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Si l'on veut faire une division plus exacte, fondée sur la déclinaison septentrionale et méridionale, on trouve que dans les six heures d’ascensien droite, de 9h, à 15h, l'hémisphère boréal contient seul {111 nébuleuses ou amas d’étoiles, répartis comme il suit (42):
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Ainsi le véritable maximum, pour l'hémisphère boréal, est entre 12h et 15h, c’est-à-dire très-voisin du pôle nord de la Voie lactée. Plus loin, entre 15h et 46h, en face d’Hercule, la décroissance est si brasque, que de 150 on tombe immédiatement à 40.
Dans l'hémisphère austral, le nombre des nébuieuses esi moins considérable et larépartition est beaucoup plus uniforme. Des espaces où l’on ne découvre point de traces de ces phénomènes y allernent souvent avee des nuages sporadiques. I faut excepter une agglomération locale, plus pressée encore que ne l'est, dans le ciel boréal, la région nébuleuse de la Vierge; je veux parler des nuées de Magellan, dont la plus grande contient à elle seule 500 nébuleuses. La région qui avoisine les pôles est, dans les deux hémisphères, vide de nébuleuses, et, jusqu'à la distance ed 15°, le pôle sud en est plus dépourvu encore que le pôle nord, dans la proportion de 7 à 4. Il existe près du pôle nord actuel une pelite nébuleuse qui n’en est distante que de 5’. Une nébuleuse semblable, inscrite dans le catalogue du Cap de Sir John Herschel sous le numéro 3176, et nommée par lui avec raison Nebula polarissima australis (asc. droite 9n 28 56”, dist. au pôle Nord 179° 54 14”) est encore à 25 du pôle sud. Cette solitude du pôle austral, 'absence même d’une étoile polaire visible à l'œil nu, était déja pour Amerigo Vespueci et Vicente Yanez Pinzon le sujet de plaintes amères, lorsque vers la fin du xv° siècle, 1ls pénctrèrent fort au delà de l'équateur, jusqu'au promontoire Saint Augustin, et que Vespucei supposa faussement que ce beau passage du Dante « Io mi volsi a man destra e posi mente..., » et cet autre sur les quatre étoiles « non viste mai fuor ch’alla prima gente, » se rapportaient aux étoiles polaires antarctiques (#).
Nous avons eonsidéré jusqu'ici dans les nébuleuses leur nombre et leur distribution sur ce que l’on appelle le firmament; distribution purement apparente, qui ne doit point être confondue avec leur répartition réelle à travers les espaces célestes. Cet examen achevé, nous passons aux différences singulières que présentent leurs formes individuelles. Tantôt ces formes sont régulières, et dans ce cas elles sont sphériques, elliptiques à différents degrés, annulaires, planétaires ou semblables à la photosphère qui enveloppe une étoile; tantôt elles sont irrégulières et non moins dif-
ficiles à classer que celles des nuages aqueux qui errent dans notre atmosphère. La forme normale des nébuleuses est la forme elliptique. qu'on peut appeler sphéroïdale (4). A parité de grossissement, plus les nébuleuses se rapprochent de la forme sphérique, plus elles sont facilement résolubles en étoiles. Lorsqu'au contraire elles sont très-comprimées dans un sens et allongées dans l'autre, la résoluüon est d'autant plus difficile (4). Souvent on a l'occasion de reconnaitre que la forme ronde des nébuleuses se change graduellement en une ellipse allongée (4°). La condensaton de la nébulosité laiteuse s'opère Loujours autour d’un point central; quelquefois même il y à plusieurs centres ou noyaux. On ne connait de nébuleuses doubles que parmi les nébuleuses rondes ou ovales. Comme on ne peut percevoir aucun changement relatif de position entre les individus qui forment ces couples, attendu que ce changement ou n'existe pas ou est extraordinairement lent, il s'ensuit que l’on n’a pas de critérium à l’aide duquel on puisse constater la réalité de cette relation réciproque, comme on distingue les étoiles doubles physiquement de celles qui ne le sont qu'optiquement. Il existe des représentations d’étoiles doubles dans les Philosophical Transactions pour lannée 1835 (fig. 68-71). On peut consulter aussi à ce sujet les ouvrages d'Herschel, Outlines of astronomy ($ 878), et Observations at the Cape of Good Hope ($ 120).
