‹ Cosmos; essai d'une description physique du monde; (volume 2)Chapitre 29 sur 36 · LUMIERE ZODIACALE · texte numérisé non relu

LUMIERE ZODIACALE

On a recODDii, dans l'espace de deux siècles et demi, et à de longs inlervalles, l'existence, la place et la configuration de beaucoup de mondes distiot^, qui ont succesàvement ajouté à la richeese de notre système solaire. D'abord l'attention a été appelée sur les systèmes subordonnés, analogues au système principal, dans lesquels des corps célestes de moiadres dimensLOQS circulent autour de coi^ plus vastes. On a observé ensuite les anneaux exceatriques qui entourent une planète extérieur^, l'une des moins denses entre toutes les planètes et la plus abondamment pourvue de satellites; puis l'on a constaté l'existencede la lumière zodiacale, lueur douce, bien que facilement visible à l'œil nu, qui se détache en forme de pyramide, et on l'a rapportée à la cause matérielle qui vraisemblablement la produit. Plus tard pu a démêlé les orbites entrelacées des petites planètes ou astéroïdes, renfermées entre les limites de deux vastes planètes, et situées en dehors de la zone zodiacale. Enfin on a étudié le groupe merveilleux des comètes intérieures, dont l'aphélie reste en deçà de i'aphélie de Saturne, d'Ura-

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DOS OU de Neptune. Il est oécessaire, dans une descriptioD des espaces célestes, de bien faire ressortir la diversité des mondes dont se compose le système solaire, diversité qui, d'ailleurs, n'exclut nullement la communauté d'origine ni la dépendance permanente des forces motrices.

Quels que soient les doutes qui sub»stent encore Eur la cause matérielle de la lumière zodiacale, il semble, en partant de ce fait mathématiquement démontré, à savoir que l'atmosphère solaire ne peut point dépasser les 9/20 de la distance de Mercure au Soleil, il semUe, dis-je, que, dans l'état actuel et malheuroisement très-incomidet de nos connaissances, l'qHoion la plus satisfaisante doive être celle qui se lecommande des noms de Laplace, de Schubert, d'Arago et de Biot, d'âpre laquelle la lumière zodiacale rayonne d'un anneau nébuleux, aplati, et circidant librement dans l'espace compris entre les oibîtes de Vénus et de Mars. La limite extrême de l'atmosphère, pour le Soleil, comme pour les planètes, centres de systlmes subordoDoéK, ne peut pas s'étendre au delà du point ou rattraciioo du corps central fait exactement équilibre à la force centrifuge. Les portions d'atmosphère qui ont dépassé cette limite ont dû s'échapper par la tangente et donner naissance, en s' agglomérant, à des planètes et à des satellites, ou, si elles ne se sont point condensées en globes spbériques, continuer leur course sous la forme d'anneaux vaporeux ou solides. D'après pes vues, la lumière zodiacale rentre dans la caté-

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gorie des corps planétaires, et doit être soumise aux lois générales de leur formation.

Les progrès faits dans la voie de l'observation par cette partie délaissée de nos connaissances astrooomiques se réduisent à si peu de chose, que je ne puis guère ajouter h ce que j'ai déjà dît, en m'aidant de mon expérience propre et de l'expérience des autres, dans le Tableau de la Nature placé en léte de cet ouvrage (voyez t. I, p. Û77-Ù85, et 15û-161j t. III, p. 381). Vingt-deux ans avant la Daissaocc de Dominique Gassini, auquel on fait honneur comnAinément d'avoir le premier signalé la lumière zodiacale, le chapelain de lord Henri Somerset, Chiidrey, avait, dans sa Britannia Baconica, publiée en 1661, appelé l'attention des astronomes sur la lumière zodiacale, comme sur un phénomène qui n'avait pas encore été décrit, et dont il avait été témoin durant plusieurs années, au mois de février et au commencement de mars. La justice m'oblige aussi à mentionner une lettre de Rothmann à Tycho, signalée par Olhers, d'où il réstilte que, âks la fin du xvi* siècle, Tycho avait vu la lumière zodiacale, et l'avait prise pour l'apparition anomale d'une aurore boréale au printemps. L'intensité lumineuse beaucoup plus grande que ce phénomène présente eo Espagne, sur tes côtes de Valence et dans les plaines de la Nouvetle- Castille, m'avait engagé déjà , avant que je ne quittasse l'Europe, à l'observer assidûOieat. L'éclat de ceUe lumière, je pourrais dire de celle illumination, augmenta iencore d'une manière surprenante, à mesure que je

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— Û93 — m'approchai de l'équateur, sur le continent américain ou sur la mer du Sud. A travers l'atmosphère toujours sèche et transparente de Cumana , dans les plaines d'herbes ou Llanos de Caracas, sur les plateaux de Quito et sur les lacs du Mexique, particulièrement à des hauteurs de huit à douze raille pieds, où je pouvais séjourner plus longlemps, je vis la lumière zodiacale surpasser quelquefois en éclat les plus belles parties de la Voie lactée, Cûmprises entre la proue du Navire et le Sagittaire, ou, pour citer dès régions du ciel ■visibles dans notre hémisphère, entre l'Aigle et le Cygne.

En général cependant l'éclat de la lumière zodiacale m'a paru ne pas augmenter sensiblement avec la baulcur du lieu d'où on l'observe, mais dépendre surtout de changements auxquels le phénomène lui-même ost soumis, et de sa plus ou moins grande intensité lumineuse; c'est du moins ce que m'autorisent à croire les observations que j'ai TaiEes sur la mer du Sud, dans lesquelles j'ai remarqué un reflet semblable à celui que produit le coucher du Soleil. J'ai soin de dire surtout, car je ne nie point d'une manière absolue que Télat des hautes couches de l'atmosphère, leur plus 011 moins grande diaphanéité, n'aient pu exercer aussi quelque influence, alors même que, dans les couches ioférieures, mes instruments n'indiquaient aucune variation hygrométrique, ou que les changements indiqués semblaient devoir produire un tout autre effet. C'est surtout des régions tropicales, où les pbénotnènes météorolc^iques montrent dans leurs variations

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494 le plus d'unirormité et de régularité, qu'il est permis d'attendre des éclaircissemeats sur la nature de la lumière zodiacale. Là l'apparition est perpétuelle, et, en comparant soigneusement les observations faites à diverses hauteurs et dans des circonstances locales différentes, on peut espérer de distinguer, à l'aide du calcul des probabilités, ce qui tient à la nature même de ce phénomène lumineux et ce qui doit être rapporté à des influences météorologiques.

