ET PIERRES MÉTÉORIQUES
Depuis l’année 1845 où parut, dans le premier volume du Cosmos, un tableau général des phénomènes célestes, les résultats de l'observation, en ce qui concerne la chute des aérolithes et les pluies périodiques d'étoiles filantes, désignées en allemand sous le nom trop expressif de Sternschnuppen, mouchures d'étoiles, ont été considérablement agrandis et rectifiés. Beaucoup de faits ont été soumis à une critique plus attentive et plus sévère. On a cru devoir surtout, pour jeter du jour sur ce phénomène mystérieux, étudier la loi de convergence, c’est-à-dire déterminer les points d’où partent les étoiles filantes, aux époques où elles reparaissent avec une abondance inusitée. Des observations récentes, dont les résultats ont atteint un haut degré de vraisemblance, ont aceru aussi le nombre de ces époques, parmi lesquelles on n’avait signalé jusqu'ici que le mois d'août et le mois de novembre. Les louables efforts de Brandes, de Benzenberg, d’Olbers et de Bessel, plus tard ceux d'Erman, de Boguslawski, de Quételet, de Feldt, de Saigey, d'Edouard Heis et de Jules Schmidt, ont i5troduit l'usage de mesures correspondantes plus exactes , et en
méme Lemps le sentiment plus général de la rigueur mathématique a prévenu le danger d’ accomoder des observations douteuses à des théorèmes préconçus.
Les progrès dans l’étude,des météores ignés seront d’autant plus rapides, que l’on se défendra mieux de tout parti pris, que l’on séparera soigneusement les faits des hypothèses, et que l’on meltra chaque phénomène à l'épreuve, sans rejeter pour cela comme fausses ou douteuses les choses dont on n’a point encore l’explication. Il me parait surtout important de ne point confondre avec les relations physiques les relations numériques et géométriques, généralement plus. faciles à vérifier: telles sont la hauteur, la vitesse, Punité ou Ja pluralité des points de départ bien constatés, le nombre moyen, dans un temps donné, des météores isolés ou pér iodiques, enfin la grandeur et la forme des apparitions, suivant les saisons ou les heures de la nuit où elles se produisent. Avec le temps d’ailleurs, l'étude de ces deux classes de circonstances ou de relations physiques el géométriques doit nécessairement conduire au même bul: à des considéralions vraies sur la génération et la nature de ces phénomènes.
J'ai déjà fait voir ailleurs que nous ne sommes er communication avec les espaces célestes et les corps dont ils sont remplis que par des rayons lumineux et caloriques , el par les attractions mystérieuses que les masses lointaines exercent , en raison de leur masse, sur notre globe, sur nos mers et sur l'atmosphère qui nous enveloppe; les rayons lumineux qui, partant des plus pelites étoiles télescopiques dont se compose une nébuleuse réductible, viennent frapper notre œil, sont, ainsi que le prouve mathématiquement la notion exacte de la vitesse et de l’aberration de la matière, le plus ancien témoignage de l’existence de la lumière (17). Une impression lumineuse, partie des profondeurs de la voûte céleste, nous reporte, par une simple association d'idées, dans les profondeurs du passé, par delà des myriades de siècles. Les mêmes impressions, produites par Jes pluies d'étoiles filantes, par les bolides d'où
AE = sont lancés les acrolithes, et par les autres météores ignés, sont d’une nature toute différente. Si, à la vérité, les aérolthes qui tombent sur la surface de la terre ne commencent à s'enflammer que Jorsqu'ils sont parvenus dans l'atmosphère terrestre, ils n’en sont pas moins pour nous les uniques occasions d'un contact matériel avec des cor ps étrangers à nolre ‘planète. Nous nous étonnons de pouvoir toucher, peser, décomposer chimiquement ces masses de terre et de métaux qui nous viennent des espaces célestes, et appartiennent à un monde différent du nôtre, d'y trouver des minéraux natifs qui rendent très-vraisemblable cette supposition de Newton, que les substances appartenant au mème groupe de corps célestes, c’est-à-dire au même système planétaire, sont en grande partie identiques (28%:
Nous devons s à la diligence des Chinois, qui n’ont laissé passer aucun phénomène sans l'enregistrer, la connaissance des plus anciens aérolithes dont on ait déterminé la date précise. Leurs renseignements remontent, à cel égard, jusqu’à l'an 644 avant notre ère, c’est-à-dire jusqu’au temps de Tyrlée et de la seconde guerre de Messénie. L’immense masse météorique qui tomba en Thrace, près d’Ægos-Polamos, au lieu qui plus tard devait être rendu plus célèbre encore par la victoire de Lysandre, est postérieure de 176 ans. Édouard Biot a trouvé dans le Recueil de Ma-tuan-lin, qui contient des passages empruntés à la section astronomique des plus anciennes annales de l'Empire, 16 chutes d’aérolithes, pour lintervalle compris entre le milieu du vu siècle avant J.-C. et Pan 555 de l'ère chrétienne, tandis que les écrivains grecs et romains ne citent, dans le même laps de temps, que 4 phénomènes du même genre.
