‹ Cosmos; essai d'une description physique du monde; (volume 2)Chapitre 12 sur 36 · SYSTEME SOLAIRE · texte numérisé non relu

SYSTEME SOLAIRE

LES PUNITES ET LBUB8 8A.TBLLrrB8, LES COHÈTES U LUMIÈRE ZODIACALES ET LES ASTÉROÏDES U6jÉO UQUES.

Quitter, dans la parUe céleste de cette description de l'unÎTers, le firmameot et les étoiles fixes, pour redescendre au système dont le Sdeil est le centre, c'est passer de l'universel au particulier, d'un objet inuneose à un objet petit relativement. Le domaine do Soleil .est celui d'une seule étoile fixe, parmi les miUifms d'étoiles fixes que le télescope nous découvre àans le firmament; c'est l'étendue limitée dans -laquelle des moDdes très-différents entre eitx obéissent à l'attraction directe d'un corps central, et, soit qu'ils poursuivent seuls leur marche solitaire ou qu'ils soient eolourés eux-mêmes de corps de ta même nature, décrivent autojir de ce point centrât des orbites d'inégale grandeur. En essayant de disposer en ordre, dans la partie sidérale de cette Uraoologie, les prindpales classes d'éuMes, j'ai eu l'occasion de signaler, |«rmi les innombrables étoiles télescopiques, la classe des étoiles doubles, qui forme elle-même des systèmes

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isolés, binaires on diversement composés ; mais, malgré l'analogie des forces qui les dirigent, ces systèmes difièreot essentieliemeot de notre système solaire. On y voit des étoiles douées d'un éclat propre se mouvoir autour d'un centre de gravité commun, qui n'est point occupé par la matière visible ; dans notre système, au conb'aire, des astres obscurs circulent autour d'uD corps lumineux, ou, pour parler plus exactement, autour d'un centre de gravité commun, placé tantôt à l'intérieur, tantôt en dehors du corps central. « La grande ellipse que la terre décrit autour du Soleil se reflète, pour ainsi dire, dans une autre petite courbe toute semblable, sur laquelle se meut le centre du Soleil, tournant autour du centre de gravité commua du Soleil et de la Terre. » Quant à savoir si les astres planétaires, parmi lesquels on doit compter les comètes intérieures et extérieures, ne sont point capables, dans quelques parties du moins de leur surface, de produire, outre la lumière que leur envoie le coi^ central, une lumière qui leur soit propre, c'est une question qui ne saurait encore trouver place au milieu de ces considérations générales.

On n'a pu établir jusqu'ici par des preuves directes ^l'existence de corps planétaires obscurs, gravitant 'autour d'une étoile fixe. Le peu d'intensité de la lu- ^mière réfléchie ne nous permettrait pas d'apercevoir de telles planètes, dont, longtemps déjà avant Lambert, Kepler soupçonnait que chaque étoile devait être accompagnée. En prenant pour distance de l'é-

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toile la plus voisine, x du Centaure, 226000 rayons de l'orbite terrestre, ou 7523 fois la distance de Neptuoe au soleil, une comète à très-grande excursico, celle de 1680, à laquelle on attribue, d'après des données très- incertaines, il est vrai, une révolution de 8800 ans, étant à l'aphélie, éloignée de notre Soleil de 28 distances de Neptune, réloignement de l'étoile a. du Centaure sera encore 270 fois plus graud que le rayon de notre système solaire, mesuré jusqu'à l'apité\i% de cette comète. Nous apercevons la lumière i^fiéchie de Neptune à 30 rayons de l'orbite terrestre. Quand même, daas l'avenir, de nouveaux télescopes plus puissants nous permettraient de reconnaître trois autres planètes successives, jusqu'à la distance, je suppose, de 100 rayons de. l'orbite terresb^, une telle distance n'atteindrait pas encore la 8*°' partie de la distance de la comète à son aphélie, par 1/2200 de celle à laquelle il nous faudrait percevoir la lumière réfléctiie d'un satellite tournant autour de a du Centaure(61). Est-il néanmoins absolument nécessaire d'admettre l'existence de satellites auprès des étoiles fixes? Si nous jetons un regard sur les systèmes inférieurs qm rentrent dans notre grand système planétaire, nous rencontrons, à cdté des analogies que peuvent offrir les planètes entourées de nombreux satellites, d'autres planètes : Mercure, Vénus, Mars, qui en sont privées. Faisant donc abstraction de ce qui est simplement possible pour nous borner aux faits réels et indubitables, nous nous sentons vivement pénétrés de celte idée : que le système solaire, surtout avec les compli-

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cations que les derniers temps nous ont rérélées, offre l'image la plus riche des relations directes ^ Vilement recoonaissables, qui rattachent un grand nombre de corps c^estes à un seul d'entre eux.

