HÉMISPHÈRE DI3 SUD
Hobarton (tle de Diémen) — : min. princ, 18*> (6* du matin); max. princ, 23»» 1/2 (M^ 1/2 du matin); 2« min. 5"» du soir: 2* max., iO^ du soir (voyez Sabine, Hobarton, t. 4, p. Lxvu). L'inclinaison est, en été, lorsque le Soleil est dans les signes austraux, de 70®36',74; elle est, en hiver, lorsque le soleil s'attarde dans les signes boréaux, de 70« 34^,66. La moyenne annuelle résuUaut de six années d'observation est de 70« 36',01. L'intensité est plus grande aussi à Hobarton, du mois d'octobre au mois de février que du mois d'avril au mois d'août. Voyez Sabine, Hobarton, t. II, p. xuv. et xLvi.
Cap de Bonne-Espérance — : progression simple, min., 0*> 34' (midi 34') max., 8*» 34' du soir, avec de très-petites oscillations intermédiaires entre 19*» et 21*» (7*» et 9"» du matin). Voyez Sabine, Cape Observât., 1841-1850, p. un.
D'après les résultats relevés dans ce tableau et exprimés en temps de chaque lieu, les maxima des
ioclioaisoDS concordent merveilleusement, sur tout l'hémisphère du Nord : à Toronto, à Paris, à Greeuwich , à Pétersbourg ; tous tombent le matin entre 8^ et 10^. Lesminima, quoiqu'il y ait entre eux plus d'écart, se reproduisent toujours l'après-midi ou le soir à 4^ 6^ et lO*". On a d'autant plus lieu d'être surpris de ce que, dans l'une des cinq années durant lesquelles des observations très-précises ont été recueillies àGreenwich, en 1845, le maximum et le minimum ont été intervertis. La moyenne annuelle de l'inclinaison était, à 9^ du matin, 68*56^,8, à ydu soir, 68-58', 1.
Si l'on compare les deux stations correspondantes au delà et en deçà de l'équateur, Toronto et Hobarton, on remarque un grand intervalle entre les chan* gements de période du minimum principal de l'inclinaison (4'' du soir et 6^ du matin) ; mais il y en a un fort petit au contraire entre les changements de période du principal maximum, (lO*" et 11** 1/2 du matin.). L'heure du minimum principal, à Hobartoa (6^ du matin) est celle du minimum secondaire à Toronto. Dans les deux localités, les deux maxima reviennent aux mêmes heures (10^ ou 11** 1/2 du matin et 10** du soir). Les quatre changements de période de l'inclinaison sont donc presque exactement les mêmes à Toronto et à Hobarton (4** ou 5** du soir, 10** du soir, 6** et 10^ ou 11^ 1/2 du matin). Ce jeu compliqué des forces intérieures de la Terre est digne d'une sérieuse attention. Si maintenant Ton compare Hobarton et Toronto , sous le
double rapport des changements de période de Piiitensité et de rinclinaison , on renoarque qu'à Hobarton, dans l'hémisphère du Sud, le minimum de l'intensité totale n'est que de deux heures postérieur au minimum principal de l'inclinaison, tandis que l'intervalle des maxima est de six heures, et que, au contraire, à Toronto, dans l'hémisphère du Nord, le minimum de l'intensité précède de 8 heures le maximum principal de l'inclinaison, tandis que le maximum de l'intensité n'est séparé que par deux heures du minimum de l'inclinaison (58).
La périodicité de l'inclinaison au cap de Bonne- Espérance n'est d'accord ni avec celle d'Hobarlon situé dans le même hémisphère, ni avec celle d'aucun point de l'hémisphère septentrional. Le minimum de l'inclinaison se produit dans cette contrée à une heure où l'aiguille atteint Je maximum à Hobarton.