Test remarquable que l'Ecole ionienne, d'accord avec le sentiment des modernes, ait admis déjà l’origine cosmique des pierres météoriques. L’émotion que l’imposant phénoinène d'Ægos-Potamos produisit dans toutes les populations helléniques, dut exercer sur la direction et le développement de la physique ionienne une influence décisive, dont on n'a point lenu assez de compte (*?). Anaxagore de Cla-
zomène pouvait avoir 92 ans, lorsque cet événement arriva. Son opinion est que les étoiles sont des fragments de rochers détachés de la terre par la force du mouvement gyraloire, que le ciel tout énuer est formé de pierres. (Voyez Plutarque, des Opinions des Philosophes, iv. HE, ch. 15, et Platon, des Lois, lv. XIE, p. 967). Ces corps picerreux sont rendus incandescents par Peéther ambiant qui est de nature ignée, et font rayonner la lumière que cet éther leur communique. Anaxagore dit encore, au rapport de Théophraste, qu'au-dessous de la Lune, entre ce corps et la Terre, se meuvent d'autres corps obscurs, capables de produire des éclipses de Lune. (Voyez Stobée, AU physiea, Nb. 1, p. 360: Diogène Laerce , hb. Il, cap. 12; Ori- ‘gène, Philosophumena, eap. 8). Diogène d’ Apollonie, qui, saps être le disciple d’Anaximène, appartient vraisemblable ment à une époque Intermédiaire entre Anaxagore et Démoerite, exprime plus clairement encore sa pensée sur la structure du monde, et parait avoir reçu une impression plus vive de l'événement naturel qui arriva en Thrace, dans la xxvui® Olympiade (2). D'après lui, ainsi que je l'ai déjà dit ailleurs (Cosmos, t. 1, p. 108), avec les étoiles visibles, se meuvent aussi des masses d'étoiles invisibles, auxquelles on n’a pu par conséquent donner de noms. Ces étoiles tombent quelquefois sur la terre et s’éteignent, comme cela est arrivé pour l'étoile de pierre qui tomba près d’Ægos-Potamos ( Stobée, Ecloga physica, lb. 1 pr 508), F}: 6 :
L'opinion de quelques philosophes naturalistes sur les météores Ignés, tels que les étoiles filantes et les aérolithes, que Plutarque expose en détail dans la Vie de Lysandre (chap. 12) est exactement celle de Diogène de Crèté. IL est dil dans ce passage que « les étoiles filantes ne sont pas des parties du feu éthéré qui en découlent. ou s'en détachent et s’étergnent aussitôt après s'être ‘enflammées, en entrant dans notre atmosphère; que ce sont plutôt des corps célestes qui, souslraits au mouvement de rotation générale, sont précipités vers la Terre (22): » De Thalès et
si
d'Hippon jusqu'a Empédocle, on ne retrouve plus chez les philosophes de l'Ecole ionienne l'hypothèse de. corps célestes obseurs, ni rien qui rappelle ces vues cosmographiques de leurs devanciers (%). L'effet produit par l’aérohthe d’Ægos-Potamos était pour beaucoup dans les spéculations auxquelles on se livre relativement à la chute ‘des corps obseurs. Un écrivain postérieur, le Pseudo-Plutarque, se borne à dire (des Opinions des Philosophes, lv. HE, chap. 13), que Thalès de Milet considérait tous les astres comme des