‹ Cosmos (volume 5)Chapitre 21 sur 53 · LE SOLEIL · texte numérisé non relu

LE SOLEIL

Dans les pages qui précèdent (Cosinos, 1. HE, p. 556-559), j'ai indiqué les dimensions du Soleil et exposé les vues généralement admises aujourd’hui sur la constitution phystque du corps qui forme le centre de notre système. Il suffira d'ajouter, d’après les observations les plus récentes, quelques remarques supplémentaires au sujet des formes rougeàtres dont il est fait mention plus haut (/bid., p. 346). Les importants phénomènes offerts, dans l'Est de l'Europe,

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lors de l'éclipse lotale du 28 juillet 1851, ont renforcé encore l'opinion, exprimée par Arago en 1846, que les éminences rougeatres, semblables à des montagnes ou à des

nuages, qui, dans les éclipses, se renarquent sur les bords du disque obseurei du Soleil, appartiennent à l'atmosphère gazeuse, c'est-à-dire à la plus extérieure des atmosphères dont le corps central est entouré (#5). Ces éminences étaient découvertes graduellement à FOuest par la retraite de la Lune, et disparaissaient du côté opposé, à mesure que la Lune poursuivail sa course vers l'Orient (Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1846, p. 457).

Ces projections marginales avaient une telle intensité de lumière, qu'on a pu les reconnaitre avec le télescope, à travers les légers nuages qui les voilaient, et même les apercevoir à l'œil nu dans l'intéricur de la couronne.

Quelques-unes de ces éminences, offrant la couleur du rubis où de la fleur de pêcher, subirent dans leurs eontours une rapide et sensible altération, pendant la durée de l’éclipse totale. Une d'elles semblait recourbée à son extrémité, et plusieurs observateurs croyaient voir comme une colonne de fumée arrondie, vers le sommet de laquelle, floltait un nuage librement suspendu (#4). La hauteur des protubérances fut évaluée en général à 4 ou 2 minutes. Il y à mème un point sur lequel elles semblent avoir dépassé celte limite. Indépendamment de ces jets lumineux, au nombre de 5 à 5, on vit aussi des bandes rouges, étroites et souvent dentelées, qui paraissaient adhérer aux bords de la Lune ().

On à pu voir de nouveau, et très-dislinctement, surtout à l'entrée, la partie du bord de la Lune qui ne se projelait point sur le disque du Soleil (%).

A quelques minutes des bords du Soleil, près de la plus grande des éminences rouges el recourbées que nous venons de signaler, on apercevail un groupe de taches solaires: Une tache était également visible près du bord opposé; la distance qui l'en séparait ne permettait guêre de croire que la matière rouge et gazeuse de ces exhalaisons

sortit des ouvertures en forme d’entonnoir qui constituent les taches. Mais conime avec un fort grossissement on voit distinetement des pores sur toute la surface du Soleil, la conjecture la plus probable est que ces émanations de gaz et de vapeurs, qui s’élevant du corps solaire forment les entonnoirs, se répandent à lravers ces ouvertures ou à travers des pores plus petits, et offrent à nos regards, dans la troisième enveloppe solaire, les colonnes de vapeur rouges et les nuages diversement configurés dont nous avons

donné la description (7).

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