‹ Cosmos. Essai d'une description physique du monde (volume 3)Chapitre 10 sur 11 · DUBLIN · texte numérisé non relu

DUBLIN

Le grand accord que les données météorologiques des vallées du Rhin et du Mein présentent entre elles et dans la manière dont la chaleur de l'année se trouve répartie entre les diverses saisons prouve l'exactitude des observations sur lesquelles ces données reposent. Dans ce tableau, l'hiver comprend les mois de décembre, de janvier et de février, selon l'usage adopté, avec raison, pour tous les tableaux météorologiques. Quand on compare la qualité des vins en Franconie ou dans les pays des bords de la Baltique, avec la moyenne température des mois d'été et d'automne à Wurtzbourg et à Berlin, on est presque

surpris de ne trouver que des différences de 1° à 1°, 2; mais celles du printemps diffèrent de 2°; l'époque de la fleuraison de la vigne pendant les gelées tardives de mai, et après un hiver plus froid aussi de 2°, est un élément tout aussi important que peuvent l'être l'époque de la maturation tardive de la grappe et l'influence de la lumière solaire directe et non diffuse. La différence dont il est question dans le texte, entre la température vraie superficielle du sol et les données d'un thermomètre placé à l'ombre, a été étudiée par Dove, à l'aide d'observations recueillies pendant quinze ans, dans un jardin de Chiswick, près de Londres (Rapports sur les Actes de VAcad. de Berlin^ août 48*4, p. 285).

(97) [page 277]. Cf. mon traité Sur les causes principales de la diversité des températures à la surface du Globe, dans les Mém. de VAcad. de Berlin, 1827, p. 541.

(98) [page 278J. Le sol de la Sibérie compris entre Tobolsk, Tomsk et Barnual, depuis l'Altaï jusqu'à la mer Glaciale, n'est pas aussi élevé que celui de Manheim et de Dresde ; et même Irkutsk; situé à l'est du Jenisei, est 'f3 Pms Das que Munich; la hauteur est de 405 m.

(99) [page 279]. Humboldt, Recueil d'observations astronomiques, t. I, p. 126-140; Relation historique, t. I, p. 119, 141 et 227; Biot, dans la Connaissance des temps pour l'an 1841, p. 90-109.

(100) (page 281]. Anglerius, De rébus Oceanicis , dec. II, lib. II, p. 440 (ed. Col. 1574). Dans la Sierra de Santa Marta, dont les plus hautes citnes paraissent dépasser 5800 m. (voy. ma Relation hist., t. III, p. 214); un de ces hauts sommets porte encore le nom de Pico de Gaira.

(1) [page 282]. Cf. ma table des hauteurs des neiges perpétuelles dans les deux hémisphères, depuis 71° *fk de latitude boréale, jusqu'à 55° 54 de latitude australe, dans Y Asie centrale, t. III, p. 560.

(2) [page 285 j. Darwin , Journal of the voyages of the Advenlure and Beagle , p. 297. Comme à cette époque le volcan d'Aconcagua n'était point en éruption, l'absence des neiges (ce phénomène se présente parfois sur le Cotopaxi) ne saurait être

attribuée à un échauffement rapide de l'intérieur du cratère ou à l'émission de gaz fortement chauffés à travers les fissures. (Gillies, dans le Journal of Nat. Sciences, 1830, p. 316.)

