‹ CosmosChapitre 28 sur 56 · IV · texte numérisé non relu

IV

intérêt, le mérite en appartient tout entier à mon vieil ami Gustave Rose. Les observations qu'il a faites dans de vastes contrées et, pour ainsi parler, au sein de la libre nature, ainsi que l'heureuse alliance de connaissances chimiques, cristallographiques, minéralogiques, géologiques, le destinaient à répandre des vues nouvelles sur Tensemble des minéraux dont l'association, souvent reproduite, quoique diversement combinée, est le résultat de l'activité volcanique. En particulier depuis l'année 1 834 , il a plusieurs fois analysé, le plus souvent à ma prière et par dévouement pour moi, les fragments que j'ai recueillis sur les volcans de la Nouvelle-Grenade, de Los Pastos, de Quito, du plateau mexicain, et les a comparés avec des échantillons d'autres contrées, conservés dans le riche cabinet minéralogique de Berlin. A cette époque (1810-1811), où mes collections n'étaient pas encore séparées de celles de mon compagnon, Aimé Bonpland, Léopold de Buch, qui se trouvait à Paris, entre son retour de la Norwége, et son départ pour Ténériffe, avait étudié ces fragments au microscope avec une attention soutenue. Déjà même auparavant, durant le séjour qu'il avait fait à Rome avec Gay-Lussac, en 1805, et plus tard, en France, il avait pris connaissance de ce que, placé en face même des volcans (juillet 1802), j'avais écrit dans mon Journal, sur quelques-unes de ces montagnes, et en général sur TaiEnilé entre les volcans et certains porphyres dépourvus de quartz (34). Je conserve,

comme un précieux souvenir, quelques feuilles chargées de notes touchant les produits volcaniques des hautes plaines de Quito et de Mexico, que ce grand géognoste a bien voulu me donner, il y a près de 50 ans. Tai eu ailleurs l'occasion de développer cette pensée, que les voyageurs ne peuvent que transporter d'une contrée à une autre la science incomplète de leur temps (35) . Il manque à leurs observations des idées générales d'après lesquelles ils puissent se guider, c'est-à-dire la connaissance de caractères distinclifs que peut amener le progrès de la science ; les collections ordonnées géographiquement conservent seules une valeur durable.

Restreindre, comme on Ta fait plusieurs fois, la dénomination de trachyte aux roches volcaniques contenant du feldspath, particulièrement le feldspath vitreux de Werner, la sanidine de Rose et d'Abich, en souvenir des roches de l'Auvergne et du Siebengebii^e de Bonn, auxquelles ce nom fut appliqué pour la première fois, c'est rompre sans utilité Tenchalnement des roches volcaniques, et sacrifier les vues élevées auxquelles cet enchaînement conduit Cette acception trop restreinte du mot trachyte autoriserait à dire que l'Etna, riche en labrador, ne possède point de trachyte; au besoin, mes collections établiraient que cette roche n'existe presque dans aucun des innombrables volcans répandus sur les Cordillères, et que leur masse est composée d'albite. Or, comme à cette époque (i 835) , tout oligoclase était pris pour de l'albite, il résulterait de là que toutes les roches

volcaniques devraient être confondues sous le nom général d'andésite, par lequel on désigne Talbite mêlée d'un peu de hornblende (36) . Ainsi que je Tavais fait moi-même, sous l'impression que m'avaient produite, dans mes voyages, les caractères communs à tous les volcans, en dépit des différences que peut présenter leur composition minéralogique, Gustave Rose, se plaçant à un point de vue général, a considéré, dans sa classification des trachytes, l'orthoclase, la sanidine« Tanorthite de la Somma, Talbite, le labrador et l'oligoclase comme la partie feldspathique des roches volcaniques. Cela était conforme d'ailleurs à la théorie qu'il avait exposée dans son beau Mémoire sur le groupe des feldspaths (37). Les dénominations, qui ont la prétention d'être des définitions introduisent beaucoup d'obscurité dans l'étude des roches, aussi bien que dans la chimie, fai moi-même été disposé pendant un temps à employer les expressions trachyte-orthoclase, ou trachyte-labrador, ou trachyte-oligoclase, et par suite à comprendre le feldspath vitreux ousanidine dans le genre orthoclase ou feldspath commun, en raison de sa composition chimique. Ces noms, il est vrai, étaient simples et sonores, mais leur simplicité même devenait une cause d'erreur; car si la dénomination trachyte-labrador a l'avantage de nous représenter en même temps l'Etna et le Stromboli, celle de trachyteoligoclase , dans sa double et importante liaison avec l'augite et la hornblende , a l'inconvénient d'établir une fausse connexité entre les vastes formations, du

