‹ Cosmos (volume 5)Chapitre 44 sur 53 · ANS · texte numérisé non relu

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tion d'un globe enflammé, à Utrecht, le 25 août de la même anhée , en vit ces météores poindre, éclater en étoiles et atteindre la grandeur apparente du disque lunaire. Durant les grandes pluies d'étoiles, telles que celles de 1799 et de 1855, beaucoup de bolides ont élé incontestablement mêlés à des milliers d'étoiles flantes ; mais eëla ne démontre en aucune facon l'identité de ces deux espèces de météores: Pafinité n'est point l'identité. H reste encore beaucoup de points à approfondir sur les relations physiques de ees phénomènes, sur la part que les étoiles filantes peuvent avoir au développement des aurores boréales, ainsi que l'amiral Wrangel à eru le reconnaître, en longeant les côtes de a mer Glaciale (5°), enfin sur les nombreux phénomènes lumineux, qui précédent la formation de quelques bolides, et qu il ne faut p pas se hâter de nier, parce qu'ils ont élé décris jusqu’à ce jour d’une manière insuffisante. La plupart des bolides ne paraissent point accompagnés d'étoiles filantes, el rien ne fait supposer qu’ils reviennent périodiquement. Ce que nous savons des points déterminés, d’où rayonnent les étoiles filantes, ne peut aussi jusqu’à ce jour s’appliqaer qu'avec beaucoup de circonspection aux bolides.

il peut arriver, bien que cela se présente rarement, que des pierres météoriques tombent par un eiel parfaitement pur,.el avee un craquement effroyable, sans être annoncées par aucun nuage méléorique, el sans dégager de lumière, comme cela a eu lieu le 146 septembre 1843, à Kiein-Wenden, près de Mulhouse; ou bien, et cela est déjà plus fréquent, elles sont lancées du milieu d’un nuage noir qui se forme tout à coup, toujours sans lumière el avec accompagnement de phénomènes acoustiques ; 6u enfin, le cas le plus habituel est qu'elles sont en communication avec des bolides enflammés. Celte communication est constatée par des'exemples qui ne peuvent être révoqués en doute, et sur lesquels nous possédons des détails très- complets. A Barbolan, dans le département des Landes, des aérolithes tombèrent, le 24 juillet 1790, d’un petit nuage blanc météorique, en même (emps qu'apparaissait un bolide rouge (4).

Jl en fut de même des pierres qui tomberent à Benarès, dans l'Hindostan, le 13 décembre 1798, et à l’Aigle, dans le département de l'Orne, le 26 avril 1805. Ce dernier phénomène , celui de tous qui, grâce à Biot, a été le mieux exx. miné et le mieux déerit, a enfin, 29 siècles après la chute de la grande pierre d’Ægos-Potamos, et 500 ans après qu’un Religieux eut été tué à Créma par un aerolithe, mis un terme au scepticisme endémique des Académies (41). Lors du phénomène de 1805, un grand bolide, se mouvant du Sud-Est au Nord-Ouest, fut vu à Alencon, à Falaise et à Caen, par un ciel très-pur, vers une heure de l'après-midi. Quelques moments après, on entendit à l’Aigle, durant cinq à six minutes, une explosion partant d’un petit nuage noir presque immobile, qui fat suivie de trois ou quatre coups de canon et d’un bruit que on eût pu croire produit par des décharges de mousqueterie, auxquelles se mêlait le son d'un grand nombre de tambours. Chaque détonation détachait du nuage noir une partie des vapeurs qui le formaient. On ne remarqua en cel endroit aueun phénomène lumineux. Beaucoup de pierres météoriques, dont la plus grande ne pesait pas plus de 17 livres et demie, lombêrent à la fois sur une surface elliplique, dont le grand axe, dirigé du Sud- Est au Nord-Ouest, avait 11 kilomètres de Jongueur. Ces pierres élaient brûlantes sans être enflammées, elles fumaient, el, chose singulière! elles étaient plus faciles à briser quelques jours après leur chute que plus tard (#2). J'ai insislé à dessein sur ce phénomène, afin de pouvoir le comparer avec un autre du 15 septembre 1768. A quatre heures et demie de l'après-midi, on vit dans le village de Luce, situé à 2 heues de Chartres, vers l'Ouest, un nuage sombre, dans lequel on entendit comme une canonnade, suivie d’un sifflement produit par la chute d'une pierre noire qui décrivit une ligne courbe. Celle pierre, qui s’enfonea à moitié dans le sol de la terre, pesait 7 livres et demie, et était tellement brûlante que l'on ne pouvait la toucher. Elle fut très-incomplètement analysée par Lavoisier, par Fougeroux et par Cadet. On n'apereut pendant