(3) [page 283]. Voy. mon Second Mémoire sur les Montagnes de Vlnde, dans les Annales de Chimie et de Physique, t. XIV, p. 5-35, et Asie centrale, t. III, p. 281-327. Les voyageurs les plus habiles et les plus expérimentés qui aient visite l'Himalaya, Colebrooke, Webb et Hogdson, Victor Jaquemont, Forbes Novle, Cari de Hùgel et Vigne, ont tous confirmé l'excès de hauteur des neiges sur le versant thibétain; et pourtant le fait a été mis en doute par John Gérard , le géologue Mac Clelland, éditeur du Calcutta Journal, et le lieutenant Thomas Hutton (Assistant Surveyor of the Agra division). L'apparition de mon ouvrage sur l'Asie centrale a ranimé ce débat. Un numéro récent d'un journal publié aux Indes (Mac Clelland and Griffith, The Calcutta Journal of natural history,\o\. IV,18U January), contient une notice fort remarquable et tout à fait décisive sur les limites des neiges de l'Himalaya. M. Batten (Bengal service) écrit du camp de Semulka, sur la rivière de Cossillah, dans la province deRumaon: « Je viens de lire avec surprise les assertions de M. Thomas Hutton sur la limite des neiges éternelles. Il est de mon devoir de contredire de pareilles assertions, surtout quand je vois M. Mac Clelland aller jusqu'à parler du service que M. Hutton vient de rendre aux sciences, en détruisant une erreur généralement répandue (Journal ofthe Asiatic Society of Bengal, vol. IX. Calcutta, 18^0, p. 575, 578 et 580). On a tort d'affirmer que tout voyageur qui aura parcouru l'Himalaya partagera les doutes de M. Hutton. Je suis un de ceux qui ont visité le plus souvent la partie occidentale de notre puissante chaîne. Je suis allé, parle Borendo- Pass, dans la vallée de Buspa et dans le bas Kanawer, et je suis 'revenu dans les montagnes du Gurwal, en traversant le col élevé de Rupin. J'ai atteint les sources de la Jumma, vers Jumnotri; de là je me suis dirigé vers les affluents du Gange de Mundakni et Wischnou-Aluknunda , vers Kadarnath et le célèbre pic neigeux de Nundidevi. Souvent j'ai traversé leNiti Pass pour atteindre le plateau thibétain. J'ai moi-même fonde l'établissement de Bhote-Mehals. La situation de ma demeure , au milieu des montagnes, m'a mis, depuis six ans, en commu-

nication habituelle avec les voyageurs européens et indigènes dont j'ai pu tirer les meilleurs renseignements sur l'aspect du pays. Tous les documents que j'ai réussi à rassembler ainsi, dans mes voyages ou par mes relations personnelles, m'ont conduit à une conviction que je suis en mesure de défendre., savoir, que dans V Himalaya la limite des neiges éternelles est plus élevée sur le versant septentrional (thibétain) que sur le versant méridional (indien), M. Hutton change la question tout en croyant s'attaquer aux conclusions de M. de Humboldt sur le phénomène pris dans sa généralité; il combat une idée qu'il s'est forgée lui-même; il cherche à prouver, et nous sommes prêts à le lui accorder, que dans certaines montagnes de l'Himalaya la neige a pu durer plus longtemps sur le versant du nord que sur celui du sud. » (Cf. aussi la note (3), p. 314). Si la hauteur moyenne du plateau thibétain est de 3500 mètres, il est permis de le comparer au plateau fertile de Caxamarca, dans le Pérou; mais cette évaluation même le place à 400 mètres au-dessous du plateau de Bolivia, où se trouve le lac de Titicaca, et du pavé des rues de la ville de Potosi. D'après l'évaluation que Vigne a conclue du point d'ébullition de l'eau, la hauteur de Ladak est de 3046 m. Cette hauteur est probablement aussi celle de H'Lassa (Youl-Soung), ville entièrement monastique, entourée de vignes et nommée par les écrivains chinois: Royaume de la joiej peut-être ces vignes sont-elles situées dans des vallons profondément découpés.

(4) [page 284]. Cf. Dove, Comparaison météorologique de l'Amérique du Nord et de V Europe, dans V Annuaire de Schumacher pour 1841, p. 311, et les Recherches météorologiques du même auteur, p. 140.

(5) [page 285]. La quantité moyenne de pluie a été, à Paris, de 1805 à 1822, de 507 millimètres, d'après Arago;à Londres, de 1812 à 1827, de 632 millimètres; à Genève, par une moyenne de vingt-trois années d'observation, de 776 millimètres. Sur les côtes de l'Hindoustan, la quantité annuelle de pluie varie entre 2924 et 3248 millimètres; à Cuba, en 1821, il n'en tomba pas moins de 3600 millimètres. Voy. sur la distribution de la quantité de pluie, selon les saisons, dans l'Europe moyenne, les excellentes observations de Gasparin, de Schouw et de Bravais, dans la Bibliothèque universelle, t. XXXVIIÏ, p. 54 et 264;

Tableau du climat de V Italie, p. 76, et les notes dont Martins a enrichi sa belle traduction française de Kaemtz, Leçons de Météorologie, p. 142.