Chimborazo et du volcan de Toluca. C'est F association d'un élément feldspathique avec un ou deux autres qui, dans ce cas y comme dans certains remplissages de filons, détermine le caractère distinctif des roches.

Je joins ici une classification des trachytes, telle que Ta établie Gustave Rose, depuis l'hiver de 1852, d'après les cristaux que ces roches renferment, et qui sont reconnaissables quand on les en sépare. Les conclusions essentielles de ce travail, dans lequel l'oHgoclase n'est jamais confondu avec l'albite, sont antérieures de dix années. A cette époque Gustave Rose avait découvert, dans ses études géognostiques sur les Riesengebirge, que l'oligoclase est une partie essentielle du granité, et avait été amené à chercher si cette substance ne joue pas le même rôle dans d'autres roches (38). Le travail de Gustave Rose amena cette importante découverte, que l'albite n'est jamais partie constituante d'une roche quelconque (39).

Première division. — a La masse principale ne contient que des cristaux de feldspath vitreux, disposés en table et de grande dimension. La hornblende et le mica, ou en sont tout à fait absents, ou n'y entrent qu'en très-petite quantité, et comme des parties purement accessoires. A cette division appartiennent : le tracbyte des champs Phlégréens, dont est formé le Monte Olibano, près de Pozzuoli ; le tracbyte d'Ischia et de la Tolfa, et une partie du Mont-Dore, connue sous le nom de grande Cascade. L'augite se montre quelquefois dans les trachytes du Mont-Dore, sous la forme

de petits cristaux, mais cela est très-rare (40) • Dansles champs Phlégréens, ou ue la reucoutre jamais avec la hombleude, uou plus que la leucite, dont Hoffmann et moi avons recueilli quelques fragments, Hoffmann audessus du Lago-Avemo, près de la route de Cumes, moi, sur la pente du Monie-NuovOy pendant l'automne de i822 (41). Des fragments désagrégés de leucitophyre se trouvent en plus grande abondance dans Ttle Procida et dans le Scogli<Hii-S.''Martino, qui en est voisin. > Deuxième division. — « La masse principale contient quelques cristaux de feldspath vitreux, et une quantité de petits cristaux d'oligoclase, blancs comme la neige. Ces cristaux d'oligoclase sont régulièrement entremêlés avec le feldspath vitreux , et forment une caverne autour du feldspath, comme cela se présente si souvent dans le granitite de G. Rose, espèce de granité mêlé de feldspath rouge, et surtout riche en oligoclase et en mica magnésien, mais sans aucune trace de mica potassique blanc, qui forme la masse principale du Riesengebii^e et des montagnes de Tlser. Quelquefois la hornblende et le mica s'y trouvent joints en petite quantité ; quelques variétés contiennent même de Taugite. Cette division cx)mprend : les trachytes du Drachenfels et de la Perlenhardt dans les Siebengebirge de Bonn (42) ; plusieurs variétés du Mont-Dore et duCantal, ainsiquedestrachytesderAsie Mineure, dont la connaissance est due à l'activité du voyageur P. de Tchihatchef ; ceux d'Âfioun Karahissar, renommé pour la culture du pavot; de Mehammed-Kjoë, en Phrygie; de Kajadscyhk et de Donanlar,

en Mysie. Dans ces trachytes , le feldspath vitreux est mêlé de beaucoup d'oligoclase , d'un peu de hornblende et de mica brun. x>

