‹ Cosmos; essai d'une description physique du monde; (volume 2)Chapitre 11 sur 36 · OMS · texte numérisé non relu

OMS

Y.Vitlaroeau 184B Itedler (1849]

■ doCenteure 1" «t î- gr.

CapH. Jacob 1848 Ï.^Iltrceau 1848

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REMARQCES SUR LE TABLEAU PRËCËDBNT.

Les orbites des h premières étoiles doubles paraissent 6tn Bssez bien déterminées aujourd'hui. Il n'en est pas de même des h dernières : pour celles-là, les observations actuelles ne fournissent pas assez de données réellement distinctes pour qu'on puisse en déduire les 7 éléments de rori)ite.

Il était impossible de ne pas rappeler, dans ce tableau, les calculs de Savary et d'Encke sur Ç de la Grande Ourse et p d'Ophiucus. Ces calculs ont, en eflet, une valeur historique, parce que ce sont les premières applications des méthodes de calcul que ces deux astronomes éminenls ont proposées. Mais comme en lS3l)eten]832 les données de l'observation étaient encore insuHîsantes, il ne faut pas s'étonner des discordances que l'on ne manquera pas de remarquer entre les éléments d'Encke ou de Savary et ceux de J. Herschell, de Mœdier ou d'Yvon Villarceau. Les déterminations récentes relatives aux h premières étoiles s'accordent beaucoup mieux, et tout fait espérer que les éléments consignés dans ce tableau n'auront plus à subir désormais de très-graves modifications.

Cependant n de la Couronne présente une singulière anomalie.Tous les astronomes qui se sont occupés de cette étoile, jusqu'en 18ù7, lut assignaient une révolution de f|3 ans. Villarceau a trouvé, an 18I|7, que le problème était susceptible de recevoir deux solutions entièrement distinctes, dont l'une conclutà 43 ans et l'autre à 66 ans de révolulion. A l'époque où ces derniers calculs furent exécutés, il n'y avait aucun motif décisif d'adopter une de ces orlutes de préférence i l'autre ; mais les observations récentes de 0. Struve paraissent décider en faveur de la seconde solution, celle de 66 ans, dont les calculateurs précédents ne s'étaient point avisés.

Comme les nombres du tableau ne donneraient pas une idée complète de ces deux solutions, je mets ici en re|^, pour chacune d'elles, les 7 éléments fondamentaux de l'orbite :

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■ 10 ulBin, piu^ ptûtablp.

Temps de la révolution Û2'"'.501 66"',257

Demi-grand axe i",Oia i",lU

Excentricité 0',ù7û4 0",i695

bclioalsoD 65" 39',2 68' 3',3

Longitude du nœuâ 10° 26,6 k' 20,7

LoDgitude du périhélie 237" 36',1 198- 57' .5

TMips du passage au périhélie vrai. ] ^^^g^^^, ,^^^33^

La cause de cette singulière anomalie est elle-même digne d'inlérél. Dans les mesures d'étoiles doubles, c'est la plus bdie des deux étoiles d'un même couple que l'on prend poiv ccDlre; on la considère comme relativement fixe, et on lui rapporte Ip-s positions occupées par la seconde étoile, considérée dès lors comme un satellite. Cela posé, lœ^ue les deux âuiles sont à peu près égales et de même couleur, et que les observations sont séparées par un grand nombre d'années, comme cela eut lieu efTectïvement à l'époque des grands travaux d'Herschell , on risque de se tromper d'étoile et de {rendre pour fixe celle qui était d'abord considérée comme motnle. D'ordinaire la confusion ne saurait être de longue dorée; elle n'a d'ailleurs d'autre inconvénient que de changer de ISO" les angles observés, et il est facile de réparer l'erreur. Hais, pour ti de la Couronne, un concours fortuit de circonstances laisse subsister en entier une ambiguïté de ce genre, dansl'interprétatioQ des angles de position mesurés par William Herscheli. Malgré la plus minutieuse discussion de toutes les circonstances propres à guider le choix du calculateur, Villarcean n'a pu qu'indiquer des prohabilités en faveur de l'orbite de 66 ans, et il a dû présenter la double solution à laquelle lef données actuelles le conduisaient, tout en fixant à 1853 r^Mqne où il ne sera plus posàhie d'hésiter entre les deux ofbitea. >. viens de dire que les dernières observations de Poulkovt décident déjà en laveur de l'orbite de 66 ans (58).

Les discordances des élémeats qui ont été assignés aux

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— 2f)0 — h dernières étoiles, par différents calculateurs, montrent asseï l'iasuffisance des données actuelles de l'observation. Villai^ ceeu s'est même vd forcé de laisser subsister deux indéterminées, g et f dans l'expression des éléments de y de la Vier^, une dans celle de C de l'Écrevisse et deux dans celles de a du Centaure (le tableau ne contient que les indétenninées de la première). Ici l'incertitude est d'une tout autre nature que pour» de la Couronne. 11 ne s'agit plus d'opter entre deux orbites ditférentes qui seules peuvent satisfaire aux observations, mais de choisir parmi un nombre infini d'orbites, comprises entre des limites données. Ainsi on sait seulement, pour y de la Viei^, que la durée de la révolution esl comiHise entre 125 et i^h ans, d'après les indéterminées du tableau, ou, plus exactement, entre 128 et 166 ans, toutes les valeurs intermédiaires étant à peu près également admissibles.

Les éléments de y de la Vierge, de Z de l'Écrevisse et de a du Centaure, calculés par Y. Villarceau, n'ont encore été publiés nulle part; j'en dois la communication à l'obligeance de cet excellent astronome.

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LES NEBULEUSES. — NÉBULEUSES SÉDUCTIBLHS ET NÉBDLEUSES IBHÉDUCTIBLES. — NUÉES DE HAGEL- Li». — TACHES NOIRES OU SACS DB CEABBON.

Oatre les mondes visibles (pii remplissent les espaces célestes parmi les corps qui brillent de la lumière siellaire, et par là je comprends les corps qui ont une lomière propre et ceux qui empruntent leur lumière au Soleil, ceux qui sont isolés et ceux qui, diversens3A accouplés, tournent autour d'un centre de gravité commun ; parmi ces corps, dis-je, il existe des masses qui jettent une lueur pâle et douce, semblable à une Débal(wté (59). Quelques-unes font l'effet de petits aoages lumineux ans contours arrondis et tranchés; d'aubes, sans forme précise, s'étendent sur de vastes e^ces. Toutes, vues à travers le télescope, semblent au premier abord complètement différentes des corps eâestes dcmt nous avons traité dans les quatre précédents chapitres. De même que l'on est porté à conclure du mouvement observé, mais non expliqué jusqu'à œ jour, des étoiles visibles à l'existence d'étoiles innables (60), de même les expériences récentes, qui 0D( constaté la possibilité de réduire un nombre considérable de nâ>uleu8es , ont conduit à nier l'existence des Qébnleuses et plus absolument de toute la matière

cosmique répandue dans le monde. Que d'ailleurs ces nébuleuses arrêtées dans leurs contours soient une matière diffuse et lumineuse par elle-même, ou qu'elles soient des amas sphériques d'étoiles pressées, elles n'en sont pas moins d'uoe grande importance pour la connaissance de la structure du monde, en ce qui concerne les espaces célestes.

Le nombre des nébuleuses dont le lieu a été déterminé en ascension droite et en déclinaison dépasse déjà 3600. Quelques-unes de celles qui n'ont point de forme précise ont une lai^ur égale à huit fois le diamètre de la Lune. D'après une estimation de William Herschell, remontant à l'année 1811, les nébuleuses couvrent au moins 1/270 de tout le Qrmament visible.

Le regard qui les contemple à l'aide du télescope pénètre dans des régions d'où les rayons lumineui» d'après des calculs qui ne sont pas dépourvus de vraisemblance, mettent des millions d'années à venir jusqu'à nous, et franchit des intervalles dont on pourrait à peine se faire une idée, en prenant pour unité les distances que nous fournit la couche d'étoiles la plus voisine du système solaire, c'est-à-dire les distances qui nous séparent de Sirius ou des étoiles doubles du Cygne et du Centaure. Si les nébuleuses sont des amas d'étoiles de forme elliptique ou globulaire, leur con- ^omération rappelle les efiets mystérieux des forces de la gravitation ; si elles sont des masses de vapeur avec un ou plusieurs noyaux, les différents degrés de leur condensation prouveraient que la matière cosmique peut, par une concentratimi successive, arriver

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— 26â — i former des étoiles. L'astronomie, j'entends celte qui est UD objet de contemplation plutôt que de calcul, ne fournit pas un autre spectacle qui soit autant de nature à s'emparer de l'imagination; et cela non pas seulemoit parce que les nébuleuses peuvent être prises pour UB syoïbole de l'infini , mais parce que la recherche des différente états par lesquels ont passé ces coips célestes et le lien qu'il est permis de 60upc<»)ner entre leurs transformations successives, peut nous donner l'espérance de démêler, à travars les phénomènes, la loi de leur développemwjt (61).

L'bistoire des notions que nous possédons actuelleatent sur les nébuleuses nous apprend que sur ce point, comme en général pour tout ce qui touche à Thistoire des sciences naturelles, les mêmes opinions opposées qui comptent aujourd'hui de nombreux parvins ont été soutenues il y a beaucoup d'années, bien qa'avec des raisons moins concluantes. Depuis que le télescope est devenu d'un usage général , nous voyons Galilée, DcMninique Gasslai et un aatre observateur pénétrant, John Micbell, considérer toutes les nébuleuses cornu» des amas d'étoiles reculées dans l'espace, tasdis que Halley, Derham, Lacaille, Kant et Lambert affirmaient qu'elles étaient dépourvues d'étoiles. Kepler était un adhérent zélé de la théorie d'après laquelle les étoiles seraient Tonnées d'une nébulosité cosmique, e'est-ï-dire d'une vapeur céleste qui s'agglomère et s'épaissit. C'était aussi l'opinion de Tycfao-Brahé, avant l'inrenUon du télescope. Kepler pensait, pour me servir de ses propres expressions : « Cœli maleriam tcnuis-

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I in unum ^obum condeosatam stdlam effingere; » il entendait par cette matière téoue la vapeur qui, dans la Voie lactée, brille d'un édat semblable à la lumière adoucie des étoUes. Son opinion était fondée non pas sur la condensation que l'on remarque dans les nébuleuses de forme arrondie, puisqu'il ne connaissait point ces nébuleuses , nuis sur les étoiles qui s'allument soudainement aux bords de la Voix lactée.

A proprement parler, c'est avec William Herschell que commence l'bistoire des nébuleuses, aussi bien que celle des étoiles doubles, s'il est vrai que l'on doive surtout considérer le nombre des objets découverts, l'exactitude et la solidité des observations lélescopiques, et la généralité des vues auxquelles elles ont servi de poiof de départ. lusqu'à' lui , et en tenant compte des louables efforts de Messier, on ne connaissait pas, dans les deux hémisphères, plus de 120 nébuleuses irréductible, et, en 1786, le grand astronome de Slough publiait un |H%mier catalogue qui en contenait 1000. J'ai déjà rappelé plus haut, d'une manière circonstanciée, que les masses désignées sous le nom d'étoiles nébuleuses (v{^>.ott $»;} par Hipparque et par Géminus, dans les Catastérùmes du Pseudo-Ëratostbèoe et dans YAlmageste de Ptolémée, sont des amas d'étoiles qui oflrent, à l'œil nu, l'apparence d'une matière vaporeuse (62). Cette dénomination, traduite en latin par le mot IVehutoscB, passa , an milieu du uiT siècle, dans les Tables Alphonsines, grâce vraisemblablemeot à rinfluence prépondérante de l'astronome juif Isaac

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Abm Std Hassan, président de la riche synagogue de JoMe. Ce fut cependant h Venise que furent imprimées les Tables Alphonsines, en IfiSâ.