On a souvent répété qu'en Europe, durant plusieurs années consécutives, on n'avait aperçu presque aucune trace de lumière zodiacale, ou que ce phénomène s'était borné à une très-faible apparence. Un afTaiblissement proportionnel se faisait-il sentir en même temps sous la zone équinoxiale? Pour se livrer avec succès à une semblable recherche, il ne faut pas considérer seulement la configuration de la région lumineuse, soit d'après des mesures directes, soit en se réglant sur la dislance des phénomènes à des étoiles connues; on doit aussi s'attacher à l'intensité de ta lumière, à son uniformité ou à son intermittence, lorsque quelquefois elle pâlit et se ravive alternativement, et aux résultats du polariscope. Déjà Arago, en 1836 ( t. IX des Œuvres, p. 39) , a agnalé ce résultat probable des observations comparées de Dominique Cassini : « Que la supposition des intermittences de la diaphanéité atmosphérique ne saurait suffire à l'explication des variations signalées par cet astronome. »

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Immédiatement après les premières obserrations faites à Paris par Dominique Cassiai et par son ami, Fatio de Duillier, des Français qui voyageaient dans les Ind^, les pères Noël, de Bèze et Duhalde, se sentirent attirés vers le même objet; mais des Rapports isol^, dans lesquels les auteurs se contentent de décrire le plaisir que leur a causé ce spectacle nouveau, ne peuvent servir de base à une discussion approfondie des causes qui produisent les variations de la lumière zodiacale. Ainsi que l'ont encore prouvé depuis tes efforts du laborieux Homer, ce ne sont pas des excursions rapides, et ce que l'on est convenu d'appeler des voyages de circumnavigation, qui peuvent r^llement conduire à un pareil but. (Voyez la Correspondance mensuelle de Zach , t. XV, p. 337-340.) Ce n'est que par un séjour de plusieurs années dans quelque contrée tropicale que l'on peut arriver h résoudre le problème des variations que subissent la conBguration et l'intensité de la lumière zodiacale. Pour l'objet qui nous occupe en ce moment, et en général pour toute la Météorologie, il faut ajourner nos. espérances jusqu'au moment où la culture scientifique se sera définitivement répandue sur la zone équinoxiale de l'.lmérique espagnole, dans ces contrées où il existe, entre 10700 et 12500 pieds ail-dessus du niveau de la mer, des villes grandes et populeuses, telles que Cuzco, la Paz, Potosi. Les résultats numériques auxquels est parvenu Houzeau, résultats qui reposent, il est vrai, sur un trop petit nombre d'observations, sont de nature à bire croire que le grand axe de la

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— Ù96 — lumière zodiacale ne coïaciije pas avec le plan de l'équateur solaire, pas plus que la masse vaporeuse de l'anneau, doDt nous ignorons l'état moléculaire, ne traverse l'ortiite terrestre. (Voyez les IVouvellcs aslronomiqucSt de Schumacher, n" ^92.)

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tirOIlBS FIUNTBS, BOLIDES BT FIESRE3 HÉTÉORIQDGS.

Depuis Tannée 18&5 où parut, dans le preaùff Tolume du Cosmos, un tableau général des phéocmènes célestes, les résultats de l'observatioD, m ce qui concerne la chute des aérolithes et les pluies périodiques d'étoiles filantes, désignées en allemand sous le nom trop expressi. de Sternschnuppen , mouchures d'étoiles, ont été considérablement agrandis et rectifiés. Beaucoup de faits ont été soumis à une critique plus attentive et plus sévère. On a cru devoir surtout, pour jeter du jour sur ce phénomène mystérieux^ étudier la loi de ccmvergence, c'est-à-dire déter^ miner les points d'oti partent les étoiles filantes, aux ^HMpies où elles reparaissent avec une abondance inusitée. Des observations récentes, dont les ré* eutlats ont atteint un haut degré de vraisemblaDce» ont accru aussi le nombre de ces époques, parmi lesquelles on n'avait ^gnalé jusqu'ici que le mois d'août et le mois de novembre. Les louables efforts de Brandes, de Bsnzaoberg, d'Olbers et de Bessel, [dus tard, ceux d'Erman, de Boguslawski, de Quételet, de Feldt, de Saigey, d'Edouard Heis et de Jules Schmidt, ont introduit l'usage de mesures corlu. SI

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respoDdantes plus exacte, et en même tempe te sentimeiit plus général de la rigueur mathématique a prévenu le danger d'accommoder des observaticHis douteuses à des théorèmes préconçus.

Les progrès dans l'élude des météores ignés Btxoat d'autant pins rapides, qoe l'on se défendra mieux de tout parti pris, que l'on séparera soigneusement les lïtits des hypothèses, et que l'on mettra chaque phénomène k l'épreuve, sans rejeter pour cela, comme busses ou douteuses, les choses dont on n'a point encore l'explication. 11 me paraît surtout important de ne point confondre avec les relations physiques les relations numériques et géométriques, généralement plus fiiciles à vérifier : telles sont la hauteur, la vitesse, l'imité on la pluralité des points de départ bien conslatés, le nombre moyen, dans un temps donné, des météores is<dés ou périodiques, enfin ta grandeur et la fwme des apparitions, suivant tes saisons ou les heures de la nuit oîi dies se produisent. Avec le temps d'aill«ors, l'étude de ces deux classes de circonstances on da rdations physiques et géométriques doit nécessairement conduire au même but : à des considérations vraies sur ta génération et la nature de ces phé-

J'at déjà feit voir ailleurs que nous ne sommes en commonicalion avec les espaces câest^ et tes corps dont ils sont rémois que par des rayons himineux et calorifiques, et par les attractions mystérieuses que les masses lointaines exercent, en raison de leur masse, sur notre ^be, sur nos mers et sur l'atmosphère

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qui Dous enveloppe; les rayons lumineux, qui, partant des plus petit» étoiles télescopiques dont se compose une nébuleuse léductible, viennent frapper notre œil, sont, ainsi que le prouve malhémaliquement la doUod exacte de la vitesse et de l'aberration de la matière, le plus ancien lëmoignage de l' existence de la lumière (7&). Une impression lumineuse, partie des profondeurs de la voûte céleste, nous reporte, par une simple-associatiOD d'idées, dans les profondeurs du passé, par delà des myriades de siècles. Les mêmes impressions, produite par les pluies d'étoiles filantes, par les bolidefc d'où sont lancés les aérolithes, et par les autres mé^ téores ignés, sont d'une nature toute différente. Si , à la vérité, les aérolithes qui tombât sur la surface de la Terre ne commencent à s'enflammer que lorsqu'ils sont parvenus dans l'atmosphère terrestre, ils n'en sont pas moins pour nous les uniques occasions d'un contact matériel avec des corps étrangers à notre planète. Nous nous étonnons de pouvoir toucher, peser, décomposer chimiquement ces masses de terre et de métaux qai nous viennent des espaces célestes, et appartiennent à un monde dîfTérent du nôtre, d'y trouver des minéraux natifs qui rendent très-vraisemblable cette supposition de Newton, que les substanœs appartenant au même groupe de corps célestes , c'est-à-dira as même système planétaire, sont en grande partie identiques (75).

Nous devons à la diligence des Chinois, qui n'ont laiwé passer aucun phénomène sans l'enre^strer, la coDiiaiesaDGe des plus anciens aérolithes dont on ail

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détenniné la date précise. Leurs reoseignements remontent, à cet égard, jusqu'à ]'8d 6&& avant notre ère, c'est-à-dire jusqu'au temps de Tyrtée et de la seconde guerre de Messéoie. L'immense masse météorique qui tomba en Thrace, près d'vEgos-Polamos, au lira qui plus tard devait être rendu plus célèbre encore par la victoire de Lysandre, est postérieure de 176 ans. Edouard Biot a trouvé dans le recueil de Ma-tuan-liD, qui contient des passages empruntés à la section astronomique des plus anciennes annales de l'Empire, 16 chutes d'aérolithes, pour l'intervalle compris entre le milieu du vii* siècle avant J.-C. et l'an SSSde l'ère chrétienne, tandis que les écrivains grecs et romains w dteot, dans le même laps de temps, que & pbénom^us du même genre.