corps enflammés, bien que terrestre (72094 #21 surusz), La première Ecole ionienne se proposait pour but de découvrir l’origine des choses, et cette origine, elle l'expliquait par le mélange, par des changements graduels et par la transformation des substances ; elle croyait à la génération progressive des corps par la condensation et la raréfaction. Le mouvement de révolution de la sphère céleste, qui maintient la terre au point central, est déjà cependant mentionné par Empédoele, comme une force cosmique réellemente agissante. Dans les premiers tàtonnements qui préparent les théories physiques de l'éther, l'air igné et le feu lui-même représentent la force expansive de la chaleur; de même on ratlachait à cette haute région de l'éther l'idée du mouvement gyratoire qui enlrainail tout avec lui, et arrachait violemment les rochers du sol de la Terre. C'est pour cela qu'Aristote (#étéorologiques, lib. 1, p. 559, éd. Bekker) nomme l’éther « Le corps animé d’un mouvement éternel » comme lon dirait le substratum immédiat du mouvement, et à l'appui de cette définition, 1} cherche des raisons étymologiques (?#). Par le même motif encore, Plutarque dit, dans la Vie de Lysandre, que la cessation du mouvement gyratoire détermine la chute des corps célestes, et, dans un autre passage qui fait évidemment allusion aux opinions d’Anaxagore et de Diogène d’Apollonie (de /a Face qui parait dans le disque de la Lune, p. 925), il affirme que Ja Lune, si son mouvement de rotation venail à cesser, Lomberait à terre, comme une pierre lancée par une fronde (%). Cette comparaison nous montre l'idée de la force
centripèle se faisant jour pen à peu, pour balancer la foree centrifuge, par laquelle Empédocle expliquait le mouvement apparent de la sphère céleste. La force centripète est signalée plus clairement encore par le plus pénétrant de tous les commentateurs d’Aristote, par Simplicius (p. 494, éd. Brandis). Simpheius explique Péquilibre des corps eélestes par celle r'aisON que la force dt mouvement gyratoire l'emporte sur la force qui les sollicite à tomber. Tels sont les premiers pressentiments qui se firent jour au sujet des forces centralés. Un disciple d'Ammonius Herméas, l'alexandrin Jean Philopon, qui vivait vraisemblablement au vi siècle, va plus lom: comme il reconnaissait l'inertie de la matière, 11 explique par la révolution des planètes une impulsion primilive qu'il rattache ingénieusement à l’idée de la chute des corps, à la tendance qui altüire vers la Terre tous les corps lourds ou légers (de la Création du Monde, lv. 4, chap. 12). J'ai essayé de montrer comment un grand phénomène: naturel, la chute d’un aérolithe à Ægos-Polamos, et l'explication purement cosmique à l’aide de laquelle on chercha tout d’abord à en rendre compte, développèrent peu à peu dans l'antiquité grecque les germes qui, fécondés par le travail des siècles suivants, et réunis entre eux par un lien mathématique, conduisirent aux lois du mouvement cireulaire que découvrit et formula Huygens.
