réel et l'imaginaire sont le plus souvent étroitement unis l’un à l’autre. On peut voir aussi, au sujet de l’Atlantide et de la Lyctonie, T. H. Martin, Études sur le Timée de Platon , t. I, p. 293-326.

(15) [page 104]. Naxos, par Ernest Curtius, 1846, p. #1; Droysen, Geschichte der Bildung des hellenistischen Staatensystems, 1845, p. 4-9.

(16) [page 105]. Léopold de Buch, weber die geognostischen Systeme son Deutschland , p. x; Humboldt, 4sie centrale, t. I, p. 284-286.

(17) [page 105]. Cosmos, t. I, p. 421 et 499.

(18) [page 106]. Tout ce qui a rapport à la chronologie ou à l’histoire de l'Égypte et se trouve compris dans le texte entre guillemets , depuis la page 146 jusqu'à la page 150, est tiré de communications manuscrites qui m'ont été faites au mois de mars 1846, par mon ami le professeur Lepsius.

(19) [page 106]. Je place, avec Otfried Muller (Dorier, 2 part., p. 456), l'invasion dorienne dans le Péloponnèse 328 ans avant la première Olympiade.

(20) [page 106]. Tacite, 4nnales, 1. Il, ce. 59, Champollion a trouvé dans le papyrus de Sallier où sont racontées les campagnes de Sésostris, le nom des Javans ou Youni et celui des Luki (peut être les Toniens et les Lyciens). Voy Bunsen, Ægyptens Stelle", ete. "L" FD: GO.

(21) [page 107]. Hérodote, I. IT, e. 102 et 103; Diodore de Sicile, 1. 1, ce. 55 et 36. Hérodote (Il, 106) cite expressément trois des stèles que Ramsès Meiamoun établit, pour conserver le souvenir de ses victoires, dans les pays qu'il avait parcourus : « Une dans la Palestine de Syrie et deux dans l'Ionie, sur le chemin d'Éphèse à Phocée et sur celui de Sardes à Smyrne. » Or, on a trouvé en Syrie, sur un rocher situé au bord du Lyeus, non loin de Beirouth (Berytus), un bas-relief qui porte plusieurs fois le nom de Ramsès, et un autre plus grossier dans la vallée de Karabel, près de Nymphio, sur la route qui, selon Lepsius, conduisait d'Éphèse à Phocée. Voy. Lepsius, dans les Annali dell’Instituto archeotogico, t. X, 1858, p. 12, et une lettre du même, écrite de Smyrne au mois de décembre 1845 et insérée dans l’archäologische Zeitung , 1846, n° 41, p. 271- 280, et Kiepert, ibid., 1843, n° 3, p. 55. Quant à savoir si le conquérant pénétra jusque dans la Perse et l’Inde en deçà du Gange, ainsi qu'hésite à le croire Heeren (Hanuel de l'histoire ancienne, traduit par Thurot, 1836, p. 72), « parce qu’à cette époque la partie occidentale de l’Asie ne contenait pas encore d’empire puissant » (on ne place pas en effet la fondation de Ninive au delà de l’an 1230 av. J.-C.), c’est une question que ne peuvent manquer de trancher un jour les archéologues et les linguistes dont les découvertes se succèdent si rapidement. Strabon (Il. XVI, p. 769) cite un monument de Sésostris, situé près du détroit de Deire, aujourd’hui Bab-el-Mandeb. Il est d’ailleurs très-vraisemblable que déjà dans l’ancien Empire, plus de 900 ans avans Ramsès-Meiamoun, les rois égyptiens avaient fait de semblables expéditions en Asie. Ce fut sous le second successeur de Ramsès-Meiamoun, sous Sétos If, de Ia xix° dynastie, que Moïse sortit de l'Égypte. D’après les recherches de Lepsius , ce fait se passait environ 1500 ans avant notre ère.

(22) [page 108]. D'après Aristote, Strabon et Plineymais non d’après Hérodote. Voy. Letronne, dans la Revue des deux Mon-

des, 4841, t. XXVII, p. 219. et Droysen, Bildung des hellenist. Staatensystems, p. 755.

(23) [page 108]. Aux graves opinions de Rennell, de Heeren et de Sprengel, qui admettent la circumnavigation de la Libye. il faut ajouter celle d’un philologue consommé, Étienne Quatremère. Voy. Mémoires de l'Académie des Inscriptions, t. XV, 2e part., 1845, p. 580-588. L'argument le plus solide à l’appui du récit d'Hérodote me paraît être cette observation qu'Hérodote se refuse à croire vraie, pour sa part (1. IV, c. 42). « que les navigateurs , en faisant le tour de la Libye, de l'Est à l'Ouest, avaient le soleil à leur droite; » dans la Méditerranée, en allant de même de l'Est à l'Ouest, c’est-à-dire de Tyr à Gadeira, le soleil à midi était toujours à gauche. II faut admettre du reste que, même avant Neko, on connaissait en Égypte la possibilité de faire sans obstacle le tour de l’Afrique, puisque dans Hérodote, Neko dit nettement aux Phéniciens . « qu'ils devaient revenir en Égypte à travers les colonnes d’Hercule. » Il reste toujours singulier que Strabon , après avoir discuté longuement la tentative de circumnawvigation faite sous Cléopâtre par Eudoxe de Cyzique, et mentionné les débris du vaisseau équipé à Gadeira, qui furent trouvés sur les côtes de l'Éthiopie, ne voie dans les entreprises antérieures que des fables Bergéennes (1. IT, p. 98 et 100). Cela ne l’empèche pas cependant de reconnaître la possibilité de la circumnavigation et d'affirmer mème qu'il ne reste, tant à l'Est qu'à l'Ouest, qu'une très-petite partie du littoral à côtoyer (1. L, p. 3). Strabon n'était en aucune facon partisan de la singulière hy pothèse , mise en avant par Hipparque et Marin de Tyr, d’après laquelle les côtes orientales de l’Afrique se rattachaient à l'extrémité Sud- Est de l’Asie, de manière que l'océan Indien devenait une mer méditerranée. Voy. Humboldt, Examen crilique, etc., t. T, p. 159-149, 145, 164 et 299 : t. LL, p. 570-575. Strabon cite Hérodote, mais sans nommer Neko dont il confond l'expédition avec celle dans laquelle les vaisseaux de Darius firent le tour de la Perse méridionale et de toute l'Arabie (Hérodote, ]. IV. c. 44); si bien que Gosselin a voulu, sans autorisation suffisante , substituer dans le texte le nom de Neko à celui de Darius. Comme pendant à la tète de cheval qui ornait le vaisseau de Gadeira , et qu'Eudoxe montra, dit-on, en Égypte sur une place publique, on peut citer les débris d’un autre vaisseau qui naviguait dans la mer Rouge, et fut poussé par des cou-