Les nébuleuses perforées sont une des curiosités les plus rares. D’après lord Rosse, on en connait actuellement 7 dans l'hémisphère boréal. La plus célèbre de ces nébuleuses annulaires, qui porte le n° 57 sur le catalogue de Messier, le n° 5095 sur celui de Sir John Herschel, est située entre 6 et 7 de la Lyre; elle a été découverte en 1779, à Toulouse, par Darquier, au moment où la comète signalée par Bode s’approcha de la région qu’elle occupe. Elle a environ la grandeur apparente du disque de Jupiter, et forme une ellipse dont les deux diamètres sont dans le rapport de 4 à 5. L'intérieur de l'anneau, est non point noir, mais faiblement éclairé. Déjà Sir William Herschel avait distin-
gué quelques étoiles dans l'anneau; Lord Rosse el Bond l'ont résolu entièrement (#7). La partie vide de l'anneau est au contraire d’un noir très-foncé dans les belles nébuleuses perforées de l'hémisphère austral, qui portent les numéros 3680 et 5686. De plus, la dernière présente non pas la forme d’une ellipse, mais celle d'un cercle parfait (). Toutes sont vraisemblablement des amas d'étoiles en forme d’anneau. A mesure qu'augmente la puissance des instruments, les contours des nébuleuses elliptiques, aussi bien que des nébuleuses annulaires, paraissent en général moins nettement terminés. Dans le télescope gigantesque de Lord Rosse, l’anneau de la nébuleuse de la Lyre présente une ellipse simple, avec des appendices nébuleux qui ressemblent à des fils et suivent des directions très-divergentes. Un fait particulièrement remarquable, c’est la transformation d’une nébuleuse qui, vue à travers des instruments plus faibles, était simplement elliptique, et qui s’est changée, grèce au télescope de Lord Rosse, en une nébuleuse à forme d’écrevisse (Crab-Nebula).
Les nébuleuses planétaires, découvertes pour la première fois par Herschel le père, et qui doivent être rangées parmi les plus merveilleux d’entre les phénomènes célestes, sont moins rares que les nébuleuses perforées. Cependant, d’après Sir John Herschel, il n’en existe pas plus de 25, dont les 5/4 appartiennent à l’émisphère austral. Elles offrent une ressemblance surprenante avec les disques des planètes. Elles sont pour la plupart rondes ou un peu ovales. Tantôt les contours sont nettement accusés, tantôt ils sont fondus dans un brouillard vaporeux. Les disques de plusieurs d’entre elles ont un éclat doux parfaitement uniforme; d’autres sont comme mouchetées ou nuancées de marbrures légères (mottled or of a peculiar texture, as if cardled) ; jamais on ne remarque aucune augmentation d'intensité vers les centres. Lord Rosse a constaté que cinq de ces nébuleuses planélaires sont des nébuleuses perforées avec une ou deux étoiles au milieu. La plus grande nébuleuse planétaire découverte par Méchain, en 1781, est située près de # de la
Grande-Ourse. Son disque a un diamètre de 2 40° (#). La nébuleuse planétaire de Ta Croix-du-Sud, qui porte dans le Voyage au Cap de Sir John Herschel, le numéro 5565, a l'éclat d'une étoile de 6° ou de 7° grandeur, bien que son diamètre soil à peine de 12. &a lumière est couleur d'indigo, couleur qui se retrouve quoiqu'avec une moindre intensilé dans trois autres objets de la mème forme (%°). Cette apparence de quelques nébuleuses planétaires ne prouve pas qu’elles ne soient pas composées de petites étoiles; car non-seulement nous connaissons des systèmes binaires dont l'étoile principale et le compagnon sont bleus; mais encore il existe des amas stellaires composés uniquement d’étoiles bleues, ou dans lesquels ces étoiles sont mêlées à des étoiles rouges el jaunes (ÿt).