En abordant les rapports géométriques qui règlent la chate des étoiles filantes, j'entends les étoiles filantes périodiques, et non celles qui tombent rares et isolées, il convient, surtout d'examiner les résultats des observations récentes sur le rayonnément ou les points de départ des météores , et sur leur vitesse toute planétaire. Ce double caractère, le rayonnement el Ja vilesse , témoignent, avec un haut degré de vraisemblance, que les étoiles filantes sont des corps lumineux indépendants du mouvement de rolation de la Terre, qu'ils viennent du dehors, et passent des espaces célestes dans notre mo Lors des observations faites, dans l'Amérique du Nord, sur la période de
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novembre, en 1855, 1854 et 1857, on avait marqué, come point de départ, l'étoile 7 du Lion. On a reconnu, en 1859, pour la période d'août, que le point de départ était Algol, dans Persée, où un point intermédiaire entre Persée et le Faureau. Ces centres de rayonnement élaient à peu près les constellations vers lesquelles la Ferre se dirigeait à la même époque (*). Saigey, qui à soumis les observations de 1855 à une analyse très serupuleuse, remarque que le rayonnement fixe, partant de la constellation du Lion, n'a été constaté réellement qu'après minuit, dans les trois ou quatre heures qui ont précédé l'aurore, et que des dix-huit observateurs placés entre la ville de Mexico et le lac des Hurons, dix seulement ont reconnu le point de départ général indiqué par Denison Olmsted, professeur de mathématiques à New-Haven, dans l’État de Massachusetts (27).
L'excellent écrit publié par Édouard Heis, résumé trèssuceinct d'observations fort exactes, poursuivies pendant dix ans à Aix-la-Chapelle, sur les étoiles filantes périodiques, renferme, au sujet du rayonnement, des résultats d'autant plus précieux que lobservateur les a discutés avee une rigueur mathématique. D’après lui, la période de novembre se distingue en ce que les trajectoires sont beaucoup plus: dispersées qué dans la période d'août (2). Dans chacune de ces deux périodes, l'observateur a distingué simultanément plusieurs points de départ, qui n'étaient point toujours situés dans la même constellation, comme on s’est trop pressé de le croire, depuis 1855. Durant la période d'août des années 1839, 1841, 1842, 1845, 1844, 1847 et 1848, Heis outre le ‘centre principal d’Algol, dans la constellation de Persée, en a trouvé deux autres dans le Dragon et dans le pôle Nord (2°). « Afin, dit-il, d'obtenir des résultats exacts sur les points d’où rayonnaient les trajectoires des étoiles filantes, durant la période de novembre, pour les années 4859, 1841, 1846 et AS, j'ai tracé sur un globe céleste de 50 pouces les trajectoires moyennes appartenant à chacun des quatre points : Persée, le Lion, Cassiopée et la tête du Dragon, et j'ai marqué chaque fois la situation
du point d’où parlaient le plus grand nombre de trajectoires. De cel examen il est résulté que, sur 407 étoiles filantes, 171 vinrent d’un point de Persée, voisin de l'étoile >, dans la tête de Méduse, que 85 parlrent du Lion, 55 de la partie de Cassiopée voisine de l'étoile variable z, 40 de la tête du Dragon et 78 de points indéterminés. Ainsi, le nombre des étoiles filantes rayonnant de Persée, était plus que double du nombre de celles qui avaient leur point de convergence dans la constellation du Lion (5°). »
I} résulte de là que, dans les deux périodes, la constellation de Persée a joué un très-grand rôle. Un observateur sagace, qui à consacré huit ou dix ans à l'étude des phénomènes météorologiques, M. Jules Schmidt, adjoint à FObservaloire de Bonn, s'exprime très-neltement sur ce sujet, dans une lettre qu'il m'a adressée au mois de juillet 18541 : « Si lon met à part les grands flux d'étoiles filantes qui se sont produits au mois de novembre des années 1855 et 1854, ainsi que quelques autres du mème genre, dans lesquels la constellation du Lion envoyait de véritables essaims de météores, je suis aujourd'hui disposé à considérer le point de convergence placé däns Persée