‹ Cosmos; essai d'une description physique du monde; (volume 2)Chapitre 14 sur 36 · ANNÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES

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■ J'ai pu observer de grandes taches , visibles à l'œil DU, presque dans toutes les années où ne tombait pas le minimum ; les principales parurent en 1828,

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1829, 1831, 1S36, 1837, 1838, 1839, 18&7, 1848. Je considère ici comme grandes taches celles qui embrassent au moins 50" ; c'est seulement à cette limite qu'elles commencent à devenir visibles pour de bons yeux, sans le secours du télescope.

a II n'est point douteux qu'il y ait d'étroite rapports entre les taches et la formation des facules. Souvent je vois apparaître des facules ou des lucules à l'endroit où une tache a disparu , comme aussi se développer de nouvelles taches dans les facules. Chaque tache est entourée de nuages plus ou moins lumineux. Je ne crois pas que les taches aient une influence quelconque sur la température annuelle. Je note trois foie par jour la hauteur du baromètre et celle du thermomètre ; les moyennes annuelles qui résultent de ces observations ne laissent jusqu'à présent soupçonner aucun rapport sensible entre le climat et le nonobre des taches. En admettant qu'en quelques cas cette coïncidence vint à se montrer, elle n'aurait d'importance qu'à ta condition de se reproduire sur beaucoup d'autres points de la terre. Si réellement il y avait lieu d'attribuer aux lâches du Soleil la moiodre influence sur l'état de noire atmosphère , il faudrait tout au plus conclure, de mes tables cpie les années où les taches altondent comptent moins de jours sereins que les années où elles smit rares. ( Schumacher's Aslron. Naehr., n" 638, p. 221.)

« William Herschell donnait le nom de facules aux sillons lumineux qui n'apparaissent qu'auprès des bords du Soleil et celui de lucules aux rides visibles

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seuteDoent vers le ceotre (Astron. lYachr.^ n" 350, p. 2t3). Je me suis convaiocu que facules et lucules TOoneot des' mêmes nuages lumioeux pelotonnés, qui paraissent plus brillants vers les bords du Soleil et sont au contraire, vers le milieu, moios éclatants que la sorEace générale. Je préfère donc donner à tous les endroits particulièrement brillants du disque solaire le Dom de nuages lumineux en les divisant , d'après leur fi)nDe en nuages pelotonnés ou cumuliformes, et en nuages allongés ou cirriformes. Cette matière lumioeuee est irrégulièrement distribuée sur le Soleil, et donne quelquefois à sa surface un aspect marbré. La même apparence se voit fréquemment sur les bords, et quelquefois jusqu'aux pôles. Cependant c'est toujours Eur tes deux zones de taches qu'elle se montre avec le pins d'intensité, aux époques mêmes où il n'existe point de taches; alors les deux zones, plus brillantes, ressemblent d'une manière frappante aux bandes de Jupiter.

Les sillons obscurs qui se rencontrent entre les nuages lumineux de forme allongée sont les espaces Dials, appartenant à la surface générale du Soleil, dont l'aspect ressemble à un sable formé de grains égaux. Sur cette surfiace chagrinée on voit quelquefois de fort petits points gris, non pas noirs ; ce sont des pores, qui mx-mémes sont sillonnés de petites rides sombres exWmementânes {Aslron. Nachr., n' /|73, p. 286). Ces pores, lorsqu'ils sont groupés par masses, forment des espaces gris et nébuleux et en particulier les pénombres des taches solaires. Dans ces pénombres, on

voit des pores et des poiots noirs qui le [Jus souvent semblent rayooDer du noyau jusqu'aux limites de la pénombre ; c'est ce qui produit la similitude soyrentsi frappaDle que l'on remarque entre la forme des péDombres et celle des aoyaux. »

L'explication et le rapprochemeat de ces phénomènes eî variables n'auront acquis pour l'obserration de la nature toute leur importance que lorsque, sous les trc^iques où le ciel demeure sans nuages pendant plusieurs mois, on aura pu, à l'aide d'un appareil photographique mû par une horloge, obtenir une suite dod interrompue d'images des taches solaires (88). Les phénomènes météorologiques, qui se produisent dans les atmosphères dont le corps obscur du Soleil est enveloppé, déterminent les apparitions que nous appelons taches et facules. Probablement là aussi, comme dans la météorologie terrestre, les perturbations sont d'une nature si diverse et si compliquée, si générale à la fois et si locale, que des observations patientes et complètes pourront seules résoudre une partie des problèmes sur lesquels, de nos jours encore, il reste une grande obscurité.

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