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ANALYSE D'ABICH

(Hauteor, 15180 pieds; pesanteur spécifique, 2,685.)

saice

Alumine

Oxyde de fer

Protoxyde de fer

Chaux

Magnésie

Soude

Potasse

Perte causée parlacalcination et chlore

UM

OM

Oxygène.

l,lZi

1. Pour mieux faire comprendre ces indications nmnériques^ j*ajoaterai que la première rangée exprime la qnotité de chaque partie, le tout étant représenté par cent; la seconde et la troisième donnent la quantité d'oxf gène contenue dans ces diverses parties. La deuxième rangée n'indique que Toxygène des oxydes plus forts qui ne contiennent qu'un atome d'oxygène; dans la troisième on a fait la sonmie de l'oxyde, pour qu'il puitse être comparé à Talumine, qui est un oxyde faible, et à l'acide silicique; enfin la quatrième rangée donne te rapport entre l'oxygène de l'acide silicique et l'oxygène de toutes les bases, celles-ci étant prises pour unité. Celte proiorlion est, dans le trachyte du Chimborazo, de 2,33 à 1.

« n est vrai que les différences entre les résultats de ces deux analyses sont assez considérables. Les deux fragm^ts du Chimborazo qui ont servi aux expériences ont été recudUis à la hauteur de 17 9i 6 et de 15 180 pieds ; elles ont été cassées par vous et appartiennent à la collection géognostique de Berlin. La roche analysée par Abich, qui a été prise à une moindre hauteur (375 p. seulement au-dessus du sommet da mont Blanc) 9 a une pesanteur spécifique moins considérable, et aussi une quantité plus grande d'acide silicique que la roche provenant d'un point plus élevé , qui a été examinée par Rammelsberg. Si Ton suppose que Talumine appartient à li partie feldspathique, on peut distinguer, dans Tanalyse de Rammelsberg :

Oligoclase 58,66

Augite UM

Acide silicique 4,08

« Gomme^ en admettant la présence de Toligoclase, Il reste une certaine quantité de silice libre, il est probable que la partie feldspathique du mélange est de l'oligoclase et non du labrador. Le labrador ne se trouvé pas avec la silice libre, et si on admettait la présence du labrador dans la roche, il resterait une quantité plus grande encore de silice. »

Une comparaison attentive de plusieurs analyses^ due à Tobligeance de mon savant ami M. Charles Sainte-Claire Deville, qui a eu à sa disposition les riches collections géognostiques de notre ami commun Boussingault, piouve qu'il y a en général plus de silice dans la pâte de la roche trachytique que dans les feldspaths 'qu'elle contient. Le tableau ci-joint, que l'auteur a bien voulu me communiquer, au mois de juin 1857, comprend cinq des grands volcans de la chaîne des Andes.

iles Toleans.

STRUCTURE et eouleDr de la pftte.

subvitreuse, d'un gris brun.

CHiMBORAzoJsubvitreuse, noirâtre

compacte, cristalline, grisâtre

CoTOPAXi. .{"^^^^^^ brunâtre

|grenue, compacte

PiCHiNCHA. noire, vitreuse

PcTRACÉ. • . . subvitreuse, vert de bouteille

<ÏDADEL0DPE grise, grenue, cellulaire. . . Bourbon... grise, grenue, cellulaire...

SILICE dans toole lai

Zm'9 4}-^

65,09 Âbich..

63,19 Deville.

62,66 Deville.

64,26 Âbich..

63,23 Âbich..

69,28 Abich..

63,9a Abich..

67,07 Abich..

60,80 Deville.

57,95 Deville.

50,90 Deville.

A ce tableau Charles DevUle ajoute la remarque suivante : « Ces dififérencesy quant à la richesse en silice^ entre la pâte et le feldspath, paraîtront plus frappantes encore^ si Ton fait attention qu'en analysant une roche en masse, on analyse, avec la pâte proprement dite, non-seulement des fragments de feldspath semblables à ceux que Ton en a extraits, mais encore des minéraux qui^ comme Tamphibole, la pyroxène et surtout le péridot^ sont moins riches en silice que le feldspath. Cet excès de silice se manifeste quelquefois par des grains isolés de quartz, comme M. Abich les a signalés dans les trachytes du Drachenfels (Siebengebirge de Bonn), et comme moi-même j'ai eu l'occasion de les observer avec quelque étonnement dans le dolérite trachytique de la Guadeloupe. » I « Si^ dit Gustave Rose, on ajoute à ce remarquable tableau de la quantité de silice contenue dans la roche du Ghimborazo les analyses les plus récentes, qui sont celles de Rammelsberg, ( mai i854), le résultat de Deville est précisément IV. 50

intermédiaire entre ceux d'Abich et de Rammelsberg. Nous obtenons ainsi :

Roche du CMmboraso,

Silice, 65^09 Abich( pesanteur spécifique, 2^685). 63,i9 Deville.