comme celui qui fournit, non- seulement au mois d'août, mais durant toute l'année, le plus grand nombre de météores. En prenant pour base de nos calculs les résultats des 478 observations de Heis, je trouve que ce point est sitaé par 50°,5 d’ascension droite et 51°,5 de déclinaison. Ceci s'applique aux années 1844-1846. Au mois de novembre 1849, du 7 au 14, j'ai vu 200 étoiles filantes environ de plus que je n’en avais remarqué à lamême époque depuis 1841. Parmi ces étoiles, quelques-unes seulement venaient du Lion; le plus grand nombre de beaucoup appartenait à la constellation de Persée. [l'en résulte, à ce qu'il me semble, que le brillant phénomêne qui se produisit au mois de novembre des années 1799 et {S11 n’a pas reparu depuis. Olbers soupconnait aussi que ces grandes apparitions ne devaient revenir qu'après une période de 54 ans. (Cosmos, {. 1, p. 102). Si l'on veut considérer les apparitions périodiques de ces mé-
me RERO an
téores et les complications de leurs trajectoires, on peut dire que certains points de rayonnement sont toujours les mêmes, mais qu'ilen existe aussi d’autres qui sont variables et sporadiques. » -
Quant à la question de savoir si les différents points de départ changent avec les années, ee qui. en admettant l'hypothèse des anneaux fermés, supposerait un déplacement des anneaux dans lesquels se meuvent les météores, c’est une question que les observations faites jusqu'à ce jour ne permettent pas encore de trancher avec certitude. Une belle série d'observations poursuivies par Houzeau, depuis 1839 jusqu'en 1842, semblent réfuter l'hypothèse d’un ehangement progressi! (51). Édouard Heis remarque très-justement que déjà, dans l'antiquité grecque et latine, l'attention avait été appelée sur la direction uniforme que semblaient prendre, dans un temps donné, les étoiles filantes qui sillonnalent la voûte da ciel (5°). On regardait alors cette direction comme le résultat d'un vent qui commençait à souffler dans les hautes régions de l'air, et les navigateurs y voyaient l'annonce d'un courant qui, de ces régions, allait bientôt descendre dans les couches inférieures.
Ainsi les étoiles filantes périodiques se distinguent déjà des étoiles sporadiques ou isolées par le parallélisme habituel de leurs trajectoires, qui semblent rayonner d’un même centre où de plusieurs centres déterminés. Mais 1l existe encore un autre critérium: c’est le nombre de météores qui, dans Fun et dans l’autre phénomène, brillent durant le même laps de temps, La distinetion des chutes d'étoiles filantes ordinaires et extraordinaires est un problème dont la solulion a été fort débatiue. Deux excellents observateurs, Of: bers et Quételet, ont cherché le nombre moyen des météores qui, aux jours ordinaires, peuvent êlre aperçus en une heure dans le cercle embrassé par une même personne; Olbers en compte 5 où 6; Quételet porte ce nombre jusqu'à 8 (5). On ne peut jeter du jour sur une question si imporlanté pour la cennaissance des lois qui règlent le mouvement et la direction des étoiles filantes, sans être à
méme de discuter un Wrès-grand nombre d'observations. Je me suis adressé avee confiance à un observateur dont j'ai déjà cité le nom, à M. Jules Schmidt, de Bonn, qui, habitué de longue main à l'exactitude astronomique; à en outre embrassé avec toute lardeur qui lui est propre l'ensemble des phénomènes météoriques, dont la formation et la chute des aérolithes n’est qu'une phase paruculière, la plus rare de toutes, el non par conséquent la plus importante. Je joins ici les résultats principaux des communications que je doïs à son obligeance (54).
« À la suite d’un grand nombre d'observations, répétées pendant un laps de temps qui varie de 3 à 8 années, la moyenne des étoiles filantes sporadiques se trouve être de 4 à 5 par heure. Cela est l’état habituel, en dehors des phénomènes périodiques. Les moyennes sont ainsi réparues pour chaque mois en parliculier :
Janvier 5,4; février (?); mars 4,9: avril 2,4; mai 5,9; juin D,5: 2 PEN 29 juillet 4,5; août 5,5; septembre 4,7: octobre 4,5; novembre 5,5: décembre 4.0.