rants occidentaux sur les côtes de l'ile de Crète, suivant le récit d’un historien arabe très-digne de foi, Masoudi dans le Moroudj-al-dzeheb. Voy. Quatremère, dans le Mémoire indiqué plus haut, et Reinaud, Relation des voyages dans l'Inde, 4845, & TL, p. xvi5 & I, p. 46.

(24) [page 108]. Diodore, I. T, c. 67, ? 10; Hérodote, I. IF, ce. 484, 178 et 182. Sur la vraisemblance d’un commerce entre l'Égypte et la Grèce, antérieur à Psammitique, voy. les observations ingénieuses de Louis Ross, Zellenica, t. 1, 1846, p. v et x: « Les temps qui précèdent immédiatement Psammitique furent, dit-il, pour les deux pays une époque de déchirements intérieurs, qui devaient nécessairement amener un ralentissement et une interruption partielle dans les relations commerciales. :»

(25) [page 109]. Bückh, metrologische Untersuchungen ueber Gewichle, Münzfüsse und Masse des Alterthums in ihrem Zusammenhang, 1858, p. 12 et 275.

(26) [page 109]. Voy. les passages recueillis par Otfried Muller, Minyer, p. 115, Dorier, 1re part., p. 129, et par J. Franz, Elementa Epigraphices Græcæ, 1840, p. 15, 52 et 54.

(27) [page 110]. Lepsius dans sa dissertation, weber die Anordnung und Verwandschaft des Semitischen, Indischen, Alt- Persischen, Alt-Ægyptischen und Æthiopischen Alphabets, 1856, p. 25-28 et 57; Gesenius, Scripturæ Phæniciæ monumenta , 1837: p. "17.

(28) [page 441]. Strabon, I. XVI, p. 787.

(29) [page 441]. Il est plus facile de déterminer la position du Pays de l’Éluin (la Bretagne. les îles de Scilly), que <elle des côtes de l'Ambre. 11 me paraît au moins très-invraisemblable de dériver le vieux mot grec x25717:p0c, répandu déjà au temps d'Homère, d'un mont Cassius, riche en étain et situé dans la partie Sud-Ouest de l'Espagne, qu'Avienus, très-familier avec cette contrée, place entre Gaddir et l'embouchure d’une petite rivière méridionale, nommée Iberus. Voy. Ukert, Geographie der Griechen und Rômer, 2e part. sect. 1, p. 479. Kassiteros est le vieux mot sanscrit Kastira. L'étain (en islandais, en danois et en anglais tin, en allemand Zinn, en suédois tenn) s'appelle dans les langues malaise et javanaise fimah, concordance de son, qui rappelle celle du vieux mot germain glessum, nom du succin transparent, avec le mot allemand moderne glas (verre). Les dénominations de marchandises et d'articles de commerce

(voy. plus haut, p. 94 et note 3) passent de peuple en peuple jusque dans les familles de langues les plus différentes. C’est par le commerce qui unissait les factoreries des Phéniciens, dans le golfe Persique, avec la côte orientale de l'Inde, que le mot sanserit kastira, qui désignait un produit si utile de la Péninsule orientale de l'Inde, et se retrouve encore aujourd'hui dans l’un des anciens idiomes araméens, dans l’arabe, sous la forme kasdir, a pu parvenir à la connaissance des Grecs, avant mème que l'on eùt visité Albion et les Cassitérides britanniques. Voy. Guillaume de Schlegel, indische Bibliothek, t. 1, p. 393; Benfey, Indien, p. 307; Pott, etymologische Forschungen, 2° part., p. 414; Lassen, indische Alterthumskunde, t. I, p. 259. Un nom devient souvent un monument historique, et la recherche des étymologies, l'analyse philologique, bien que raillée par les ignorants n’en porte pas moins ses fruits. Les anciens connaissaient aussi l’étain que recueillaient les Artabres et les Callaïques dans la partie Nord-Ouest de l’Ibérie, et qui se trouvait plus à proximité que les Cassitérides (les OEstrymnides d’Avienus) pour les navigateurs qui s’aventuraient hors de la Méditerranée. Voy. Strabon, 1. HI, p. 147; Pline, I. XXXIV, ec. 47. Tandis que j'étais dans la Galice, avant mon départ pour les Canaries, en 1799, on exploitait encore dans des montagnes de granit une mine d'étain très-pauvre. Voy. ma Relation historique, t. 1 p. 51 et 55. La présence, dans cette contrée, de l’étain, l’un des métaux les plus rares sur notre globe, à quelque importance géognostique, à cause de la connexité qui exista originairement entre la Galice, la presqu'ile de la Bretagne et le comté de Cornouailles.

(50) [page 111]. Étienne Quatremère, Mémoires de l’Acadé mie des Inscription, t. XV, 2e part. 1845, p. 365-370.