Il est remarquable qne l'école ionienne, d'accord avec le sentiment des modernes, ait admis déjà l'origine cosmique des pierres météoriques. L'émotioii qne l'imposant phénomène d'jEgos-Potamos produisit dans toutes les populations helléniques dut exercer sur la direction et le développement de la physique ionienne une influence décisive, dont on n'a point tenu assez de compte (76). Anaxagore de Clazomàne pouvait avoir 32 ans, lorsque cet événement arriva. Son opinion est que les étoiles sont des fragments de rochers détachés de la Terre par la force du mouvement giratoire, que te del tout entier est fcmné de pierres. (Voyez Plutarque, da Opini^iu des Philosophes, liv. III, ch. 13, et Platon, des Lois, liv. XII, p. 967.) Ces corps pierreux Goat

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rendus iDcandescoits par l'élher ambiant qui est do nature ignée, et font rayonner la lumière que cet éther Imir communique. Aaaxagore dit encore, au rapport de Tbéopbrasle, qu'an-dessous de la Lune, entre ce corps et la Terre, se meuvent d'autres corps obscurs, capables de produire des éclipses de Lune. (Voyez Stobée, Eclogapkysica, lib. 1, p. 560; Diogène Laërce, lib. II, cap. 12; Origèae, Philosophumeaa, cap. 8.) Diogène d'ApoUonie, qui, sans être le disciple d'Anaximène, appartient vraisemblablement à une époque inlenuédiaire entre Anaxagore et Démocrite, exprime plus clairement encore sa pensée sur la structure du monde, et parait avoir reçu une impression plus vive de l'événement naturel qui arriva en Thrace, dans la xxviii* Olympiade (77). D'après lui, ainsi que je l'ai déjà dit ailleurs {Cosmos, 1. 1, p. 150), avecles étoiles visibles. se meuvent aussi des masses d'étoiles invisibles, auxquelles on n'a pu par conséquent donner de noms. Ces étoiles tombent quelquefois sur la Terre et s'éteignent, comme cela est arrivé pour Véioile de pierre qui tomba près d'iEgos-Potamos (Stobée, Echga physica, lib. I, p. 508) (78).

L'opinion de quelques philosophes naturalistes sur les météores ignés, tels que les étoiles filantes et les aérolithes, que Plutarque expose en détail dans la Vie de Lysandre (chap. 12) , est exactement celte de Diogène de Crète. Il est dit dans ce passage que n les étoiles filantes ae sont pas des parties du feu éthéré qui en découlent ou s'en détachent, et s'éteignent: aussitât après s'être enflammées, en entrant dans

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DOtro atmosphère; que ce sont plutôt des corps tAlestes qui, soustraits au mouvement de rotalioD générale, sont précipités vers la Terre (79). n De Thaïes et d'Hippon jusqu'à Empédocle, on ne retrouve plos chez les philosophes de l'école ionienne l'hypotbèae de corps célestes obscurs, ni rien qui rappdle ces vues cosmc^ifraphiques de leurs devanciers (80). L'efiêt produit par l'aérolilhe d'^Egos-Potamos était poor beaucoup dans les spéculations auxquelles on se livre relativement à la chute des corps obscurs. Un écrivain postérieur, le Pseudo-Plutarque, se borne h dire {des Opinions des Philosophes;, tiv. Il , chap. l&) que Thaïes de Milet considérait tous les astres comme des corps enflammés, bien que terrestres (yt^n xcd ?|iitt(pa). La première école ionienne se proposait pour but de découvrir l'origine des chtses, et cette origine, elle l'expliquait par le mélange, par des diaDgemenls graduels et par la transformation des substances; elle croyait à la génération progressive des corps par la condensation et la raréfaction. Le mouvement de révolution de la sphère céleste, qui maintint la Terre au point central, est déjà cependant mentionné par Empédocte, comme une force cosmique réellement agissante. Dans 1^ premiers tâtonnements qui pr^ rent les théories physiques de l'éther, l'air igné et le feu lui-même représentent la force expansîve de la dialeur ; de même on rattachait à cette haute région de l'éther l'idée du mouvement giratoire qui entraînait tout avec lui, et arrachait violemment les rochers du sol de la Terre. C'est pour cela qu'Aristote (Météoro-

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logiques, Ub; I, p. 839, éd. Bekker) Doranie l'éther « le corpfi anioté d'an mouTement éteni^ » comme l'oD dirait le sabstiatuai immédiat du mouTemeot, et à l'appui de cette déBnitiOD, il cherche des raisons étymologiques (81). Par le mtaie motif encore, Plutarque dit, dans la Vie de Lysandre, que la cessation cta monvemeot giratoire détermine la chute des corps oâcstes, et, dans un autre passage qui foit évidemment allusion aux oinnioDS d'Aoaxagore et de Diogène d'ApûUoDie (dé la Face qui paraît dans te disque de la LunCt p. 923), jt affirme que la Lune, si sou mouvement de rotatiou Tenait à cesser, tomberait à terre, comme une pierre lancée par une fronde (82). Cette oompsraisop nous montre l'idée de la f(Ht^e centripète se taisant jour peu à peu, pour balancer la force centrifuge, par laquelle Ëmpédocle expliquait le mouvemcnt apparent de la sphère céleste. La force centripète fxt signalée plus clairement encore par le plus pénétrant de tous les commentateurs d'Aristote, par Siml^dus (p. ti91, éd. Brandis). Simplicius explique l'équilibre des corps célestes par cette raison que la force du mouvement giratoire l'emporte sur la force qui les sollicite à tomber. Tels sont les premiers presseatimeDts qui se firent jour au sujet des forces centrales. Un disciple d'Ammonius Hermeas, TAlexandria Jean Philopon, qui vivait vraisemblabl^nent au vi* siècle, va plus loin : comme s'il reconnaissait l'inertie de la matière, il explique par la révolution des planètes une impulàon primitive qu'il rattache ingénieusement b l'idée de la chute des corps, à la tendance

qui attire vers la Terre tous les corps lourds ou légen (de la Création du Monde, liv. I, chap. 13). J'ai efr< sayé de montrer commeat uD grand phéDomène oalurel, la cbut« d'uD aérolitbe à .£gos-Potamos, et l'explicatioD purement cosmique à l'aide de laquelle on dieN cha tout d'abord à en rendre compte, développèrent peu à peu dans l'antiquité grecque les germes qoi, fécondés par le travail des siècles suivants, et réunis entre eux par un lien mathématique, conduisirent aux lois du mouvement circulaire que découvrit et formula Huyghens.