Ces singuliers agrégats de véritables nébuleuses, réunies en quantité innombrable et mêlées avec des essaims d'étoiles , se trouvent mentionnés pour la première fois chez un astronome arabe du milieu du I* siècle, chez Âbdurrahman-Suphi, natif de l'Irak persan. Le Bœuf blanc, qu'il vit briller d'une lueur pSie et blanchâtre beaucoup au-dessous de Canopus, était sans doute la plus grande des deux Nuées de Magellan qui, avec une étendue apparente égale enrirm à 12 fois le diamètre de la Lune, couvre en réalilé daos le Gel un espace de li2 degrés carrés, et que les voyageurs européens ne commencèrent à signaler que dans la première partie du xvi* siècle, bien que déjà, 200 ans auparavant, les Normands se fussent avancés sur les câtes occidentales de l'Afrique jusqu'à Sierra Leone, par 8* 1/2 de latitude septentrionale (63). 11 SNDble qu'une masse nébuleuse d'une aussi grande étendue et clairement visible à l'œil nu eût dû atUrer plus tât l'attention (6/i).

La première nébuleuse isolée qui fut signalée, à l'ùde du télescope, comme complètement dépourvue d'étoDes, et dans laquelle on reconnut un objet d'une aatoie particulière , fut ta nébuleuse placée près de y d'Andromède, et visible même à, l'œil nu. Simon Marins, dmit le vrai nom était Mayer, de Guotzenhauseo, en Pranconie, qui, après avoir été musicien, fut attaché en qualité de malhémalicien à la cour d'un margrave

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de Culmbach, le même qui vit, neuf joufs avant Galilée, les satellites de Jupiter (65), a aussi le mérite d'avoii décrit le premier, et décrit très-exactement, une oéboleuse. Dans la pré£Ke de sod Mundus JoviaUs (66) il raconte que, le 15 décembre 1613, il reconnut une étoile fixe d'un aspect tel, qu'il n'en avait jamais vu de semblable. Elle était située près de la 5* étoile, c'est-à-dire près de l'étoile boréale de la Ceinture d'Andromède. Vue à l'œil nu, elle avait l'apparence d'un simfrie nuage, et, en s'aidaot du télescope, Hayer avait trouvé que ce phénomène n'avait rien de stellaire, ce qui le distinguait des étoiles nébuleuses de l'Ëcrevisse et d'autres amas nébuleux. Tout ce que l'on pouvait reconnaître, c'était une apparence blanchâtre qui, plus brillante au centre, s'aiïaiblissait vers les bords. Cette masse occupait ) /f| de degré et ressemblait dans son ensemble à la lumière d'une chandelle vue de loin à travers une feuille de corne « similis fere splendor apparet, si a longinquo candela ardens per cornu pellucidum de noctu cematur. n Simon Marius se demande si cette singulière étoile a pris naissance récemment, et il n'ose le décider; mais il s'étonne beaucoup que Tycho, lui a compté tontes les étoiles de la Ceinture d'Andromède n'ait point Tait mention de celle-là. Ainsi, dans le Mundus yott'a/tSj publié pour la première Tois en 161/i, est établie comD>e j'ai eu l'occasion de le remarquer ailleurs (67) , la dilféreDce entre les nébuleuses irréductibles aux télescopes dont on disposait à cette époque, et les amas stellaires, nommi's pr Ips Allemands Sternhaufen.'par les Anglais

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Cfautffs, auxquels le rapprochement d'un nombre infini de petites étoiles invisibles à l'œil du donne une apparence nébuleuse, tilaiffé le perfectionnement considérable des instruments d'optique, le nuage d'Andromède a été tenu pendant trois siècles et demi pour comptétement vide d'étoiles, comme dans le temps où il fiit découvert. Il n'y a pas plus de trois ans que de l'autre côté de l'océan Atlantique, à Cambridge, GecK^ Bood a reconnu 1500 petites étoiles « witbin du limits of tbe nebula. » Bien que le noyau de cette pr^udue nébuleuse n'ait pu être réduit encore, je n'ai point bésité à la ranger parmi les amas stellains(66).

Il De faut attribuer qu'à un hasard surprenant ce bit, que Galilée, qui, dès avant l'année 1610, époque k lacpidle parut le Sidereus Nunàus, s'était occupé piusieors fois de la constellation d'Orion , plus tard dans son Saggiatore, lorsque depuis longtemps il pouvait connaître par le Jltundus Jovialis la découverte d'une nébuleuse sans étoiles dans Andromède, ne signale dans tout le firmament d'autres nébulosités que celles qui peuvent se résoudre en amas stellaires, à Paide des faibles instruments dont il se servait. Les objets qu'il nomme « nebulose de! Orione e del Pre- Kpe » ne sont pour lui que des agglomérations (coacei^ nzioDÎ) de petites étoiles en quantité innombrable (69). D reftféeente successivement, sous les noms inexacts de Nebulosse Capitis, CJnguli et Ënsis Orionis, des aoias stellaires dans lesquels il s'applaudît d'avoir lrou*-é, sur un espace de 1 ou 2 degrés. 400 étoiles

268 — qui n'avaient point été comptées jusque-là. Quant aux nébuleuses irréductibles, il D'en est nulle part question. Comment la grande nébuleuse de l'Épée d'Orioo a-t-elle échappé à son attention, ou s'il l'a remarquée, comment ne s'y est-il pas arrêté? Mais, e^od toute vraisemblance, bien que cet observateur éminent n'ait jamais vu ni les contours irréguUers du nuage d'Orion, ni la forme arrondie des nébulosités réputées irréductibles, ses considérations générales sur la nature intérieure des nébuleuses ressemblaient beaucoup h celles vers lesquelles penche aujourd'hui la majeure partie des astronomes (70). Pas plus que Galilée, Hévélius qui, bien que s'obstioant à déterminer les positions des étoiles sans le secours du télescope, n'en fut pas moins un observateur très -distingué (71), ne fait mention dans ses écrits du grand nuage d'Orion. Son catalogue ne contient guère plus de 16 nébuleuses dont la position soit déterminée.

En6n, en 1656, Huyghens découvrit la nébuleuse de l'Epée d'Orion (72) qui devait obtenir une si ^aade importance par son étendue, par sa forme, par le nombre et la célébrité des astronomes qui l'observèrent dans la suite, et qui fournit à Picard l'occasion' de s'en occuper activement vingt ans après. En 1677, Edmond Halley, durant son séjour à Sainte-Hélène, détermina les premières nébuleuses qui aient élé observées dans les régions de l'hémisphère austral , invisibles en Europe. L'amour que Jean Dominique Cassini portait îi toutes les parties de l'astronomie contemplative l'engagea, vers la iîn du xvii* siècle, à étudier plus atten-

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(iTemenl les nuages d'Andromède et d'Orion. Il pensait que, depuis les observations de Huyghens,le dernier de ces Doages avait changé de forme, et croyait avoir reconnu, dans celui d'Andromède, des étoile qu'il était impossible d'apercevoir avec des lunettes communes. Pour le changement de forme, il n'était sans doute qu'une illusion ; mais il n'est plus permis , d^uis tes Temarquahles oteervations de Georges Bond, de nier d'une manière absolue l'existence d'étoiles dans la nébuleuse d'Andromède. Cassioi , guidé par des considérations théoriques, avait déjà pressenti ce résultat, lorsque, se mettant en opposition ouverte avec Halley et Derham , il déclarait que toutes les nébuleuses sont des essaims d'étoiles très-éloignées (73). Il convenait que la lueur douce et pâle que répand le nuage d'Andromède est analogue à la lumière zodiacale, mais il préieadait que celte lumière est formée par un nombre iofini de petits corps planétaires, pressés les uns contre les autres (7â) . Le séjour que 6t Lacaiile , de 1750 à 1753, dans l'hémisphère du sud, au cap de Bonne- EEpéraoce, à l'Ile de France et à Bourbon, accrut dans une telle proportion lé nombre des nébuleuses que, GDÎvant la remarque de Struve, on connut mieux à ceUe époque les nébuleuses du Ciel austral que celles qai sont visibles en Europe.' Lacaiile tenta aussi avec BQccès de classer les nébuleuses suivant leur fonne apparente. Il fut encore le premier, mais en cela ses efforts furent moins heureux, qui essaya d'analyser la mbslance si hétérogène des deux Nuées de Magellan (Nubecula major et minor). Si des autres nébuleuses

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isolées que Lacaille observa, au nombre de &2, dans rhémispbère austral, on en retranche ik qui, même avec des télescopes d'un faible grossissement,, ont été reconnues pour être de véritables amas stellaires, il n'en reste plus que 38 non résolues, tandis que sir Joho Uerschell, muni d'instruments plus puissants et apportant d'ailleurs h ses observations plus d'expérience encore et d'babilelé, est parvenu, sous la même zone, et sans y comprendre noo plus les amas d'étoiles ou Clusters, à découvrir 1500 nébuleuses.

Dénués de connaissances suffisantes et d'observations personnelles, mais guidés par leur imaginalioD à peu près dans les mêmes voies, sans qu'il y ait eu concert eotre eux, Lambert, à partir de l'aunée ilk9, et Kant, depuis J755, raisonnèrent avec une merveilleuse pénétration sur les voies lactées distinctes, sur les nébuleuses et les groupes stellaires jetés comme des îles sporadiques au milieu des espaces célestes [75]. Tous deux inclinaient vers la théorie de la matière diffuse (nebular Hypothesis), vers l'idée d'un travail de production incessant dans le monde sidéral et la transformation de ta nébulosité cosmique en étoiles. De 1760 à 1769, l'ingénieux Le Gentil , longtemps avant de se mettre en roule, dans l'espérance, démentie malheureusement deux fois de suite, d'observer les passages de Vénus sur le Soleil, donna une impulsion nouvelle à l'étude des n^uleuses par ses observations sur les constellations d'Andromède, du Sagittaire et d'Orion. Il employa un objectir de Campani de Sft pieds de longueur focale ; oet instrument est un de

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œuK qui exisleni à l'Observatoire de Paris. Complètement opposé aux idées de Halley et de Lacaille, de iaal et de Lambert, l'iagéDieux John Michell déclara, comme Galilée et Dominique Gassini, que toutes les nébuleuses sont des amas stellaires , des agrégats d'éloilee télescopiques très-petites ou très-éloignées, doo( l'existence ne peut manquer d'être démontrée QD jour à l'aide d'instrumeols plus parraits (76). La connaissance des nébuleuses doit aux travaux opioià- Ires de Messier un accroissement rapide, si on le compare aux lents progrès que nous avons retracés JDsqu'ici. Son catalogue, daté de 1771, contenait 66 nébuleuses nouvelles , eu défalquant celles qui anieot été déjà découvertes par Lacaille et par Médiain. Ainsi, à force de persévérance, il put, dans un observatoire assez pauvrement monté, dans l'observatoire de la Marine établi à l'hôtel de Cluny, doubler le nombre des nébuleuses connues jusque-là dans les deux hémisphères (77).

