‹ Cosmos (volume 5)Chapitre 41 sur 53 · ODIA · texte numérisé non relu

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I! résulte de l'aperçu qui précède que 52 ans à peine se sont écoulés entre le moment où la comète d'Encke a ete reconnue êlre une comète intérieure et celui où a été découverte la comète également intérieure de d’Arrest (3). Yvon Villarceau a donné aussi, dans les Nouvelles astronomiques de Schumacher , les éléments elliptiques de la comète de d’Arrest. Il a présenté, conjointement avec Vaiz, quelques hypothèses sur lidentité de cette comète” avec celle de 1678, observée par La Hire et calculée par Douwes. Deux autres comètes, la 5° de 1819, découverte par Pous et caleulée par Encke , et la 4° de la même année, découverte par Blanpain, et identique, d’après Clausen; avec là première de 1745, paraissent aussi accomplir leur révolution en cinq ou six ans; mais ces deux astres ne peuvent encore être cités à côté de ceux dont les éléments, gràce à des observations répétées et précises, ont été calculés avec plus de certitude et de perfection. S

L'inclinaison des orbites des comètes intérieures sur l’écliptique est généralement faible et comprise entre 5° et 15° ; celle de la comète de Brorsen est seule considérable el ne va pas à moins de 51°. Toutes les comêtes intérieures découvertes jusqu’à ce jour ont, comme toutes les planèles et les satellites de notre système solaire, un mouvement direct de l'Ouest à Est. Sir John Herschel a signalé à l'attention le phénomène très-particulier d’une marche rétrograde parmi les comètes faiblement inclinées sur l'échiptique (14). Ce mouvement inverse, qui ne se rencontre que dans une classe spéciale de corps planétaires, est d’une grande importance, en ce qu’elle peut éclairer l'opinion régnante sur l’origine des membres d’un même système, sur la force et sur la direction de l’inpulsion première. Cela nous fait voir que le monde des comètes, bien que les immenses distances qui l'en séparent ne puissent le soustraire à l'influence du corps central, a cependant son individualité propre, et jouit d'une indépendance relative. Cette considéralion a conduit à l'hypothèse que les comêtes sontles plus anciens de tous les corps planétaires, qu'elles forment

pour ainsi dire le type originel de Fa matière diffuse qui remplit les espaces célestes (15). On se demande subsidiairement si, malgré l'immense intervalle qui sépare encore l'étoile a plus rapprochée dont nous connaissions Ja parallaxe et l’aphélie de Ja.comète de 1680, quelques-uns des astres comelaires qui font des apparitions au firmament ne traverseraient pas notre système en simples passagers, voyageant de soleil en soleil.

A la suite du groupe des comètes , je place, comme se attachant très-probablement au système solaire, la lumière zodiacale; et en dernier lieu j'arrive à ces essaims d’astéroïdes météoriques qui toinbent de temps à autre sur la surface de notre globe, et dont quelques astronomes contestent l'existence , en lant que corps célestes. Comme, à l'exemple de Chladni, d'Olbers, de Laplace, d'Arago , de John Herschel et de Bessel, je tiens positivement les aérolithes pour des corps étrangers à la terre et d’ origine cosmique, je puis bien, à la fin d’un chapitre consacré aux astres errants, exprimer la confiance dont je suis pénétré, que l'opinion contraire disparaitra un jour, à l'aide d'observations plus précises sur les aérolithes, les bolides et les étoiles filantes , comme a disparu depuis longtemps lopipion universelle qui, jusqu'au xvi° siècle, altribuait aux comètes une origine méléorique. Déjà cependant ces astres étaient pour la corporation des prétres Chaldéens de Babylone, pour une grande partie de l'école pythagoricienne et pour Apollonius le Myndien, des corps célestes, qui revenaient à des époques déterminées, en déerivant de vastes orbites; au contraire, la grande école antipylagoricienne d’Aristole , el Épigène , pris à partie sur ce point par Scnèque, ne voyaient dans les comêtes que des phénomènes météorologiques qui ne dépassaient point notre atmosphère (*5). Heureusement ces fluctuations des esprits entre des hypothèses opposées , qui nous ramènent des espaces infinis à notre atmosphère terrestre, doivent avec le temps aboutir à la véritable interprétation des phénomènes na- Lurels.

IW.