En abordant les rapports géométriques qui règlent la chute des étoiles filantes, j'entends les étoiles filantes périodiques, et non celles qui tombent rares et isolées, il convient surtout d'examiner les résultats des obasrvalions récentes sur le rayonnement ou les points de départ des météores, et sur leur vitesse toute planétaire. Ce double caractère, le rayonnement et la vitesse, témoignent, avec un haut degré de vraisemblance, que les étoiles filantes sont des corps lumineux indépendants du mouvement de rotation de la Terre, qu'ils viennent du dehors, et passent des espaces célestes dans notre atmosphère. Lors des observations feites, dans l'Amérique du Nord, sur la période de novembre, en 1833, 1834 et 1837, on avait marqué, comme point de départ, l'étoile y du Lion. On a reconnu, en 1839, pour la période d'août, que le point de départ était Algol dans Persée, ou un point intermédiaire entre Persée et le Taureau. Ces centres de rayonnement étaient à peu près les constellations vers

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des é(oilK filantes, durant la période de novembre, pour les années 1839, 18^1, 18&6 et 18/|7, j'ai tracé EUT un globe céleste de 30 pouces les trajectoires moyeimes appartenant à chacun des quatre points, Persée, le Uon, Cassiopée et la léte du Dragon , et j'ai marqué chaque fois la situatioo du point d'où pu*taient le plus grand nombre de trajectoires. De cet examra il est résulté que, sur &07 étoiles filantes, 17i vinrent d'un point de Persée, voisia de l'étoile n, dans la léte de Méduse, que 83 partirent du Uoo, 35 de la partie de Cassiopée, voisine de l'étoile variable a , &0 de la tète du Dragon et 78 de points indéterminée. Ainsi, le nombre des étoiles filantes rayonnant de Persée était plus que double du nombre de celles qui avaient leur point de convergence dans la constellation du Lion (87). ■»

n résulte de là que, dans les deu:ï périodes, la constellation de Persée a joué un très-grand r^e. Uo observateur sagace , qui a consacré huit ou dix ans à l'étude des phénomènes météorologiques, H. Jules Scbmidt, adjoint à l'observatoire de Bonn, s'exprime très-netlement sur ce sujet, dans une lettre cju'il m'a adressée au mois de juillet 1851 : u Si l'on met à part les grands flux d'étoiles filantes qui se sont produits au mois de novembre des années 1833 et 183&, ainsi que quelques autres du même genre, dans lesquels la constellation du Lion envoyait de véritables essaims de niétéores, je suis aujourd'hui disposé i considérer le point de convergence placé dans Persée comme celui qui Tournit, non -seulement au mois

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d'août , mais durant toute l'atiDée , le plus grand Dombre de météores. Eu prenant pour base de nos calculs les résultats des &78 observations de HeiSi je trouve cpie ce point est située par 5Û°,3 d'ascensiOD droite et 51',5 de déclinaison. Ceci s'applique aux années 18/|/t-18/i6. Au mois de oovembre 18A9, du 7 au ik, j'ai vu 200 étoiles filantes environ de plus que Je n'eu avais remarqué à la même époque depuis A8&1. Parmi ces étoiles, quelques-unes seulement venaient du Lion; le plus grand nombre, de beaucoup, appartenait à la constellation de Persée. Il en résulte, & ce qu'il me semble, que le brillant pbénomène qui se produisit au mois de novembre des années 1799 et 1811 n'a pas reparu depuis. Olbers soupçonnait aussi que ces grandes apparitions ne devaient revenir qu'après une période de 3& ans. (Cosmos, t. I, p. l&i.) Si l'on veut considérer les apparitions périodiques de ces météores et les complications de leurs trajectoires, on peut dire que certains points de rayonnement sont toujours les mêmes, mais qu'il en existe aussi d'autres qui sont variables et sporadiques. •

Quant à la question de savoir si les difiérents pMQts de départ changent avec les années, ce qui, en admettant l'hypothèse des anneaux fermés , supposerait an déplacement des anneaux dans lesquels se meuvent les météores, c'est une question que les tAtservations faites jusqu'à ce jour ne permettent pas encore de trancher avec certitude. Une belle série d'observations poursuivies par Uouzeau, depuis 1839

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jusqu'eo i8&2, semblent réfuter l'bypotbèse d'un cbaugemeat progressif (88). Edouard Heis remarque très-justement que déjà, dans l'antiquilé grecque et )atine> l'attention avait éte appelée sur la directioa uoiforme que semblaient prendre, dans un temps donné, les étoiles filantes qui sillonnaient la voûte du Gel (89). On regardait alors cette direction comme le résultat d'un vent qui commençait à souffler dans les bautes régions de l'air, et les navigateurs y voyaient l'annonce d'un courant qui, de ces régions, allait bientôt descendre dans des couches ioférieures.

Ainsi les étoiles filantes périodiques se distinguent déjà des étoiles sporadiques ou isolées par le parallélisme habituel de leurs trajectoires, qui semblent rayonner d'un même centre ou de plusieurs centres déterminés. Mais il existe encore un autre criterium : c'est le nombre de météores qui, dans l'un et dans l'autre phénomène, brillent durant le même laps de temps. La distinction des chutes d'éteites filantes ordinaires et extraordinaires est un problème dont la solution a élé tort débattue. Deux excellents observateurs, Olbers et Quételet, ont cherché le nombre moyen des météores qui , aux jours ordinaires , peuvoit être aperçus en une heure dans le cercle embrassé par une même personne; Olbers en compte 6 ou 6; Quételet porte ce nombre jusqu'à 8 (90). On ne peut jeter du jour sur une question si importante pour la connaissance des lois qui règlent le mouvement et la direction des étoiles filantes, sans être à même de discuter un très-grand nombre d'observations. Je me

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suis adressé avec coofiance à ud observateur dont j'ai déjà cité le nom, à M. Jules Schmidt, de Bodd, qui, habitué de longue main à l'exactitude astronomique, a, eo outre, embrassé avec toute l'ardeur qui lui est propre l'ensemble des phénomènes météoriques , dont la formation et la chute des aérolithes o'est qu'une phase particulière, la plus rare de toutes, et non par conséquent la plus importante. Je joins ici les résultats principaux des communications que je dois à son obligeance (91).

a A la suite d'un grand nombre d'observations, répétées pendant un laps de temps qui varie de 3 à 8 années, la moyenne des étoiles filantes sporadiques se trouve être de A à 5 par heure. Cela est l'état habituel , en dehors des phénomènes périodiques. Les moyennes sont ainsi réparties pour chaque mois en particulier :

Janvier M; février (T);inars A,9; avril S,4;nial3,9; jolD 5,3; juillet i,6; aoAt 5,3; septembre â,7; octobre 4.5; novembre 6,3; décembre ù,0.

a Quant aux étoiles filantes périodiques, la moyenne est au moins de 13 à 16 par heure. Pour la période d'août ou la pluie de Saint-Laurent, en retoontant.un peu plus haut, et en allant des étoiles sporadiques aux étoiles périodiques, j'ai -trouvé, à l'aide d'observations poursuivies , comme je l'ai dit déjà, pendant un intervalle de 3 à 8 années, que les moyennes croissaient progresàvement, ainsi qu'il suit :

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Monbn dei météont Nombn

pu h*un.

6 août 6 1

7 — il 3

H L'année 1861 , considérée isolément , a donné s résultats suivants, malgré le clair de Lune : 7 août 3 météores.

« D'âpre Edouard Heis, on a obsel'vé le 10 aoAl dans l'espace d'une heure :

En 1839 160 météores.