(54) [page 111]. L'opinion émise il y a déjà longtemps (voy. Heinzens neues Kielisches Magazin , 1787, 2e part. , p. 359; Sprengel, Geschichte der geographischen Entdeckungen , 1792, p. 1; Voss, kritische Blätter, t. IL, p. 592-405), que l’ambre qui arrivait par mer et plus encore par la voie du commerce intérieur sur les côtes de la Méditerranée , provenait en entier des côtes occidentales da la Chersonèse Cimbrique, rencontre de plus en plus de faveur. Une dissertation d’Ukert, insérée dans la Zeilschrift fur die Alterthumswissenschaft, 1838, n9S 52-55, p. 425-452, est ce qu'on peut lire à la fois de plus concluant et de plus ingénieux sur ce sujet. Voy. aussi du mème auteur Geographie der Griechen und Rômer, 1832, 2e part., sect. 2,

p. 26-36; 5e part., sect. 4, p. 86, 175, 182, 320 et 5349. Les Massiliens qui, selon Heeren, auraient pénétré après les Phéniciens jusqu'à la mer Baltique , dépassèrent à peine lembouchure du Weser et de l’Elbe. Pline (1. IV, c. 27) place expressement l’île Glessaria, nommée aussi Austrania, à l'Ouest du promontoire des Cimbres, dans locéan Germanique, et le souvenir de l’expédition de Germanicus indique assez qu'il ne peut être question d’une île de Ia mer Baltique. Les grands effets du flux et du reflux, qui déposent le succin dans ces æstuaria, ou suivant l'expression de Festus, « mare vicissim tum accedit, tum recedit, >» ne peuvent aussi se rapporter qu’au littoral compris entre le Helder et la Chersonèse Gimbrique, et non à la mer Baltique dans laquelle pouvait être située d'autre part l’île Baltia de Timée. Voy. Pline, L. XXXVIL e. 44. Abalus, situé à une journée d’un æstuarium, ne peut done pas être la Kurische Nehrung. Voy. aussi sur le voyage de Pythéas vers les côtes occidentales du Jutland et sur le commerce de l'ambre le long des rivages qui s'étendent depuis Skagen jusqu'aux Pays-Bas, Werlauff, Bidrag til den nordiske Ravhandels Historie, Copenhague, 1835. Ce n’est pas Pline, mais Tacite qui le premier a eu connaissance du glessum, recueilli sur les côtes de la mer Baltique dans le pays' des Æstyens et des Venèdes, dont le grand philologue Schaffarik (slawische Alterthümer , re part., p. 151-163) n'ose décider s'ils sont de race slave ou germaine. Ge ne fut que dans une période plus avancée de l'Empire romain, que des rapports directs et plus fréquents s’établirent avec ces côtes du Samland, sur la mer Baltique et avec les Æstyens, grâce à la route qu'un chevalier romain du temps de Néron avait fait tracer à travers la Pannonie, jusqu’au delà de Carpuntum., Voy. Voigt, Geschichte Preussens,t. 1, p. 85. Des monnaies frappées vraisemblablement avant la zxxxve olymp. et trouvées tout récemment dans le district de la Netze, témoignent des communieations qui existaient entre les côtes de la Prusse et les colonies grecques répandues sur la mer Noire. Voy. Levezow, Mémoires de l’Académie de Berlin, 1855, p. 181-224. A différentes époques, l’électron déposé sur les côtes ou déterré (Pline, 1. XXXVIL, e. 11 et 67), la pierre du soleil (tel est le nom de l’ambre dans l’ancien mythe de l'Éridanus), a afflué vers le midi par terre et par mer, en partant aussi de contrées fort diverses. L’ambre que l’on extrayait de la terre sur deux points de la Scythie était, en partie du moins, d’une couleur très-foncée. Aujourd’ hui encore on recueille de lambre dans

l'Oural, près de Kaltschedansk, à peu de distance de Kamensk. Voy. Rose, Reise nach dem Ural, t. T, p. 481, et sir Roderick Murchison, Geology of Russia, t. 1, p. 566. Le bois fossile dans lequel l’ambre est souvent enfermé avait de bonne heure aussi attiré l'attention des anciens. Cette résine alors si précieuse fut attribuée tantôt au peuplier noir, selon Scymnus de Chio, v. 396 (p. 567, édit. de Letronne), tantôt à un arbre de la famille des cèdres ou des pins, d’après Mitbridate dans Pline, 1. XXXVIL e. 41. Les nouvelles et excellentes recherches. du professeur Gœppert, à Breslau, ont montré que la conjecture du naturaliste romain était la plus juste. Voy. sur l'arbre à sucein fossile, débris d’un monde végétal qui n’est plus (pinites suecinifer), Cosmos, t. 1, p. 254, et Berendt, organische Reste in Berstein, 1845, t. I, sect. 1, 1845, p. 89.

(52) [page 112]. Voy. sur le Chremetès, Aristote, Meteorologica, 1. 1, p. 350, édit. de Bekker, et sur les points les plus méridionaux dont Hannon fait mention dans son journal de voyage, Humboldt, Relation historique, etc., t. T, p. 172, et Examen crilique, etc., t. I, p. 59, 180 et 288; t. III, p. 135. Comp. Gossellin, Aecherches sur la géogr. systém. des anciens, 1.1, p. 9% et 98; Ukert, 1re part., sect. 1. p. 61-66.

(53) [page 112]. Strabon, L. XVII, p. 826. La destruction des colonies phéniciennes par les Nigrites semble indiquer une situation très-rapprochée du midi; et cet indice est plus sûr que celni des crocodiles et des éléphants mentionnés par Hannon; car ces animaux se rencontraient autrefois au Nord du Sahara, dans Ja Maurusie et dans toute la partie occidentale de l'Atlas, ainsi que le prouvent des passages de Strabon, 1. XVIT, p. 827; d'Elien, De nat. anim., 1. VIL €. 2; de Pline, V. 1, et plusieurs circonstances des guerres entre Rome et Carthage. Voy. sur ce point important de la géographie des animaux, Cuvier, Ossements fossiles, 2° édit. t. I, p. 74, et Quatremère, Mémoires de l’ Acad. des Inscript., t. XV, 2e part., p. 391-394.

(54) [page 115]. Hérodote, 1. II, ec. 106.