62,66 Deville.

59^42 Rammelsberg(pesant.spécif., 2,806). »

Une gazette publiée à San Francisco, en Californie, Y Écho du Pacifique (5 janvier i857)^ rapporte qu'on voyageur finançais, M. Jules Remy, et un Anglais, H. Brencklay^ ont réussi ^ le 3 novembre 1856 , à gravir le somm^ du Chimborazo « enveloppés dans des brouillards , disent les voyageurs, et sans nous en douter, d H. J. Remy observa le point d*ébullition de l'eau à T7<»,5 du therm. cent., la température de l'air étant à i®,? au-dessus de zéro. Lorsqu'il calcula, d'après une règle hypsométrique éprouvée dans différents voyages aux lies Satldvrich, la hauteur qail avait atteinte, il fut surpris du résultat. Il trouva 6543 mètres, c'est-à-dire une hauteur qui ne dififère que de 40 pieds de celle à laquelle m'avaient conduit mes opérations trigonométriques, sur le plateau de Tapia, près de Riobamba-Nuevo (juin i803). Cette concordance entre une mesure trigonométrique et une mesure basée sur le poiut d'ébullition de Fean serait d'autant plus remarquable que mes mesures trigooométriques, comnÉ toutes celles qui ont été prises dans les Cordillères, renferment une partie barométrique, et que ma détermination barométrique de la hauteur du Llano de Tapia (2891 mètres ou 8899 pieds) n'est pas aussi exacte que j'aurais désiré, à cause du manque d'observations corre^MMidantes au bord de la mer du Sud. Sur le détail de mes calcob trigonométriques,voy. moïïRecueUdOb$erv(U,astronom.^t h p. Lxxu et Lxxiv. Le professeiu* Poggendorff a bien voulu prendre la peine d'examiner auquel de ces résultats doit

conduire le calcul le plus rationnel, dans les circonstances les plus vraisemblables. Il a trouvé que, en supposant la température de Tair^ sur le bord de la mer^ égale à S7%5 ou 26^,5 cenUg., et la hauteur du baromètre ramené à zéro égale à 760^™, on obtenait, d'après la table de Regnault, le résultat suivant : Le point d'ébuUition de Teau à 77<>,5 centig. sur le sommet de la montagne répond à une colonne barométrique de 320"^"-,20, par la température de 0*"; or, la température de l'air étaità|o,7, que Ton peut remplacer ici pour plus de commodité par 1<>,5. D'après ces données, les tables d'Oltmanns fournissent pour la hauteur atteinte par M. J. Remy, dans la première hypothèse (27o B cent.), 7 328",2; dans la seconde (26*» 5 c.), 7 314",5; soit en moyenne 777 mètres ou â 390 pieds de plus que ma mesure trigonométrique. Pour que le point d'ébullition fût d'accord avec cette mesure^ il aurait dû être de 2<>,25 cent, plus élevée en supposant que le sommet du Chimborazo ait été réellement atteint. Voy. PoggendorflTs Annalen, t. C, 1857, p. 479.

(51) [page 505]. G. Rose, Reise nadh dem Vrai, t. II, p. 353 et 354.

(52) [page 505]. G. Rose, lorsqu'il mettait en ordre les riches collections siciliennes de Frédéric Hoffmann, dans le cabinet minéralogique de Berlin (1833), s'est convaincu et a convaincu ses amis que les trachytes de l'Etna contiennent du labrador. Dans son Mémoire sur les roches appelées grunstein et grunstein -porphyre ( Poggendorff's Annalen ^ X. XXXIV, 4835, p. 29), il mentionne les laves de l'Etna, qui contiennent de l'augite et du labrador. Voy. aussi le beau travail d'Abichsur toute la famille des feldspaths (1840), dans les Annalen de Poggendorff (t. IV, p. 347). Léop. de Buch cite la

i roche de l'Etna comme analogue au dolérite de la formation ^ basaltique (Poggend. Annalen, t. XXXVn, 1836, p. 188).

(53) [page 505]. Sartorkis de Waltershausen, qui étudie

depuis beaucoup d'années et très-assidûment les trachytes de l'Etna, fait cette remarque importante, que la hornblende appartient principalement aux masses plus anciennes , c'està-dire aux filons de grunstein du Val del Bove et aux trachytes blancs et rougeâtres qui forment la base de TEtna, dans la Sierra Giarmicola. On trouve dans ce lieu, à côté Tune de Tautre, de la hornblende noire et de l'augite claire, de la couleur du poreau. Les torrents de lave récents, à partir de 1669, principalement ceux de 1787, 1809, 18H, i819, i832, 1838 et 1842, montrent de Taugite, mais point de hornblende. Cette roche parait se former sous rinfluence d'un refroidissement plus lent ( Waltershausen , ûber die vxiJ^ kanischenGesteinevon Sicilien und Island, 1853, p. iHAli). Dans les trachytes augitiques de la chatne des Andes appartenant à la 4® division, j'ai trouvé, à côté d'augites abondantes, tantôt une absence complète d'augite, tantôt, comme sur le Gotopaxi, à la hauteur de 13200 p., et sur le Rucu-Pichincha à 14360 p., quelques rares cristaux noirs et distincts de hornblende.