Troisième division. — «La masse principale de ces trachytes dioritiques contient beaucoup de petits cristaux d'oligoclasOy avec de la hornblende et du mica magnésien brun. Dans cette division rentrent les trachytes d'Égine (43); de la vallée de Kozlenik, près de Schemnitz (44) ; de Nagyag, en Transylvanie ; de Montabaur, dans le duché de Nassau; du Stenzelberg et du Wolkenburg dans le Siebengebirge de Bonn, du Puy de Chaumont, près de Glermont en ÂuvergnCi et du Liorant dans le Cantal. Il y faut joindre encore le Ka^>egk dans le Caucase, les volcans mexicains de Toluca et d'Orizaba (45), le volcan de Puracé et les magnifiques colonnes de Pisoje, près de Popajan, bien que la nature trachytique de ces colonnes puisse être sérieusement mise en doute (46). Les domites deL. de Buch appartiennent aussi à cette division. Dans le trachyte blanc à grains fins, qui forme la masse du Puy-de- D6me, sont emp&tés des cristaux vitreux, que Ton a toujours considérés comme du feldspath, mais qui portent toujours des stries sur les faces du clivage le plus facile, et qui sont en réalité de Toligoclase; auprès il existe de la hornblende et un peu de mica. D'après les roches volcaniques dont la collection royale de Berlin est redevable à M. Mœllhausen, attaché en qualité de dessinateur et de topographe à VEœphring Eœpedition du lieutenant Whipple, il faut aussi rapporter à la troisième division, c'est-à-dire

aux trachytes dioritiques de Toluca, les trachytes du Mont-Taylor, entre Santa-Fé del Nuevo-Mexico et 4Ibuquerque , ainsi que ceux de Gieneguilla^ sur la pente occidentale des Montagnes-Rocheuses, à l'endroit où) d'après les belles observations de Jules MarcoUy des coulées de lave noire recouvrent la fo^ mation jurassique. » Les mêmes mélanges d'oligoclase et de hornblende, que j'ai vus sur le plateau des Aztèques, dans la contrée proprement appelée Anahuac, mais non dans les Cordillères de T Amérique méridionale, se retrouvent à Touest et à une grande distance des Montagnes-Rocheuses et de Zuni, près de la rivière Mohave, l'un des affluents du Rio-Colorado (47). Parmi les échantillons des trachytes de Java que je dois à l'amitié du docteur Junghuhu, nous avons reconnu les caractères de la troisième division dans trois régions volcaniques : celles du Burung-Agung, de Tjinas et du Gunung-Parang, dans le district de Batugangi.

Quatrième division. — « La masse principale contient de l'augite et de Foligoclase. A cette classe appartiennent : en Afrique, le pic de Ténériffe (48); au Mexique, lePopocatepetl etleColima(49); dansl'Amérique du Sud, le volcan de Tolima, avec le Paramode Ruiz; le volcan dePuracé, près de Popayan; ceux de Pasto et de Cumbal, à en juger d'après les fragments recueillis par Boussingault ; le Rucu-Pichincha, l'Antisana, le Cotopaxi, le Chimborazo (50), le Tunguragua^ ainsi que les rochers de trachyte que recouvrent les ruines de l'ancien Riobamba. Sur le Tun-

guragua, on trouve, à côté d'augites, des cristaux d'ouralite d'un vert noir, longs d'une demi-ligne à (ynq lignes, avec une forme augitique parfaite et les plans de clivage de la hornblende (5i). » J'ai rapporté du Tunguragua un de ces fragments avec des cristaux d'ouralite distincts, que j'ai pris à la hauteur de 12 480 pieds. G. Rose a reconnu une différence frappante entre ce fragment et les sept fragments de trachyte qui font partie de ma collection ; il estime que cet échantillon rappelle la formation du schiste vert ou porphyre augitique schisteux, que nous avons vu si répandu sur le versant asiatique de l'Oural.

Cinquième division. — a Mélange de labrador (52) et d'augite (53); trachyte doléritique. L'Etna, le Stromboli , et, d'après les excellents travaux de Charles Sainte-Claire Deville sur les trachytes des Antilles, la soufrière de la Guadeloupe, rentrent dans cette catégorie, ainsi que les trois cirques qui , dans rtle Bourbon, entourent le pic de Salazu. i>