Notre système planétaire, en raison même de l'espace plus restreint qu'il occupe, ofire, pour la sûreté et l'évidence des résultats que cherche l'astronomie mathématique,- des avantages incontestable sur l'ensemble du Qrmament. L'étude du monde sidéral, ea ce qui concerne surtout les amas st^laires et les nébuleuses, comme aussi pour le classement photométrique des étoiles, travail d'ailleurs trop peu certfùn, appartient en grande partie au domaine de l'astronomie contemplative. La partie la phis exacte et la plus brillante de l'astronomie, celle qui a reçu de nos jours le phis d'accroissement, est la détermination des positions d'étoiles en ascension droite et en déclinaison. Qu'il s'agisse d'étoiles isolées ou doubles, d'amas stellaires ou de nébuleuses, le mouvement propre des étoiles, les éléments d'où l'on déduit leur parallaxe, la distribution des mondes dans l'espace, rév&éa par les jaugeages télescopiques du Ciel, les périodes des étoiles à éclat changeant ou la révolution lente ^es étoiles doubles, sont autant d'objets susceptibles d'être mesurés avec une [dus ou moins grande exactitude, bien que ces opérations ne soient pas sans difficulté. Il y en a d'autres, au contraire, qui, parleur nature, échappent à toute espèce de calcul : de ce nombre sont la position relative et ta forme des couches st^laires ou des nébuleuses perforées, l'ordonnance générale de

l'imiTers, «t l'scUcm violente des forces aatunlles en vertu desquetles apparaissent ou disparaissent les étoiles, phénomènes qui nous afiêctent d'autant plus profiwdéniMit qu'ils touchent aux régions vaporeuses de l'imagination et de la fantaisie (62).

Nous nous abstenons à dessein, dans les pages soirantes, de toute considération sur la liaison de Jtûtte système solaire avec les systèmes des autres éloUes 6xeg ; nous ne revenons plus sur ces questions, qni s'imposent à notre intelligence, de la subordination et de la d^iendance des systèmes. Noos n'avons pios à nous demander si le Soleil, notre astre centnd, n'est pas lui-même à l'état de planète dans un utre système plus vaste, et non pas même peut-être ï fêtât de planète principale, mais à l'état de satellite d'une planète, comme les lunes de Jnpiler.' limités à un domaine plus familier, au domaine même ifai Saleil , nous avons à nous féliciter de cet avantage , qoe'yfesque tous les résultats de l'observation, excepté ce qui se rattache à l'aspect des surfaces, à l'atmosph^ gazeuse des globes planétaires, à la queue simfde 00 multi{de des comètes, à la lumière zodiacale ou à r^iarition énigmatique des étoiles filantes, peuvent toe ramenés k des rapports numériques et se présentent comme les conséquences d'hypothèses suscepti- Ues d'une démonstration rigoureuse. Cette démonstratitt n'entre point dans le plan d'une description physique de l'univers; tout ce qu'un pareil plan conporte, c'est de recueillir méthodiquement les rénbats Dumériques ; héritage que chaque siècle trans-

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met agrandi au siècle suivant. Une table renfermant la distance moyenne qui sépare les planètes du Soleil, . la durée de leur révolution sidérale, l'excentricité de ' leur orbite, rinclioaisoD de ces orbites sur l'écliptiqoe, le diamètre, la masse et la densité, peut oSiir aujourd'hui, sous un bien petit espace, l'état des conquêtes intellectuelles qui sont l'honneur de notre époque. Qu'on se transporte uo instant dans l'antiquité, qu'on se représente le maître de Platon, le pythagorideo Philolaûs, Aristarque de Samos ou bien Hipparque, en possession de cette feuille de chiffres ou d'une description graphique des orbites de toutes - les planètes, tels qu'il s'en trouve dans dos ouvrages élémentaires : 00 ne pourrait comparer l'étonnement et l'adniiration de ces hommes, les héros de la science naissante, qu'à la surprise dont seraient frappés Ëratosthène, Strabon, Claude Ptolémée, si od leur présentait une de nos mappemondes dressées sur une carte de quelques pouces carrés, d'après les projections de Mercator.