LUMIEÈRE ZODIACALE

On a reconnu, dans l'espace de deux siècles et demi, et à de longs intervalles, l'existence, la place et la configuraion de beaucoup de mondes distincts, qui ont suecessivement ajouté à la richesse de notre système solaire. D'abord l’altention a été appelée sur les systèmes subordonnés, analogues au système principal, dans lesquels des corps célestes de moindre dimension circulent autour de corps plus vastes. On a observé ensuite les anneaux excentriques qui entourent une planète extérieure, l’une des moins denses entre toutes les planètes et la plus abondamment pourvue de satellites; puis l’on à constaté l'existence de la lumière zZodiacale, lueur douce, bien que facilement visible à l'œil nu, qui se détache en forme de pyramide, et on Pa rapportée à la cause matérielle qui vraisemblablement la produit. Plus tard on a démélé les orbites entrelacées des pelites planètes ou astéroïdes, renfermées entre les limites de deux vastes planètes , et situées en dehors de la zone zodiacale. Enfin on a étudié le groupe merveilleux des comêtles intérieures, dont l’aphélie reste en deca de l'aphélie de Saturne, d'Uranus ou de Neptune. Il est nécessaire, dans une description des espaces célestes, de bien faire ressortir

— 45S — la diversité des mondes dont se compose le système solaire, diversité qui d’ailleurs n'exclut nullement la communauté d'origine n1 la dépendance permanente des forces motrices.

Quels que soient les doutes qui subsistent encore sur la eause matérielle de la lumière zodiacale, il semble, en partant de ce fait mathématiquement démontré, à savoir que l'atmosphère solaire ne peut point dépasser les 9/20 de la distance de Mercure au Soleil, il Semble, dis-i -je, que, dans l’état actuel et malheureusement très-incomplet de nos connaissances , l'opinion la plus satisfaisante doive être celle qui se recommande des noms de Laplace, de Schubert, d’Arago et de Biot, d’après laquelle la lumière zodiacale rayonne d'un anneau nébuleux , aplati, et circulant librement dans l’espace compris entre les orbites de Vénus et de Mars. La limite extrème de l'atmosphère, pour le Soleil, comme pour les planètes, centres de systèmes subordonnés, ne peut pas s'étendre au delà du point où l'attraction du corps central fait exactement équilibre à la force centrifage. Les portions d'atmosphère qui ont dépassé cette limite ont dû s'échapper par la tangente et donner naissance, en s’agglomérant, à des planètes et à des satellites, où, si elles ne se sont point condensées en globes sphériques , continuer leur course sous la forme d'anneaux va- : poreux ou solides. D'après ces vues, la lumière zodiacale rentre dans la catégorie des corps planétaires, el doit être soumise aux lois générales de leur formation.

Les progrès faits dans la voie de l'observation par cette partie délaissée de nos connaissances astronomiques se réduisent à si peu de chose , que je ne puis guère ajouter à ce que j'ai déjà dit, en m ’aidant de mon expérience propre et de l'expérience des autres, dans le Tableau de la Nature placé en têle de cet ouvrage (Voyez L 1, p. 547-592 et 110-1155 LATE p. 509). Vingt- deux ans avant la naissance de Dominique Cassini , auquel on fait honneur communé- DEL d'avoir le premier signalé la lumière zodiacale , le

chapelain de lord Henri Somer set, Childrey, avait, dans sa

Britannia Baconica, publiée en 1661, appelé l'attention des astronomes sur la lumière zodiacale, comme sur un phénomène qui n'avait pas encore été décrit, et dont il avait été témoin durant plusieurs années, au mois de février et au commencement de mars. La justice m’oblige aussi à mentionner une lettre de Rothmann à Tycho, signalée par Otbers, d’où 1l résulte que dès la fin du xvi° siècle, Tycho avait vu la lumière zodiacale, et laÿait prise pour l’apparilion anomale d’une aurore boréale au printemps. L’intensité lumineuse beaucoup plus grande que ce phénomène présente en Espagne, sur les côtes de Valence et dans les plaines de la Nouvelle-Castille, m'avait engagé déjà, avant que je quittasse l'Europe, à l’observer assidûment. L’éclat de cette lumière , je pourrais dire de cette illumination, augmenta encore d’une manière surprenante , à mesure que je m'approchai de l'équateur, sur le continent américain ou sur la mer du Sud. A travers l'atmosphère toujours séche et transparente de Cumana, dans les plaines d’herbes ou Llanos de Caracas, sur les plateaux de Quito et sur les lacs du Mexique, particulièrement à des hauteurs de huit à douze mille pieds, où je pouvais séjourner plus longtemps, je vis la lumière zodiacale Surpasser quelquefois en éclat les plus belles parties de la voie lactée, comprises entre la proue du Navire et le Sagittaire, ou pour citer des régions du ciel visibles dans notre hémisphère, entre FAïgle et le Cygne.