Sixième division. — «Masse principale grise, contenant des cristaux de leucite et d'augite, avec trèspeu d'olivîne. Le Vésuve et la Somma , les volcans éteints duVultur et de Rocca-Monfîna, les montagnes d'Âlbano et de Borghetto en sont des exemples. Dans la masse plus ancienne qui forme les murs et le sol de Pompéiy les cristaux de leucite sont plus gros et plus abondants que Taugite. Au contraire, dans les laves actuelles, les augites dominent, et en général la leucite est très-rare. La coulée du 22 avril 1845 en a fourni cependant une grande quantité (54). Des

fragments de trachyte appartenant à la première division et contenant du feldspath vitreux, qui sont les trachytes proprement dits de Léopold de Buch, sont empâtés dans les tufs du Monte-Somma. On en trouve aussi quelques-uns sous la couche de ponce qui recouvre Pompéi. Les trachytes -leucitophyres de la sixième division doivent être soigneusement distingués des trachytes de la première, bien que la leucite se présente aussi dans la partie occidentale des champs Phlégréens et dans Ttle de Procida, comme on Ta déjà vu plus haut. »

L'ingénieux auteur de cette classification des volcans, fondée sur l'association des minéraux simples, ne prétend pas avoir épuisé les combinaisons qae peut offrir la surface de la Terre, si incomplètement explorée jusqu'à ce jour, au point de vue de la géologie et de la chimie. Il faut bien s'attendre que Ton sera forcé de modifier les dénominations des minéraux associés, et même d'augmenter le nombre des formations trachytiques. Deux voies peuvent conduire à ce résultat : les progrès de la minéralogie, en tant qu'elle s'applique à distinguer spécifiquement les minéraux, d'après leur forme et leur composition chimique, et l'accroissement des collections si incomplètes d'ordinaire et le plus souvent recueillies sans but. Ici, comme dans tous les cas où les considérations cosmologiques ne peuvent s'élever aux lois générales qu'à la condition de comparer un vaste ensemble de phénomènes, il faut partir de ce principe que ce

qae nous croyons savoir, d'après l'état actuel des sciences y n'est qu'une très-pauvre partie de ce que nous tient en réserve le siècle qui va venir. Les moyens ne manquent pas de hâter l'acquisition de ces connaissances; ce qui nous manque essentiellement pour explorer la partie trachytique soulevée , déprimée ou crevassée de la surface terrestre que rOcéan ne recouvre pas, c'est l'application de méthodes propres à épuiser un tel sujet.

Des volcans très -voisins l'un de l'autre et qui présentent la même forme et les mêmes échafaudages, qui se ressemblent enfin sous tous les rapports géotechtoniques, empruntent souvent à la composition et à l'association des minéraux agrégés un caractère individuel très-différent. Le long de la grande faille transversale qui joint les deux mers , de l'Est à rOuest, et coupe la chaîne de montagnes, ou pour mieux dire, le soulèvement montagneux^ qui suit sans interruption la direction du Sud -Est au Nord Ouest, se succèdent dans l'ordre suivant: le Colima (haut, ii 262 pieds), le JoruUo (haut. 4002 pieds), le Toluca (haut. 14232 pieds) le Popocaepell (16632 pieds) et l'Orizaba (haut. 16 776 pieds). Les volcans qui se suivent immédiatement n'offrent pas la même composition caractéristique ; les mômes Irachtyes se reproduisent alternativement. Le Colima et le Popocatepetl sont formés d'augite mêlée à de l'oligoclase, et présentent par conséquent le tracbyte du Ghimborazo et de Ténériffe. Le Toluca et rOrizaba sont composés d'un mélange d'oligoclase et

de hornblende, qui est la roche d'Egine et de Kozelnik Le dernier venu des volcans, le JoruIIo, qui n*est guère qu'une grande colline d'éruption, consiste presque uniquement en laves ressemblant à du basalte et à du pechstein, dont la plupart sont scorifiées. Le trachyte dont il est formé est plus voisin du trachyte du Toluca que de celui du Colima. Ces considérations sur les caractères individuels que présentent, au point de vue de la constitution minéralogique, des volcans voisins les uns des autres, implique le désaveu de la malheureuse innovation par laquelle on a tenté de désigner une espèce de trachyte sous un nom emprunté à une chaîne de montagnes, en partie volcanique^ qui n'a pas moins de 1 800 milles géographiques de longueur. Le nom de calcaire jurassique, que j'ai introduit le premier (55), est sans inconvénient, parce qu'il est tiré d'une roche simple et sans mélange, et d'une chaîne de montagnes dont l'âge est indiquépar la superposition des restes organiques. Ou ne peut élever non plus d'objection contre les noms de montagnes appliqués à des formations trachytiques. Rien n'empêche par exemple d'appeler trachytes du Ténériffe ou de l'Etna des formatio:^ déterminées d'oligoclase ou de labrador. Tant que l'on fut disposé à reconnaître de l'albite dans les espèces très-différentes de feldspath qui caractérisent les trachytes des Andes, chaque roche qui était supposée contenir de l'albite, fut appelée andésite. Je trouve pour la première fois, dans un important Mémoire publié par Léopold de Buch au commencement de i 835 ,