(54) [page 505]. Comp. Pilla, dans les Corroies rendus de r Académie des Sciences y t. XX, i845, p. 324. Pilla a trouvé, sur la Rocca Monfina, la surface des cristaux de leudte couverte de serpules, ce qui indiquerait une formation sousmarine volcanique. Sur la leucite de TEifel dans le trar chyte du Burgberg, près de Rieden; sur celle d'Albano, du Lago Bracciano et de Borghetto, au nord de Rome^ voy. Cosmos y t. IV, p. 267 et 645 (note 93). Au centre des grands cristaux de leucite, Léop. de Buch a presque toujours trouvé le fragment d'un cristal d'augite autour duquel s*est formée la cristallisation de la leucite, a ce qui, dit-il, est assez étrange, ainsi qu'on Ta déjà fait remarquer, attendu la grande fusibilité de l'augite et la non-fusibilité de la leucite. Plus souvent encore des morceaux de la p&te même de la leucite-poiphyre sont enfermés comme des noyaux. »

L'olivine se trouve en même temps dans les laves^ comme par exemple dans les cavités de l'obsidienne, dont j'ai rapporté de mon voyage en Amérique des échantillons recueillis sur le Cerro del Jacal (Cosmos, 1. 1^ p. 544, note 90), et dans la roche d'hypersthène d'Elfdalen (Berzelius, 6^' Jah/resbericht, 4827, p. 302) qu'on a prise longtemps pour de la syénite. L'oligoclase offre un contraste analogue; cette roche, en effet, existe à la fois dans les trachytes de volcans encore allumés, par exemple au pic de Ténériffe et sur le Gotopaxi, et parmi le granité et le granitite de Schreibersau et de Warmbrunn, dans le Riesengebirge de la Silésie (voy. sur les roches appartenant au groupe des granités^ Gustave Rose, dans la Zeitschrift der deutschen geolog. Gesellschaft zu Berlin, i. I, p. 364). 11 n'en est pas de même de la leucite dans les roches plutoniques. Cette assertion qu'on trouve la leucite disséminée dans le schbte micacé et dans le gneiss des Pyrénées, près de Gavamie , assertion répétée même par Haûy, a été reconnue erronée, à la suite d'études faites sur les lieux pendant plusieurs années parDufrénoy (Traité de Minéralogie, t. Ill, p. 399).

(55) [page 508]. Je m'étais convaincu durant un voyage géognostique que j'ai fait en 1795 à travers le Sud de la Franconie, l'Ouest de la Suisse et le Nord de Tltalie^ que le calcaire jurassique, assimilé parWerner à son calcaire coquillier, est une formation spéciale. Mon écrit sur les gaz souterrains, publié pendant mon séjour dans l'Amérique du Sud, par mon frère Guillaume de Humboldt(l799), contient la première mention de ce gisement, que j'ai désigné provisoirement sous le nom de calcaire jurassique (p. 39). Cette nouveUe formation fut immédiatement adoptée dans les Tables minéralogiques du Conseiller supérieur des Mines Rarsten ( 1800, p. vu et 64), fort répandues à cette époque. Je ne nommais aucune des pétrifications qui caractérisent la formation jurassique, et qui ont été pour Léop. de Buch (1839)

Toccasion de rendre à la science des services dont le soikvenir ne s'effacera pas; je me trompais paiement surTâge que j'attribuais à la formation jurassique. Je la croyab antérieure an calcaire coquiUier, à cause de la proximité des Alpes » supposées plus anciennes que le Zecfastein. Dans les premiers tableaux de Dukiand sur la Siiperposition of&rata in the British Islands, le Jura Limestane de Humboldt est rangé dans la classe de VUpper Ooliu. Voy. mon Essai gto^ gnostique sur le Gisement des Roches, 1823, p. 281.