Ces bibles commencements furent suivis de l'époque brillante, signalée par les découvertes de William HerGcfaell et de son fils. William Herschell, le premier, mlreprit, dès l'année 1779, de passer méthodiquement es revue, à l'aide d'un réflecteur de 7 pieds, toutes les parties du ciel riches en nébuleuses. En 1787, son télescope gigantesque, long de kO pieds, était terminé, d dans tes trois catalogues qu'il publia successivement m 17S6, 1789 et 1802, il constata la position de 2500 nébuleuses réductibles ou irréductibles (78). losqu'oi 1785 et pr^ue jusqu'en 1791, ce grand

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observateur parut disposé, comme l'avaient été Micbdl et Cassini, comme l'est aujourd'hui lord Rosse, à voir, dans les nébuleuses qu'il n'avait pu parvenir à résoudre, des groupes d'étoiles très-éloignés. Mais à force de s'occuper de ce sujet, il fut ramené, entre 1799 et 1802, aux idées de Halley et de Lacaille, c'est-à-dire à la théorie de la matière diffuse, et admit même, avec Tycho et Kepler, l'hypotbèse de la formation des étoiles par la condensation successive de la nébulosité cosmique. Ces deux théories ne sont point cependant nécessairement liées l'une à l'autre (79). Les nébuleuses et les groupes d'étoiles qu'avait observés sir William Herschell ont été soumis à un nouvel examen par son fils, de 1835 à 185S. Sir John a enricbi les ancienoes Tables de 500 objets nouveaux, et a publié dans les Philosophical Transuctùms, pour l'année 18âS (p. 365- /|81) , un catalogue complet de nébuleuses et d'amas stellaires, au nombre de 2307« Ce grand travail comprend tout ce qui avait pu être découvert dans l'Europe centrale; et durant les cinq années qui suivent immédiatement, de 183& à 1838, nous voyons sir John, établi au cap de Bonne-Espérance avec un réllectHir de 20 pieds, sonder toute la partie du ciel qu'il peut embrasser, et ajouter au catalogue de son père un supplément de 1708 nébuleuses (80). Des 639 nébideuses et amas stellaires observés par Duntop à Paramatta, de 1825 à 1837, avec un réflecteur de 9 pieds dont le miroir avait 9 pouces de diamètre, un tJera seulement a passé dans le travail de sir John Herscbdl (81). Si l'on veut suivre l'histoire des découvertes dont

ces corps mystérieux ont été l'objet, od peut dire qu'une triHsième époque a commencé avec l'admirable télescope de ôO pieds construit sous la direction du comte de Rosse, à Parsonstown (82). Toutes les hypothèses qai, dans l'état d'incertitude où llottèreot longtemps les opinions, avaient pu être mises eu avant, à chacune des phases par lesquelles avait passé la science, furent agitées de nouveau et avec une grande vivacité, à propos de ta lutte entre la théorie de la matière diffuse et cdle de la résolution. D'après tout ce que j'ai pu recueillir de rapports émanant d'astronomes familiarisés depuis longtemps avec les nébuleuses, il est constiDt que, dans un grand nombre d'objets, choisis au hafiard et parmi toutes les classes, sur le catalogue de 1833, presque tous ont été complètement résolus (85). Le docteur Robinson, directeur de l'Observatoire d'Ar^ ma^, en a résolu à lui seul plus de &0. Sir John Herseb^ s'esprime à ce sujet de la même manière dans le discours prononcé à Cambridge, en 18&5, à l'ouverture de la Britùh A$tociationt et dans ses OiUlùtes ofastrowmy, publiés en 1839. « Le réflecteur de lord Rosse, fil-il, a réduit un nombre considérable de nébuleuses qui avaient déSé jusqu'id la force pénétrante d'instruments plus làibles; on a prouvé du moins qu'elles élaimt réductibles. S'il y a encore des nébuleuses qui aieot compléleiDrat résisté à ce puissant télescope dont l'oavertnre n'a pas moins de 6 pieds anglais {i",^) , i est permis cependant de conclure par analogie qu'il a'exisie en réalité aucune dîflërence entre les nébaleases et les anus d'étoiles Hh). »

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Le constructeur du puissant appareil de Panonstown, lord Rosse, tout eo distinguant sugneuseraent le réniltat d'observations positives de ce qui n'est encore qn'un motif légitime d'espérance, s'exprime avec une l^nde confiance sur la nébuleuse d'Orion, àam une lettre adressée au profeaseur Nidiol de Glasgow, en date du 19 mars i8&6 (85). « D'après les obserrations auxquelles nous nous sommes livré sur cette célèbre nébuleuse, je puis vous affirmer en toute sûreté que à la réductibilité demeure encore l'objet d'un doute, œ doute est bien faible. Nous n'avons pu, à cause de l'état de l'atmosphère, appliquer que la moitié du grossissement que le miroir comporte, et cependant nous avons reconnu que toute la partie du nuage qui avoisine le trapèze se compose d'une masse d'étoiles. L'autre partie du nuage est également riche en étoiles, et préseala tous les caractères de la réductibilité. » Plus tard néanmoins, en 18&8, lord Rosse n'était point encore en mesure d'annoncer la résolution complète et effeotive de la nâtuleuse d'Orion , et se bornait toi^urs ii témoigner l'esp^snce prochaine du succès.

Si, dans le débat qui s'est engagé toat récemment au siyet de la non-existence à travers les espaces celestes d'une mati^ nébuleuse douée d'une lumière |Mvpre, on veut séparer ce qui est acquis à la scince et ce qui n'est encore que la conséquence probable d'une induction, on peut sans beaucoup d'efibrts se convaincre que, la Ibrce visuelle des télesn^es allant toujoun en crussant, le nomlH« des nébalenaes irréductibles diminue dans une praportit» rapide, skm

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touleTois pouvoir jamais être épuisé par cette diminutira. A mesure qu'augmente la puissance des télescopes, le denoier venu résout ce que n'avait pu réaovdre œhii qui l'avait précédé. Mais, en même temps, 3 est vrai de dire, au moins jusqu'à un certain point, qoe Gse télescopes, pénétrant plus avant dans l'espace, remplacent 1^ nébuleuses qu'ils ont réduites par d'aums qu'on n'avait pu atteindre jusque-là (86). Ainsi, rén^ution des anciennes nébuleuses et découverte de nébuleuses nouvelles qui exigent à leur tour un nouvel Hcroifisement de puissance optique, tel est le cercle dans lequel Iw choses se succèdent d'une idaoière iodéfinie. Bt pouirait-il en être autrement? Il me sNnble qu'il foudrait, dans le cas contraire, de deux dnses l'une : ou représenter comme limité le monde rempli par \es corps célestes, ou considérer les lies qui le pars^ent, et dont l'une nous sert de séjour, comme tellemwt distantes les unes des autres, qu'aucun des lâescopes qui restent è découvrir ne puissent attendre la rive opposée, et quç qqs dernières nébuleuses M résolvent en amas d'étoiles qui , comme cifles de la Voie lactée, se projettent sur un fond noir dégage de toute nâralœité (87) . Est-il vraisemblable qne teBe ecÀi en efiEét la structure du monde? et peut^on coBftler que les instruments d'optique acquièrent ja- BM asBec de puissance pour ne (dus laisser h déooDviir aucune nébuleuse dans l'irammsité du fir-

L'bypottiàee d'un fluide doué d'une lumière propre, <fà se présente sous la fonue de nébuleuses rondes ou

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— 27C — ovales, aux contours nettemeat dessinés, ne doit point être confondue avec la supposition non moins bypo- ^éUque d'un éther qui remplirait tout l'espace, et qui, sans être lumineux en lui-même, propagerait par ses ondulaUons la lumière, la chaleur rayonoante et l'électro-magnétisme (S8). Les courants qui partent du noyau des comètes, et en forment les queues, remplissent souvent des espaces immenses, en coupant les orbites des planètes qui composent notre système solaire, et répandent à travers ces orbites leur matière inconnue; mais cette matière séparée du noyau qui ia produit cesse d'être perceptible pour nous. Déjà Newton admettait que des vapeurs émanées du Soleil, des étoiles fixes et de la queue des comètes, pouvaient se mêler avec l'atmosphère terrestre (89) . Dans l'anneau aplati et nébuleux que l'on appelle la lumière zodiacale, aucun télescope n'a pu découvrir encore rien qui ressemble à des étoiles. On n'a pas non plus décidé jusqu'à ce jour si les particules dont cet anneau se compose reflètent la lumière du Soleil , ou si elles sont lumineuses par elles-mêmes, comme cela arrive quelquerois dans les brouillards terrestres (90). Dominique Cassini pensait que la lumière zodiacale est formée d'un nombre infini de petits corps planétaires (H). C'est une sorte de besoin pour l'homme de ch»x:ber dans ioutes les matières fluides des parties moléculaires distinctes, comme les petites bulles vides ou pleines dont paraissent formés les nuages (9S). Bu suivant la progression décroissante qui dans notre système solaire représente la densité des planètes,

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depuis Mercure jusqu'à Saturne et Neptune, et qui, si l'oD preod pour unité la densité de la Terre, descend de 1,12 à 0,lli, on est conduit aux comètes qui laissent apercevoir une étoile d'un faible éclat à travers loiis couches extérieures ; et de là même on est amené, périme pente insensible, à ces parties distinctes encore et cependant si peu denses, qu'il est presque imposaUe, quelles qu'en soient les dimensions, d'en délermioer les limites. Ce sont précisément ces considératioDS sur l'apparence nébuleuse de la lumière zodiacale qui, longtemps avant la découverte des petites planètes létescopiques comprises entre Mars et Jupiter, et avant les conjectures sur les astéroïdes météoriques, ■nient inspiré à Cassini la pensée qu'il y a des corps célestes de toutes les dimensions et de toutes les dénotés. Nous touchons ici, pour ainsi dire sans le vouloir, i l'antique débat soulevé par la philosophie naturaliste KT t'exJsteace d'un fluide primitif et de molécules disfodes. C'est là un problème qui serait beaucoup plutôt di ressort des sciences mathématiques; aussi nous empressons-nous de retourner au côté purement objectif des phénomènes- Sur 3926 positions déterminées, 2fi51 qui sont iocliqaées dans les trois catalogues publiés par sir Wil- Kun Hersch^, de 1786 à 1802, et dans te grand fàieaa que son fils a fait insérer aux Phitosophical Tnauactùms pour l'année 1833, appartiennent à la pvtie de firmament visible à Slough, que pour abréger DOQs nommerons l'hémisphère septentrional; les autres, au nombre de 1A75, appartiennent à la partie de l'hé-

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misphère méridional visible au cap de BoDoe-Ëspérance, et soot coosigDées dans les catalogues dressés ea Afrique par ar John Herscbell. Dans ces nombres, les nébuleuses et les amas stellaires sont mêlés indistÎDCtement. Quelle que soit l'analogie qui existe entre ces dbjets, j'ai cru cependant devoir les disUnguer, a&n de mieux préciser l'état de dos cooDaissances actuelles. Je trouve dans le catalogue de rhémisph^ boréal 3299 nébuleuses et 152 amas stellaires; daas le catalogue du Cap, 12S9 nébuleuses et 336 amas stellaires (95). Ainsi, d'après ces catalogues, la somme des nébuleuses non résolues enojre en étoiles est de 5538, nombre qui peut être porté à &000, si l'on fait entrer en ligne de compte 500 à &00 nébuleuses vues par William Herscheli, et dont la position n'a pas été détenninée de nouveau (Qk), ainsi c|ue celles qui, observées k Sumatra par Dunlop avec un réfiecteur aevrtonien de 9 pouces, n'ont point trouvé place dans le catalogue de sir John Herscheli, et qui sont au nombre de &33 (95). Tout récemment, Bond H Msedier oot fait connaître un résultat semblable. On eo peut condure que dans l'état actuel de la science, le nombre des nébuleuses est à celui des étoiles doubles à peu près comme 3 est à 3. Mais il ne faut pas oublier que sous cette dénomination d'étoiles doubles ne sont pas con- ' pris les couples purement optiques, et que jusqu'à ce jour les étoiles doubles dans lesquelles on a remarqué un duDgement de position relative sont au nombre total comme 1 est à 9, ou tout au plus peut-être comme lest à 8 (96).