sur les cratères de soulèvement et les volcans, le nom d'andésite, avec cette définition précise : l'andésite est formée par la prédominance de Talbite, avec un peu de hornblende (56). Ce parti pris de voir partout de Talbite a persisté pendant cinq ou six ans, jusqu'au moment où, à la suite d'expériences plus approfondies et renouvelées sans prévention, on reconnut que^ les albifes trachytiques n'étaient autres que de l'oligoclase (57). Gustave Rose en est arrivé à douter que l'albite se présente dans ces roches comme une partie essentielle, d'où il résulterait que l'andésite, même d'après l'idée que l'on s'en faisait autrefois^ serait absente de la chaîne des Andes.

La composition minéralogique des tracbytes sera imparfaitement connue toutes les fois que les cristaux empâtés à la façon des porphyres ne seront point détachés de la masse principale, pour être étudiés et mesurés isolément, et que l'on sera réduit aux rapports numériques des terres, des alcalis et des oxydes de métaux , tels que les révèle l'analyse, et au poids spécifique de la masse à analyser, qui est en apparence amorphe. Pour obtenir un résultat sur et convaincant, il faut examiner séparément la masse principale et les éléments essentiels, au double point de vue de l'oryctognosie et de la chimie. C'est ce que l'on a fait pour les trachytes du pic de TénérifTe et ceux de l'Etna. L'hypothèse que la masse principale est composée des mêmes pai*ties, imperceptibles à cause de leur petitesse, que nous reconnaissons dans les grands cristaux, ne parait pas

fort bien fondée, parce que, ainsi que nous Tavons vu plus haut dans l'ingénieux travail de Charles Deyille, la masse principale qui paraît amorphe offre ordinairement plus d'acide siliceux qu'on ne le supposerait, d'après la nature du feldspath et des autres parties visibles. Dans les leucitophyres, il existe, ainsi que le remarque G. Rose, un contraste frappant quant à la nature de Talcali dominant^ entre les leucites disséminées à base de potasse, et la pâte ellemême, qui ne contient guère que de la soude (58).

Mais à côté de ces associations d'augite et d'oligoclase, d'augite et de labrador, de hornblende et d*oligoclase, introduites dans la classification des trachytes que nous avons adoptée, et qui en forment les principaux caractères , il y a encore, dans chaque volcan, d'autres parties faciles à reconnaître, qui ne sont point essentielles^ et dont la fréquence ou l'absence constante sur des montagnes volcaniques, souvent très-rapprochées, est un phénomène surprenant L'apparition rare ou fréquente, dans le même laboratoire, d'un élément particulier, dépend vraisemblablement de diverses conditions : de la profondeur à laquelle la substance a pris naissance, de la température, des degrés de fluidité, du refroidissement plus lent ou plus rapide. L'association spécifique ou Tabsence d'éléments déterminés est en contradiction avec certaines théories, par exemple avec l'origine supposée de la ponce qui proviendrait du feldspath vitreux ou de l'obsidienne. Ces considérations qui ne datent pas d'aujourd'hui et qui s'étaient {produites

dès la fin du xviii* siècle, lorsque Ton comparait les trachytes de Hongrie avec ceux du pic de Ténériffe, m'ont vivement occupé pendant plusieurs années, au Mexique et dans les Cordillères des Andes, ainsi que mes Journaux en font foi. Grâce aux nouveaux et incontestables progrès de la lithologie, les espèces minérales que j'avais déterminées incomplètement pendant mon voyage ont pu l'être d'une manière plus approfondie et plus certaine, par suite des recherches oryctognostiques auxquelles G. Rose s'est livré, pendant plusieurs années, sur mes collections.

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