toute la durée du phénomène aucun dégagement de lumicre.

Aussitôt que lon commenca à observer les pluies pée riodiques détoiles filantes, et à épier leur apparition, dans les nuits où elles étaient attendues, on remarqua que le nombre des météores augmentait, à mesure que la nuit M etqu'ils tombaient en plus grande abondance en-

e deux el cinq heures du matin. Déjà, lors du grand phénomène que nous observames à Cumana, dans la nuit du 11 au 12 novembre 1799, ce fut entre deux heures et demie et quatre heures que M: Bonpland vit affluer le plus grand nombre de météores. Un ‘observateur qui a rendu des services signalés à cette partie de la science, Coulvier- Gravier, a présenté à lInsütut de France, en 1845, un Mémoire lnportant sur la Variation horaire des Étoiles filantes. [est difficile de deviner quelle influence peut exercer sur ces phénomènes une heure plus avancée de la nuit. S'il était établi que, sous les différents méridiens, les étorles filantes commencent surtout à être visibles à une heure déterminée, il faudrait, tout en maintenant lorigine cosmique de ces phénomènes, admettre cette conjecture, d’ailleurs peu vraisemblable, que certaines heures de la nuit, ou platôt du matin, sont plus favorables à l’inflammation des étoiles filantes, et que celles qui tombent avant ce moment restent le plus souvent invisibles. Mais, pour avoir le droit de tirer des conclusions certaines, il faut conunuer pendant longlemps encore à recueillir des observations.

Je crois avoir exposé assez complètement, dans le premier volume du Cosmos (p. 105-106), eu égard à l'état de la science en 1845, les caractères principaux des divers bolides qui Lembent du haut des airs, leur composition chimique et leur tissu granulaire, étudié surtout par Gustave

tose. Les travaux successifs de Howard, Klaproth, Thénard, Vauquelin, Proust, Berzélius, Stromeyer, Auger , Dufresnoy, Gustave et Henri Rose, Boussingault, Rammelsberg et Shépard, ont fourni déjà de riches matériaux, bien que vraisemblablement les deux tiers des pierres mé-

téoriques soient soustraites à nos regards dans les profondeurs de la Terre (4). S'il est manifeste que sous toutes les zones, dans le Groënland, à Mexico et dans Amérique du Sud, en Europe, dans la Sibérie et dans l’'Hindostan, les aérolithes ont tous une certaine ressemblance de physionomie, on s'aperçoit, en y regardant de plus près, qu'ils présentent aussi des oppositions très-marquées. Un grand nombre de pierres météoriques contiennent 0,96 de fer: on en trouve à peine 0,02 dans les aérolithes de Sienne. Presque tous ont une surface mince, noire, brillante et quelquefois veinée; celle croûte manque complètement à la pierre de Chantonnay. La pesanteur spécifique de quelques aérolithes s'élève jusqu'à 4,28; elle n’est que de 1,9% dans l’aérolithe carbonisé et composé de petites lames friables, qui à été trouvé à Afais. Quelques-uns, comme celui de Juvenas, sont formés d’un tissu semblable à de la dolérite, dans lequel on distingue de l’olivine, de Paugite et de l'anortite, déjà séparées en cristaux; d’autres, tels que la masse découverte en Sibérie par Pallas, ne présentent que du fer mêlé de nikel, et de lolivine; d’autres enfin, autant que l’on peut distinguer les éléments qui les composent, sont des combinaisons de hornblende et d’albite, comme celui de Château-Renard, où de hornblende et de labrador, comme ceux de Blansko et de Chantonnay.

