PLANÈTES PRINCIPALES
1° Nombre des planètes principales el époque de leur'découverte. — Parmi les sept corps célestes qui, én raison des changements continuels apportés dans leurs distances relatives, ont été, dès la plus haute antiquité , distingués des’étoiles scintillantes et conservant Loujours : sur le firmament leur place et leurs distances (orbis inérrans), tinq seulement: Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne offrent l'apparence d'étoiles (quinque stellæ errantes). Le Soleil et la Lune furent toujours mis à part en raison de a grandeur de leur disque et par suite de l'importance qui leur était attribaée dans les concepuons mythologiques (5?). Ainsi d'après Diodore de: Sicile (hb. IE, cap. 50), les Chaldéens ne connaissaient que cinq planètes, et Platon, dans le seul passage du ‘Timée où il Soit question de ces corps errants, dit en terres exprès::« Autour de la Terre, qui repose au’ centre du monde, se-meuvent la Lune, le Soleil el cinq autres astres auxquels on donne le nom de Planètes; cela fait en tont sept mouvements circulaires (53%). » Dans la stracture dû-Ciel imaginée jadis par Pythagore et décrite par Philolaïs, parmi les dix sphères célestes qui font leur révolution autour du feu central ou foyer du
monde (£sre2), immédialement au dessous du Ciel des étoiles fixes, sont nommées les cinq planètes (54), suivies du Soleil, de la Lune, de la Terre et de l'antipode de la terre (avriyus). Ptolémée lui-même ne parle jamais que de cinq planètes. Les sept planètes distribuées par Julius Firmicus entre les génies ou Décans (#5), telles qu’on peut les voir dans le zodiaque de Bianchini, qui date vraisemblablement du inf siècle de notre ère (55), et dans les monuments égypliens contemporains des Césars, n appartiennent point à l'histoire de l'astronomie ancienne, mais à ces époques plus récentes où les rêveries astrologiques s'élaient répandues partout C9): I n'y a pas lieu de s'étonner que la Lune ait été rangée parmi les sept planètes, car chez les anciens, si l’on excepte quelques vues remarquables d'Anaxagore sur les forces attractives (Cosmos, 1. If, p. 265 et 440), il n’est presque jamais fait allusion à la dépendance plus directe de la Lune vis-à-vis de la Terre. En revanche , d’après une hypothèse citée par Vitruve (58) et Martien Capella (5%), mais sans indication d'auteur, Vénus et Mercure, que nous appelons des planètes inférieures, sont présentés comme des satellites du Soleil, que l’on fait tourner autour de la Terre. Un pareil système ne peut pas plus être appelé égyptien qu'il ne peut être confondu avec les épicycles de Ptolémée ou avec les idées de Tycho sur la structure du monde (*°).
Les dénominations sous lesquelles les cinq planètes stellaires sont désignées chez les anciens peuples sont ou des noms de divinités ou des épithètes distinctives, choisies d'après leur aspect. Il est d'autant plus difficile, sans autres sources que celles auxquelles nous avons pu puiser jusqu’à ce jour, de déterminer ce qui, dans ces dénominations , appartient originairement à la Chaldée ou à l'Égypte, que les écrivains grecs ne nous ont pas transmis fidèlement les noms primitifs en usage chez d’autres peuples, mais les ont traduits dans leur langue, ou se sont contentés d’équivalents pris un peu au hasard, selon leurs vues partieuliéres. Quant à décider si-les Chaldéens n’ont été que les di-
sciples heureux des Égyptiens, et à déterminer les découvertes pour lesquelles ils ont été devancés par eux (*?), ce sont là des points qui touchent aux importants mais obseurs problèmes de la civilisation naissante, au premier développement scientifique de la pensée sur les bords du Nil ou-de l'Euphrate. On connaît les noms égyptiens des 56 Décaps; mais, pour ceux des planètes, un ou deux seulement ‘nous sont parvenus (#?).