(56) (page 509]. Le nom d'andésite se trouve imprimé pour la première fois dans un Mémoire lu par Léop. de Bocfa à l'Académie de Berlin^ le 26 mars 1835. Ce grand géognoste borne la dénomination de trachyte aux roches qui contiennent du feldspath vitreux, et s'exprime en ces termes dans un autre Mémoire lu également au mois de mars 1835, mais imprimé seulement en 1836 (Poggend. Annalen, i. XXXVII, p. 188- 190) : « Les découvertes de Gustave Rose sur le feld^iaiii ont éclairé d'un grand jour la théorie des volcans et toute la géognosie; les roches volcaniques y ont gagné de se présenter sous un aspect tout à fait inattendu. Après des recherches attentives et plusieurs fois répétées aux environs de Catane et sur TEtna, nous nous sommes convaincus, Éliede Beaumont et moi, que le feldspath ne se trouve absolument pas dans TEtna, non pins que le trachyte. Toutes les conlén de laves, ainsi que toutes les couches intérieures se composent d'un mélange d^augite et de labrador. Quant le fddspath est remplacé par l'albite, il se manifeste encore me différence importante dans les roches des volcans; il se produit alors une roche nouvelle qui ne peut plus être appelée trachyte. D'après les recherches actuelles de G« Rose, on peut presque assurer que pas un volcan , dans toole li chaîne des Andes, ne se compose de trachyte, mais que tons contiennent de l'albite dans leur masse constitutive. Cette affirmation semble hasardée au premier abord; mais elle

perd cette apparence, si nous considérons que le seul voyage de M. de Humboldt nous a déjà fait connaître presque la moitié de ces volcans et de leurs produits au-delà et en deçà deTéquateur. Nous connaissons, par Meyen, la roche riche en albite de la Bolivie et du Chili septentrional ; nous suivons cette roche, grâce à Pœppîg, jusqu'à la frontière la plus méridionale du Chili , nous la retrouvons avec Erman dans les volcans du Kamtschatka. Sa prédominance marquée sur une aussi vaste étendue paraît justifier le nom d'andésite, par lequel oc a déjà plusieurs fois désigné ce mélange de beaucoup d'albite avec un peu de hornblende. Presque à la même époque, Léop. de Buch est allé plus loin encore, dans les additions dont il a enrichi d'une manière si notable l'édition française de son ouvrage sur les lies Canaries. Il estime que les volcans du Pichiocha, du Cotopaii, du Tungurahua, du Chimborazo se composent tous d'andésite, que les volcans mexicains au contraire sont de véritables trachytes contenant de la sanidine {D&scrijh tionjhysiqae des îles Canaries, 4836, p. 486,487, 490 et 515). La classification lithologique des volcans du Mexique et des Andes que j'ai donnée plus haut montre que, scientifiquemoit, il est impossible d^admettre une pareille uniformité de constitution minéralogique, ni une dénomination générale empruntée à une grande contrée. Après que Léop. de Buch eut prononcé pour la première fois, dans les Armalen de Poggencorf ; ce nom d'andésite, qui a occasionné tant de confusBoUy j'ai eu le tort de m'en servir moi-même deux fois: d'abord «n 4836, dans le récit de mon ascension au Chimborazo (Schulmacher's /o/ir&uc^/ur 1837, p. 204 et 205; voy. aussi mes MUanges de Physique générale et de Géologie, 1. 1, p. 182}; ensuite en 1837, dans un Mémoire sur le plateau de Quito (Poggeid. Annalen, t. XL, p. 165). En m'opposant fortement dis cette époque à la prétention de mon vieil ami, touchant la constitution homogène des volcans des Andes, je disais : a es découvertes récentes ont appris que les diffàrentes zones ne présentent pas toujours la même composition miné-

raiogtqae^ c'est-à-dire que le mélange n'est pas toujours formé des mêmes parties. Tantôt ce sont des trachytes proprement dits qui sont caractérisées par le feldspaUi vitreux, comme au Pic de Ténériffe et dans le Siebengebirge de Bonn, où l'albite se mêle en petite quantité au feldspath , des trachytes feldspathiques qui, en qualité de volcans actifs, produisent souvent de l'obsidienne et de la pierre ponce; tantôt ce sont des mélaphyres ou un mélange doléritique de labrador et d'augite, qui se rapproche davantage de U formation basaltique » comme sur l'Etna, le Stromboli et h Chimborazo. Quelquefois aussi Talbite prédomine avec ia hornblende , comme dans ce qu'on est convenu d'appeer récemment les andésites du Chili, comme dans les magnifiques colonnes de Pisoje, près de Popayan, décrites sous le nom db porphyre dioritique , comme au pied du volcan de Puracé «q sur le volcan mexicain du Jorullo; tantôt enfin ce sont des hvtcitophyres,des mélanges deleucite et d'augite,comme dais la Somma, l'antique paroi du cratère de soulèvement du Vésure.» C'est par une fausse interprétation de ce passage, qui loite des traces nombreuses de Tétat imparfait de la science à cette époque, qui attribue, par exemple, au Pic de Ténériffe eu feldspath au lieu d'oligoclase, au Chimborazo du labradcr, au volcan de Toluca de Talbite, que l'ingénieux Abich, èla fois chimiste et géognoste (Poggendorff's Annalen, L iA, i840, p. 523), me rend moi-même responsable de l'invention du mot andésite, pour désigner une espèce de roche trachytique très-répandue et riche en albite. Abich a domé à une espèce nouvelle et un peu problématique de feldpath qu'il avait analysée le premier, le nom d'andésine^ ei considération de la roche de Marmato, près de Popayan, dms laquelle elle a été reconnue pour la première fois L'andésine (pseudo-albite, tirée de l'andésite) se placerat entre le labrador et l'oligoclase. A la température de 15* R., sa pesanteur spécifique est de 2,733; celle de l'andésie, dans laquelle a été trouvée Tandésine, rst de 3,593. Gusta'c Rose a

