‹ CosmosChapitre 33 sur 56 · LEUCITE · texte numérisé non relu

LEUCITE

Les leuciteSy qui, en Europe, appartiennent exclusivement au Vésuve, à la Rocca Monfina, aux collines d'Âlbano près de Rome , au Kaiserstuhl en Brisgau et à TEifel , où elles se montrent, à l'ouest du Laache^ see, sous la forme de blocs et non pas de roches in sitUj comme sur le Burgberg près de Rieden, n'ont été trouvées jusqu'ici dans aucune des montagnes volcaniques du nouveau continent, non plus qu'en Asie. Léopold de Buch a reconnu, dès 1798, que cette roche se forme souvent autour des cristaux d'augite, et l'a décrite dans un excellent Mémoire (68). Les cristaux d'augite, autour desquels se forme la leucite, d'après la remarque de ce grand géologue, manquent rarement; quelquefois cependant, ils me paraissent remplacés par im petit noyau ou un fragment de tracbyte. L'inégale fusibilité du noyau et de laleucite qui l'entoure est bien une objection contre l'explication que l'on a donnée de la manière dont se forme l'enveloppe. D'après Scacchi, les leucites désagrégées ou mêlées aux laves étaient très -abondantes dans les récentes éruptions du Vésuve, en 1822, 1828, 1832, 1845 et 1847,

OLIYINE.

L*oIivine se présente en grande quantité dans les anciennes lares du Vésuve, particulièrement dans le leucitopbyre delà Somma (69). L'Ârso d*Ischia, dans Téruption de 1301 , en a rejeté une masse considérable, mêlée avec du feldspath vitreux, du mica brun, de Taugite verte, et du fer magnétique. Cette rocbe est aussi très-abondante dans les volcans de TEifel à coulées de lave, par exemple dans le Mosenberg, à Touest de Manderscheid (70), et dans la partie Sud- Est de rtle de Ténériffe, depuis l'éruption de lave de 1 704. Mais je l'ai cherchée inutilement , quoique avec beaucoup d'ardeur, dans les trachytes des volcans du Mexique, de la Nouvelle-Grenade et de Quito. Les collections de Berlin possèdent, comme échantillons de 4 volcans seulement (le Tunguragua, TÂntisana, le Ghimborazo et le Pichincha), 68 fragments detrachyte, dont 48 ont été rapportés par moi et 20 par Boussingault (71). Dans les basaltes du Nouveau-Monde^ Tolivine se rencontre auprès deTaugite, presque aussi souvent qu'en Europe; mais les trachytes noirs basaltiques du Yana-Urcu,qui s'élève près de Calpi, au pied du Ghimborazo (72), ainsi que les mystérieux décombres appelés lareventazandel volcan de i4f»an^o (7 3) ne contiennent point d'olivine. Ge n'est que dans la grande coulée de lave, d'un brun noir, dont la surface, ridée, scorifiée et boursouflée offre l'aspect de choux-fleurs, et que nous avons suivie pour

arriver au cratère du volcan de Jorullo, que nous en avons trouvé de petits grains (74). La rareté si générale del'olivine dans les laves récentes et dans la plus grande partie des tracbytes parait moins surprenante, lorsqu'on se rappelle que, si essentielle que puisse être cette substance à la formation des masses basaltiques, Nidda et Sartorius de Waltersbausen assurent qu*on ne peut toujours, en Islande et dans le Rbœngebirge bavarois, distinguer le basalte sans olivine du basalte ricbe en olivine. Il était d'usage autrefois de désigner le premier sous les noms de trapp et de wacke ; depuis on a coutume de l'appeler anémasite (75). Les olivines atteignent quelquefois dans les basaltes de Rentières, en Auvergne, la grosseur de la tète d'un bomme; on en trouve aussi dans les carrières d'Unkel, l'objet des premières études de ma jeunesse, qui n'ont pas moins de 6 pouces de diamètre. Le beau rocber d'Elfdalen en Suède, dont on polit souvent des fragments, mélange granulaire d'hyperstbène et de labrador, que Berzélius a décrit comme de la syénite , contient également un peu d'olivine (76). Il s'en trouve encore, mais en moindre quantité, dans le pbonolithe du Pic de Griou (77). D'après Stromayer, Tolivine est constamment accompagnée de nickel ; Rumler y a trouvé aussi de l'arsenic, métal qui, d'après les découvertes récentes , existe dans un si grand nombre de sources minérales, et même dans l'eau de mer (78). J'ai signalé ailleurs la présence de Tolivine dans les pierres météoriques (79) et dans les scories artificielles analysées par Sefstrœm (80).

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