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Las nombres indiqués plus haut, à savoir : 2399 oébaleoses et 152 amas stellaires dans le catalogue du Nord, 1239 nébuleuses et 236 amas stellaires dans le catalogue du Sud, prouvent qu'il y a dfuis l'héinisphàre wslrel un plus grand nombre d'amas sl^laires sur un BWQS greDd Dombre de nébuleuses. Si l'on admet que toutes les nébuleuses soient de nature également réducliUe, c'est-à-dire qu'elles ne soient autre chose que des apuH stellaires [dus reculée dans l'espace, ou des groupes formés de corps célestes plus petits, moins presEés et doués d'une lumière propre, cette opposilioo apparente dont sir John Herschell a dû d'autant plus sgnaler l'importance qu'il s'était servi, dans les deux bémiiiphèFes, de réflecteurs également puissants, cette opposition, dis-je, prouve du moins une différenoe frappante dans la nature des nébuleuses et dans leur distribution h travers Ira e^cee célestes, c'est^-à-dire dans les dùecUons suivant lesqudles les nébuleuses des deuK hémisfdières se présoitent aux habitants du globe Ierre8lre(97).

C'est encore à sir John Heracfaell que l'on doit tes prenùères notions exactes et les premiers aperçus géoécaux sur la distribution des nébuleuses et des amas stellaires dans toute l'étendue de la voûte céleste. Afia de bieo examiner leur situation, teur abondance relative dans les diffîrents lieux, la probabilité ou la nooprobahilité de leur succession en certains groupes ou suivant des lignes déterminées, il inscrivit entre trois et quatre mille (^jets sur une sorte de canevas ^phique, dans des réseaux dont les côtés mesurent 3" de

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déclinaisoD et 15' d'ascension drcHte. La plus grande accuiQulatioD de nébuleuses se trouve dans l'hémisphère boréal. Elles sont répandues à travers le graad et le petit lion; le corps, la queue et les pieds de derrière de la Grande Ourse ; le nez de la Girafe; la queue du Dragon; les deux Chiens de chasse; la chevelure de Bérénice, près de laquelle est situé le pôle boréal de la Voie lactée; le pied droit du Bouvier, et surtout à travers la tête, les ailes et les épaules de la Vierge. Cette zone, que l'on a nommée la région nébuleuse de la Vierge, renferme, ainsi que nous l'avons remarqué d^à , dans un espace qui représente la huitième partie de la sphère céleste, un tiers de la somme totale des nébuleuses (98). Elle dépasse de peu l'équateur; seulement elle s'étend à partir de l'aile méridionale de la Vierge jusqu'à- l'extrémité de l'Hydre et la tête du Centaure, dont elle n'atteint pas les pieds, non plus que la Croix du Sud. Le ciel boréal contient encore une agglomération de nébuleuses qui, bien que moins considérable, s'étend plus avant que la précédente dans l'hémisphère austral; elle est appelée par sir John Herschell la région nébuleuse des Poissons, et forme une zone qui, partant d'Andromède, qu'elle remplit presque en entier, se dirige vers le poitrail et les ailes de Pégase, vers la bande qui unit les deux Poissons, vers le pôle austral de la Voie lactée et Fomalhaut. Ces régions si pleines forment un contraste frappant avec les espaces complètement vides de nébuleuses, et pour ainsi dire déserts, qui comprennent : d'une part, Persée, le Bélier, le Taureau, la tète et la partie inférieure du

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cwpE d'OrioQ; de l'autre. Hercule, l'Aigle, et toute la constellatioD de la Lyre (99). Si, eu se guidant sur le taUean géoéral des nébuleuses et des amas stellaires de rbémisphère méridional, c'est-à-dire de la partie du ciel visiUe à Slougii, que sir John Herschell a dressé d'après les heures d'ascensioa droite, ou divise le tout en SX groupes de quatre heures chacun, voici le résiliât qu'oD obtient :

Aac. droite O"" à 4'' 34i

K l'on veut faire une division plus exacte, fondée sur la déclinaison septentnonale et méridionale, on tiooTB que dans les six heures d'ascension droite, de 9* à 15^» l'hémisphère boréal contient seul 1111 amas d'étoiles, répartis comme il

sait (100) :

De 9<> & 10»..

lA i 15 ..

Ainsi le véritable maximum, pour l'hémisphère boréal, est entre IS*" et 13^ c'est-à-dire très- voisin

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du pôle nord de la Voie lactée. Plus loin, entre IS** et 16^, en faoe d'Hercule, la décroissaooe est si brusque, que de 130 on tombe immédiatement à &0.

Daos rhémispbère aoelral, le DomlH<e des oébnleuses est moins conôdérable et la répartitioD est beaucoup plus uniforme. Des espaces où l'on ne découne point de trace de ces phéDomènes y alternent souvent avec des nuages sporadiques. Il fant excepter une agglomération locale, plus pressée encore que ne l'est, dans le ciel boréal, la région nébuleuse de la Vierge; je veux paHer des nuées de Magellan, dont la plus grande contient à elle seule 300 nébuleuses. La région qui avoi»ne les pâles est, dans les deux hémisphères, vide de nébuleuses, et jusqu'à la distance de 15°, le pôle sud en est plus dépourvu encore que le pôle nord, dans la proportion àa 7 i h. li existe près du pôle nord actuel une petite nébuleuse qui n'en est distante cpie de 5'. Une nébuleuse semblable, inscrite dans le catalogue du Cap de sir John- Herschell «MIS le oaméro 3176, et nooimée par lui avec raison Nebula polarissima australis (auc droite 9** 27' 56", dist. au pôlfe nord 179» 31' 14'), est encore à 25' du pôle sud... Cette solitude du pôle austral, l'absence même d'une étoile polaire nsible à l'œil nu. était déjà pour Amerigo Vespucd et Vicente Yanez I^nzon le sujet de plaintes amères, lorsque, vots la 6d du xv" siècle, ils pénétrèrent fort au-delà de l'équateur, jusqu'au promonttHre Sainl-Âugustin, et que Vespucci «apposa faussement que ce bean passage du Dante « lo mi voisi a man destra e posi mente..., a et cet

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autre sur les cpiatie étoUes « non viste mai fuor ch' alla prima gffoite, » se raf^rtaient aux, étoiles polaires aotarctiq«e8 (1).

Noos avons coa^déré jusqu'ici dans les uébuleuses Jeur Bombre et leur distribution sur ce qae l'on appelé le ârmameut; distribution purem^t apparente, qm ne doit point ^tre confondue avec leur répartition réelle & travers les espaces célestes. Cet examen achevé, nous passons aux d^rences singulières que présentent leurs formes individuelles. TantM ces formes sont Tégulièr^, et daos ce cas dles sont ^ériques, elliptiques à différents degrés, annulaires, planétaires on «embial^ k la photœfAère qui enveloppe une étoile; tantôt elles sont irrégulièree et non mmus diSBdles à dassar que cdles des nuages aqueux qui eiRnt cIms notre almosphère. La forme normale des Débuleoses est la forme elliptique qu'tm peut appder ifdiéroldBle (3). A parité de grossissement, plus les Béboleuses se rapprochent de la forme spbérique, {Jus dles sont facilement résohiUes en étoiles. Lorsqu'au coDlraûre dks sont très-comprimées dans un sens et aHoogées daas l'antre, la résolution est d'autant plus difficile (3). Souvoit aa « l'occasioa de reconnaître que la forme ronde des nébnlouee se diange graduellemeot eo une dlipse aHoogée (&). La condensation de la oAuloâlé laiteuse s'opère toiyonrs mtour d'un point œntral; quelqu^^is. même il y a phisienrs cotres on nc^raux. On ne oonoatt de nAuleuses doubles que parmi tes nébuleuses rondes ou ovales. Comme on ne peut percevoir aucun changement relatif de

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posiUoD entra les iadividus qui formeat ces couples, attendu que ce changement ou n'existe pas ou est eKlraordinairement lent, il s'ensuit que l'oa n'a pas de critérium à l'aide duquel on puisse constater la réalité de cette relaUon réciproque, comme on distingue les étoiles doubles physiquement de celles qui ne le sont qu'optiquement. Il existe des représentations d'étoiles doubles dans les Phxlosophical Tratuactwni pour l'année 1833 (Bg. 68-71). On peut consulter aussi à ce sujet les ouvrages d'Herscbell, Outlines of astronomy{$Sld'), et Observations at the Cape of Good Hope (§ 120).

Les nébuleuses perforées sont une des curiosités les plus rares. D'après lord Rosse, on en connaît actuellement 7 dans l'hémisphère boréal. La plus célèbre de ces nébuleuses annulaires, qui porte le ouméro 57 sur le catalc^e de Messier, le numât) 302â sur celui de sir John Hem:hel) , est située entre S et y de la Lyre; elle a été découverte en 1779, à Toulouse, par d'Arquier, au moment où la comète signalée par Bode s'approcha de la région qu'elle occupe. Elle a environ la grandeur apparente du disque de Jupiter, et formç une ellipse dont les deux diamètres sont dans le rap> port de â à 5. L'intérieur de l'anneau est non point □oir, mais Êiiblement éclairé. Déjà sir William Herschell avait distingué quelques étoiles dans l'anneau ; lord Rosse et Bond l'ont résolu entièrement (5). La partie vide de l'anneau est, au contraire, d'un noir trèsfoncé dans les belles nébuleuses perforées de l'hémisphère austral, qui portent les numéros 3680 et 3686.