En t8M M —

En leâS 60 —

a Dans le flux météorique du mois d'ao&t 18f|3, il tomba en dix minutes, au moment du maximum, 3& étoiles filantes. Tous ces nombres s'appliquent aux météores visibles dans le champ visuel d'un seul observateur. Depuis l'année 1838, les phéDom«ieE de novembre ont été moins brillants. Cependant, le 12 novembre 1839, Heis voyait encore de 32 à 36 météores par heure , et le 13 novembre 18iï6 , It

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moyeDoe était comprise entre 27 et 33. Ainsi l'abondance des fluK périodiques varie suivant les années ; mais toujours le nombre des météores est beaucoup plus considérable aux époques déterminées que durant les nuits ordinaires, où l'on ne peut voir par heaie plus de & ou 5 étoiles filantes. C'est à partir du b janvier, dans le mois de février et dans le mois de mars, que les météores sont le plus rares (92).

n Bien que les périodes d'août et de novembre soient à bon droit les plus célèbres, on en a reconnu plusieurs autres, dans ces derniers temps, depuis que l'on a observé avec plus d'exactitude le nombre et la direcUon des météores :

Janvier : Du !•' au 3. Il reste quelques doute» sur le résultat de cette observation.

Avril : Le 18 ou le 207 Arago avait déjà soupçonné cette période. Il y a eu, en outre, de grandes pluies d'aérolithes le 25 avril 1095, le 22 avril 1800 et te 20 avril 1809. Voyez le Cosmos. 1. 1, p. Ù72, note Iti, et V Astronomie populaire d'Arago. t. IV, p. 289.

Mai : Le 267

Juillet : Depuis le 26 jusqu'au 30, d'après les observations de Qnételet. Le maximum proprement dit eut lieu entre le 37 et le 29. Le très-regrettable Edouard Bîot a trouvé parmi les plus anciennes observations chinoises un maximum général, compris entre le 18 et le 27 juillet.

Aodt : Avant l'apparition de Saint-Laurent, particulière-

ment du 2 au 5. On ne remarque habituellement dH 26 juillet au 10 août aucun accroisfléiHènt rigtAet. — La pluie de Saini-Lawrmt,

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Cette apparition fut signalée pour la premitoe fois par Husschenbroek, puis par Brandes. (Cosmos, t. I, p. 139 et Z|71.) Le maximum, observé depuis plusieurs années, tombe décidément le 10 août. D'après une ancienne tratlition répandue en Thessalie, dans les contrées montagneuses qui entourent le PéUon, le cid s'entr'ouvre dans ta nuit du 6 aoàt, fSte de la Transfiguration, et des flambeaux apparaissent 6 travers cette ouverture. Voyez Herrick, dans VAmerican Journal de Silliman, t. XXXVII, 1S39, p. 337, et Quételel, dans les Nouveaux Uèmoires del'AcadémiedeBruxella,t.'^^,'?-9-

Octobre : Le 19 et aux environs du 25. Cette apparition a été décrite par Quételet, par Bogusiawski, dans le Recueil intitulé : Arbeilen der Scltiet. GeuitsiAafi fur Yalerlànd. Culmr, 1843, p. 178, et par Heis, dans l'écrit cité plus baut, p. 33. Ueis a réuni les observations du 21 octobre 1766, du 18 oct. 1838, du 17 oct. 18Ù1, du 2^ oct. 18^5, des 11-12 oct. 18A7, et des 20-26 oct. ISIiS. Voyez sur trois apparitions qui se produisirent au mois d'octobre, dans les années 902, 1203 et 1396, le 1" tome du Cosmos, p. 1I|3 et /i65, note 66. Les nombreuses expériences IoUm de 1838 à 18I|8 ont enlevé beaucoup de son importance à la conjecture de Bogusiawski, d'après laquelle les essaims de météores observés en Chine du 18 au 27 juillet, et la pluie d'étoiles niantes du 21 octobre 1366 (anden style), ne seraient autres que les pbénom^es , périodiques d'août et de novemlH«, avancés de nos jours par l'effet de la [véces»on (93).

Novembre : Du 12 au Ift. Le pbénomène se produit aussi, mais tiè»T8rement, le 8 ou lelO. Le souvenir de la

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. — 513,.— grande pluie d'étoiles filantes que Bonpland et moi nous observâmes à CumaDa, dans la Duit du 11 au 12 novembre 1799, revenant en mé- . moire, lors de l'apparition analogue qui eut lieu en 1833, dans la nuit du 13 au 13, Tut une des raisons qui disposèrent à admettre le retour périodique de ces phénomènes, à cer^ (ains jours déterminés {9b].

Décembre : Du 9 au 12. En 179S cependant, le phénomène se manifesta, suivant Brandes, dans la nuit du 6 au 7. En 1838, Herrick le vit aussi à New- Haven, dans la nuit du 7 au 8. Heis l'a observé en 18Z|7, le 8 et le 10.

a Ces pluies périodiques de météores, parmi lesquelles les cinq dernières sont les plus certaines, méritent de Oxer l'atteution des observateurs. Ce ne sont pas seulemeot les pluies des différents mois qui varient entre elles, la richesse et l'éclat de chacun des phénomènes varie aussi suivant les années.

a La limite supérieure des étoiles filantes ne saurait être déterminée avec certitude, et Olbers tenait déjà pour très-douteuses toutes les déterminations de hauteur qui dépassent 22 myriamètres. La limite inférieure que l'oa évaluait précédemment à 3 myriamètres (91 060 pieds), doit être de beaucoup réduite {Cosmos, 1. 1, p. iS5). On s'est assuré, par des mesures prises avec soin, que des étoiles filantes descendent presque jusqu'aux sommets du Chimboraço et de l'Aconcagua, à 8000 mètres att-dessus de la surface de la mer. D'autre part, Heis remarque qu'une étoile filante, vue simultauém^l h Beriin et k Breslau, dans la nuit du

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— 5H — 10 juillet 1S37, était, d'après des mesures exactes, à A6 myriainètres de hauteur, au moment où elle s'Miflamma, et à 31, lorsqu'elle s'éteignit. D'autres, durant la mftme nuit, s'évanouirent à une hauteur de 10 myriamètres. Il résulte d'un travail fait antérieurement par Brandes, en 1823, que £Be 100 étoiles filantes mesurées avec sdn à deux stations différentes, & étaient hautes seulement de 1 ou 2 myriamètres; 15 étaient comprises entre 2 et &; 22 entre & et 7 ; 35, près d'un tiers par conséquent, entre 7 et 11; 13 entre 11 et 15; 11 seulement, c'est-^-dire moins d'uD dixième, étaient au-dessus de 15 myriamètres, mais aussi la hauteur de ces 11 météoDK variait de 33 à &/t myriamètres. Il résulte de ftOOO observations réunies dans l'espace de 9 années, ea vue de déterminer la couleur des étoiles filantes, que, sur ce nombre, les 2/3 étaient blanches, 1/7 jaunes, 1/17 d'un jaune rouge, et que 1/37 seulement étaient vertes. > Olbers remarque que durant le flux de météores qui signala la nuit du 12 au 13 novembre 1S38, il parut à Brème une belle aurore boréale, qui colora d'un rouge de sang une grande étendue du ciel. Rien n'altéra néanmoins (a couleur blanche des étoiles âlantes, qui sillonnant cette région, d'où l'oa a conclu que les rayons de l'aurore boréale étaient beaucoup plus éloignés de la surrace de la Terre qne les étoiles filantes, au moment où en tombant elles devenaient invisibles. (Voyez les lYmevelles atlronomtftw de Schumacher, n* 372, p. 178.) D'après ieg (^iservations faites jusqu'il ce jour, la,vitease re-