Poiu* déterminer la variation séculaire de l'inclinaison, il est nécessaire de disposer d'une longue suite d'observations , toutes également précises. On ne saurait par exemple remonter avec confiance jusqu'aux voyages de circumnavigation de Cook, bien que dans sa dernière expédition, il ait constamment interverti les pôles, parce qu'il y a souvent entre ses évaluations et celles de Bayley, dans la mer du Sud , des différences de 40 à 54 minutes, qui tiennent vraisemblablement à l'imperfection des appareils et à la diflSculté avec laquelle se mouvait l'aiguille. Pour Londres, on ne va guère au delà des observations recueillies par Sabine, au mois d'août
Googlç
1821 , observalioDS qui, comparées aux excellentes détermiDations faites collectivement, en mai 1838, parlâmes Ross, Sabine et Fox, donnent une diminution annuelle de 2', 73. Lloyd, avec des instruments non moins précis, mais dans un laps de temps plus court, avait trouvé, à Dublin, 2^,38, résultat qui s'accorde fort bien avec le premier (59) . A Paris, où la diminution annuelle de T inclinaison est en décroissance, cette diminution est plus grande encore qu'à Londres. Les méthodes fort ingénieuses , imaginées par Coulomb poiur déterminer l'inclinaison , avaient cependant conduit l'auteur à des résultats erronés. La première expérience , faite à l'Observatoire de Paris avec un excellent instrument de Lenoir, date de 1798. Je trouvai alors avec le chevalier Borda, à la suite d'observations plusieurs fois répétées , 69*5r,0; en 1810, je trouvai avec Arago, 68* 50', 2; en 1826, avec Mathieu, 67*56',7 ; en 1841, Arago trouva 67*9',0; en 1851, Laugier et Mauvais ont obtenu 66^35', toujours d'après la même méthode et avec des instruments d'une égale précision. Cette période qui dépasse un demi-siècle (1798-1851), donne pour Paris une diminution moyenne annuelle de 3^,69. Les époques intermédiaires fournissent les résultats suivants :
Le décroissement de l'inclinaison s'est singulière- IV. 9
ment ralenti de 1810 à 1826^ mais cependant d'une manière progressive. Des observations faites avec le plus grand soin par Gay-Lussac, en 1806^ à son retour de Berlin, où il m'avait accompagné en revenant de notre voyage en Italie, avaient donné 69* 12', ce qui suppose de 1798 à 1806, une diminution annuelle de 4', 87. A mesure que le nœud de l'équateur magnétique se rapproche du méridien de Paris, dans son mouvement séculaire de l'Est à l'Ouest, la diminution semble se ralentir. Cet effet s'est produit, eu un demi-siècle, dans la proportion de 5^08 à 3', 40. Peu de temps avant mon expédition en Sibérie, au mois d'avril 1829, j'ai réuni et comparé, dans un Mémoire présenté à l'Académie de Berlin, les différents points sur lesquels j'ai fait moi-même des observations, toujours, j'ose le dire, avec la même exactitude (60). Sabine a mesuré l'inclinaison et l'intensité à la Havane, 25 ans après moi, ce qui, pour cette contrée tropicale , est déjà un intervalle de temps considérable, et a déterminé la variation de ces deux importants éléments du magnétisme terrestre. Enfin, en 1831, Hansteen a recherché et discuté la variation annuelle de l'inclinaison sur les deux hémisphères, dans un travail digne d'éloges, plus complet que le mien (61).
Tandis que les observations du capitaine Edouard Belcher, 1838, comparées à celles que j'avais recueillies en 1803(62), révélaient des changements considérables de l'inclinaison, le long des côtes occidentales de l'Amérique, entre Lima, Guayaquil et
Âcaputco, et donnaient des résultats d'autant plus précieux qu'elles embrassaient un plus long espace de temps ^ on reconnaissait que, sur d'autres points de la mer du Sud, ce changement séculaire de F inclinaison a été d'une surprenante lenteur. A Otahiti, Bayley a trouvé, en 1773, 29*43; Fitzroy, en 1835, 30-14'; Sir Edouard Belcher, en 1840, 30M7'. En 67 années^ par conséquent, la variation annuelle moyenne a été à peine de 0',51 (63). Un observateur fort consciencieux, M. Sawelieff, en parcourant le nord de l'Asie, de Casan aux bords de la mer Caspienne, 22 ans après le séjour que j'ai fait moi-même dans ces contrées, a trouvé l'inclinaison très-inégalement changée au nord et au sud du 50* parallèle (64). Voici le tableau comparatif de ses résultats et des miens :
Unmboldt.
Sawelieir.