‹ Cosmos; essai d'une description physique du monde; (volume 2)Chapitre 15 sur 36 · LES PLANÈTES · texte numérisé non relu

LES PLANÈTES

Il est nécessaire de faire précéder par quelques considérations générales sur les corps célestes la description de chaque corps c^este en particulier. Ces considérations, d'ailleurs, n'embrassent que les il planètes principales et les 31 lunes, planètes inférieures, ou satellites découverts jusqu'à ce jour. Elles ne s'étendent pointa tous les corps célestes planétaires, panni lesquels les comètes à elles seules présenteraient déjà UD total dix fois plus considérable. Eu général, la scintillation des planètes est faible, parce qu'elles ne Ibnt que réfléchir la lumière du Soleil, et aussi à cause de la grandeur apparente de leur disque (voyez Cosmos, U III, p. 81). Dans la lumière cendrée de la Lune, comme dans la lumière rouge qu'elle présente durant les éclipses et qui parait beaucoup plus îdtease sous les tropiques, la lumière du Soleil a subi pour l'observateur placé sur la Terre un double changem»itde direction. J'ai eu déjà l'occasion de remarquer que la Terre est susceptible d'émettre une faible quantité de lumière propre, faculté commune d'ailleurs à d'autres planètes, ainsi que le prouvent certains phénomènes remarquables, observés de temps à autre

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sur la partie de Vénus non éclairée par le Soleil (89). Nous considérerons les planètes sous le rapport de leur nombre, de l'ordre dans lequel elles ont été découvertes, de leur Tolume en lui-même et relativement à leur distance au Soleil, de leur densité, de leur masse , de la durée de leur rotation , de l'inclinaison de leur axe , de leur excentricité et de leurs différences caractéristiques, suivant qu'elles sont placées au-delà ou en de^ de la zone des petites [danètes. Pour lous ces objets, la nature de cet ouvrage nous lait un devoir d'attacher un soin particulier aux résultats numériques, et de choisir toujours ceux qui sont coosidérés, au moment même de la publication de ce volume, conune provenant des recherches les plus récentes et les plus dignes de confiance.

PLANÂTES PRINCIPALES.

1* Nombres des planètes principales et épo^ M leur découverte, ~ Parmi les sept corps célestes qui, en raison des changements continuels apportés duis leurs distances relatives, ont été, dès la plus haute antiquité, distingués des étoiles scintillantes et amservant toujours sur le firmament leur place et leurs distances (orbis inerrans), cinq seulement : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne offrent l'a^fieraioe d'étoiles (quinque stellae errantes). Le Soleil et la Lune furent toujours mis à part en raison de la grandwr de leur disque, et par suite de l'importance .qui leur était attribuée dans les conoeptions mydMiogiqaes (90).

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Ainsi, d'après Diodore de Sicile Oi'^- 11) cap. 30), lee Chaldéens ne cOQnaissaieDt que cinq ptaoètes, et f^toD, dans le seul passage du Timée où il soit question de ces corps errants, dit en tenues exprès : fl Autour de la Terre, qui repose au centre du monde, se meuveoit la Lune, le Soleil et cinq autres astres auxquels on donne le nom de Planètes;. cela fiait en tout sept mouvemenlE circulaires » (9i). Dans la structure du Ciel imaginée jadis par Pythagore et dCoile par Philolatis, parmi les dix sphères célestes qui font leur révolulion autour du feu central ou foyer du monde (iorûc), immédiatement au-dessous du Oie! des étoiles fixes, sont nommées les cinq planètes (93], soiries du Soleil , de la Lune, de la Terre et de l'antipode de la terre (twn)^6û>v). Ptolémée lui-même ne parie jamais que de cinq planète. Les sept planètes distribuées par Jutius Firmicus, entre les génies ou décans (93), telles qu'on peut les voir dans le zodiaque de Biandiini, qui date Traisemblablement du m* siècle de notre ère (9Ji), et dans les monuments égyptiens contemporains des Césars, n'appartiennent point à l'histoire de l'astronomie ancienne, mais à ses époques plus récentes où les rêveries astrologiques s'étaient répandues partout (95) . Il n'y a pas lieu de s'étonner que la Lune ait été rangée parmi les sept planètes, car dwz les anciens, si l'on excepte quelqueswues remarquaUes d'Anaxagore sur les forces attractives {Cosmos, t. «BK 371 et 593), il n'est presque jamais fait all^pK la dépendance plus directe de la Lune vis-àvis de la Terre. En revanche, d'aprf's iine hypothèse