mis en doute, ainsi que Fa fait plus tard Charles Deville (Études de Lithologie, p. 30), Texistence de Tandésine comme espèce indépendante, laquelle ne repose en effet que sur une seule analyse d'Abîch^ et parce que l'analyse faite dans le laboratoire de Henri Rose par Francis ( PoggendOrff*8 Annalen, t. LU, 1841^ p. 472) de la partie feldspathique contenue dans le beau porphyre dioritique que j*ai rapporté de Pisoje près de.Popayan^ indiquée la vérité une grande analogie avec l'andésine de Marmato, analysée par Abich, mais révèle cependant une composition différente. La prétendue andésine de la syénite des Vosges que Ton rencontre sur le ballon de Servance et à Coravillers , et dont Delesse a donné Tanalyse, est beaucoup moins sûre encore. Comp. G. Rose, dans la Zeitschrift der deutschen geologischen Gesellschaft, fur 4849^ p. 369. U n'est pas sans importance de faire remarquer ici que le nom d*andésine, cité par Abich comme celui d'un minéral simple, se trouve pour la première fois dans son important Mémoire, intitulé BeUrag zur Kenntniss des Feldspaths (Poggend. Anncdeny t. L, p. i25 et 341 ; t. LI^ p. M% d'où il résulte que ce nom fut introduit en 1840, c'est-à-dire cinq années au moins après la dénomination donnée à Tandésite, et non pas avant, comme on l'a dit quelquefois parlerreur. Il est possible que les formations du Chili riches en albite, que Darwin appelle si souvent andesitic grcmite et andesilic porphyre {Geologiccd Observations on SotMh America, 1846, p. 174), contiennent aussi de l'oligoclase. Gustave Rose, dont l'ouvrage iiber die Nomendatwr der mit dem Grimstein und Grùnsteinporphyr verwandten Gebirgsarten a paru dans la même année 1835 où Léop. de Buch s'est servi du nom d'andésite (Poc^endorff's, Annalen, i. XXXIV, p. 1-30), n*a jamais employé ni dans ce traité ni ailleurs cette dénomination. La définition de cette roche, d'après la nature bien connue aujourd'hui des parties qui la composent, n'est pas albite et homblende^mais, au moins dans les Cordillères de T Amérique du Sud, oligoclase etaugite. Le mythe déjà vieilli de Tandésite que

j*ai peut-être expliqué avec brop de détail, nous prouve de nouveau^ comme tant d'autres exemples empruntés à rhistrâe de la connaissance du globe, que des assertions erronées on avancées légèrement, en particulier le penchant à ocmCdodre les variétés avec les espèces, rendent souvent aux sciences descriptives le service de provoquer des observations plus exactes.

(57) [ page 509]. Abich a décrit dès 1840 {uber dû Natw md die Zusammensétzung der YiUkark-BUdungeny p. 46) des tncbytes-oligoclases recueilKs an sommet du Kasbegk et daas une partie de l'Ârarat. Aussi Gustave Rose a-tril £ût observer prudemment (Poggend. Armaleny t. XXXIV, p. 30) a qu'il n'avitt pas tenu compte jusque-là dans ses déterminations de l'oligoclase et du périclin, qui cependant entraient vraisemblablemeot dans la composition des trach jtes. » L'opinion, très-répandiie jadis , qu'une certaine prédominance de Taugite ou de la hornblende permettait de conclure à une espèce dâenniDée dans le groupe des feldspaths : à Torthoclase vitreux (sanidine), au labrador ou à Toligoclase, paraît considéraUement afTaiblie par la comparaison des roches du Chimborazo et du Toluca , c'est-à-dire des trachytes de la troisième et de la quatrième division. La hornblende et l'augite se trouvent paiement en abondance dans la formation basaltique, ce qui n*a jamais lieu dans les trachytes; mais j'ai trouvé des cristaux d'augite, fort clair-semés il est vrai, dans la rodie du Toluca, ek quelques cristaux de hornblende dans des parties des roches do Chimborazo, du Pichincba, du Puracé et de Ténériffe. Les olivines, qui manquent si rvement dans les basaltes , sont aussi rares dans les trachytes que dans les phondites; cependant nous voyons quelquefois, dans des coulées délaves, desoUvines se former en abondance à côté des augites. Le mica est généralement très-rare dans les basaltes; bien qu'il existe en abondance sur quelques sommets trachytiques du llitteigebirge de la Bohême, dont Reuss, Freiesleben et moi, avons douié la