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lalire des étoiles filantes est de 3,3 h 7 myriamètres par seconde, la vitesse de translation de la Terre étant de 3 myriamètres seulement {Cosmos, t. T, p. 136 et &67, note 68). Les observations corres> poDdantes faites en 18&9 par Jules Schmidt, à Bonn, et par Heis, à Aix-la-Chapelle, n'ogt donné en réalité que 26 kilomètres, comme miDimum de la vitesse d'uoe étoile filante qui, placée verticalement audessus du Saint-Goar, à une hauteur de 9 myriamètres, se dirigea vers le Lachersee. D'après d'autres comparaisons faites par les mêmes observateurs et parHouzeau, à Mons, les étoiles filantes se sont mues avec une vitesse comprise entre 8,5 et 17,5 myriafflèUcs par seconde, c'est-à-dire de deux à cinq fois plus grande que la vitesse planétaire du globe terrestre. Ce résultat confirme d'une manière éclatante l'origine chimique de ces phénomènes et la fixité d'un ou plusieurs points de divergence; en d'autres termes, il prouve que les étoiles filantes périodiques ynt indépendantes de la rotation de la Terre, et que darant plusieurs heures elles partent d'une même étoile, alors même que cette étoile n'est pas celle wrs laquelle la Terre se dirige au même moment. Ea général, les globes enflammés paraissent, autant qu'on a pn l'observer jusqu'à ce jour, se mouvoir plus lentement que les étoiles filantes. Si les pierres météoriques s'échappent de ces globes, on est embarrassa (fexpliqiMT comment elles entrent si peu avant dans le sol de la terre, la masse pesant 276 livres, qui tond» à Ensishetm, en Alsace, le 7 novembre 1A92,

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s'enroDça seulement de trois pieds, et l'aérolilhe de Brauaau, du ik juillet 18Ii7, ne péoétra pas plus avant. Je ne connais que deux pierres météoriques qui, tombant sur un sol peu consistant, aient entamé la terre à une profondeur beaucoup plus considérable. Tune à 6, l'autoi à IS pieds ; ce sont l'aérolithe de ' Castrovillari , dans les Abnizzes, à la date du 9 février 1583, et celui qui fut précipité à Hradschina* dans le Comitat d'Agram, le 26 mai 1751-

La question de savoir si les étoiles filantes laissent tomber quelque matière, a été résolue dans les deux sens opposés. Les toits de chaume de la commune de Belmont, dans te déparlement de l'Ain, qui furent enflammés par un météore, pendant la nuit du là novembre 1835, h l'époque par conséquent d'une apparition périodique d'étoiles filantes, furent incendiés, à ce qu'il parait, non par la chute d'une étoile filante, mais par l'explosion d'un globe enflammé qui, d'après le récit de Miilet d'Aubenton, lança des aérolilhes, dont, à la vérité , l'existence est demeurée problémas tique. Un incendie analogue , causé par un globe enflammé, éclata le 22 mars 18ft6, vers 3 heures, dans la commune de Saintr-Paul, près de Bagoèresde-Lucbon. D'autre part, la pierre qui tomba à Angers, le 9 juin 1822, fut attribuée à une belle étoile filante que l'on avait vue à Poitiers. Ce phénomène, décrit avec trop peu de détails, mérite la plus grande attention. L'étoile filante fit absolument l'effet d'une chandelle romaine dans un feu d'artifice ; elle

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laissa an sillon en droite ligne, très-étroit eo haut, trèslarge en bas, doDt l'éclat brillant se conserva pendant 10 ou 12 minutes. Â 28 lieues au Nord de Poitiers, □Q aérolithe tomba avec une violente détonation.

Toute la matière contenue dans les étoiles filantes brûle-t-elle toujours dans les couches extérieures de l'atmosphère, dont la lumière crépusculaire atteste le pouvoir réfléchissant? Les couleurs si variées, qui frappent les regards durant le phénomène de la combustion, supposent de la variété dans la composition cbimiqae de œs météores. Leurs formes sont aussi extrêmement diverses. Les'uns tracent seulement des lignes phosphorescentes, si déliées et en tel nombre que Forster, dans l'hiver de 1832, vit comme une lueur légère répandue sur la voûte céleste (95) ; beaucoup d'autres se meuvent comme des points lumineux, et ne laissent aucun sillon derrière elles. Ce foit de la combustion, durant le temps plus ou moins rapide que mettent à disparaître les queues des étoiles filantes, longues ordinairement de plusieurs milles, est un fait d'autant plus remarquable que parfois la queue enflammée se bifurque et ne parcourt que peu d'espace droit devant elle. Le bolide dont l'amiral Erusenslem et ses compagnons virent briller la queue pendant une heure, dans leur' voyage autçur du monde, rappelle cette longue illumination des nuages, d'où s'échappa le grand aérolithe d'jËgos-Potamos, d'après le rticit, h la vérité un peu suspect, de Daimachus (Cosmos, t. I, p. &6i et fi76).

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Il existe des étoiles filantes de grandeurs trèsdifférentes; quelques-unes ont un diamètre ^al au dtamèb^ apparent de Jupiter ou de Vénus. Dans la pluie d'étoiles filantes qui tomba à Toulouse, le 10 avril 1813, et lors de l'apparition d'un globe enflammé, à Utrecht, le 23 août de la même année, on vit ces météores poindre, éclater eu étoiles et atteindre la grandeur apparente du disque lunaire. Durant les grandes pluies d'étoiles, telles que celles de 1799 ei de 1833, beaucoup de bolides ont été incontestablement mêlés à des milliers d'étoiles filaoteG; mais cela ne démontre A aucune façon t'identilé de ces deux espèces de météores ; t'alQnilé n'est poml ridentitéï'll reste encore beaucoup de points à appn>fondir sur les relations physiques de ces phénomènes, sur la part que les étoiles filantes peuvent avoir au développement des aurores boréales, ainsi que l'aAiral Wrangel a cru le reconnaître, en longeant les côtes de la mer Glaciale (96), enfîn sur les nombreux phénomènes lumineux qui précèdent la formation de quelques bolides, et qu'il ne feut pas se b&ter de nier, parce qu'ils ont été décrits jusqu'à ce jour d'une manièfe iQsuIBsante. La plupart des bolides ne paraissent point accompagnés d'étoiles filantes, et rien ne fait supposer qu'ils reviennent périodiquement. Ce que nous savons des points déterminés d'où rayonnait les éttHles filantes, ne peut aussi jusqu'à ce jour s'appliquer qu'avec beaucoup de circonspection aux bolides.