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— 285 — ■ De plus, la deroière présente noa pas la forme d'une dlipse, mais celle d'un cercle parfait (6). Toutes sont TTaisemblablemeat des amas d'éloiles en forme d'anneau. A mesure qu'augmente la puissance des instruments, les contours des nébuleuses elliptiques, aussi bira que des nébuleuses annulaires, paraissent en général moins nettement terminés. Dans le télescope gigantesque de lord Rosse, l'anneau de la nébuleuse de la Lyre présente une ellipse simple, avec des appmdices nébuleux qui ressemblent à des (ils et suivent des directions trèsnliver^ntes. Un fait particulièrement remarquable, c'est la transformation d'une nébuleuse qui, vue à travers des instruments plus faibles, était amplement elliptique, et qui s'est changée, grâce au télescope de lord Rosse, en une nébuleuse à forme d'écrevisse (Crab-Nebula).

Les nébuleuses planétaires , découvertes pour la première fois par Herscbell le père, et qui doivent être rangées parmi les plus merveilleux d'entre les phénomènes célestes, sont moins rares que les nébuleuses perforées. Cependant , d'après sir John Herscbell , il n'en existe pas plus de 25, dont les 3/& appartiennent à rhémispbère austral. Elles offrent une ressemblance suq)renante avec les disques des planètes. Elles s(mt poar la plupart rondes ou un peu ovales. TautAt tes contours sont nettement accusés, tantôt ils sont fondus dans un brouillard vaporeux. Les disques de pinceurs d'entre ellesout un éclat doux parfoitemeut uniforme; d'antres sont comme mouchetées ou nuancées de marbmres légères (mottled or of a peculiar texture, as if

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cardied); jamais on ne remarque aucune augmentation d'inlensKé vers les centra. Lord Rosse a constalë que cinq de ces o^uleuses planétaires sont des nébuleuses perforées avec une ou deux éloUes au milieu. La plus grande nébuleuse planétaire découverte par Médiain , en 1781, est située près de € de la Grande Ourse. Son disque a un diamètre de 3' AO* (7). La nébuleuse planétaire de la Croix du Sud, qui porte, dans le Voyage au Cap de sir John Herscbell, le numéro 3365, a l'éclat d'une étoile de 6' ou de 7* grandeur, bien que son diamètre soit à peine de 11'. Sa lumière est couleur d'indigo, couleur qui se retrouve, quoique avec une moindre intensité, dans trois autres objets de la même forme (8). Cette apparence de quelques nébuleuses planétaires ne prouve pas qu'elles ne soient pas composées de petites étoiles; car, non-seulement nous connaissons des systèmes binaires dont l'étoile principale et le compagnon sont Meus, mais encore il existe des amas slellaires composés uniquement d'ébnles bleues, ou dans lesquels ces étoiles sont mêlées à des étoiles rouges et jaunes (9).

La question de savoir si les nébuleuses planétaires sont des étoiles nébuleuses très-éloignées, pour lesquelles la différence d'éclat entre l'étoile centrale et l'atmosphère environnante ne pourrait âtre perçue par les instruments dont nous disposons, a été tranchée déjà dans le premiw volume de cet ouvrage (10). Puisse le télescope gigmtesque de lord Rosse nous fournir les moyens d'ap[Ht>fondir la nature surprenante

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de ces nébutosilés planétaires. S'il est déjà si difficile de se faire uae idée nelte des oonditions dynamiques d'après lesquelles, dans un amas d'étoiles de forme spbérique ou ^^roldale, les soleils tournant en cercle el pressés les uns contre les autres, de tdle façon que les pluE rapprochés du centre sont aussi les [dus denses spédfiquement, peuvent former un système en équilibre (il), la difficulté augmente encore pour ces néboknises planétaires de forme circulaire et nettement détimitée, dont toutes les parties offrent une clarté tuiforme, sans aucune augmentation d'intensité vers le Goitre. Un tel état de dioses est plus difficile à concilier avec la forme globulaire , qui suppose l'a^loiDératicm de plusieurs milliers de petites étoiles, qu'arec l'hypothèse d'une photosphère gazeuse que l'on croit oouTMie, dans notre Soleil, d'une couche de vapeur pni épaisse, non transparente, ou du moins très-faiblemoit éclairée. 11 est impossible d'admettre que, dus les nébuleuses planétaires, ta clarté ne paraisse ■iosi uniformément répandue que paroe que la di^ noœ entre le centre et les bords s'évanouirait en raison de l'âMgnement?

Les étoiles nébuleuses de William Hers<dtell (NebuloiH Stars ) fcOTDent la quatrième et dernière classe de aébulMises à forme régulière. Ce sont de véritables iloileB entourées d'une nébulosité laiteuse qui, trèsnaisei^jlablNDent, se rattache au Soleil central et en défwad. CMte nébolonté qui, suivant Iturd Rosse et M. SloMj, cébe uactemeot, en certràs cas, l'appa- R«n d'im anneau, a-t-elle une lumière propre et

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forme-t-elle une photosphère comme dans notre Soleil? ou, oe qui est beaucoup moins vraisemblable, emprunte-t-etle sa lumière au Soleil central? Il existe sur ces questions des opinions très-difiërentes. Derfaam et jusqu'à un certain point aussi Lacâille, qui a découvert beaucoup de nébuleuses au cap de Bonne-Espérance, croyaient que les étoiles sont à une grande distance des nébuleuses et se projettent sur elles. Mairan paraît avoir le premier exprimé cette opinion que les étoiles nébuleuses sont entourées d'une atmosphère biillante qui lui appartient en propre (12). On trouve même de plus grandes étoiles et, par exemple, des étoiles de 7* grandeur, comme le numéro 675 du Catalogue de 1333, dont la photosphère a un diainèb« de 3 à 3 minutes (13).

Les grandes masses nébuleuses de forme irrégalière doivent être mises tout h iait à part des Douteuses démtes jusqu'ici, qui toutes ont des figures régulières ou du moins des contours plus ou moins nettement indiqués. Ces masses présentent les formes les plus variées et les moins symétriques; leurs contours sont indéterminés et confus. Ce sont des phéDomèDes mystérieux que l'on peut af^ler tut generis, et qui [dus que tous les autrœ ont donné naissance à l'bypodtèse d'après laquelle les espaces célestes seraient remplis d'une matière cosmique, brillante par elle-même et semblable au substratum de la lumière zodiacale. Ces nébuleuses informes, qui couvrent dans la voûte du Ciel des espaces de plusieurs degrés carrés, fonneat un contraste frappant avec une nébuleuse de forme

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orale, la plus petite de toutes les nébuleuses isolées, qui a l'éclat d'une étoile télescopique de ik' grandeur, et Ë6 trouve entre les œnstellations de l'Autel et du Paon (!&)• Od ne peut trouver deux nébuleuses irrégulières cpii se ressemblent (15). Cependant sir John Berscheli, après des observations de plusieurs années, leor reconnaît ce caractère commun que toutes sont EÎluées sur les bords ou à très-peu de distance de la ' Voie lactée, et peuvent en être considérées comme des émanations ou comme des fragments détachés. Au contraire, les petites nébuleuses qui ont une forme Tôlière et des contours généralement arrêtés, sont ou répandues sur toute la surface du Ciel, ou rassemblées très-tmn de la Voie lactée dans des régions particulières, comme, par exemple, dans l'hémisphère austral, près de la Vierge et des Poissons. A la vérité il n'y a pas moins de 15° de distance entre la grande nâuleuse irrégulière de l'Ëpée d'Orion et les bords visiUes de la Voie lactée; mais peut-être cette masse difliise appartient-elle au prolongement de la branche <te la Voie lactée qui , partant de a et de s de Persée, n se perdre vers Aldébaran et vers les Hyades , et dont il a déjà été question plus haut. Les plus belles étoiles de la constellation d'Orion, celtes qui lui ont Tatu sa Veille célébrité , font partie de la zone qui omiprend les étoiles les plus grandes et probable- Beat aussi les plus voisines de nous, et dont un arc de grand cercle, passant par t d'Orion et a de la Croix, dans l'hémisphère austral, peut indiquer le prolongement (16).

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L'opinion beaucoup plus aocleoDe et très-répandne, d'afNrès laquelle lue voie lactée de nébuleuses couperait presque à angle droit la Voie lactée des étoiles (17), n'a nullement été confirmée par des observations nouvelles et plus exactes sur la répartition des nébuleuses régulières à travers le firmament (18). Il y a sans doute, comme je l'ai remarqué d^, des agglomérations de u^uleus^ vers le pôle nord de la Voie lactée; il en existe aussi un grand nombre vers le pôle sud, près des Poissons; mais de nombreuses luterruptions ne permettent point de dire qu'une zone de nébuleuses formant un grand cercle de la sphère relie ensemble ces deux pôles. Ea 178&, William Herscbelt avait exposé cette conjectura à la fin de sou premier Traité sur la Structure du Ciel; mais il avait eu soin de la présenter comme douteuse, et avec la réserve qui convenait à un si grand observateur.

Parmi les nébuleuses irr^^ulières, les unes, telles que celles de l'Ëpée d'Orion, de d d'Argo, du Sagittaire et du Cygne, sont remarquables par leurs dimensions extraordinaires ; d'autres , celles , par exemple, qui portent les numéros 27 et 51 dans le catalogue de Messier, le sont par la bizarrerie de leur forme.

En ce qui concerne la grande nébuleuse de l'Épée d'Orion, j'ai déjà fait observer que Galilée, qui s'est si longtemps occupé des étoiles comprises entre te Baudrier et l'Épée, et qui a même dressé une carte de cette région, ne la mentionne pas (19). La nébuleuse

qu'il appelle Nebulosa OrioDÎs et qu'il a représentée avec la Nebulosa Prœsepe, est, suivant sa déclaratioa expresse, ua amas de petites étoiles pressées (elellarum coDStipatarum ) , situé dans la léte d'OrioD. Sur le dessia qu'il a donné dans son Sidereus nun~ ewj (§ 20) et qui embrasse l' espace compris entre le Baudrier et le commeucement de l'Épaule droite (a d'Orion), je reconnais, au-dessus de l'étoile i, Fétôle multiple 6. La force amptifiaote des instruments efD)4o]rés par Galilée variait de 8 fois à SO fois. Comme la nébuleuse de l'Ëpée d'Orion n'est point isolée, et que vue à travers des télescopes insuffisants ou par vue atmosphère trop peu transpareote, elle forme une espèce d'auréole autour de l'étoile ô, il n'est point étODDant que sa forme et son existence individuelle aient échappé au grand observateur florentin : il croyait peu d'ailleurs aux nébuleuses (20). Ce fut 2& ans a|wès la mort de Galilée, en 1656, que Huyghens découvrit la nébuleuse d'Orion. Il en donna une image grossière dans son Sysiema Salurnium , publié en 1659 : « Lorsque j'observais, dit ce grand homme, à travers un réfracteur de 23 pieds de longueur focale, les bandes variables de Jupiter, la tache sombre qui avoisioe l'équaleur de Mars et quelques autres détails peu visibles particuliers !t cette planète, je remarquai dans les étcùles fixes un phénomène qui, à ma connais- ■aoK, n'avait enoore été signalé par personne, et ne pouvait être reconnu ei^aclement qu'à t'aide des grands tâcecopes demi je me sers. Les astronomes ont compté dus l'Ëpée d'Orion trois étoiles très-voisines l'une

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de l'autre. Lorsque, ea 1656, j'observai par hasard celle de ces étoiles qui occupe le centre du groupe, au lieu d'une j'en découvris 12, résultat que d'ailleurs il n'est point rare d'obtenir avec les télescopes. De ces étoiles il y en avait 3 qui, comme les premières, se touchaient presque, et h autres semblaient briller à travers ud nuage, de telle façon que t'espace qui les environnait paraissait beaucoup plus lumineux que le reste du Ciel, qui était serein et entièrement noir. Ou eût cru volontiers qu'il y avait une ouverture dans le Ciel qui donnait jour sur une région plus brillante. Depuis et jusqu'à ce jour, j'ai revu le même phénomène sans aucun changement; de sorte que ce prodige, quel qu'il soit, paraît être 6xé là pour toujours. Jamais ne n'ai rien tu de semblable dans les autres étoiles Bxes. » Ainsi , Huyghens ne connaissait pas non plus la nébuleuse d'Andromède, découverte 5h ans auparavant par Simon Marins, ou n'y avait pris que peu d'intérêt. « Les prétendues nébuleuses, ajoute encore Huyghens, et la Voie lactée elle-^ëme, vues à travers le télescope, ne montrent aucune trace de nébulosité et ne sont pas autre chose que des amas d'étoiles pressées (21). » Cette première description si vive prouve la force et la fraîcheur de l'impression qu'avait reçue Huyghens. Mais quelle différence entre la représentation graphique qu'il donna de ce phénomène au milieu du xvii* siècle, ou les figures déjà un peu moins imparfaites, il est vrai, de Picard, de Le Gentil et de Messier, et les admirables dessins publiés, en 1837, par sir John Herschell, et, en 18A8, par

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William Cranch Bond, directeur de l'observatoire de Cambridge, aux Élats-Unis (32).