» Quant aux étoiles filantes périodiques, la moyenne est au moins de 15 à 15 par heure. Pour la période d'août on la pluie de Saint-Laurent, en remontant un peu plus haut, et en allant des étoiles sporadiques aux étoiles périodiques, j'ai trouvé, à l'aide d'observations poursuivies, comine je l'ai dit déjà, pendant un intervalle de 5 à 8 années, que les moyennes croissaient progressivement, ainsi qu'il suit :
Indication Nombre des météores Nombre des années des jours. » par heure. d’observalion.
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» L'année 1851, considérée isolément, a donné les résullats suivants, malgré le clair de lune:
7 AOÛ "2 1 : ,. © Méteorés:
D RM RE T e ste 0 — JE me. . NES AU — OPEN 4 OARRREATS LS ED ONCE! MERS SILEOS SITE CE ES PRES ADD ENT RMS HN EE A —
» D'après Édouard His, On à observé le 10 aoët dans l'espace d'une heure:
EnA859 cd: 2 RO météores.
BABA S. NU —s À ENS AO UE PR 50 Hs
» Dans le flux mété orique du mois d'août 1849, 1 tomba en 10 minutes, au moment du maximum, 54 étoiles filantes. Tous ces nombres s'appliquent aux météores visibles dans le champ visuel d'un seul observateur. Depuis Yannée 1858, les phénomènes de novembre ont été moins brillants. Cependant, le 12 novembre 1859, Heis voyait encore de 22 à 52 météores par heure , et le 15 novembre 1846, Fa moyenne était comprise entre 27 et 35. Ainsi l’a-. bondance des flux périodiques varie suivant les années ; mais toujours le nombre des météores est beaucoup plus. considérable aux époques déterminées que durant les nuits ordinaires, où lon ne peut voir ee heure plus de 4 ou 9 étoiles filantes. C'est à partir du 4 janvier, dans le mois de février et dans le mois de mars, que les mé téores sont le plus rares (5°).
» Bien que les périodes d'août el de novembre soient à bon droit les plus célèbres, on en a reconnu plusieurs autres, dans ces derniers temps, depuis que l'on a observé avec plus d’exactitude le nombre et la direction des météores. | Janvier: Du 19° au 5. Il reste quelques doutes sur le résultat
; de cette observation.
Avril-
Mai:
Juillet :
Octobre :
Le 18 ou le 20? Arago avait déjà soupconté cette période. Il y a eu en outre de grandes pluies d'aérolithes le 25 avril 4095, le 22 avril 1800 et le 20 avril 4805. Voyez le Cosmos, t. 1, p. 542, note 74. et l'Anauaire du Bureau des Longitudes pour 1856, p. 297.
Le 26?
Depuis le 26 jusqu'au 50, d'après les observations
+ de Quételet. Le maximum proprement dit eut lieu entre le 27 et le 29. Le trés-regrettable Edouard Biot a trouvé parmi les plus anciennes observations chinoises un maximum général, compris entre le 18 et le 27 juillet.
Avant l'apparition de la Saint-Laurent, particulièrement du 2 au 5. On ne remarque habituellement du 26 juillet au 10 août aucun accroissement régulier, — La pluie de Saint-Laurent. Cette apparition fut signalée pour la première fois par Musschenbroek, puis par Brandes (Cosmos. t.:1, p. 100 et 542). Le maximum, observé depuis plusieurs années, tombe décidément le 10 août. D'après une ancienne tradition répandue en Thessalie, dans les contrées montagneuses qui-entourent le Pélion, le ciel s’entr'ouvre dans la nuit du 6 août, fête de la Transfiguration , et des flambeaux apparaissent à travers cette ouverture, Voyez Herrick, dans | 4me-
. rican Journal de Silliman, t. XXX VIL 1359, p. 557, et Quételet, dans les Nouveaux Mémoires de lL'4cadémie de Bruxelles, &. XV, p. 9.