II peut arriver, bien que cela se présente rarement, que des pierres météoriques tombent par un ciel par-

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fidtemeDt pur, et avec ud craquemest «fEroyable, saos étn annoncées par bucud nuage météorique, et sans dégager de lumière, comme cela a eu Heu le 16 septoubre 18A3, à Klein-Weoden , près de Mulhouse; on bien, et cela est déjà plus fréquent, dleS sont lancées du milieu d'un nuage noir qui se forme tout à coup, toujours sans lumière et avec accompagnement de phénomènes acoustiques; ou enfin, te cas le plus habituel est qu'elles sont en cooimunication avec des bolitfts enflammés. Cette communication est coi)stalée par des exemples qui ne peuvent être révoqués en doute, et sur lesquels noua possédons des détails très-complets. A Barbotan , dans le d^rtement des Uiodes, des aérolithes tombèrent, le 3S juillet 1790, d'un petit nuage blanc météorique, en même temps qu'apparaissait un bolide rouge (97). Il en fut de même des pierres qui tombèrent à Bénarès, d&as l'HiDdosUn, le 13 décembre 1798, et à t'Aigle, dans le département de l'Orne, le SG avril 1803. Ce dernier phénomène, celui de tous qui, grâce à Biot, a été le mieux examiné et le mieux décrit, a enfin, 39 siècles après la chute de la grande pierre d*^os- Polamos, et 300 ans après qu'un religieux eut été tué à Créma par un aérolithe, mis un terme au scepticisme endémique des Académies (98). Lors du phénomène de 1^3, un grand bolide, se mouvant du Sud- Est au Nord-Ouest, fut vu à Alençon, k Falaise et à Caen, par un ciel très-pur, vers une heure de l'aprèsmidi. Quelques moments après, on entendit à l'Aigle, durant cinq k six minutes, une explosion parlant

,. d'un petit nuage noir presque immobile, qui fut suivie de trois ou quatre coups de canoD et d'un bruit que l'oQ eût pu croire produit par des décharges de mousqueterie , auxquelles se mêlait le son d'an grand nombre de tambours. Chaque détonation détachait du nuage noir une partie des vapeurs qui le formaient. On ne remarqua en cet endroit aucun phénomène lumineux. Beaucoup de pierres météoriques, dont la plus grande ne pesait pas plus de 17 livres et demie tombèrent à la foiA sur une surface eltiplique, dont le grand axe, dirigé du Sud-Est au Nord-Ouest, avait 11 kilomètres de longueur. 'Ces pierres étaient brûlantes sans être enflammées, elles fumaient, el, chose singulière! elles étaient plus faciles h briser quelques jours après leur chute que plus tard (99). J'ai insisté à dessein sur ce phénomène, afin de pouvoir le comparer avec un autre du 13 septembre 1768. A quatre heures et demie de l'après-midi» on vit dans le village de Luce, situé à 2 lieues de Chartres, vers l'Ouest, un nuage sombre, dans lequel on entendit comme une canonnade, suivie d'un sifllement produit par la chute d'une pierre noire qui décrivit une ligne courbe. Celte pierre, qui s'enfonça à moilié dans le sol de la terre, pesait 7 livres et demie, el était tellement brûlante que l'on ne pouvait la toucher. Elle fut très-incomplétemeat analysfe par Lavoisier, par Fot^roux et par Cadet. On n'aperçut pendant toute la durée du phénomène aucun dégagemeot de lumière.

Aussitôt que l'on commença à observer les pluies

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périodiqaes d'éloiles filantes, et à épier leur apparitioD, dans les nuits où elles étaient attendues, on remarqua que le nombre des météores augmentait, à mesure que la nuit avançait, et qu'ils tombaient en plus grande abondance entre deux et cinq heures du matin. Déjà, lors du grand phénomène que nous observâmes à Cumana, dans la nuit du 11 au 12 novembre 1799, ca fut entre deux heures et demie et quatre heures que M. Boapland vit affluer le plus grand nombre de météores. Un observateur qui a rendu des servie«s signalés à cette partie de la science, Coulvier-Gravier, a présenté à l'Institut de France, en 18&5, un mémoire important sur la Variation Horaire des Étoiles filantes. Il est difficile de deviner quelle influence peut exercer sar ces phénomènes une heure plus avancée de la nuit. S'il était établi que, sous les différents méridiens, les étoiles filantes commencent surtout à être visibles à une heure déterminée, il Taudrail, tout en maintenant l'origine cosmique de ces phénomènes, admettre cette conjecture, d'ailleurs peu vraisemblable, que certaines heures de la nuit, ou plutôt du matin, sont pins favorahies à l'inflammation des étoiles filantes, et que celles qui tombent avant ce moment restent le plus souvent invisibles. Mais, pour avoir le droit de tirer des conclusions certaines, il faut continuer pendant longtemps encore à recueillir des observations.

Je crois avoir exposé assez complètement, dans le premier volume du Cosmos (p. 143-148), eu égard à l'état de la science en 1845, les caractères princi-

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paux des divers bolides qui tombent du haut des airs, leur compositiou chimique et leur tissu granolaire, étudié surtout par Gustave Rose. Les travaux BuccessiGs de Howard, Elaprolh, Théuard, Vauquelin, Proust, Berzélius, Stromeyer, Lauf^er, DufresDoy, Gustave et Henri Rose, Boussingault, Ramm^berg et Shépard, oot fourni déjà de riches matériaux, bien que vraisemblablemeot les deux tiers dM pierres météoriques soient soustraites à dos r^ gards dms les profondeurs de la terre (iOO). S'il est manifeste que sous toutes les zooes, dans la Groënlaad, à Mexico et dans l'Amérique du Sud, ea Europe, dans la Sibérie et dans l'Hindostan, les aérolithes ont tous une certaioe ressemblante de physionomie, on s'aperçoit, en y regardant de plus près, qu'ils présentent aussi des oppositiws très-marquées. Un grand nombre de pierres météoriques contiennent 0,96 de fer; on en Iroufe à peine 0,03 dans les aérolithes de Sienne. Presque tous ont une surface mince, noire, brillante et qudquefois veinée; cette croûte manque oompiélenieQl à la pierre de Cbanlonnay. La pesanteur spécifique de quelques aérolithes s'élève jusqu'à ft,38; elle n'est que de 1,9& dans t'aérolitbe carbonisé et codh posé de petites lames friables, qui a été trouvé à AJais. Quelques-uns, comme celui de Juvenas, sont formés d'un tissu semblable à de la dolérite, daos lequel on distingue de l'olivine, de l'augite et de l'anortite, déjà séparées en cristaux ; d'autres, tels que la masse découverte en Sibérie par Pallas, ne préseoteol

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que du fer mâle de Dickel, et de l'olivine; d'autres eDÛD, autant que V<m peut distinguer les éléments qui les composent, sont des combioaisons de hornblende et d'albile, comme œhii de Château-Renard, ou de hornblende et de labrador, comme ceux de Blansko et de Chantonnay.