SirJohD Herschell eut ce précieux avantage, que, muni d'un réflecteur de 20 pieds, il observa depuis l'année 185ft ta nébuleuse d'Orion , au cap de Bonne- Espérance, à une altitude de 60' (23) , et put corriger eocOTe le dessin qu'il avait fait de 182& à 1826 (2fi). Eo méDie temps il détermina, près de 6 d'Orion, la pœilioQ de 150 étoiles comprises pour la plupart entre la 15* et la 18' grandeur. Le célèbre trapèze qui n'est entouré d'aucune nébulosité ^l formé par b étoiles de à*, de 6% de 7' et de 8' grandeur. La ft" étoile avait été découverte h Bologne par Dominique Cassini , en 1666, suivant l'opinion commune (25); la 5* (y') le fiil en 1826 par Struve; la 6° (a'), de 13" grandeur, en 1832 par sir John Herschell. Le directeur de l'observatoire du CoUegio romanOt de Vico, a déclaré avoir reconnu, à l'aide de son grand réfracteur de Cau- (4)oix, 3 autres étoiles dans l'intérieur même du trapèze, au commencement de 1839. Ces étoiles n'ont été vues ni par Herschell 61s ni par William Bond. La partie nébuleuse la plus voisine du trapèze qui n'offre par lai-même presque aucune trace de nébulosité, la R^o Huygeniana formant la partie antérieure de la tête, au-dessus de la gueule, est tachetée, de texture granulaire, et a été résolue en amas stellaires par le télescope de tord Bosse, aussi bien que par le grandréfracteur de Cambridge, aux Élats-Unis (26). Parmi les observateurs modernes, Lamont à Munich, Cooper et Lassell en Angleterre, ont aupsi déterminé dans

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cette nébuleuse la position de beaucoup de petites étoiles. LamoQt a employé à cet usage un pouvoir grossissant de 1300 fois. William Herschell croyait avoir acquis ]a certitude, en comparant entre elles les observations qu'il avait faites de 1783 à 161i, toujours avec les mêmes instruments, que l'édat et les contours de la grande nébuleuse d'Orion étaient sujets à des cbangements (27) . fioulliaud et Le Gentil avïuent exprimé la même opinion touchant la nébuleuse d'Andromède. Les expériences approrondJes de sir John Herschell ont rendu au moins extrêmement douteux ces changements cosmiques que l'on tenait pour certains.

Grande nébuleuse de n d'Argo. — Elle est située dans celte région de la Voie lactée si remarquable par son magnifique éclat, qui, partant des pieds du Centaure, traverse la Croix du Sud, et s'étend jusqu'au milieu du Navire. L'éclat de celle région céleste est tellement extraordinaire qu'un observateur exact, oaluralisé dans les contrées tropicales de l'Inde, le capitaine Jacob, fait la remarque, d'ailleurs parfoitement d'accord avec les résultats auxquels je suis arrivé moi-même après une expérience de quatre années, que sans lever les yeux vers le ciel , on est averti par un accroissemMit subit de la lumière que la Croix se lève à l'horizon, et avec elle la zone qui l'accompagne (28). La nébuleuse au milieu de laquelle se trouve n d'Ârgo, rendue si célèbre par les cbangements d'intensité de sa lumière, couvre sur la voûte eéleste plus de û/7 d'un degré carré (29). Partagée

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en phisieurs masses irréguU^vs et jetaot une lumière ia^iale, la Débuteose ne présenle jamais cette apparaice tachetée et granulaire qui pourrait la faire croire réductible. Elle enferme un espace vide, de forme ovale, sur lequel est répandue une lueur très-faible. Sir John Herscbell, après deux mois passés à prendre dos mesures, a donné, dans son Voyage au Ca^, un beau dessin du phénomène entier (30). II a déterminé dans la nébuleuse de >i d'Argo jusqu'à 1216 positions d'étoiles, comprises pour la plupart entre la ih' et la 16' grandeur. Ces étoiles forment une série qui, dépassant de beaucoup la nébulosité, va rejoindre la Voie lactée, dans laquelle elles se projettent et se détadieot sur le fond absolument noir du Gel. Elles n'ont, par conséquent, aucune relation avec la nébulease elle-même et en sont vraisemblablement fort ignées. Toute la partie avoisinante de la Voie lactée est d'ailleurs tellement riche, non pas en amas slel- ImreE, mais en étoiles, qu'entre 9** 50' et 11** 3&' d'asoeasion droite, on a trouvé, en jaugeant le Ciel, à l'aide du tâescope (Star-gauges), une moyenne de 3138 étoiles par chaque degré carré. Ce nombre, pour ll''3&' d'ascen»on droite, s'élève jusqu'à 5093. Cela fait, pour un seul degré, plus d'étoiles que l'on n'en peut apncevoir îi l'œil nu, dans l'horizon de Paris ou dans odoi d'Alexandrie (SI).

Nébyiteuse du Sagittaire. — Cette nébuleuse, d'une étendue considérable, semble formée de quatre masses disUnetes (asc. droite l?** 53', dist. au pôle Nord il/l'Sr). L'une de ces masses se divise à son tour en

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trois parties. Toutes sont ÎDlerrompues par des places dépourvues de nébulosité. L'eDSeiuble de la nébuleuse avait été tu déjà, mais d'une manière imparfaite, piu' Messier(32).

Nébuleuse du Cygne. — Elle est composée de plusieurs masses irrégulières doot l'une Torme une bande fort étroite, traversant l'étoile double u du Cy^e. MasoD a reconnu le premier la connexion qu'établit entre ces niasses inégales leur singulière texture, assez semblable à des cellules (33).

Nébuleuse du Renard. — Elle a été vue imparfaitement par Messier, qui l'a fait entrer dans son catalogue sous le numéro 27. Elle fut découverte par occasion, pendant que l'on observait la comète de Bode, de 1779. La détermination exacte de la poation (asc. droite 19° 52' dist. au pôle Nord 67° ùî') et le premier dessin qui en ait été fait sont dus à sir John Herschell. Cette nébuleuse de forme régulière reçut d'abord le nom de Dumb-bell qui lui fui donné à cause de l'aspeji qu'elle présentait, vue à travers un réflecteur de 18 pouces d'ouverture. On appelle Dumb-bell, en Angleterre, des masses de fer plombées et revêtues de cuir, dont on se sert pour donner aux muscles plus de force et d'élasticité. Un réflecteur de 3 (^eds de lord Rosse a fait évanouir cette apparence (3û). La nébuleuse du Renard a été résolue par le même instrument en un grand nombre d'étoiles ; mais ces étoiles sont toujours restées mêlées de matière nébuleuse. On peut voir «ne reproduction récente et trèscurieuse de la nébuleuse du Renard dans les Piiiloso-

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piital TramaclKm pour l'année 1850 (pi. XXXVIII, Sg. 17).

Nébuleuse en spirale du Chien de chasse septentrio~ ml. —■ Cette nébuleuse, signalée par Méfier le 13 octobre 1775, à l'occasion de la cooiète qu'il avait découverte, est située dans l'oreille gauche d'Astérioo, très-près de n (Benetnasch) qui Tait partie de la queue de la Grande Ourse. Elle porte le numéro 51 dans la liste de Messier, le ouméro 1622 dans le grand catalogue des Philosophical Transactions (1835, p. Ù96, %. S5). Elle est un des phénomènes les plus remarquables que présente le firmament, en raison de sa configuration singulière, et de la métamorphose que lui a fait subir le télescope de 6 pieds anglais de lord Bosse. Dans le réflecteur de 18 pouces de sir John Hcrscbell, cette nébuleuse paraissait de forme sphérique et entourée à distance d'un anneau isolé, de manière à représenter notre amas lenticulaire d'étoiles et l'an- Deaa formé par la Voie lactée (35) . Le grand télescope de ParsonstowD a changé tout cela en une espèce de limaçon, en une spirale brillante, aux replis inégaux et dont les deux extrémités, c'est-à-dire le centre et la partie extérieure, sont terminées par des nœuds ^is, granulaires et arrondis. Le docteur Nichol a publié UD dessin de cette nébuleuse, qui a été présenté par tord Rosse au congrès scientifique de Cambridge, en 18/i5 (36) ; mais le portrait le plus exact est celui qu'en a donné M. Johnstone Stoney, dans les Philosophical Transaclions pour l'année 1850 (1'" part., pi. XXXV, fig. 1). Le numéro 99 de Messier prèsente

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aussi l'image d'une spirale avec cette ditEéreDce qu'il n'a qu'un seul nœud au centre. La même forme se retrouve encore dans d'autres nébuleuses de rbéoiisplière boréal.