Le 49 et aux environs du 26. Cette apparition a été décrite par Quételet, par Boguslawski, dans le Reeueil intitulé: 4rbeiten der Schles. Gesellschaft für Vaterlünd. Cultur , 1845, p. 4178; et par Heis, dans l'écrit cité plus haut, p. 53. Heis à réuni les observations du 21 octobre 1766. du 18 oct. 4858, du 17 oct. 1841, du 24 oct. 1845: des 11-12 oct. 1847 et des 20-26 oct. 1848. Voyez sur trois apparitions qui se produisirent au mois- d'octobre, dans les années 902, 1209 et 1566, le 4er tome du Cosmos, p. 105 et 557, note 66. Les nombreuses expériences faites de 1858 à 1848 ont enlevé beau-
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coup de son importance à la conjecture de Boguslawski. d'après laquelle les essaims de météores observés en Chine du 18 au 27 juillet, et la pluie d'étoiles filantes du 21 octobre 1566 (ancien style), ne seraient autres que les phénomènes périodiques d'août et de. novembre, avancés de nos jours par l'effet de la précession (°).
Novémbre: Du 12 au 1%. Le phénomène se produit aussi, mais très-rarement , le 8 ou le 10. Le souvenir de la grande pluie d'étoiles filantes que Bonpland et moi nous observimes à Cumana, dans la nuit du 41 au 12 novembre 1799, revenant en mémoire, lors de l'apparition analogue qui eut lieu en 1855 dans la nuit du 12 au 15, furent une des raisons qui disposèrent à admettre le retour périodique de ces phénomènes, à certains jours déterminés (”).
Décembre : Du 9 au 12. En 1798 cependant, le phénomène se manifesta, suivant Brandes, dans la nuit du 6 au 7. En 1858, Herrick le vit aussi à New-Hawen, dans Ja nuit du 7 au 8. Heis l’a observé en 1847, le 8 et le 10. ta
» Ces pluies périodiques de météores, parmi lesquelles les cinq dernières sont les plus certaines, méritent de fixer l'attention des observateurs. Ce ne sont pas seulement les pluies des différents mois qui varient entre elles, la richesse et l’éclat de chacun des PAC ARES varie aussi Suivant les années
» La limite supérieure des étoiles te ne saurait être déterminée avec certitude, et Olbers tenait déjà pour trèsdouteuses toutes les délermivalions de hauteur qui dépassent 2 22 myriamètres. La limite inférieure, que lon évaluait précédemment à 5 myriamêtres (91000 pieds), doit être de beaucoup réduite (Cosmos, LE, p. 97). On s’est assuré, par des mesures prises avec soin, que des étoiles filantes descendent presque jusqu'aux somuiets du Chimboraco et de l'Aconcagua, à S000 mêtres au-dessus de la surface dela mer. D'autre part, Heis remarque qu'une étoile filante, vue simultanément à Berlin et à Breslau, dans la nuït du 10 juil-
leu 1837, était, d'après des mesures exactes, à 46 myriamètres de hauteur, au moment où elle s’enflamma, et à 51, lorsqu'elle s’éteignit. D'autres, durant la même nuit, s'évanouirent à une hauteur de 10 myriamètres. I résulte d’un travail fait antérieurement par Brandes, en 1825, que sur 100 étoiles filantes mesurées, avec soin à deux stations différentes, 4 étaient hautes seulement de 1 ou 2 myriametres ; 15 étaient comprises entre 2 el 4; ; 22 entre et 7; 5b, près d'un lers par conséquent , entre 7 7 et 11; 15 entre 41 et 15; 11 seulement, c'est-à-dire moins d’un dixième, élaient-au-dessus de 15 myriamètres, mais aussi la hauteur de ces 11 météores variait de 55 à #4 myriamètres. Il résulte de 4000 observations réunies dans Fespace de 9 années, en vue de déterminer la couleur des étoiles filantes, que, sur ce nombre, les 2/5 étaient blanches, 1/7 jaunes, 1/47 d'un jaune rouge, et que 1/57 seulement étaient verles. »