première description. L'isolement inaccoutumé de certains minéraux et les lois de leur association spécifique tiennent probablement à beaucoup de causes inconnues jusqu'à présent, qui agissent sur la pression^ sur la température, sur la fluidité et la rapidité du refroidissement. Mais ces difiérences spécifiques d'association sont d'une haute importance dans les roches mélangées et dans les masses des filons. 11 faut bien se garder de confondre, dans les descriptions géognostiques qui ont pu être faites au milieu de la libre nature et en présence même des objets, Télément prédominant ou du moins ce qui fait rarement défaut, avec les parties qui ne se montrent qu'en faible quantité et conune par hasard. La variété qui se manifeste dans les éléments d'une roche composée, par exemple dans les trachytes^ se reproduit, conune je Tai déjà dit plus haut, dans les roches elles-mêmes. Uy a sur les continents de vastes pays où les formations tracbytique et basaltique s'excluent mutuellement^ comme les basaltes et les phonolites; il y en a d'autres où les basaltes et les trachytes alternent à de très-faibles intervalles (Comp. Gustave Jenzsch, Monographie der bôhmischen Phonolithe, 1856, p. 4-7).

(58) [page 510]. Comp. Bischof, Chemische und physikor lische Géologie^ t. U, i851 , p. 2288 et 2297. Voy. aussi Roth, Monographie des Vesuvs, 1857, p. 305.

(59) [page 514 ]. Cosmos, t. IV, p. 373.

(60) [page 544 ]. n est à peine utile de faire remarquer que, si Ton dit que telle ou telle roche manque, cela signifie qu'on l'a vainement cherchée dans un nombre suflSsant de volcans , couvrant un territoire considérable. Je distingue les rochesqui manqiAcnt, c'est-à-dire que Ton n'a pu trouver, celles que l'on trouve rarement, et celles que l'on rencontre fréquemment, alors même que leur présence n'est pas un signe nécessaire et caractéristique.

(61) [page 541]. Charies d'Oeyahausen^ Erklàrving der geognosHchm Karte des Laadier SeeSy 1847, p. 38.

(62) [page 512]. Kœhler et Hofmann, Bergmâmisches Journal, 5* année, t. 1, 1792, p. 244, 251 et 265. Le basalte riche en mica , tel que celui que Pon trouve à la cime du Gamay dans le Mittelgebirge, est une rareté. J'ai visité cette partie des montagnes de la Bohème en 1792, avec Charies Freiesleben qui, plus tard, m'accompagna en Suisse, et qui a eu une si grande influence sur mon éducation géognostique et minéralogique. Bischof révoque en doute tout production pyrogénique du mica, et croit que cette substance est produite métamorphiquement par la voie humide, voy. son Lehrbuch der chemisch. vnd physikal. Géologie, t. II , p. 1426 et 1439.

(63) [page 512]. Jenzsch, Beitràge sur Kenntniss der Phonolithe, dans la ZeUschHft der deutschen geologischen GeseOschaft, t. Vin, 1856, p. 36.

(64) [ page 512]. Gustave Rose, uber die zur GranUgruppt gehorigen Gebirgsarten, dans le même Journal, t. I, 1849, p. 359.

(65) [page 512]. Les porphyres de Moran, de Real del Monte et de Régla, célèbre par la richesse des mines d'argent de laKeto Biscayna, et par la proximité des obsidiennes et des perlites du Cerro del Jacal et du Cerro de las Navagas, sont presque complètement dépourvus de quartz, comme presque tous les porphyres métallifères de TAmérique. On peut consulter sur ces phénomène^ et sur les phénomènes complètement analogues que présente la Hongrie, EumbolAt, Essai gèognostique sur le Gisemera des Roches, p. 179-188 et 190-193; mais les porphyres d'AcaguisotIa, sur la route d'Acapulco à Chilpanzingo, comme ceux de Villalpando, au nord de Guanaxuato, qui sont traversés par des filons aurifères, contiennent, à côté de sanidine , des grains de quartz brunâtre.