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citée par Vitruve (96) et Martien Gapella (97)^ mais sans iodication d'auteur, Véaus et Mercure, que nous appelons des planètes inférieures, sont présentés comme .. des satellites du Soleil, que Ton l^it tourner autour de la Terre. Un pareil systèhie ne peut pas plus être appelé égyptien qu'il ne peut être confondu avec les épicycles de Ptolémée ou avec les idées de Tycho sur la sUiicture du monde (98) .

Les dénominations sous lesquelles les cinq planètes stellaires sont désignées chez les anciens pehfdes sont ou des noms de divinités ou des épithètes dislinctives, cboisies d'après leur aspect. Il est d'autant plus difficile, sans autres ressources que celles auxquelles nous avons pu puiser jusqu'à ce jour, de déterminer ce qui, dans ces dénominations, appartient originairement à la Chaldée ou à l'Egypte, que les écrivains grecs ne nous ont pas transmis fidèlemwt les noms primitifs en usage chez d'autres peuples, mais les ont traduits dans leur langue, ou se sont codtenlés d'équivalents pris un peu au hasard, selon leurs vues particulières. Quant à décider si les Gbaldéens n'ont été que les disciples heureux des Égyptiens, et a déterminer les découvertes pour lesquelles ils ont été devancés par eux (99), ce sont là des points qui louchent aux importants mais obscurs problèmes de la civilisation naissante, au premier développement scientifique de la pensée sur les bords du Nil ou de l'Euphrale. On connaît les noms égyptiens des 36 décans ; mais, pour ceux des planètes, un, ou deux. seulement nous sont parvenus (lOfl).

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Il est surprenant que Platon et Airîslote ne déstgneot jamais les planètes que sous des noms mythologiques, qui sont aussi ceux, dont se sert Diodore, 4Éjs que plus lard, c'est-à-dire dans le traité du Monde, faussement attribué à Anstote, on trouve un mâange des deux dénominations : ainsi, ^tûvm pour Saturne, ïtîiëûw pour Mercure, ^up^îe^ pour Mars {!). Des passages de Simplicius, dans son commentaire sur le IV* livre du traité du Ciel par Arislote,' d'autres lires de Hygin, de Diodore de Théon de Smyme, prouvent, chose assez singulière, queSatune, la plus recalée des'^lanètes connues à cette époque, avait reçu le nom de Soleil. Ce fut sans doute sa situation et l'étendue de son orbite qui lui valurent d'être érigée en dominateur des autres planètes. Les dénominations descriptives, bien que très-anciennes et en partie d'origine chaidéenne, ne devinrent guère d'un usage fréqoait chez les écrivains grecs et romains que sous le règne des Césars, et lorsque l'astrologie commença Ji bercer son influence. Les signes des planètes, si l'on excite le disque du Soleil et te croissant de la Lane gravés sur les monuments égyptiens, sont d'origiite très-récente. D'après les rediérches de Letronne, ik ne remontent pas au-delà du x* siècle (2). On no les trouve m£me pas sur les pierres revêtues d'inscriptions gDostiques. Des copistes les ont plus tard ajUlatés à des manuscrits gnostiques et traitant d'alchimie, mais il est très-rare qu'ils aient tait cette surcharge sur les anciens manuscrits des astronomes grecs, de Ptolémée, de Tbéon ou de Cléomède. Les premiers signes plané-