(55) [page 414]. J'ai traité en détail dans un autre ouvrage (Examen critique, t, 1, p. 130-139; t. 11, p. 158 et 169: €. IT, p. 157-140), de ce point souvent contesté, ainsi que des passages de Diodore (1. V, c. 49 et 20) et du Pseudo-Aristote (Hirab. auscull., €. 85, p.172, édit. de Bekker). La compilation des Hirab, auscult. parait ètre antérieure à la fin de la première guerre

punique, puisque lauteur (c. 105, p. 211) cite la Sardaigne comme élant au pouvoir des Cartaginois. IE est remarquable aussi que l'ile aux forêts épaisses, dont il est question dans ce livre, est représentée comme inhabitée. Or,les Gouanches peuplaient tout le groupe des iles Canaries; mais en réalité ils n'habitaient pas l'ile de Madère, dans laquelle ni Jean Gonzalves et Tristan Vaz, en 1519, ni avant eux Robert Masham et Anna Dorset, ne trouvèrent d'habitants, en supposant que leur robinsonade soit historique. Heeren rapporte la description de Diodore à l’île de Madère seule; cependant il croit reconnaître dans Festus Avienus, si familier avec les écrits carthaginois (v. 164), la trace des nombreux tremblements de terre produits par le pie de Téneriffe. Voy. de la politique et du commerce des peuples de l'antiquité, t. IV, p. 114. En s’attachant à l’ensemble des rapports geographiques, la description d’Avienus me parait se rapporter à une contrée située plus au Nord, peutêtre mème dans la mer Cronienne (mer Glaciale). Voy. Examen critique, ete. t. HE, p.138. Ammien Marcellin parle aussi (I. XXIT, c. 15) des sources puniques que Juba mit à profit. Sur la question de savoir jusqu’à quel point il est vraisemblable que le nom d'iles Canaries (les îles des Chiens, suivant Pline qui ne voyait partout que des étymologies latines) est d’origine sémitique, voy. Credner, die biblische Forstellung com Paradiese, dans Illgen’s Zeitschrift fur die historische Theologie, t. VI, 1836, p. 166-186. Le recueil le plus sérieux et le plus complet, au point de vue littéraire, de tout ce qui a été écrit sur les Canaries, depuis les temps les plus aneiens jusqu'au moyen âge, est un travail de Joaquim José da Costa de Macedo, intitulé: Hemoria em. que se pretende provar que os Arabes nao conhecerao as Canarias antes dos Portuguezes, 1844. Lorsque, à côté de la légende, l’histoire se tait, j'entends l'histoire fondée sur des documents certains et positifs, on en est réduit à un plis ou moins haut degré de vraisemblance; mais tout nier systématiquement, parce que les témoignages ne sont pas assez précis, ne parait pas être non plus une application heureuse de la critique philologique et historique. Les nombreux renseignements que nous ont fournis les anciens, et les données exactes de la géographie comparée, en particulier la proximité des anciennes et incontestables colonies établies sur les côtes d'Afrique, sont pour moi une raison de croire que le groupe des Canaries était connu des Phéniciens, des Carthaginois, des Grecs, des Romains et peut-être même des Étrusques.

(56) [page 114]. Voy. les calculs dans ma Relation historique, t. 1, p. 140 et 287. Le pic de Ténérifle est à 2° 49° du point le plus voisin de la côte d'Afrique; en prenant comme moyenne pour la réfraction des rayons 0,08, le sommet du pie peut être vu d’une hauteur de 202 toises, par conséquent des Montanas negras, situées près du cap Bojador. Nous sommes arrivé à ce résultat en supposant le pic élevé de 1904 toises. Tout récemment le capitaine Vidal en a trouvé 1940 par le calcul trigonométrique; MM Coupvent et Dumoulin en ont trouvé 1900 seulement à l’aide du baromètre. Voy. d'Urville, Z’oyage au Pôle Sud, Hist., t. 1, 1842, p. 51 et 32. Mais Lancerote, avec son volcan de la Corona haut de 300 toises, et Fortaventura, sont beaucoup plus rapprochées des côte que Ténériffe. La première de ces îles n’en est distante que de 1° 15, la seconde de 4° 9’.

(37) [page 114]. Ross a rapporté ce fait dans ses Æellenica, t. I, p. XI, seulement comme un ouï-dire. Ne serait-ce pas l’effet d’une illusion? En fixant à 1704 toises la hauteur de l’Etna au-dessus du niveau de la mer (latit. 37° 45°, long. 19° 41° de Paris), à 4256 celle du lieu où est placé l'observateur sur le mont Taygète, près du mont Elie, en évaluant à 65 myriametres la distance de ces deux points, on arrive à ce résultat que pour apercevoir sur le mont Taygète un rayon lumineux, partant de l'Etna, il faudrait que cette dernière montagne eût une hauteur de 7612 toises, c’est-à-dire 4 fois et demie Ja hauteur véritable. Si au contraire, selon la remarque de mon ami le professeur Encke, on suppose entre l'Etna et le Taygète une surface réfléchissante, c’est-à-dire le reflet d’un nuage placé à 54 myriamètres de l'Etna et à 51 myriamètres du Taygète, il suffirait que la surface réfléchissante fût à 286 toises au-dessus du niveau de la mer.

(538) [page 115]. Strabon, 1. XVI, p. 766. D’après Polybe on pouvait voir du mont Hæmus le Pont-Euxin et la mer Adriatique, ce qui semblait déjà ridicule à Strabon (1. VIE, p. 515). Comp. Scymnus de Chio, p. 93, édit. de Letronne.

(59) [page 115]. Sur la synonymie d'Ophir, voy. Humboldt, Examen critique, etc., t. I, p. 42. Ptolémée cite, 1. VI, c. 7, p. 156, une ville nommée Sapphara comme métropole de l'Arabie, et 1. VIT, €. 1, p. 168, une contrée aurifère du nom de Supara, dans le golfe de Camboya (Barigazenus sinus, d’aprés Hesychins). Supara signifie en hindou beau rivage. Voy.

Lassen, Dissert. de Taprobane , p. 18, et indische Alterthumskunde, L. 1, p. 107; Keïl, weber die Hiram-Salamonische Schiffahrt nach Ophir und Tarsis, p. 40-45.

(10) [page 115]. Sur la question de savoir si les vaisseaux de TFarsis étaient ceux qui faisaient le voyage de l'Océan, ou si, contrairement à l'avis de Michaelis, ils empruntaient Jeur nom à la ville phénicienne de Tarse en Cilicie, voy. Keil, #bid., p.7, 15-292 et 71-84.