11 me reste à traiter fins en détail que je ne l'ai pu faire en traçant le TaUeau de la nature (37), d'un objet unique dans le monde des phénomènes célestes, et qui ajoute encore au charme pittoresque de l'hémisphère austral, je dirais presque à la grftce du paysage. Le deux nuages de Magellan, qui vraisemblablement reçurent d'abord de pilotes portugais, puis des Bollandais et des Danois le nom de Nuages du Cap (38) , captivent l'attention du voyageur, ainsi que je l'ai éprouvé moi-même, par leur éclat, par l'isolement qui les fait ressortir davantage et par l'cHljite qu'ils décrivent de concert autour du pôle Sud, bioi qu'à des distances inégales. Que leur nom actuel, qui a évidemment pour origine le voyage de Magellan , ne soit pas le premier sous lequ^ on les ait désirés, c'est ce qui résulte de la mention expresse et de la description qu'ont faite de la translation circulaire de ces nuages lumineux , le Florentin Andréa Gorsali , dans son Voyage à Cochin, et le secrétaire de Ferdinand d'Aragon, Pierre Martyr de Anghiera, dans son livre de Reims oceanicût et Orbe novo (dec. I, lib. IX, p. 96) (39). Ces deux indicaU<His sont de l'année 1515, et ce n'est que dix ans plus lard que le compagnon de Magellan , PigaTetta , parle des nebieUe dans son Journal de voyage, au moment où le vaisseau Victoria sortait du détroit de Paiagonip

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povr «itrer dans la mer du Sud. L'ancien nom de Nuages du Qap ne peut venir de la constellation du Mmt de la Table , qui est voisine de ces nuages et plus raf^rochée encore du pôle, puisque la dénomination de Mont de la Table fut introduite pour ia pre* ■mère fois par Lacaille. Il Tiendrait plutôt de la véritable montagne de ta Table et du petit nuage qui «0 doDÙne le fatte, et fat longtemps regardé avec jeAtH par les matelots comme une annonce de tempête. Nous verrons bientôt que 1% deux Nuées de Ha^ian, longtemps remarquées dans l'hémisphère do Sud avant de recevoir un nom, en reçurent suc- «ssîTement plusieurs, emprunta aux routes qu'avait adoptées le commerce, à mesuro que la navigation s'étendit, et qu'il régna sur cœ routes une plus grande tctivilé.

Le mouvement de la navigation sur la mer de l'Iode, qui baigne les côtes occidentales de l'Afrique, bmiiiarisa de très-bonne heure les marins avec les GOQStdIalions voisines du pôle Antarctique, particuttèreiDMit à parUr du r^e des Lagîdes, et depuis que l'on eut B[^riB à se r^er sur les moussons. Dès le milieu du x* ^ècle, on trouve chez les Arabes, aina que je l'ai remarqué pins haut, un nom servant à désigner la plus grande des nuées magellaniques, dont Ideler a démontré l'identité avec le Bœuf blanc (el-Bakar) du c^èbre derviche Abdurrahman Suphi, de Baï, ville de l'Irak fersao. Dans l'introduction du livre intitulé « Connaissance du Ciel étoile, » Abdurrahman s'exprime eu ces termes : « Aux pieds de

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Suhel , il existe uae tache blanche que l'on n'aperçoii ni dans l'Irak, c'est-à-dire daos la contr^ de Bagdad, ni dans le Nedschs (Nedjed), la partie la plus sepleotrionale et la plus rnootagoeuse de l'Arabie, mais qui est visible dans le Tchama méridional, entre la Mecque et la pointe de l'Yémea, te long des câtes de la mer Rouge (kO). » Il est question expressément, dans ce passage, du Suhel de Ptolémée, c'estr-à-dire de Canopus, bien que les astronomes arabes Domment également Stihel plusieurs grandes étoiles du Navire (el-Se6na). La position du Bœuf blanc relativement à Canopus est indiquée ici aussi exactement qu'on pouvait le faire à l'œil nu, car l'ascension droite de Canopus est de 6*' 20', et celle du bord oriental de la grande nuée magellanique &'(y.La. visibilité de la Nubecula major dans les latitudes septentrionales n'a pu être sensiblement modifiée, depuis le x* siècle, par la précessioQ des équinoxes, puisque dans les neuf siècles qui ont suivi elle a atteint le maximum à* sa distance au pôle Nord. Si l'on admet la nouvelle détermination de lieu de la grande Nuée de Magellan par sir John Herschell , il en faut conclure qu'au temps d'Abdurrahman Suphi elle était visible en totalité jusqu'à 17' de latitude Nord; elle l'est aujourd'hui jusqu'à environ 18'. Les Nuages du Sud pouvaient être vus par conséquent dans toute la partie sud-ouest de l'Arabie et- dans l'Hadramaut, le pays de l'encens, de même que dans l'Yémen, où florissait la civilisation de Saba et qui reçut l'antique immigration des Yoclanides. La formation de plusieurs

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élablissemeDts arabes sur les cdtes orientales de l'Afrique, daos les régions intertropicales au nord et au sad de l'équateur, dut servir aussi à répandre des Dotions plus exactes sur les constellatioDs du ciel austral.

Les premiers pilotes civilisés qui visitèrent les côtes occidentales de rArrique,au delà de la ligne. Turent d^ BuropéeQS, particulièrement des Catalans et des Portugais. Des documents incontestables tels que le planisphère de Marine Sànuto Torsello (1S06), l'ouiTage génois connu sous le nom de Portulano medim (1351), le Planisferio de la Palatina (1417) et le Mappamondo di fra Mauro Camaldolese (de 1457 à U^d) prouvent que 178 ans avant la prétendue décoarerte du Cape Tormentoso ou cap de Bonne-Espérance, faite par Bartholomé Diaz au mois de mai 1487, l'on connaissait déjà la configuration triangulaire de rejtrémilé méridionale du continent africain (41) . Si l'on songe à l'importance nouvelle et toujours croissante que prit cette route commerciale par suite de l'expédition de Gama et au but commun de tous les Toyages accomplis le long des côtes de l'Afrique, il parait naturel que les pilotes aient donné le nom de Suages du Cap aux deux nébulosités qui, dans chaque voyage au Cap, les frappaient comme de remarquables {Aénomènes.

Les efforts persévérants tentés pour dépasser l'équateur le long des côtes orientales de l'Amérique, et pénétrer jusqu'à la pointe méridionale du continent, depuis l'expédition de Atooso de Ojeda et de Amerigo

Vcspucci en 1&55, jusqu'à œlle de Magellan et de Sebastien del Gano en 1521, et à celle de Garcia de Loaysa et de Francisco de Hoces en 1525 (&2), avaient attiré sans interruption l'attention des navigateurs sur les constellations du Sud. D'après les Journaux de voyages que nous possédons et qui sont conlirmés par les témoignages historiques d'Anghiera, cela fut vrai surtout pour le voyage d'Amerigo Vespucci et de Vicenle Yaftez Pinzon , qui amena la découverte du cap Saint-Augustin, par 8° 20' de latitude australe. Vespucci se vante d'avoir vu â Canopi, dont un obscur, Canopo fosco , 2 Canopi risplendenti. L'ingénieux auteur des ouvrages sur les noms des Étoiles et sur la Chronologie, Ideter s'est efforcé d'édaircir la description très-confuse faite par Amerigo Vespucci dans sa lettre ït Lorenzo Pierfrancesco de Medici; il en résulte que Vespucci a employé le mot Canopus dans un sens aussi indéterminé que les astronomes arabes avaient coutume d'employer le mot Suhel. Ideler démontre que le Canopo fosco nella via lattea n'est pas autre chose que la tache noire ou le grand sac de Charbon de la Croix du Sud , et que la position assignée par Vespucci ît 3 étoiles resplendissantes, dans lesquelles on croit reconnaître a, S et y de la petite Hydre, rend tr^ -vraisemblable cette opinion que le Canopo risplendeote di notabile grandezza est la Nubecula major, et l'autre Canopo risplendenle, la Nubecula minor (A3) . Il y a toujours lieu de s'étonner que Vespucci n'ait point comparé ces nouveaux phénomènes célestes à des nuages, comme le firent à

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{vemière vue tous les autres observateurs. On serait («nté de croire que cette comparaison dut s'offrir irréeisIiblemeDt à l'esprit. Pierre Martyr Âoghiera , qui annaissait persoDuellemeot tous les grands uavigat»irs de celte époque, et dont les lettres sont écrites sous l'impression toute vivante encore de \euTS récits, retrace, de manière à ce qu'on ne puisse s'y mép^re, l'éclat doux, mfùs inégal, des Nubeculse : • Assecuti sunt Portugalenses alterius poli gradum quinquagesimum amplius, ubi punctum (Polum?) circumeimtes quasdam m^eculas licet intueri veluli in lactea via sparsos fiilgor^ per universi cœli gtobum intra e^us spatii latitudinem (kk). » Le renom brilbot et la durée de la circumnavigation de Magellan ipii, commencée au mois d'août 1519, ne fut achevée qa'au mois de septembre 1522, le long séjour fait par m nombreux équipage sous le ciel austral, obscurcit le souvenir de toutes les observations antérieures, et le nom de Nuées de Magellan se répandit chez toutes les nations maritimes qui peuplent les côtes de la m^ Méditerranée.

J'ai montré par un seul exemple comment l'élargiisement de l'horizon géographique vers les contrées Al sud avait ouvert un nouveau champ à l'astronomie d'obeuratifH). Quatre objets surtout durent exciter «m ce nouveau ciel la curiosité des pilotes : la recherdte d'une étoile polaire australe ; la forme de la Croix du Sud, qui occupe une poàtioo perpendiculaire, VMsqa'elle passe par le méridien du lieu oïi est placé t'tèserraleur ; les Sacs de charbon et les nuages

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— â04 — lumineux qui circulent autour du pôle. Nous lisons dans VArte de navegar de Pedro de Médina (lib. V, cap. 11), qui, publié pour la première fois l'an 15&5, a été traduit eu plu<:ieurs langues, que dès le milieu du xvi' siècle, on faisait servir à la détermination de la latitude les hauteurs méridiennes du Cruzera. Après s'être contenté d'observer ces phé- Domènes, on se mit vite en devoir de les mesurer. Le premier calcul sur la position des étoiles voisines du pôle antarctique fut fait à l'aide de distances angulaires, prises à partir d'étoiles connues, dont la place avait été déterminée par Tycho , " dans les Tables Rudolphines. Ce premier travail appartient, comme je l'ai remarqué déjà [/|5) , à Petrus Theodori de Emden et au Hollandais Frédéric Houtman, qui, vers l'an 1594, naviguait sur ta mer de l'Inde. Les résultais de leurs mesures trouvèrent place bientôt dans les catalogues d'étoiles et dans les globes célestes de filaeuw (1601), de Bayer (1603) et de Paul Mérula (1605). Tels sont, jusqu'à Helley (1677) et jusqu'aux grands travaux astronomiques des jésuites Jean de Fontaney, Michaud et Noël, les faibles débuts qui servirent de fondements à la typographie du Ciel austral. Ainsi l'histoire de l'astronomie et l'histoire de la géographie, unies entre elles par des liens étroits, nous retracent conjointement les époques mémorables qui, depuis 250 ans à peine, ont préparé ce résultat, de pouvoir reproduire d'une manière exacte et complète l'image cosmique du ârmament, aussi bien que les contours des continents terrestres.

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— sosies Nuées de Magellan, dont la plus grande coii- TFe i2 àBgr^, la plus petite 10 degrés carrés de la Toâte céleste, produisent à .l'œil-nu et au premier abord la mdme impression que produiraient deux pwtions détachées et d'égale grandeur de la Voie lactée. Par un beau clair de Lune le petit nuage disparatt entièrement, l'autre perd seulement une partie coosidétable de son éclat. Le dessin qu'a donné de ces nuages sir John Herschell est excellent, et s'accorde à meilreille avec les souvenirs les plus maotfl qae j'aie gardés de mon s^'our au Pérou. C'est aux laborieuses observations faites en 18S7 par ïtt oiiserTateur au cap de Bcàne-Espérance que TasttraoBie doit la premifere analyse exacte de ce sinplier agrégat des éléments les plus divers (&6}. Sir John Herschell y a reconnu un grand nombre d'étoiles isolées, des e^aims d'étoiles et des amas stellaires de ((mue sphérique, ainii que des nébuleuses régulières oa,in%ulièrfâ, et plus pressées qu'elles ne le sont dans la zone de la Viei::ge et dans la chevelure de BdKotce. La moltiplicite de ces élémente ne pennet pas de considérer les Nubeculse, ainsi qu'on l'a fait trop souvent, comme des nébuleuses d'une dimennon extraordinaire, non plus que comme des parties dâadiées de la Voie lactée. Les amas gldbulaires et surtout 1^ nébuleuses ovales sont très- clair- semées dans la Voie lactée, à l'exception d'une petite aooe GomfHÏBe entre l'Autel et la queue du Scorpion (M).