(6) Fpa<*e 2881. D'après Boussingault (Économie rurale, t. II, p 695), la quantité de pluie, à Marmato (lat, »• 27', hauteur 1425 m., tempérât, moy. 20°, 4) a été, en 1855 et en 1854, de 1629 millimètres pour la moyenne des deux années, tandis qu'à Santa-Fe de Bogota (lat. 4° 56', hauteur 2647 m., et température moy. 14o, elle n'était que de 1004 millim.

(7) [page 28b]. Pour le détail de cette observation, voy. mon Asie centrale, t. III, p. 85-89 et 867 ; sur l'état hygrométrique de l'atmosphère des plaines basses de l'Amérique du Sud, voy. ma Mêlai, hisl., t. 1, p. 242-248; t. II, p. 45, 164.

(8) [page 285]. Kaeintz, Leçons de Météorologie, p. 117.

(9) [page 286]. Sur l'électricité qui provient de l'évaporation, à une température élevée, voy. Peltier, dans les Annales de Chimie, t. LXXV, p. 550.

(10) [page 286]. Pouillet, dans les Annales de Chimie, t. XXXV, p. 405.

(H) [page 286]. De la Rive, dans son excellent Essai historique sur V Électricité, p. 140.

(12) [page 286]. Peltier, dans les Comptes rendus de VAcad. des Sciences, t. XII, p. 507; Becquerel, Traité de V Electricité et du Magnétisme, t. IV, p. 107.

(13) [page 286]. Duprez, Sur l'Électricité de Vair (Bruxelles, 1844), p. 56-61.

(14) [page 287]. Humboldt, Hélât, historique, t. III, p. 518. .Te ne parle ici que des recherches que j'ai faites avec un électromètre de Saussure armé d'un conducteur métallique long d'un mètre, recherches dans lesquelles l'électromètre ne recevait aucun mouvement, de haut en bas, ni de bas en haut, et où le conducteur n'était point armé d'une éponge imbibée d alcool enflammé. Ceux de mes lecteurs qui sont au courant des points actuellement, controversés dans la théorie de l'électridlé atmosphérique, comprendront le but de cette restriction.

Quant à la formation des orages sous les tropiques, voy. ma Relat. hist., t. II, p. 45 et 202-209.

(15) [page 287]. Gay-Lussac, dans les Annales de Chimie et de Physique, t. VIII, p. 167. Le désaccord qui règne entre les vues de Lamé, de Becquerel et de Peltier ne permet guère de rien décider encore sur la cause de la distribution spécifique de l'électricité dans les nuages, les uns chargés d'électricité positive, les autres d'électricité négative. L'électricité négative, qui se développe dans l'air près des cascades où l'eau est incessamment réduite en poussière fine, est un phénomène extrêmement frappant; il a été découvert, en premier lieu, par Traites, et j'ai eu souvent l'occasion de le vérifier sous des latitudes très-diverses; ses effets sont encore sensibles à 100 ou à 130 m. de distance pour un bon électromètre.

(16) [page 288]. Arago, Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1838, p. 246.

(17) [page 288]. Même ouv., p. 249-266 (Cf. p. 268-279).

(18) [page 288]. Même ouv., p. 388-391. L'académicien de Bœr, qui a fait faire tant de progrès à la météorologie du nord de l'Asie, n'a point eu en vue l'excessive rareté des orages en Irlande et dans le Groenland; il dit seulement que l'on a entendu tonner quelquefois à la Nouvelle-Zemble et au Spitzberg (Bulletin de VAcad. de Saint-Pétersbourg, 1839, mai).

(19) [page 290]. Kaenitz , dans Y Annuaire de Schumacher pour 1838, p. 285. (Sur la comparaison des lois de la distribution de la chaleur à l'est et à l'ouest, en Europe et dans l'Amérique du nord, voy. Dove, Répertoire de Physique, vol. III, p. 392-295. Allem.)

