VÉNUS
La distance moyenne de Vénus au Soleil égale 0,725 351 7 de celle de la Terre, c'est-à-dire qu’elle est de 15 millions de milles géographiques où de 11-millions de myriamètres. La durée de la révolution sidérale de Vénus est de 224 jours, 16 heures, 49 minutes et 7 secondes. Aucune autre planète principale ne vient aussi près de la Terre. Elle s’en approche en effet à une distance de 5 900 000 myriamèes, mais elle s'en éloigne aussi jusqu'à 26 000 000 myriamètres. De là les variations considérables de son diamétre apparent que Fon ne saurait déterminer uniquement d'après l'intensité de la lumière (%). L’excentricité de l'orbite de Vénus n’est que de 0,006 861 82, en prenant comme toujours le demi-grand axe pour mesure. Le diamètre de cette planète est de 1694 milles géographiques ou 1256 myriamètres, Sa masse de 1/4018 591 de celle du Soleil, son volume de 0,957, sa densité de 0,94, relativement au volume et à la densité de la Terre.
Des deux passages de planètes inférieures qui furent annoncés pour la première fois par Képler, dans ses Tables Rudolphines, celui de Vénus est d’une iinportance essentielle pour la théorie de tout le système planétaire, en ee qu'il peut servir à déterminer la parallaxe du Soleil, et comme conséquence la distance de la Terre au corps central. D’après les recherches approfondies auxquelles s’est livré Encke sur le passage de Vénus de 1769, et dont il a consigné les résultats dans l'Annuaire de Berlin (Berliner Jahrbuch für 1852, p. 525), la parallaxe du Soleil est de 8”,571 16. Depuis l'année 1847, la parallaxe du Soleil est objet d’un nouveau travail, entrepris sur Ja proposition d'un mathématicien distingué, Le professeur Gerling, &e Marburg, et par l'ordre du “gouvernement des États-Unis. Il s'agit de déterminer cette parallaxe à l’aide d'observations de Vénus, prés de son élongation orientale et occidentale, et en mesurant micrométriquement les différences en as-
cension droite et en déclinaison, sous des latitudes et des longitudes très-diverses, d'étoiles dont la position soil bien fixée. Cette expédition astronomique, s’est dirigée sous les ordres d’un officier fort instruit, le lieutenant Gilliss, vers Santiago de Chile. On peut voir à ce sujet les Nouvelles astronomiques de Schumacher (Astronomische Nachrichten), n° 599, p. 365 el n° 615, p. 195.
On a eu longtemps des doutes sur la durée de la rotalion de Vénus. Dominique Cassini, en 1669, et Jacques Cassini, en 17352, l'évaluaient à 25h 26, tandis que Bianchini, à Rome, adoptait la longue période de 2% jours 1/5 (6). Vico, à la suite d'observations plus exactes, faites de 1840 à 1849, a déduit d'un grand nombre de HS de Venus, le chiffre de 25 21° 21”, 95.
Ces taches qui, lorsque Vénus offre la forme d'u un crOIssant, sont près de la limite de Fombre et de la lumière, sont faibles, rarement visibles et très-changeantes; d’où les deux Herschel ont conclu qu'elles appartiennent à une atmosphère de Vénus, plutôt qu'à la surface solide de la planête (%). La Hire, Schrœter et Mædler ont mis à profit les formes changeantes des cornes du croissant, surtout de la corne méridionale, pour évaluer Ja hauteur des montagnes, mais principalement pour déterminer la durée de la rotaion. Il n’est pas nécessaire, pour expliquer ces changements, d'admettre, comme l'a prétendu Schræter à Lilien- (bal, des pies de montagnes hauts de à milles séographiques ou de plus de 5 myriamètres ; il suffit d’élévations telles que nous en offre notre planète, dans les deux continents (°%). D'après le peu que nous savons sur la surface et la constitution physique des planètes les plus voisines du Soleil, Mercure et Vénus, le phénomène d’une lueur cendrée et d’un dégagement de lamière propre à ces planètes, phénomène observé plusieurs fois dans la partie obscure de Vénus par Christian Mayer, William Herschel et Harding, demeure toujours très-énigmalique (°°). H n'est pas vraisemblable qu'à une si grande distance la lumière réfléchie par la Terre puisse produire une lueur cendrée sur Vénus,
comme sur la Lune. — On n'a remarqué jusqu'ici aucun aplatissement dans les deux planètes inférieures, Mereure et Vénus.