Les Nuées de Magellan ne se rattechent ni entre

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•Dm ni avac ta^^oie lactée par aucuoe nâmtoâté per- Mptible. A part le voisinage de l'amas sl^aire do Touoaa (AS), la {^s p^te eat située daos ane espèce de désert. L'eepace occupé par l'autre est moins cornpléteisent vide d'étoiles. La structure et la oHi&gunûoa inlérieupe de la Nubeciila major sont comi^ qnées de telle façon que l'on y trouve, .comme dans le numéro 2678 du catalogue d'Herscliell, des massée r^troduisant exactement l'état d'agrégation et la forme de la nuée «itière. La conjecture ^ .savant Horner qm les nuées de Magellan auraient fait autrefois partie de la Voie lactée, où même, disait-iU on peut rectnnattai enc(»e la place ^.qu'elles occupaient, eèt. lu» Féverie, aussi bien que cetteAutre hypothèse dî^irii laquelle ces nuées auraient, depuis le temps de LatsailN^ diangë de position et fait un mouvement en svaiit. Leur position avait été d'abord fixée d'une mam^ inexacte, à cause du peu de netteté de leurs contoufl| vos h travers des télescopes de petite onverUue.^ John Herschell fait remarquer que, sur tous les gk^ «élestes et sur toutes les cartes sidéralcG , la NubeAla misor n'est point à sa place, et que l'erreur est de près d'une heure d'asc. drcHte. D'apris lui la Nubecota minor est située entre les méridiens de 0''28' et l''l&', •t entre 162° et 165* de distance du pAie Nord; la Nubecula major entre &^ àO' et 6^ O* d'asc droite, flaire 156° et 162* de distance au pAle Nord. Daas la pwnière il n'a pas déterminé en asoeosion droila et en déclinaison moins de 919 objets distincts, étoiles, nébideuses et amas stellaires. Il en a détMVinë S&t

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dans la seconde. Ces objets (fc>iveDt être répartis comme il suit :

a Nabec msj. 583 étoiles, SM Débaleuses. &e amaa stellalres. iobec. mia. 300 — 87 — 7 —

L'infêriDrité Bumérique des Débuleuses dans te petit DDag9 est frappante. Elles iDDt, relativement aux aânieases dg grand nuage, dans le rapport de 1 à 8, tauïs que les étoiles isolées sont comme 1 est à 3. Ces Moites cataloguées au nombre de près de 800 , BDBl pour la plupart de 7* et de B* grandeur ; quelqoEs-ones sont de 9* et même de 10*. Au milieu du gnod nuage, existe une nébuleuse signalée déjà par Luaille (d* 30 de la Dorade, Bode; n* S9&1 de ar John Herscbett), et qui n'a point d'égale sur tonte la surface du ciel. Cette nébuleuse occupe à peine 1/500 de l'air du nuage, et déjà sir John Herschell a déterminé dans cet espace la position de 105 étoiles àt U% de 15* et de 16* grandear, projetées sur un Km) nébuleux dont rien n'altère l'éclat uniforme, el qui a résisté jusqu'ici aux plus puissants télescopes (49).

Près des Nuées de Magellan, mais à une plus grande distance du pâle Sud, sont situées les taches Boires qui de bonne heure, vers la fin xt* siècle et au cooniaicement du xvi*, attirèrent l'attention des pdotes portugais et espagnols. Elles sont TfaisembUUement comprises, conune on l'a dit déjà, parmi les trois Canopi dont parle Vespucci dans la MMion de son troisiènK voyage. Je trouve la pre-

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mière indication de ces taches dans l'ouvrage d'Anghiera, de Rébus oceanicis (Dec. 1, Itb, 9, p. 20, b. éd. 1533) : « Interrogati a me nautae qui Vicentium Agnem PinzoDutn fuentDt comitati (1&99) an antarcticum viderint polum : stellam se oullam hnic arcticae similem, quœ discerni circa punctum (polum?) possit, cognoviaEe inquiuat. Slellanim tamen aliam aiuut se prospexlsse facie^ densamqne quamdam ab horizoate vaporosam caligiDem, quae oculos fere obtenebraret, & Le mot Stella est pris ici dans le sens général de phénomène céleste, et d'ailleurs il est possible que les matelots interrogée par Anghiera ne se soient pas exprimés bien nettement sur cette obscurité (caligo) qui semblait Irappa d'aveuglement. Le Père Joseph Acosta de Médina d^ Campo a signalé en termes plus satislaisants les taches noires et la cause de ce phénomène, dans son Historia natural de las Indtas (lib, 1., cap. S); il les compare, sous te rapport de la forme et de la couleur, à ta partie obscure du disque de la lune. u De même, dit-il, que la Voie lactée est plus brillante, parce qu'elle est composée d'une matière céleste plus dense, d'où, pour cette raison, rayonne plus de lumière, de même les taches noires que I'm ne peut apercevoir en Europe sont complètement dépourvues de lumière, parce qu'elles forment dans le ciel une région vide, c'est-^-dire composée d'une matière très~subtile et très-transparente, n Un célèbre astronome a cru reconnattre dans cette description les taches 'solaires (50) ; cela n'est pas assurément moins

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élraage que de voir, en 1689,'le missionnaire Richaud [vendre les manchas negras d'Acosla pour les nuées lumineuses de Magellan (51).

Richaud d'ailleurs, comme les premiers pilotes qui ont fait mention de ces objets, parle des Sacs à charbon (coal-ljags) au pluriel. Il en cite deux, le plus grand dans la Croix, et un aKtre dans Robur Garoli, que certains observateurs ont divisé en deux ladies distinctes. Feuillée, dans les premières années du xfm' siècle, et Horner, en 1804, dans une lettre adressée du Brésil à Olbers, ont représenté ces deux taches du Robur Caroli comme offrant une forme indécise et des contours aal arrêtés (52). Je n'ai pu, durant mon séjour au Pérou, arriver à fixer mes doutes sur tes Sacs à charbon du Robur Caroli , et CMome j'étais tenté d'attribuer ce manque de succès an peu de haut^^r de la constellation, je voulus m'éclairer auprès de sir John Herschell et du directeur âe rd>servatoire de Hambourg, M. Rui avaient été sous des latitudes beaucoup plui nales que moi. En dépit de leurs efforts, ils mieux réussi h déterminer la forme des o l'intensité lumineuse de ces deux taches. Ili ai^MDdier , sous ce rapport , des résultats obtenus pour ks Sacs à charbon de la Croix. Sir John estime qu'il n'y a pas lieu de distinguer plusieurs Sacs à charbon, à moins que l'on ne veuille désigner ainsi toutes lea piaœs obscures du ciel qui ne sont point délimitées, telles que celles qui se trouvent entre « du Centaure d'utK part, ê et Y du Triangle de l'autre (53), entre vt

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et 0 d'Argo, et surtout dans l'hémisphère boréal, klW droit où la Voie lactée laisse un espace vide entre i, a et ï du Cygne (54) .

La tache noire de la Croix du Sud , la plus frappante et celle qui fut connue la première, est située à Test de la coustellation; elle présente la forme d'une poire et occupe 8° en Imgueur et 5" en largeur. Dans ce vaste espace se trouve une seule étoile visible à l'œil Dn> entre la 6* et la 7' grandeur, et une quantité considérable d'étoiles téltscopiques de 11*.. IS' et 13' g^ndeur. Un petit groupe de kO étoiles est situé à peu près au milieu (55). On a supposé que l'absence des étoiles 0t le contraste formé par l'éclat du ciel environnant sont les causes qui font paraître cet espace si sombre, et cette explication a généralement (wévidu depuis Lacaille (56). Elle est surtout confirmée par les jaugeages d'éteiles (gauges ^nd sweeps) que l'on a pratiqués autour de la région dans laquelle la Voie lactée semble couva'te d'un'nuage noir. Dads 1e coai-bag, ces opérations, sans donner un vide conpiet, ce que l'on appelle blank fieldt, n'ont pas donné plus de 7 à 9 étoiles télescopiques, tandis qu'avec des lunettes de même champ on en découvrait 120 et jusqu'à 200 sur les bords. Tant que je demeurai dans l'hémisphère austral, sous rim[H^ession de cette voûte étoitée qui s'était si vivement emparée de moi , Tefiet de contrasta ne me parut pas rendre suffisamment raison de ce phénomène; sans doute je me trompais. Les considérations de William Her»jiell sur [es espaces complètement vides d'étoiles dans le

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Scorpion et dans 0[diiuchus, qu'il appdlp dei o tum dans les deux (openiQ^ ia tbe Héavens) , m'a- TaieDt coadott à penser que, dans ces réglons, les coudies d'étoiles superposées peuvent être moiw ^laisses ou tout à Mt interrompues; que les demièrai édiappent h nos instruments optiques, et que ow régions rides sont de véritables trous par lesquels nos regards plongent dans Fes espaces les plus Kcutés d9 rmiiTers. J'ai déjà fait mention ailleurs de ces outwtures (57), de ces brèches des couches sidérales^ et lai effets de peri^>ectiTe qu'elles nous découvrent sont deveaus tout récemment l'oti^t de sérieuses considérationB(58). ■"^'

Les couches d'astres les plus lointaines, la disuoœ des nébuleuses, tous les objets que nous avons résumés dans ce chapitre irritent la curiosité de rixMDme et remplissent son esprit d'images du temps ou de l'espace qui excèdent sa (acuité de concevoir. Si merveilleux que soient les perfectionnements apportés aux instruments d'optique depuis environ 60 ans, on est devenu en même temps assez familier avec les difficultés qu»présente leur construction pour apprécia plus justement les progrès qui restent à accomplir, et ne point se laisser aller aux espérances fantastiques dont l'ingénieux Hooke était sérieusement préoccupé de 166& à 1665 (59) . Ici comme toujours, la drcoospection et la mesure conduisent plus sûrement au but. Ghacooe des générations humaines qui se sont succédé a droit de s'applaudir des grandes et nobles conquêtes auxqueDee elle s'est élevée par la libre force de son

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iatelligeoce, ^t doot témoignent les progrès des arts. Sans exprimer en nombres précis la puissance avec laquelle les télescopes péoètreot déjà dans l'espaoe, sans même attacha une grande con&ance h ces chiffres, la vérité est que nous devons aux instruments d'optique de connaître ta vitesse de la lumière, et de savoir que celle qui de la surtace des astres les plus .reculés vient frapper nos regards, est le plus ancien témoignage sensible de l'existence de la matière (60).

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