La question de savoir si les né sédets planétaires sont des étoiles nébuleuses très-éloignées, pour lesquelles la différence d'éclat entre l'étoile centrale et l'atmosphère environnante ne pourrail être percue par les instruments dont nous disposons, a été tranchée déjà dans le preruer volume de cet ouvrage (*?). Puisse le télescope gigantesque de Lord Rosse nous fournir les moyens GA pr la nature surprenante de ces nébulosités s planétaires. S'il est déjà si difficile de se faire une idée nette des conditions dynamiques d'après lesquelles, dans un amas d’éloiles de forme sphérique ou sphéroïdale, les soleils tournant en cercle et pressés les uns contre les autres de telle facon, que les plus rapprochés du centre sont aussi les plus denses ap peuvent former un système en équilibre (55), la difficulté augmente encore pour ces nébuleuses planétaires de forme cireulaire et nettement délimitée, dont toutes les parties offrent une clarté uniforme, sans aucune augmentation d’intensité vers le centre. Un tel état de choses est plus diffiaile à concilier avec la forme globulaire, qui suppose Paggloméralion de plusieurs milliers de petites étoiles, qu'avec Phypothèse d'une photosphère gazeuse que l’on eroit couverte, dans notre Soleil, d’une couche de vapeur peu épaisse, non transparente ou du moins très-faiblement éclai-
rée. [l est impossibie d'admettre que, dans les nébuleuses planétaires, la clarté ne paraisse ainsi uniformément répandue que parce que la différence entre le centre et les bords s'évanouirait en raison de l'éloignement ?
Les étoiles nébuleuses de William Herschel (Nebulous Stars ) forment la quatrième et dernière classe de nébuleuses à forme régulière. Ce sont de véritables étoiles entourées d'une nébulosité laiteuse qui très-vraisemblablement se rattache au Soleil central et en dépend. Cette nébulosité qui, suivant Lord Rosse et M.'Stoney, offre exactement, en certains cas, l'apparence d’un anneau, a-t-elle une lumière propre et forme-t-elle une photosphère comme dans notre soleil, ou, ce qui est beaucoup moins vraisemblable, emprunte-t-elle sa lumière au Soleil central? Il existe sur ces questions des opinions très-différentes. Derham et jusqu'à un certain point aussi La Caille, qui a découvert beaucoup de nébuleuses au cap de Bonne-Espérance, croyaient que les étoiles sont à une grande distance des nébuleuses et se projettent sur elles. Mairan paraît avoir le premier exprimé celte opinion que les étoiles nébuleuses sont entourées d’une atmosphère brillante qui leur appartient en propre ES On trouve même de plus grandes étoiles et, par exemple, des étoiles de 7° grandeur , comme le numéro 675 du Catalogue de 1855, dont la PHARES a un diamètre de 2 à 5 minutes (%).
Les grandes masses nébuleuses de forme irrégulière doivent être mises tout à fait à part des nébuleuses décrites jusqu'ici, qui Loules ont des figures régulières ou du moins, des contours plus ou moins nettement indiqués. Ces masses présentent les formes les plus variées et les moins svmétriques ; leurs contours sont indéterminés et confus. Ce sont des phénoménes mystérieux que lon peut appeler sw generis, el qui plus que tous les autres ont donné naissance à l'hypothèse d’après laquelle les espaces célestes seraient remplis d'une matière cosmique , brillante par elle-même el semblable au substratum de la lumière zodiacale. Ces nébuleuses informes, qui couvrent dans la voûte du Ciel