Si l’on entbrasse dans leur ensemble les travaux d’un chimiste très-distingué, le professeur Rammelsberg, qui récemment s’est voué sans interruption, et avee autant de bonheur que d'activité, à l’analyse des aérolithes et à la recherche des corps simples qui les composent, on oblient ce résultat: « que la distinction des masses tombées de l'atmosphère en fers météoriques el en pierres météoriques, ne doit pas être prise à la rigueur. On trouve, bien que rarement, des fers météoriques avee un mélange de silicates. Ainsi la masse dé fer météorique de Pallas qui pèse 1270 livres russes, d’après Ja nouvelle expérience de Hess, renferme des grains d’olivine; et réciproquement beaucoup de pierres météoriques sont mèlées de fer métallique. »

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« 1° Toutes les masses de fer météorique, celles dont la chute a pu être observée par des témoins oculaires, comne à Hradschina, dans le Comitat d'Agram, le 26 mai 1754, et à Braunau, le 14 juillet 1847, et celles, en beaucoup plus grand nombre, qui gisent depuis longtemps à la surface de la terre, possèdent en général à très-peu près les mêmes propriétés physiques el chimiques. Presque toujours elles contiennent des parcelles plus ou moins grosses de sulfare de fer, qui pourtantne paraît point être de la pyrite de fer ou de la pyrite magnétique, mais du protosulfure de fer (44). La masse principale n’est point non plus du fer métaliique pur; elle est mêlée d’un dixième de nickel, en moyenne, un peu plus où un peu moins, et ce métal s’y retrouve d’une manière si constante, qu'il est un excellent critérium pour reconpaître l'origine météorique de la masse entière, C’est à d'ailleurs un simple mélange de deux métaux isomorphiques; il n’y à point combinaison dans des proportions déterminées. On trouve aussi en moindre quantité le cobalt, le manganèse, le magnésium, Pétain, le euivre et le carbone. Cette dernière substance est en partie mêlée à la masse par une action mécanique, comme du graphite de diffeile combustion, en partie combinée chimiquement avee le fer, de manière à former un ensemble analogue à une erande quantité de fer en barres. Ainsi, toute masse de fer météorique contient une combinaison particulière de phosphore, de cuivre et de nikel, combinaison qui, lorsqu'on vient à dissoudre le fer par l'action de lacide hydrocblorique, subsiste sous la forme de cristaux formés d’aiguilles et de lamelles microscopiques, blanches comme F'argent. »

« 2° On a coutume de diviser les pierres méléoriques proprement dites en deux classes, d’après leur aspect extérieur. Les unes contiennent dans leur masse, en apparence homogène, des grains et des paillettés de fer météorique, atlirables à l'aimant, et qui présentent absolument les mémes caractères que les aérolithes de la nème substance. A celte classe appartiennent les pierres de Blansko, de Lissa,

de l’Aigle, d'Ensisheim, de Chantonnay, de Kicinwenden près de Nordhausen, d'Erxleben, de Château-Renard et d'Utrecht. La seconde classe est pure de tout alliage métallique et se présente plutôt sous l'aspect d'un mélange cristallin de diverses substances minérales: telles sont par exemple les pierres de Juvenas, de Lontalar et de Stannern. »