Olbers remarque que durant le flux de météores qui signala la nuit du 12 au 15 novembre 1858, il parut à Brême une belle aurore boréale, qui colora d’un rouge de sang une grande étendue du ciel. Rien n’altéra néanmoins la eouleur “blanche des étoiles filantes qui sillonnèrent cette ré-
gion, d’où l’on a conclu que les rayons de l'aurore boréale étaient beaucoup plus éloignés de la surface de la terre que les étoiles filantes, au moment où en tombant elles devenaient invisibles (Voy. les Nouvelles Astronomiques de Schumacher, n° 372, p. 178). D’après les observations faites jusqu'à ce jour, la vitesse relative des étoiles filantes est de 5,5 à 7 myriamètres par seconde, la vitesse de translaüon de la terre étant de 5 myrlamètres seulement (Cosmos, t. 1, p. 97 et 558, note 68). Les observations correspondantes faites en 1849 par Jules Schmidt, à Bonn, et par Heis, à Aix-la-Chapelle, n’ont donné en réalité que 26 kilomètres, comme minimum de la vitesse d’une étoile filante qui, placée verticalement au-dessus du Saint-Goar, à une hauteur de 9 myriamètres, se dirigea vers le Lachersee. D’après d’autres comparaisons, faites par les mêmes observa-
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teurs et par Houzeau, à Mons, les étoiles filantes se sont mues avec une vitesse comprise entre 8,5 et 17,5 myriamètres par seconde, c'est-à-dire de deux à cinq fois plus grande que la vitesse planétaire du globe terrestre. Ce résuliat confirme d'une manière éclatante lorigine chimique de ces phénomènes et la fixité d'un ou plusieurs points de divergence; en d'autres termes, il prouve que les étoiles filantes périodiques sont indépendantes de la rotation de la terre, et que durant plusieurs heures elles partent d’ane même étoile, alors même que cette étoile n’est pas celle vers laquelle la Terre se dirige au même moment. En général, les globes enflammés paraissent, autant qu’on à pu l'observer jusqu'à ce jour, se mouvoir plus lentement que les étoiles filantes. Si les pierres météoriques s’échappent de ces globes, on est embarrassé d'expliquer comment elles entrent si peu avant dans le sol de Ja terre. La masse pesant 276 livres, qui tomba à Ensisheim, en Alsace, le 7 novembre 4492, s'enfonea seulement de 3 pieds, et Faérolithe de Braunau, du 14 juillet 1847, ne pénétra pas plus avant. Je ne connais que deux pierres météoriques qui, tombant sur un Sol peu consistant, aient entamé la terre à une profondeur beaucoup plus considérable, lune à 6, l’autre à 18 pieds: ce sont l’aérolithe de Castrovillari, dans les Abruzzes, à la date du 9 février 1583, et celui qui fut précipité à Hradschina, dans le Comitat d’Agram, le 26 mai 1754.
Ea question de savoir si les étoiles filantes laissent tomber quelque matière, à été résolue dans les deux sens opposés. Les toits de chaume de la commune de Belmont, dans le département de l'Ain, qui furent enflammés par un imétéore, pendant la nuit du 15 novembre 1855, à l’époque par conséquent d’une apparition périodique d’étoiles filantes, furent incendiés, à ee qu'il paraît, non par la chute d'une étoile filante, mais par l'explosion d'un globe enflammé, qui, d'après le récit.de Millet d'Aubenton, lança des aérolithes, dont, à la vérité, l'existence est demeurée problématique. Un incendie analogue, causé par un globe enflammé, éclata le 22 mars 1846, vers 5 heures, dans la com-
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