Si l'on embrasse dans leur ensemble les travaux d'un chimiste très-distingué, le professeur Bammelst»tg , qui ' récemment s'est voué sans inlemiplioD, et avec autant de bonheur que d'activité, à l'analyse des aérolithes et à la recherche des corps simples qui les composent, oo obtient ce résultat : « que la distinction des masses tombées de l'atmosphère en fiers météoriques et en pierres météoriques, ne doit pas être çme à la rigueur. On trouve, bien que rarement, des '1ers météoriques avec un mélange de silicate. Ainsi la masse de fer météorique de Pallas qui pèse 1270 livres russes, d'âpre la nouvefie expérience de H«6S, renferme des grains d'olivine; et réciproquement beaucoup de pierres météoriques sont mêléœ de fer mét^Hiue. »

a 1* Toutes les masses de fer météorique, celles dont la chute a pu être observée par des témoins oculaires, comme à Hradschina, dans le Comîtat d'Agram, le 36 mai 1751, et à Braunau, te 1& juillet 18/i7, et celles, en beaucoup plus grand nombre, qui gisent depuis longtemps à la surface de la terre, possèdent en général à très-peu près les' mêmes propriétés physiques et chimiques. Presque toujours elles contiennent des parcelles plus ou moins grosses de sulfure de fer, qui

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pourtant ne paraît poiot être de la pyrite de fer oa d* la pyrite magnétique, mais du protosulfure de fer (1). La masse principale n'est point non plus du fer métallique pur; elle est mêlée d'un dixième de oickel, en moyenne, un peu plus ou un peu oioins, et ce métal s'y retrouve d'une manière si constante, qu'il est UD excellent critérium pour reconnaître l'origine météorique de la masse entière. C'est jà d'ailleurs ud simple mélange de deux métaux isomorphiques; il n'y a point combinaison dans des proportions déterminées. On trouve aussi en moindre quantité le cobalt, le manganèse, le magnésium, l'étain, le cuivre et le carbone. Cette dernière substance est en parti© mêlée à la masse par une action mécanique, comme du graphite de difficile combustion, en partie combioée chimiquement avec le fer, de manière à former un ensemble analogue à une grande quantité de îer en barres. Ainsi, toute masse de fer météorique contient une combinaison particulière de phosphore, de cuivre et de nickel, combinaison qui, lorsqu'on vient à dissoudre te fer par l'action de l'acitf bydrochlorique^ subsiste sous la forme de cristaux formés d'aiguilles et de lamelles microscopiques, blanches comme l'argent.

« 2° On a coutume de diviser les pierres météoriques proprement dites en deux classes, d'après leur aspect extérieur. Les unes contiennent dans leur masse, en apparence homogène, des grains et des paillettes de fer météorique, attirab^es à l'aimant, et qui présentent absolument tes mêmes caractères que tes

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aérolithes de la même substance. A cette classe appartienacot les pierres de Blansko, de d'Ensisbeim, de Chantoanay, de K de Nordhausen, d'ErKleben, de ( d'Ulrecht. La seconde classe^; est pu métallique, et se présente plutôt sous l'aspect d'un mélange cristallin de diverses substances minérales: telles EODl, par exemple, les pierres de Juvenas, de Laotalar et de Stannem.

Il Après les premières analyses chimiques dm pierres météoriques, faites par Howard, Klaprotti et Vauquelin, on fut longtemps sans songer que ces corps pouvaient être formés par l'assemblage de combinaisons différentes. On se bornait à chercher en général les éléments qui les composaient, à extraire, è t'aide d'un aimant, le fer métallique qu'elles pouvaient contenir. Lorsque Mohs eut appelé l'attention sur l'analogie que présentaient quelques aérolithes avec certaines pierres lelluriques, Nordenskjôld entreprit de prouver que l'aérolithe de Lantalar, en Finlande, était composé d'olivine, de leucite et de fer magnétique; mais c'est à Gustave Rose que l'on doit d'avoir démontré par ses belles observations, que la pierre de Juvenas est fonnée de pyrite magnétique, d'augite et d'un feldspath très-semblable au labrador. Guidé par ces résultats, et appliquant, comme Gustave Rose, l'analyse chimique, Berzélius, dans un travail plus étendu, inséré aux Kongl. Vetenskapt- Aeademiens Hendltngar fûT issu, rechercha la composition minérale de diverses combinaisons que présentent

les a^Y))i^es de Blansko, de Chantonnay et d'Alais. Depuis, beaucoup de savants (ml suivi la route heoreusement ft^yée par Berzélius.

u Dans la première classe des pierres météoriques proprement dites, qui est ^ussi la plus nombreuse, dans celle qui contient des partiSi de fer métallique, ce métal existe, tantôt en parcelles semées çà et là, tantôt en masses plus considérables, qui offrent quelquefois l'aspect d'un squelette de fer, et forment une transition entre les aérolithes purs de tout mélange métallique et les masses de fer météorique, dans lesquelles, ainsi qu'on le volt dans la masse de Pallas, les autres âéments disparaissent. Les pierres météoriques de la seconde classe sont, par l'effet de la présence de l'olivine, riches en magnésie; l'olivine est l'élément qui est décomposé, lorsque ces pierres sont traitées par les aci' des. Comme l'olivine ordinaire, l'olivine météorique est un silicate de magnésie et de protoxyde de fer. La partie qui résiste à l'action des acides est un mélaDge de substances feldspatbiques et augitiques dont on ne peut déterminer la nature qu'en calculant les éléments qui le composent, et qui sont : le labrador, l'horobleiide, l'augite et l'oligoclase.

a là seconde classe, beaucoup mcHns nombreuse, ft été aussi moins étudiée. Parmi les aérolilbes qui la composent, les uns contiennent du fer magnétique, de l'olivine et un peu de substances feld^thiques et angttiques; les autres sont formés uniquement de ces deux derniers mioéraux simples, et le feldspath y est i^tfésenté par l'aiioFtito (2). Le chroEiale de fer, pro-

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duit par la combinaison du protoxyde de fer et do l'acide chromique, se trouve, ea moindre quantité, dans presque toutes les pierres méléoriques. L'acide phosphorique et l'acide titanique, que Rammelsberg a découverts dans la pierre si remarquable de Juvenas, peuvent bire soupçonner la présence de l'apatite et de la titanite.

o Les corps simples, dont on a jusqu'ici reconnu rexisteQce dans les pierres météoriques, sont les suivants : l'oxygène, le soufre, le phosphore, le carbone, la silice^ l'alumine, la magnésie, la chaux, la potasse, la soude, le fer, le nickel, le cobalt, le chrome, le manganèse, le cuivre, l'étain et le titane; somme totale : dix-huit (3). Les éléments les plus immédi — parmi les métaux : ie fer mêlé de nickel. lange de phosphore avec du fer et du nickel, d de fer et des pyritesTnagnétiques; — parmi stances oxydées : le fer magnétique et le chromate de fer; — parmi les silicates ; l'oUvine, l'anortite, le labrador et l'augite. »

Il me resterait, pour rassembler ici le plus grand nombre possible de faits importants, dûment constatés par des observations positives, à exposer les divei^es 'analogies que certaines pierres météoriques présentent, en tant que roches, avec les anciens agglomérats, tels que les dolentes, les dioriles et les mélaphyres, avec les basaltes et avec les laves d'origine plus moderne. Ces analogies sont d'autant plus frappantes que jusqu'ici les minéraux (elluriques n'ont jamais offert cet alliage métallique de nickel et de fer

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que l'on retrouve coDstammeot dans certains aérolitfaes. Mais le chimiste distingué dont j'ai mis à proGt, dans ces pages, les communications obligeantes, a composé sur cet objet un Mémoire spécial, dont les résultats seront mieux è leur place dans la partie géologique du Cosmos (&) .

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