(41) [page 115]. Gesenius, Thesaurus linguæ ebr., & T, p. 141, et dans lEncyclop. de Ersch et Gruber , ke part.; sect. 5, p. 401; Lassen, indische Alterthumskunde,t. X, p. B38, Reinaud, Xelation des voyages faits par les Arabes dans l'Inde et en Chine,t.f, 1845, p. xxvm. Le savant Quatremère qui dans une dissertation déjà citée (Mémoires de l’Acad. des Inscrip. , tu XV, 2e part., 1845, p. 549-409) replace, comme avait fait Heeren, la terre d’Ophir sur la côte orientale de l'Afrique, explique le mot thukkiïim (thukkiyyim) non par paon mais par perroquet ou pintade (p. 378). Sur l'ile de Sokotora, comp. Bohlen, dus alte Indien, 2 part., p. 139, avec Benfey, ‘Thdien. p. 50- 39. La côte de Sofala est décrite par Édrisi (Voy. la traduct. d’Amédée Jaubert, t. I, p. 67), et plas tard, après le voyage de Gama, par és Portugais, comme une contrée riche en or (Voy. B àtrGer DECASIT Ke) ë Il, p. 575, et Kulb, Geschichte der Endeckungsreisen, 1re part., 1841, p.256). J'ai fait remarquer ailleurs qu'Édrisi, au milieu du xne siècle, parle de l'usage du vif-argent dans les lavages d’or des nègres, comme d’une méthode d'amalgame , introduite depuis longtemps dans celte contrée. Si l’on songe à la confusion fréquente des lettres r el {, on retrouve exactement la côte africaine de Sofala dans la forme Sophara, l'une des dénominations sous lesquelles est désignée la terre d’Ophir, de Salomon et d'Hiram, dans la traduction des Septante. Ptolémée connaît aussi, comme Je lai dit déjà (note 59),une contrée nommée Sapphara en Arabie (Ritter, Erdkunde von Asien, t. VIH, sect. 4, 1846, p. 259), et une autre dans l'Inde, nommée Supara. C'est que, par un effet qui se produit encore de nos jours dans les parties de l'Amérique où l’on parle l’anglais et l’espagnol, les côtes situées à l’opposite ou dans le voisinage de l'Inde avaient reçu, comme un reflet de la mère patrie, les dénominations expressives du sanserit. Ainsi ce que l’on appelait le commerce d’Ophir, pouvait, selon moi, comprendre autant d'espace qu’en parcouraient les vaisseaux

== 0009-— qui faisaient le voyage de Tartessus et touchaient à Cyrène et à Carthage, à Gadeira et à Cerne, ou ceux qui, se rendant aux Cassitérides, longeaient les rivages des Artabres, de la Bretagne et de la Chersonèse Cimbrique à l’est. Toujours y a-t-il lieu de s'étonner que l’eucens , les épices, la soie et les étoffes de coton ne soient pas nommés parmi les marchandises d'Ophir avec l'ivoire, les singes et les paons. Les paons sont exclusivement d'origine indienne; s'ils sont souvent appelés par les Grecs, oiseaux de Perse ou de Médie, cela tient à ce qu'ils se propagèrent insensiblement vers l'Ouest. Les Samiens qui voyaient des paons nourris dans les temples de Junon par les prêtres. les croyaient, sans plus de raison, originaires de Samos. On a voulu aussi conclure d’un passage d’Eustathe, sur le culte rendu aux paons en Libye (Comment. in Iliad. t. IV, p. 295, édit. de Leipsick, 1827), que ces oiseaux appartenaient à l'Afrique.

(42) [page 115]. Voy. sur Ophir et le mont Sopora, « que la flotte de Salomon ne pouvait atteindre en moins de trois ans, » Colomb, dans Navarrete, Z'iages y descubrimientos que hiciéron los Espanoles, t. 1, p. 105. Aïlleurs le grand navigateur dit, toujours dans l’espérance d'atteindre la terre d’Ophir: « L’or d’Ophir a une vertu souveraine dont on ne saurait donner l’idée. Celui qui en est possesseur peut faire ce qu'il veut dans ce monde; il est en état de faire passer les ames du purgatoire dans le paradis (Jlega à que echa las animas al paraiso).» Carta del almirante escrita en la Jamaica 1503, dans Navarrete, {. F, p. 509. Comp. Humboldt, Examen critique, 1. T, p. 70 et 109; t. IL, p. 58-44, et sur la durée du voyage de Tarschich, Keil, ueber die Hiram-Salamonische Schiffahrt, ete., p. 106.

(45) [page 116]. Ctésias de Cnide, Operum reliquiæ, édit. de F. Bæhr, 1824, c. 4 et 12, p. 248, 2714 et 300. Quant aux indications que lé médecin de la cour de Perse puisa aux sources locales et qui, par ce motif, sont dignes de considération, elles se rapportent aux contrées seplentrionales de l'Inde, d’où partait l'or des Daradas, pour se rendre, après beaucoup de détours, à Abhira, à l'embouchure de l’Indus et à la côte de Malabar. Voy. Humboldt, 4sie centrale, t. L, p. 157, et Lassen, indische Alterthumskunde, t. 1, p. 5. Le récit merveilleux que fait Ctésias d’une source située dans l’Inde et au fond de laquelle on trouvait du fer et du fer très-malléable, après que l'or liquide s'était écoulé, ne cacherait-il pas en réalité une usine? L'éelat du fer fondu le faisait prendre pour de l'or, et lorsque

la couleur jaune avait disparu par l'effet du refroidissement, on retrouvait Ja masse de fer.

(4H) [page 116]. Pseudo-Aristote, Mirab. auscult., e.86 el 144, p. 178 et 295, édit. de Bekker.

(45) [page 117]. Otfried Muller, die Etrusker, sect. 2, p. 350.