Dans les roches volcaniques du Cerro de las Navajas et du Valle de Santiago, riche en basalte et en perlite^ que Ton traverse pour aller de Valladolid au volcan de JoruUo, il est généralement rare de voir des grains d'obsidienne et de feldspath vitreux, enfermés dans la pâte. J*ai été d'autant plus surpris, au mois de septembre 1803^ de trouver entre Capula et Pazcuaro^ particulièrement près d'Yurisapundaro, toutes les fourmilières remplies de grains brillants d'obsidienne et de sanidine ( voy. Nivellement barométriquey p. 327, n» 366, et Essai gèognostique sur le Gisement des Roches, p. 356). «Pavais peine à comprendre que des insectes si petits pussent apporter ces minéraux de si loin. J'ai vu avec beaucoup de plaisir qu'un explorateur intrépide, M. Jules Marcou, a observé un fait complètement analogue, ail existe, dit-il, sur les hauts plateaux des Montagnes Rocheuses, surtout aux environs du fort Défiance (à Pouest du Mont-Taylor), une espèce de fourmb qui , au lieu de se servir de bois et de débris de végétaux, pour élever son édifice, n'emploie que de petites pierres de la grosseur d'un grain de mais. Son instinct la porte à choisir les fragments de pierres les plus brillants : aussi la fourmilière est-elle souvent remplie de grenats transparents magnifiques et de grains de quartz très-limpides. » {Résumé eosplicatif dune Carte géographique des États-Unis, 4855, p. 3).

Le feldspath vitreux est très-rare dans les laves récentes du Vésuve; il n'en est pas de même dans les laves anciennes, par exemple dans celles qu'a produites l'éruption de i63l , où cette roche existe à côté de cristaux de leucite. Souvent le torrent de lave qu'a déversé en I63i l'Arso de Cremate, dans Itle d'Ischia , et qu'il ne faut pas confondre avec le torrent aitué près de Montagnone et de Rotaro et décrit par Strabon {Cotmos, t. lY, p. 298 et 665, note 68), contient aussi une grande quantité de sanidine sans trace de leucite. Le feldspath vitreux est aussi rare dans les trachytes du Cotopaxi , ou des autres volcans des Cordillères, que dans les carrières

souterraines de pierre ponce , situées au pied du CkHopaxi. Les minéraux que referment ces carrières^ et que Ton a décrits jadis comme de la sanidine, ne scmt autre chose que des cristaux d'oUgodase.

(66) [page 513]. Roth, Monographie des Vesw)S, p. 367 et

(67) [page 514]. Voy. plus haut, p. 787 (note 53); Rose, Reise nach dem Vrai, t. H, p. 360; Btechof, Chemische vnd Physik. Géologie, i. Il, p. 528-571.

(68) [page 514]. Gilbert's Annalen der Physik, t. VI, 1800, p. 53; Bischof, Géologie, t. II, p. 2265-2303.

[page 515]. Les laves récentes du Vésuve ne contiennent ni olivine ni feldspath vitreux (Roth, Monogr. des Yemos, p. 139). Le torrent de lave qui est sorti du Pic de TénériffeeD 1704, et a été décrit par Viera et par Glas, est, d'a{Mrès Léop. deBuch, le seul qui contienne de Tolivine (Description des iies Canaries, p. 207), mais j'ai combattu ailleurs {Examen criHque de l'histoire de la Géographie, t. III, p. 143-146) cette assertion que l'éruption de 1704 ait été la première depuis li conquête des lies Canaries à la fin du xv« siècle. Chrblophe Colomb, dans son premier voyage, lorsqu'il alla visiter Dana Beatriz de Bobadilla, dans la Gran Canaria^ vit , durant les nuits du 21 au 25 août, réruption ignée deTénériffe. On lit dans le Journal de T Amiral, sous la rubrique Jueves 9 de AgostOj qui comprend des notes jusqu'au 2 septembre : a Vieron salir gran fuego de la Sierra de la Isia de Tenerife, que es muy alta en gran manera d (Navarette, Colec. de los Yiages de les Espa/fU>kSy 1. 1, p. 5). n ne faut pas confondre la dame que nous venons de nommer avec Dona Beatriz Henriquez de Cordova, mère naturelle du savant Don Fernando Colon, l'historien de son père, dont la grossesse contribua tant, en 1488« à retenir Colomb en Espagne, et fut cause, que le Nouveau- Monde fiit découvert pour le compte du royaume de Cas-

tille et de Léon, au lieu deTétre pour celui du Portugal^ de la France ou de l'Angleterre ( voy. mon Examen (ritiquey etc., t. m, p. 350 et 367).

(70) [page 515]. Cosmos, t. IV, p. 264.