En général cependant l'éclat de la lumière zodiacale m'a paru ne pas augmenter sensiblement avec la hauteur du lieu d’où on lobserve, mais dépendre surtout de changements auxquels le phénomène lui-même est soumis, et de sa plus ou moins grande intensité lumineuse ; c’est du moins <e que m'aulorisent à croire les observations que j'ai faites sur Ja mer du Sud, dans lesquelles j'ai remarqué un reflet semblable à celui que produit le coucher du Soleil. J'ai soin de dire surtout, car je ne nie point d’une manière ab- . solue que Fétat des hautes couches de Fatmosphère, leur plus ou moins grande diaphanéité, n'aient pu exercer aussi

quelque influence, alors même que, dans les couches inférieures, mes instruments n’indiquaient aucune varialion hygrométrique, ou que les changements indiqués semblaient devoir produire un tout autre effet. C’est surtout des résions tropicales, où les phénomènes météorologiques montrent dans leurs variations le plus d'uniformité et de régularité, qu'il est permis d'attendre des éclaireissements sur la nature de la lumière zodiacale. Là l'apparition est perpétuelle, et, en comparant, soigneusement les observations faites à diverses hauteurs et dans des circonstances locales différentes, on peut espérer de distinguer, à l’aide du calcul des probabilités, ce qui tient à la nature même de ce phénomène lumineux et ce qui doit être rapporté à des influences météorologiques.

On a souvent répété qu'en Europe, durant plusieurs anpées conséculives, On D'avait aperçu presque aucune trace de lumière zodiacale, où que ce phénomène s’élait borné à une très-faible apparence. Un affaiblissement proportionnel se faisait-il sentir en mème temps sous la zone équinoxiale? Pour se livrer avec succès à une semblable recherche, il ne faut pas considérer seulement la configuralion de la région lumineuse, soit d'après des mesures directes, soit en se réglant sur la distance des phénomènes à des étoiles connues; on doit aussi s'attacher à l’intensité de Ja lumière, à son uniformité ou à son intermittence, lorsque quelquefois elle pàlit et se ravive alternativement, et aux résultats du polariscope. Déjà Arago, dans lAnnuaire du Bureau des Longitudes pour 1836 (p. 298), à signalé ce résultat probable des observations comparées de Dominique Cassini : « Que la supposition des intermittences de la diaphanéité atmosphérique ne saurait suffire à l’explication des variations signalées par cet astronome. »

immédiatement après les prémières observations faites à Paris par Dominique Cassini et par son ami, Fatio de Duillier, des Français qui voyageaient dans les Indes, les © Pères Noël, de Bèze et Duhalde, se sentirent attirés vers le même objet; mais des Rapports isolés, dans lesquels

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les auteurs se contentent de décrire le plaisir que leur a causé ce spectacle nouveau, ne peuvent servir de base à une discussion approfondie des causes qui produisent les variations de Ja lumière zodiacale. Ainsi que l'ont encore prouvé depuis les efforts du laborieux Horner, ce ne sont pas des excursions rapides, et ce que l'on est convenu d’appeler des voyages de cireumnavigalion qui peuvent réellement conduire à un pareil but (voyez la Correspondance mensuelle de Zach, &. XV, p. 557-540). Ce n’est que par un séjour de plusieurs années dans quelque contrée tropicale que l’on peat arriver à résoudre le problème des variations que subissent la configuration et l'intensité de la lumière zodiacale. Pour lobjet qui nous occupe en ce moment, et en général pour toute la Météorologie, 1l faut ajourner nos espérances jusqu'au moment où la culture scientifique se sera définitivement répandue sur la zone équinoxiale de l'Amérique espagnole, dans ces contrées où il existe, entre 10700 et 12500 pieds au-dessus du niveau de la mer, des villes grandes et populeuses , telles que Cuzco, la Paz, Potosi. Les résultats numériques auxquels est parvenu Houzeau, résultats qui reposent, il est vrai, sur un trop petit nombre d'observations, sont de nature à faire croire que le grand axe de la lumière zodiacale ne coïncide pas avec le plan de l'équateur solaire , pas plus que la masse vaporeuse de l'anneau , dont noas ignorons l’état moléculaire, ne traverse l'orbite terrestre. (Voyez les Nouvelles astronomiques de Schumacher, n° 492.)

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