(46) [page 117]. Si autrefois, en Allemagne, on répétait, d’après le Père Angelo Cortenovis, que le tombeau du héros de Clusium, Lars Porsena, orné suivant le récit de Varron, d’un chapiteau d’airain et de chaînes pendantes également en airain, était un condensateur d'électricité atmosphérique, ou une espèce de paratonnerre, comme Michaelis l’a conjecturé aussi des tiges métalliques placées sur le temple de Salomon, cette idée se répandit dans un temps où l’on attribuait volontiers aux anciens peuples les restes d’une physique primitive révélée, qui n'aurait pas tardé à s’obscurcir. L'indication la plus importante sur le rapport, facile d’ailleurs à découvrir, entre la foudre et les métaux conducteurs, me parait être encore celle que donne Ctésias dans ses Zndica, €. 4, p. 248, édit. de Bæhr: « Il a eu, dit-il, en sa possession, deux épées de fer, présents du roi Artaxercès Mnémon et de sa mère Parysatis, qui fichées en terre détourpaient les nuages, la grêle et les éclairs; il en a vu l'effet lui-même en assistant à deux expériences faites devant lui par le roi. > — L’attention religieuse que donnaient les Toscans aux phénomènes météorologiques et à tout ce qui s’écartait du cours ordinaire de la nature, rend très-regrettable la perte de tous les livres fulguraux. Sans aucun doute, l'apparition des orandes comètes, la chute des pierres météoriques et des pluies d'étoiles filantes y étaient notées, aussi bien que dans les annales chinoises d’une époque plus reculée, mises à profit par Édouard Biot (Catalogue des étoiles filantes et des autres météores observés en Chine, 1846). Creuzer (Religions de l'antiquilé, L. I, p. 480 et suiv., de la traduct. de M. Guigniaut) à essayé de démontrer comment les conditions naturelles dans lesquelles se trouvait l'Étrurie pouvaient agir sur la direction d'esprit particulière à ses habitants. La tradition d’après laquelle Prométhée aurait dégagé la foudre des nuages, rappelle les prétendus efforts des fulgurateurs pour faire descendre le tonnerre. L'opération se bornait à une espèce de conjuration, et vraisemblablement n’était ni plus ni moins efficace que la tête d'âne dépouillée, à l’aide de laquelle, dans les rites de l'Etrurie, on pouvait se préserver des orages.

(#7) [page 417]. Otfried Muller, Etrusker, sect. 2, p. 162-178. D’après la théorie augurale des Etrusques, théorie fort compliquée, on distinguait les éclairs qui étaient des avertissements bénins et que Jupiter envoyait seul, par un acte de sa toutepuissance, et les châtimens électriques plus violents, que, d’après la constitution de l'Olympe, il ne pouvait infliger qu'après en avoir délibéré avec les douze dieux. Voy. Sénèque, Quest. natur., 1. I, ©. #1.

(48) [page 117]. Joh. Lydus, De Ostentis, edid. Hase, p. 18, in præfat.

(49) [page 118]. Strabon, 1. HT, p. 139. Comp. Guillaume de Humboldt, weber die Urbewohner Hispaniens, 4891, p. 195 et 151-156. Récemment M. de Sauley s’est occupé avec succès de déchiffrer l'alphabet ibérien, comme l’ingénieux interprète de l'écriture cunéiforme, Grotefend, s’est appliqué aux caractères phrygiens, et sir Charles Fellow aux caractères lyciens. Comp. Ross, Æellenica, 1846, t. 1, p. xvr.

(50) [page 119]. Voy. Hérodote, 1. IV, c. 49, et les notes de Schweighaüser, t. HT, p. 598, édit. de Londres, 1850. Comp. Humboldt., 4sie centrale, t. }, p. B4 et 577.

(51) [page 119]. Sur Fétymologie vraisemblable du Caspapyrus d'Hécatée: (Fragmenta, edid. Klausen, n. 179. p. 94), et du Caspatyrus d’'Hérodote (1. IT, e. 102, et IV, 44), voy. Humboldt, 4sie centrale, t. 1, p. 101-104.

(52) [page 119]. Psemetek et Aahmès. Voy. plus haut Cosmos, t. II, p. 119.

(53) [page 119]. Droysen, Geschichte der Bildung des hellenistischen Staatensystems, 1843, p. 25.

(54) [page 119]. Cosmos, t. IL, p. 7.

(55) [page 120]. Volker, mythische Geographie des Griechen und Rômer, 1832, 1"° part., p. 1-10; Klausen, uweber die Ianderungen der Io und des Herakles, dans le rheinisches Museum de Niebuhr et Brandis, 1829, p. 293-595.

(56) [page 120]. Dans le mythe d’Abaris (Hérod., 1. IV, c. 56). le thaumaturge ne traverse pas les airs sur une flèche, mais il porte une flèche « que Pythagore lui a donnée afin qu’elle Paidàt à surmonter tous les obstacles d’un long voyage. » Jamblique, de vita Pylhag., €. 98, p. 194, édit. de Kiessling). Voy. aussi Creuzer, Religions de l'Antiquité, t. I, p. 266 et suiv.,

de Ja traduet. de M. Guigniaut, avec la note correspondante dans les Éclaircissements. — Sur le chantre des Arimaspes, Aristéas de Proconnèse, qui disparait et reparait plusieurs fois, voy. Hérod., 1 IV, €. 45-45.

(57) [page 120]. Strabon, I. I, p. 38.

(58) [page 121]. Vraisemblablement la vallée du Don ou du Kouban. Voy. Humboldt, 4sie centrale, L. HW, p. 164. Phérécyde dit expressément (fragm. 37 ex schol. Apollon., 1. IT, v. 1214) que le Caucase avait brûlé, et que Typhon, pour cette raison, s'était réfugié en Italie; tradition d'où Kfausen, dans la dissertation citée plus haut, p. 298, conelut à un rapport allégorique entre Prométhée, latlumeur du feu (rupzzsvc), et la montagne dont chacune des deux premières syllabes éveille l'idée du feu. Bien que la condition géognostique du Caucase, étudiée récemment avee un grand soin par Abich, et la liaison dont je crois avoir montré ailleurs l'existence entre cette montagne et le Thian-Schan volcanique de l’Asie centrale (les monts Célestes), permettent de croire qu’il avait pu se conserver dans les plus anciennes traditions de la race humaine des souvenirs de grands phénomènes volcaniques, il vaut mieux supposer cependant que les Grecs ont été amenés par les hasards de létymologie à cette hypothèse du Caucase brûlant. Sur l’origine sanscrite du mot Graucasus (montagne resplendissante), voy. les opinions de Bohlen et de Burnouf exposée dans l’4sie centrale,t. 1, p. 109.