Il est surprenant que Platon et Aristote ne désignent jamais les planètes que sous des noms mythologiques, qui sont aussi ceux dont se sert Diodore, tandis que plus tard, c’està-dire dans le traité du Monde, faussement attribué à Arislote, on trouve un mélange des deux dénominations: ainsi, Baywy pour Salurne, 60 pour Mercure, Hpcses pour Mars (+5). Des passages de Simplicius, dans son commentaire sur le IV° livre du traité du Ciel par Aristote, d'autres ürés de Hygin, de Diodore, de Théon de Smyrne prouvent, chose assez singulière! que Saturne, la plus reculée des planêtes connues à celle époque, avait reçu le nom de Sofeil. Ce fut sans doute sa situation et l'étendue de son orbite qui lui valurent d’être érigé en dominateur des autres planètes. Les dénominations descriptives, bien que très-anciennes et en partie d'origine chaldéenne, ne devinrent guëre d'un usage fréquent chez les écrivains grecs et romains que sous le règne des Cesars, et lorsque l'astrologie commença à exercer son influence. Les signes des planètes, si l'on exceple le disque du Soleil et le croissant de la Lune gravés sur les monuments égyptiens, sont d’origine très-récente. D'après les recherches de Letronne, ils ne remontent pas au delà du x° siècle (4). On ne les trouve même pas sur les pierres revêtues d'inscriptions gnostiques. Des copistes les ont plus tard ajoutés à des manuscrits gnostiques et traitant d’alchimie, mais il est très-rare qu'ils aient fait cette surcharge sur les anciens manuscrits des astronomes grecs de Ptolémée, de Théon ou de Cléomède. Les premiers signes planétaires, qui pour Jupiter et Mars étaient formés de caractères alphabétiques, ainsi que l’a prouvé Saumaise
avec sa pénétration ordinâire, étaient très-différents des nôtres. Les figures actuelles remontent à peine au delà du xv° siècle. Une citation empruntée par Olympiodore à Proclus (ad Timœum, p. 1%, édit. de Bâle) et un passage du Scoliaste de Pindare ({sthmica, carm. V, V. 2) établissent d'une manière incontestable que la coutume de consacrer certains mélaux aux planètes faisait ‘déjà partie du système des représentations symboliques en usage au v° siècle, chez les Néoplatomeiens d'Alexandrie. On peut lire e à ce sujet le commentaire d'Olympiodore sur la Météorologie d'Aristote (ib. HE, cap. 7, & HE, p. 465 dans l'édition de la Météorologie, publiée par Ideler. On peut consultèr aussi-deux passages du tome E, p. 199 et 251).
Si le nombre des planètes connues des anciens fut borné d'abord à cinq, ce’ qui fit sept plus tard, quand on y joignit les grands disques du Soleil et de la Lune, on conjecturait dès lors que, en dehors de ces planètes visibles, il y en avait d’autres moins lumineuses et que pour celle raison on ne pouvait apercevoir. Cette supposition est rapportée par Simplieius comme venant d’Aristote. « Il est vraisemblable, dit-il, que d’autres corps obseurs, se mouvant autour du centre commun, doivent, aussi bien que la Terre, occasionner des éclipses de Lune. » Artémidore d’ Éphèse, que Strabon cite souvent comme un géographe, eroyait à l’existénee d’une quantité innombrable de ces corps obscurs, tournant autour du Soleil, L'ancienne conception idéale des Pythagoriciens, l'éri9s. reste en dehors de ces eonjectures. La Ferre et le pendant de la Terre ont un niouvement parallèle et concentrique: Celle #49», imaginée pour épargner à la Terre son mouv ement de tal sur elle-même; n'est, à vrai dire, que la moitié de la Terre, l'hémisphère opposé à celui que nous habitons (#).
Si du nombre total des planètes et des'satellites connus aujourd’hui, nombre six fois égal à celui des corps planétaires connu$ dans V antiquité, on met à part les 56 objets découverts depuis Pinvention‘du télescope, pour les ranger d’après l’ordre de leur découverte, on trouve que le xvn° siè-
ele en à fourni 9; Je xvin°, 9 également; Ia (rennère Moitie du xx, 10.4 elle seule.
Table éohoiéhibue des corps planétaires découverts depuis l'invention du télescope, en 1608.
* XVIHS SIÈCLE
Quatre satellites de Jupiter, découverts par Simon Marius à Ansbach, le 29 décembre 4609: par Galilée, à Pre le 7 janvier 1640.
Triplicité de Saturne, signalée par Galilée en ane 1610; les deux anses reconnues par Hévélius en 1656; découverte définitive de la véritable forme de l’Anneau, par. Huygens, le 17 décembre 1657:
6e satellite de Saturne (Titan), Rs: 25 mars 1655
& satellite de Saturne (Japhet), MR Cassini, octobre 1671.
5e satellite de Saturne (Rhéa), Cassini, 25 décembre 1672.
5° et 4° satellite de Saturne (Téthys et Dioné), Cassini, fin de
mars 1684.