MERCURE
Si l’on se rappelle combien, depuis les temps les plus reculés, les Egyptiens s’occupèrent de Mercure sous les noms de Set ou d’'Horus (5), et les Indiens sous celui de Boudbha (5°); comment les Asedites, habitués à contempler le cici transparent de l'Arabie occidentale, firent de celle planèle, entre toutes les autres, l'objet privilégié de leur culte (%); comment enfin Ptolémée pal mettre à profit, dans le ix° livre de l’Alnageste, 14 observations de Mercure remontant jusqu'à l’année 264 avant notre ère, et qui viennent en partie des Chaldéens (°!), on ne peut entendre sans étonnement Copernic se plaindre sur son lit de mort, à l'âge de 70 ans, de n'avoir pu, malgré ses efforts, apercevoir Mercure. Cependant les Grecs, frappés de l'intensité si vive quelquefois de sa lumière, earactérisaient cette planèle par l’épithète de scintillante (+r56») (°?), Ainsi que Vénus, Mercure nous offre des phases, c'est-à-dire que sa partie éclairée subit des variations de forme ; de même encore elle nous apparaît quelquefois comme étoile du matin et quelquefois comme étoile du soir.
La distance moyenne de Mereure au Soleil est d'un peu plus de 8 millions de milles géographiques de 15 au degré, environ 6 millions de myriamètres; cela fait 0,587 095 8 de la distance moyenne de la Terre au Soleil. En raison de l’excentricité considérable de son orbite, qui est de
0,205 616 5, la distance de Mercure au Sokil n'est au périhélie que de 6 millions 1/4 de milles géographiques, elle est à l'aphélie de 10 millions. Cette planète accomplit sa révolution autour du Soleil en 87 de nos jours moyens, plus 25 heures, 15 minutes et 46 secondes. Des observations trop peu certaines sur là forme de la corne méridionale de son croissant, et la découverte d’une bande obseure qui, vers l'Est, est absolument noire, éntamené Schræter et Harding à fixer comme durée de sa rotation l’espace de 24 heures et à minutes.
D'aprés les déterminalions de Bessel, faites à l’occasion du passage de Mercure, du 5 mai 1852, le vrai diamètre de cette planète est de 497 myriamètres, c’est-à-dire 0,394 du diamètre terrestre (5).
La masse de Mercure avait été évaluée par Lagrange, d'après des suppositions très-hasardeuses sur les rapports réciproques des densilés et des distances. La comète à courte période d'Encke fournit un premier moyen de corriger ce calcul. Suivant Encke, la masse de Mercure est 1/4 865 751 de la masse du Soleil, ce qui fait à peu près 1/15.7 de la masse terrestre. Laplace a évalué, d’après Lagrange, la masse de Mercure à 1/2 025 810 (°#), mais elle ne dépasse guère en réalité les 5/12 de ce chiffre, Cette correction contredit l'hypothèse de laccroissement rapide des densités, suivant que les planètes sont plus rapprochées du Soleil. Si l’on admet avec Hansen que le volume de Mereure égale les 6/100 de celui de la Terre, il en résulte que la densité de Mercure n’est que 1,22. « Au reste, dit Encke, ces déterminations ne doivent encore être considérées que comme un premier essai pour approcher de la vérité plus que ne l'avait fait Laplace. » On croyait, il n’y a pas plus de dix ans, que la densité de Mereure élait presque lriple de celle de la Terre; on l'évaluait alors, en prenant pour unité celle de la Terre, à 2,56 ou 2,94.