(59) [page 199]. Otfried Muller, Minyer, p. 247, 254 et 27H. Homère ne connaissait ni le Phase, ni la Golchide, ni les colonnes d'Hercule, mais le Phase est déjà nommé dans Hésiode. Les légendes fabuleuses sur le retour des Argonautes par le Phase, l'Océan oriental et la prétendue bifurcation de lister, ou bien par le double lac Triton formé à la suite de secousses volcaniques, ont une importance singulière pour la connaissance des premiers aperçus sur la configuration des continents. Voy. Examen critique, 1.1, p. 17935 t. IE, p. 155-137; Otfried Muller, Minyer, p. 387. Les rèveries géographiques de Pisandre, de Timagète et d’Apollonius de Rhode se sont d’ailleurs propagées jusque dans la fin du moyen âge, et sont devenues tantôt des causes de confusion et des obstacles rebutants, tantôt un stimulant pour des découvertes nouvelles. Cette réaction de Fantiquité sur les temps postérieurs, durant

esquels on se laissait plutôt guider par des conjectures que par des observations réelles, a été malheureusement trop négligée jusqu'ici dans l'histoire de la géographie. A ce sujet il est bon d’avertir que je ne me propose pas seulement en écrivant les notes du Cosmos, d'indiquer, comme moyen d’éclaircir les opinions exprimées dans le texte, les sources bibliographiques tirées des différentes littératures; j'ai profité de ce que des notes permettent une allure plus libre, pour offrir à la réflexion des matériaux aussi abondants que me l'ont permis mon expérience et de longues études littéraires.

(60) [page 122]. Hecatæi fragm., edid. Klausen, p. 59, 92; 98 et 419. Voy. aussi, dans l4sie centrale, t. IT, p. 162-297, mes recherches sur l’histoire de la géographie de la mer Caspienne, depuis Hérodote jusqu'aux Arabes El-Istachri, Edrisi et Ibn-el-Vardi, ainsi que sur la mer d'Aral, la bifureation de l'Oxus et l’Araxe.

(61) [page 1922]. Cramer, de studiis quæ veteres ad aliarum gentium contulerint linguas, 4844, p. 8 et 17. Les anciens habitants de la Colchide paraissent avoir été identiques avec la race des Lazes (Lazi, gentes Colchorum, Pline, 1. VE €. 4; Actor chez les écrivains byzantins). Voy. Vater, der Argonautenzug aus den Quellen dargestellt, 1845, sect. 1, p. 24, sect. 2, p. 45, B7 et 105. On entend encore résonner dans le Caucase les noms des Alains (4lanethi, pays des Alains), des Ossi et des Asses. D’après les travaux de George Rosen, commencés dans les vallées du Caucase avec une intelligence toute philosophique des langues, la langue des Lazes contient des restes de l’ancien idiome de la Colchide. La famille des langues ibérique et grusienne comprend le laze, le géorgien, le suane et le mingrélien, tous idiomes appartenant à la famille des lanques indo-germaniques. La langue des Ossètes est plus rapprochée du gothique que le lithuanien.

(62) [page 122]. Sur la parenté des Scythes (Scolotes ou Saces), des Alains, des Goths, des Massagètes et des peuples nomnés Youeti par les écrivains chinois, voy. Klaproth dans son commentaire sur le Zoyage du comte Potocki, t. I, p. 129, et l'Asie centrale, t. 1, p. 400. Procope dit même très-nettement (de bello Gothico, 1. IV, e. 5, €. IE, p. 476, édit. de Bonn) que les Goths avaient d’abord été appelés Scythes. J. Grimm a démontré l'identité des Gètes et des Goths dans sa récente dis-

sertation sur Jornandès, 14846, p. 21; l'opinion émise en termes affirmatifs par Niebubr, dans ses recherches sur les Gètes et les Sarmates (kleine histor. und philolog. Schriften, A°% recueil 1828, p. 562, 364 et 595), que les Scythes d'Hérodote appartiennent à la famille des peuplades mongoles, à d'autant moins de vraisemblance, que ces peuplades soumises en partie aux Chinois, en partie aux Hakas ou aux Khirgizes X:py1e de Ménandre, habitaient encore, au commencement du xm° siècle, fort avant dans les contrées orientales de l’Asie, autour du lac Baïkal. Hérodote distingue d’ailleurs des Scythes les Argippéens à tête chauve (1. IV, c. 25). Les derniers, s'ils ont le nez plat, ont aussi le menton long, ce qui, ainsi que j'ai pu n'en assurer, n'est nullement un signe caractéristique des Kalmouks ou des autres races mongoles, mais distinguerait plutôt les Ousuns et les Tingling aux cheveux blonds, qui semblent n'être pas sans quelque rapport avec les Germains, et auxquels les écrivains chinois donnent en partage « de longues têtes de cheval. »

(65) [page 122]. Sur le séjour des Arimaspes et le commerce de l'or dans la partie Nord Ouest de l’Asie au temps d'Hérodote, voy. Asie centrale, t. 1, p. 589-107.