« Après les premières analyses chimiques des pierres météoriques, faites par Howard, Klaproth et Vauquelin, on fut longtemps/sans songer que ces corps pouvaient être formés par lPassemblage de combinaisons différentes. On se bornait à chercher en général les éléments qui les composaient, à extraire à laide d'un aimant le fer métallique qu’elles pouvaient contenir. Lorsque Mohs eut appelé Fattention sur l’analogie que présentaient quelques aérolithes avee certaines pierres felluriques, Nordenskjüld entreprit de prouver que l’aérolithe de Lantalar, en Finlande, était un composé d’olivine, de leucite et de fer magnétique ; mais c’est à Gustave Rose que lon doit d'avoir démontré par ses belles observations, que la pierre de Juvenas est formée de pyrite magnétique, d’augite et d’un feldspatk très-semblable au labrador. Guidé par ces résultats, et appliquant, comme Gustave Rose, l’analyse chimique, Berzéhus, dans un travail plus étendu, inséré aux Kongl. Vetenskaps-Academiens Hendlingar für 1834, rechercha la composition minérale de diverses combinaisons que présentent les aérolithes de Blansko, de Chantonnay et d’Alais. Depuis, beaucoup de savants ont suivi la route heureusement frayée par Berzélius. »

« Dans la première classe des pierres météoriques proprement dites, qui est aussi la plus nombreuse, dans celle qui contient des parties de fer métallique, ce métal existe, tantôt en parcelles semées ca et là, tantôt en masses plus considérables, qui offrent quelquefois l'aspect d’un squelette de fer, et forment une transitien entre les aérolithes purs de tout mélange métallique et les masses de fer météorique, dans lesquelles, ainsi qu’on le voit dans la masse

de Pallas, les autres éléments disparaissent. Les pierres météoriques de la seconde classe sont, par l'effet de la présenee de l’olivine, riches en magnésie; lolivine est l’élément qui est décomposé, lorsque ces pierres sont traitées par les acides. Comme lolivine ordinaire, Polivine météorique est un silicate de magnésie et de protoxyde de fer. La partie qui résiste à l'action des acides est un mélange de substances feldspathiques et augitiques dont on ne peut déterminer la nature qu'en calculant les éléments qui le composent, et qui sont: le labrador, lhornblende, l'augite et Poligoclase. »

« La seconde classe, beaucoup moins nombreuse, à été aussi moins étudiée. Parmi les aérolithes qui la composent les uns contiennent du fer magnétique, de lolivine et un peu de substances feldspathiques et augitiques ; les autres sont formés uniquement de ces deux derniers minéraux simples, et le feldspath y est représenté par lanortite(#). Le chromate de fer, produit par la combinaison du protoxyde de fer et de l'acide chromique, se trouve, en moindre quantité, dans presque toutes les pierres météoriques. L’acide phosphorique et l'acide titanique, que Rammelsberg a découverts dans la pierre si remarquable de Juvenas, peuvent faire soupconner la présence de l’apatite et de la titanite. »

Les corps simples, dont on a jusqu'ici reconnu l'existence dans les pierres météoriques, sont les suivants: l'oxygène, le soufre, le phosphore, le carbone, la silice, l’alunune, la magnésie , la chaux, la potasse, la soude, le fer, le nickel, le cobalt, le chrome, le manganèse, le cuivre , étain et le titane ; somme totale: dix-huit (46). Les éléments les plus immédiats sont, — parmi les métaux : le fer mêlé de nickel, un mélange de phosphore avec du fer et du nickel, du sulfure de fer et des pyrites magnétiques; — parmi les substances oxydées: le fer magnétique et le chromate de fer; — parmi les silicates: l’olivine, l'anortite, le labrador et laugite. »

I me resterait, pour rassembler ici le plus grand nombre possible de faits importants, dûment constatés par des

observations positives , à exposer les diverses analogies que certaines pierres météoriques présentent, en Lant que roches , avec les anciens agglomérats , tels que les dolérites, les diorites et les mélaphyres, avec les basalles et avec les laves d’origine plus moderne. Ces analogies sont d’autant plus frappantes que jusqu'ici les minéraux telluriques n’ont jamais offert cet alliage métallique de nickel et de fer que l’on retrouve constamment dans certains aérolithes. Mais le chimiste distingué dont j'ai nus à profit, dans ces pages, les communications obligeantes, a composé sur cet objet un Mémoire spécial, dont les résultats seront mieux à leur place dans la partie géologique du Cosmos (f°).

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