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taires, qui, pour Jupil«r et Mars, étaieut formés de caractères alphabétiques, ainsi que l'a prouvé Saumaise avec sa pénétration ordinaire, étaient très-différents des nôtres. Les âgures actuelles remontent à peine au> delà du \y* siècle. Une citation empruntée par Otympiodore à Proclus (ad Titnœum, p. 1/|, édît. de Bâle) et un passage du Scoliaste de Pindare {hthmiea, carm. V, v. 2) établissent d'une manière incontestable que la coutume de consacrer certains métaux aux planètes faisait déjà partie du système des représentations symboliques en usage au v' siècle, chez les Néoplatoniciens d'Alexandrie. On peut lire à ce si^t le commentaire d'Olympiodore sur la Météorologie d'Âristote (lib. m, cap. 7, t. II. p. 163 dans l'édition de la Météorologie publiée par Ideler. On peut consulter aussi deux passages du tome I, p. 199 et 251).

Si le nombre des planètes connues des anciens fiit borné d'abord à cinq, ce qui fit sept plus tard, quand on y joignit les grands disques du Soleil et de la Lune, on conjecturait dès lors que, en dehors de ces planètes visibles, il y en avait d'autres moins lumineuses, et que pour cette raison on ne pouvait apercevoir. Cette supposition est rapporta par Simplidus comme venant d'Aristote. « Il est vraisemblable, dit -il, que d'autres corps obscurs, se mouvant autour du centre commun, doivent, aussi bien que la Terre, occasionner des éclipses de Lune. » Artémidore d'Éphèse, que Strabon cite souvent comme un géographe, croyait à l'existence d'une quantité innombrable de ces corps obscurs, tournant autour du Soleil. L'ancienne concep-

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tion idéale des Pythagoriciens, Ymni^wv, reste en dehors de ces conjectures. La Terre et le pendant de la Terre ont un mouvement parallèle et concentrique. Cette trmj^Suv, imaginée pour épargner à ta Terre son mouwta&al de rotation sur elle-même, n'est, à vrai dire, que la OMHtié de la Terre, l'hémisph^ opposé à celui ([oe nous habitons (3) .

Si, du nombre total des planètes et des satellites connus aujourd'hui, nombre six fois égal k celui des corps planétaires connus dans l'antiquilé, on met à part les 96 objets découverls depuis l'invention du télescope, pour les ranger d'après l'ordre de leur dàx)iiverte, on trouve que le xtii' siècle en a fourni 9; le xTm*, 9 également; la première moitié du xix', iS à elle seule.

TnUe ehrtmotogique des corps planiiairei découverts depuis Finvention du télescope, en 1608.

XV 11* SIËCtE.

Outre satellites de Jupiter, découverts par Simon Marius à Anspach, le 29 décemloe 1609; par Galilée, à Padoue, le 7 janvier 1610.

Implicite de Sebime, signalée par Galilée en iiovenitH«1610; les deux anses reconnues par Hévélrus en 1656; découverte définitive de la véritable forme de l'Anneau, par Huyghens, le 17 décembre 1657.

6* satellite de Saturne (Titan), Hnygbens, 25 mars 1655.

8* satellîte de Saturne (laphet), Dominique Gassini, octobre

&• satellite de Saturne (Rbéa), Cassini, 23 décembre 1672.

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3* et h' satellite de Saturne (Téthys et Diooé), Cassini, fin de mars 168(|.

XVW SifacLB.

Urakcs, W. Herschell, à Bath, IS mars 1781. 2' et h' satellite d'Uranus, W. Herscbell, 11 janvier 1787. li' satellite de Saturne (Mimas), W. Herscbell, 28 août 1789. 2' satellite de Saturne (Enœlade), W. Herschell, 17 septembre

1« satellite d'Oranus, W. Herschdl, 18ianvierl790. 5* satellite d'Uranus, W. Herschell, 9 février 1790. 6* satellite d'Uranus, W. Herschell, 28 février 179A. 3' satellite d'Uranus, W. Herschell, 26 mars 179&.

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