Les comètes que l'attraction centrale force à*evenir sur elles-mêmes, en décrivant une ellipse fermée, marquent la limite du domaine solaire. Hais comme on ne peut être certain qu'il ne se prés^itera point un jour quelque autre comète, dont le grand axe dépasserait en longueur ceux des comètes connues jusqu'à ce jour et dont les éléments ont été calculés, la distance des aphélies de ces comètes ne nous donne qu'une limite inférieure de l'espace subordonné au Soleil. Ainsi le domaine solaire est carac-

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létiaé par les eifets visibles et mesurables des forces œntrales qui émanent du Soleil, et par les corps planétaires qui décriveDtdes orbites fermées autour de lui, sans poQToir rompre les liens qui les y retiennent attachés. L'attraction qn'exerce cet astre sur d'autres étoiles fixes oa soleils, dans des espaces plus vastes, par-delà les i^les de ces corps célestes, ne doit point trouver place parmi les considérations dont nous nous occupons ici.

D'après l'état de nos connaissances à la fin de cette pratiière moitié du xix* siècle (1851), le système solaire comprend les éléments suivants, en rangeant les pbnèles d'après la distance qui les sépare du corps cmtnl :

1* 23 planètes principales : Mercure, Vénus, L\ IkiiB, Mars; Flore, Victoria, Vesla, Iris, Métis, Hébé, Parlkénope, Égérie, Astrée, Irène, Junon , Cérèt, Pallas, Hygie; Jupiter, Saturne, Uranus,

De ces 23 planètes, 6 seulement étaient connues au 17 mars 1781 . — Nous avons distingué par des ondées typographiques difi'érentG les 8 grandes planètes des 1& petites, appelées quelquefois aussi asléniides, dont les orbites entrelacées sont comprises entre Mns et Jupiter.

S* 21 satdiites : 1 pour la terre, k pour Jupiter, 8 pour Saturne, 6 pour Uranus, 2 pour Neptune.

*• 197 comètes, dont l'orbite est calculée. Parmi ces cofloètes, 6 sont intérieures, c'est-à-dire que leur •phélie est en deçà de l'orbite planétaire la plus éloi- SJtft, c^ de N^tune.

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SeloD toute probabilité, le système solaire renfenue encore la lumière zodiacale, qui s'étend beaucoup aud^ de l'oiiiite de Vénus et atteint peut-être celle de Mars.

De nombreux observateurs sont aussi d'avis d'y joindre les essaims d'astér&ides météoriques qui coupent l'orbite de la Terre, surtout en des points déterminés.

Les événemeats récents qui méritent d'être mentionnés dans l'histoire des découverte planétaires, sont : la découverte d'Uranos, la première planète trouvée au-delà de l'ellipse de Saturne, qui fut signalée à Bath le 13 mars 1781 par Herschell ; la découverte de Cérès, la première des petites planètes, observée par Piazzi h. Païenne le l" janvier 1801 j la reconnaissance de la première comète intérieure, faite par Encke à Gotha au mois d'août 1819 ; enfin l'annonce de l'existence de Neptune, prouvée au moyen du calcul des perturbations planétaires, par Le Verrier, à Paris, dans le mois d'août 18/i6, et vériâée par Galle le 23 septembre 18f|6, à Beriin. Ces découvertes considérables n'ont pas eu seulement pour résultat d'étendre et d'enrichir d'autant notre système solaire ; chacune d'elles a été le principe d'un grand nombre d'autres découvertes : c'est à elles que l'on dcHt la connaissance de 5 autres comètes intérieoree, signalées de 1826 à 1851 par Biela, Faye, de Vico, Brorsen et d'Àrrest, et celle de 13 petites planètes, dont 3 (Pallas, ]unon et Vesta) ont été trouvées de 1801 à 1807, et dont, après 38 ans d'interruption, 9 autres ont

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élé observées successivement par Eacke, Uiod, Grahani et de Gasparis. A partir de la découverte d'Astrée, due aoi observations heureuses et aux habiles combinaiEMis de Eocke, c'est-à-dire depuis le S décembre 18&S jusqu'au milieu de l'année 1851 , le monde des comètes est devenu aussi l'objet d'observations telleiD»)t attentives, qu'on est parvenu, dans les 11 dernières années, à calculer les orbites de 33 nouydles comètes. C'est à peu près tout ce qu'on avait pa (aire en /|0 ans, depuis le commencement du la'âècle.

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