(71) [page 515]. Une partie importante des roches recueillies pendant mon expédition en Amérique a été envoyée au cabinet minéralogique de Madrid, en Toscane, en Angletare et en France. Je ne parle pas des collections géologiques et botaniques restées entre les mains de mon noble ami et collaborateur Bonpland, qui les possède à double titre, puisqu'il en a découvert et réuni les éléments. Ce partage des collections, qui n'exclue pas la réunion en groupes au point de vue géographique, lorsqu'on a pris soin d'indiquer la provenance de chaque objet, permet de soumettre les minéraux dont l'association habituelle caractérise les roches à des examens plus variés et plus rigoureux.

(73) [page 515]. Humboldt, Mélanges de Géologie et de Ptvytique générale, 1. 1, p. 157.

(73) [page 515]. /6ûi.,p. 2U, et Cosmos, t. IV, p. 363.

(74) [ page 516]. J'ai trouvé également beaucoup d'olivine au Mexique , dans le Tezontle du Cerro de Axusco^ formé de lave cellulaire ou d'amygdalolde basaltique. TeizontUy en mexicain tetzontliy veut dire cheveu de pierre (de etl, pierre, et tzontli, cheveu).

(75) [page 516]. Sartorius de Waltershausen , Physischgeographische Skizse von Island, p. 64.

(76) (page 516]. Beraelius, 6«« Jahresbericht, 1827, p. 392, Gustave Rose dans Poggend. Annaien, t. XXXIV, 1835, p. 14. Voy. aussi Cosmos^ 1. 1, p. 545.

(77) [page 516]. Jenzsch, PhonolUhe, 1856, p. 37, et Senft,

dans rimportant ouvrage iotituié ClasHfication der FdsarUn, 4857, p. 187. D'après Scacchi , Tolivioe se trouve égalemeai à c6té du mica et de l'augite^ dans les Mocs calcaires de h Somma. J'appelle ces masses remarquables des blocs rejetis, et non des laves ; la Somma n'a jamais vomi de laves.

(78) [ page 516]. Poggend. Annaim, L XUX, 1840, p. 591, et t. LXXXIY^ p. 302; Daubrée, dans les Annales des Mines, 4* série, t. XIX, 1851, p. 669.

(79) [page 516]. Cosmos, 1. 1, p. 146, et tl m, p. 629.

(80) [page 5i6]. Ihid., U I, p. 545 (note 90).

(81) [page 517]. Humboldt, Voyage aux régions égiùnoxialeSyin-A, 1. 1, p. 156-165.

(82) [page 518]. CosmoSy t IV. p. 373.

(83) [page 518]. Scacchi, Osservazioni critiche suUa maniera corne fu sepellita Vantica Pompeiy 1843, p. 40. Coatre Topinion mise en avant par Carminé lippi et soutenue plus tard par Tondi, Tenore, Pilla et Dufrénoy, que Pompéi et Herculanum n'auraient pas été ensevelis sous les cendre et les rapillis venus directement de la Somma, et que leur àâsparition serait due à Faction des courants d'eau, on peut consulter Roth, Monogr. des Yesuvs, 1857, p. 458. Voy. aussi CosmoSy t. rV, p. 477.

(84) [page 6i9]. Nivellemembarométrique^ dansHuroboldt, Observât, astronom»y 1. 1, p. 305, n* 149.

(85) [page 519]. Cosmos, t. IV, p. 376.

(86) [page 519]. Sur les collines de pierre ponce de Tollo, situées à deux journées du volcan actif de Maypu, qui n'a jamais rejeté un quartier de pierre ponce, voy. Meyea, Reise um die Erde, 1. 1, p. 338 et 358.

(87) [page 519]. Çôppig, Reise in Chili und Peru, t. I, p. 426.

(88) [page 520]. Comp. Cosmos, t, IV» p. û37.

(89) [page 520]. Franz Junghuhn, Java, t. II, p. 388 et (592.

(90) [page 521]. Léop. de Buch, dans les Abhandltmgen ^der Akademie der Wissenschaften zu Berlin fur 1812-1813 (Berlin, 1816), p. 128.

(91) [page 521]. C'est ce que dit Théophraste, au sujet de la pierre de Lipari, Xticapaîoç {de Lapidibus, §§ 14 et 15, t. I, p. 689, t. II, p. 426, et t. IV, p. 551 de Tédit. publiée par Schneider, 1818.)

(92) [page 521]. Rammelsberg, dans Poggend. Annalen, t. LXXX, 1850, p. 464, et Chemisches HandwôrterbucK 4* supplém., p. 169; comp. aussi Biscbof, Géologie, t. II, p. 2224, 2232 et 2280.

(93) [page 523], Cosmos, t. IV, p. 334, 362, 364-368, 375-377 et 388. Sur les particularités que peut offrir la distribution géographique des pierres ponces et des obsidiennes dans la zone tropicale du Nouveau-Continent, voy. Humboldt, Essai géognostique sur le Gisemml des Roches, 1823, p. 340- 342 et 344-347.

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