(64) [page 129]. « Les Hyperboréens sont un mythe meétéorologique. Le vent des montagnes (B'Oreas) sort des monts Rhipcens. Au delà de ces monts doit régner un air calme, un climat heureux, comme sur les sommets alpins, dans la partie qui dépasse les nuages. Ce sont là les premiers aperçus d’une physique qui explique la distribution de la chaleur et la différence des climats par les causes locales, par la direction des vents qui dominent, par la proximité du soleil, par l’action d’un principe humide ou salin. La conséquence de ces idées systématiques était une certaine indépendance qu'on supposait entre les climats et la latitude des lieux: aussi le mythe des Hyperboréens, lié par son origine au culte dorien et primitivement boréal d’Apollon, a pu se déplacer du Nord vers l'Ouest, en suivant Hercule dans ses courses aux sources de l'Ister, à l’île d'Érythia et aux jardins des Hespérides. Les Ahipes où monts Rhipéens sont aussi un nom significatif météorologique. Ge sont les montagnes de l’impuision où du souffle glacé (prrx), celles d’où se déchainent les tempètes boréales. » {sie centrale, t. I, p. 592 et 405.

(65) [page 195]. Il existe en Hindoustani, ainsi que l’a déjà remarqué Wilford, deux mots qui peuvent être facilement confondus et dont l’un, {schiunta, désigne une espèce de fourmi grosse et noire, d’où la petite fourmi, la fourmi ordinaire a pris pour nom le diminutif schiwnti tschinti, et dont l’autre, {schità, désigne une panthère tachetée, le petit léopard chasseur (felis jubata de Schreb). Le mot tschità n’est autre que le sanscrit tschitra, bigarré, tacheté, comme le prouve le nom bengäli tschitäbâgh et tschitibägh, de bâgh, en sanscrit wyäghra, ügre (Buschmann). Dans le Hahabharata (1. 1, v. 1860) on a découvert tout récemment un passage où il est question des fourmis chercheuses d’or: « Wilso invenit mentionem fieri etiam in Indicis litteris bestiarum aurum effodientium quas, quum terram effodiant, eodem nomine (pipilica) atque formicas Indi nuncupant. » Voy. Journal of the Asiat. Soc., 1843, t. VII, p. 145, et comp. Schwanbeck, édit. des Zndica de Mégasthène, 1846, p. 73. J'ai été surpris de voir dans les contrées élevées du Mexique où le basalte abonde, des fourmis porter des parcelles de quartz hyalin, que j'ai pu me procurer, en prenant un grand nombre de ces fourmis.

(66) [page 126]. Voy. Strabon, L. IE, p. 172; Bæckh, ?indari fragmenta, v 455. — La traversée de Colæus de Samos tombe, d'après Otfried Muller (Prolegomenen zu einer wissenschaftlichen Mythologie), dans la xxx° Olymp. et, d’après les recherches de Letronne (Essai sur les idées cosmographiques qui se rattachent au nom d'Atlas, p. 9), Olymp. xxxv, 1. Cette époque est indépendante de la fondation de Cyrène qu’Otfried Muller (Minyer, p. 544, et Prolegomenen, etc., p. 65) place entre les Olymp. xxxv et xxxvn, parce qu'au temps de Colæus on ne connaissait pas encore le chemin de Théra vers la Libye. Suivant Zumpt, la fondation de Carthage date de l’an 878, celle de Gadès de Fan 1100 av. J.-C.

(67) [page 126]. D'après l'usage des anciens (voy. Strabon, 1. 1], p. 196), je rattache tout le Pont-Euxin, avec le Palus Méotide, au bassin de la mer Intérieure, ainsi que le permettent d'ailleurs des considérations géognostiques et physiques.

(68) [page 196]. Hérodote, I. IV, €. 152.

(69) [page 126]. Hérodote, L. I, c. 163. Dans ce passage la découverte de Tartessus est attribuée aux Phocéens; mais l’entreprise commerciale des Phocéens fut, d’après Ukert (Géogra-

phie der Griechen und Rômer, 1" part, sect, 4, p. 40), de 70 ans postérieure à Colæus de Samos.

(70) [page 126]. D'après un fragment de Phavorinus, les mots wx24%07 ; Cl w7y4 par conséquent, ne sont pas grecs, mais empruntés aux barbares. Voy. Spohn, de Wicephori Blemmidæ duobus opusculis, 1818, p. 25. Mon frère croyait qu'ils se rattachent aux racines sanscrites ogha et ogh. Voy. Examen critique, etc. t. I, p. 53 et 182.

(71) [page 127]. Aristote, de Cælo, 1. IT, c. 14, p. 298, édit. de Bekker; A7eteorol., 1. I, €. 3, p. 562; Comp. Examen crilitique, LT, p. 195-150. Sénèque (Natur. Quæst.. in præfat., 9.11) ne craint pas de dire: « Contemnet curiosus spectator domicilii (terræ) angustias. Quantum enim est quod ab ultimis littoribus Hispaniæ usque ad Indos jacet? Paucissimorum dierum spatium, si navem suus ventus implevit, » Voy. Examen crilique, t. I, p. 58.

(72) [page 127]. Strabon, 1. L p. 65, et Ii, p. 118; comp. Examen critique, 1. I, p. 159.

(75) [page 127]. Dans le diaphragme de Dicéarque, qui formait une sorte de ligne équatoriale, le soulèvement suit le Taurus, les chaînes du Demavend et de l'Hindou-kho, le Kouenlun qui borne le Tibet au Nord et les montagnes des Nuages, couvertes d’une neige perpétuelle, dans les provinces chinoises de Sse-Tschouan et de Kouang-Si. Voy. mes recherches orographiques sur cette ligne de soulèvement dans l’4sie centrale, L 1, p. 104-444, 118-164; & Il, p. 45 et 458.

(74) [page 198]. Strabon, I. HE, p. 173. Comp. Examen crilique, t. IIL p. 98.

(75) [page 199]. Droysen, Geschichte Alexanders des Grossen, p. DA, et Geschichte der Bildung des hellenistischen Staatensystems, p. 25-54, 588-599, 748-755.

(76) [page 150]. Aristote, Politique, l. VIL, €. 7, p. 1527, édit. de Bekker. Voy. aussi L. HE, €. 16, et le remarquable passage d'Eratosthène dans Strabon, 1. I, p. 66, et Il, p. 97.

(77) [page 150]. Stahr, 4rislotelia, 2 part., p. 114.

(78) [page 131]. Sainte-Croix, Examen critique des historiens d'Alexandre, p. 731; Schlegel, indische Bibliothek, & T, p. 150.

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