(20) [page 291]. L'Histoire des Plantes, qui a été esquissée avec talent par EndlicheretUnger (Éléments de Botanique, 1845, p. 449-468), avait été distinguée de la Géographie des plantes, un demi-siècle auparavant, dans les aphorismes de ma Flore souterraine: « Geognosia naturarn animantem et inanimam vel, ut vocabulo minus apto, ex antiquitate saltem haud petito, utar, corpora organica seque ac inorganica considérât. Sunt enim tria quibus absolvitur capita: Geographia oryctologica, quam simpliciter geognosiam vel geologiam dicunt, virque acutissimus

Wernerus egregie digessit; Geographia zoologica, cujus doctrine fundamenta Zimmermanus et Treviranus jecerant; et Geographia plantarum, quam sequales nostri diu intactam rehquerunt. Geographia plantarum vincula et cognationem tradit, quibus omnia vegetabilia inter se connexa sint, terras tractus qaos teneant in aerem atmosphaîricum quse sit eorum vis ostendit, saxa atque rupes quibus potissimum algarum primordiis radicibusque destruantur docet, et quo pacto in telluris superficie humus nascatur, commémorât. Est itaque quod différât mter creoeraphiam et physiographiam, historia naturalis perperam nuncupatam, quum Zoognosia, Phytognosia et Oryctognosia , quse quidem omnes in naturaî investigatione versantur , non nisi singulorum animalium, plantarum, rerum metalhcarum vel (venia sit verbo) fossilium formas, anatomen, vires scrutantur. Historia telluris, geognosise magisquam physiographiaî affims, nemini adhuc tentata, plantarum animaliumque gênera orbem inhabitantia primsevum, migrationes eorum compluriumque înteritum,ortumquem montes, valles, saxorum strata et venœ métallifère ducunt, aerem, mutatis temporum vicibus, modo punira, modo vitiatum , terrse superficiem humo plantisque paulatim obtectam, fluminum inundantium impetu denuo nudatam, iterumque siccatam et gramine vestitam commémorât. Igitur Historia zoologica, Historia plantarum et Historia oryctologica, qtise non nisi pristinum orbis terrse statum indicant, a geo- <mosia probe distinguendaî. - (Humboldt, Flora Frihergensis mbterranea, cui accedunl aphorismi ex Physiologia chimica plantarum, 1795, P. IX-X.)Surles mouvements spontanés dont il est question plus bas dans le texte, Cf. un passage remarquable d'Aristote, De Cœlo , II, 2 , p. 28* Bekker, où la distinction entre les corps animés et les corps inanimés est tirée du mode de détermination au mouvement, soit intérieur, soit extérieur. « L'âme nutritive des végétaux , dit le Stagirite , ne produit aucun mouvement, parce qu'elle est plongée dans un engourdissement dont rien ne peut la tirer (Aristote, De General, animal, V. I, p. 778 Bekker); ils n'ont en propre aucun désir qui les incite à produire d'eux-mêmes des mouvements. » (Aristote, De Somno et Vigil^ cap. 1, p. Bekker.)

(&1) [page 29*]. Mémoire d'Ehrenberg sur la vie microscopique clans l'Océan, lu à Y Académie des Sciences de Berlin, le 9 mai 18*4.

(22) [page 294]. Humboldt, Tableaux de la Nature.

(23) [page 29b]. Sur la multiplication par la division spontanée du corps générateur et par l'intercalation d'une substance nouvelle, voy. Ehrenberg, Des espèces animales actuellement vivantes de la formation crétacée, dans les Mém. de VAcad. de Berlin, 1859, p. 94. La plus grande faculté génératrice, dans la nature, est celle des Vorticelles. On trouve l'évaluation du maximum de rapidité que puisse atteindre le développement de masse dans le grand ouvrage d'Ehrenberg, Les infusoires considérés c omme organismes complets^ 1838, P. XIII, XIX et 244. « La voie lactée de ces organismes est formée des espèces Monas, Vibrio, Bacterium et Bodo. » La vie est répandue dans la nature avec une telle profusion que de petits infusoires vivent en parasites sur d'autres infusoires plus grands, et même que les premiers servent, à leur tour, de demeures à d'autres infusoires encore plus petits. (V. p. 194, 211 et 512.)

(24) [page 295]. Aristote , Hislor. animal., V. 19, p. 552, Bekker.

(25) [page 296]. Ehrenberg, ouv. cité, P. XIV, 122 et 493. À la multiplication rapide des animalcules microscopiques vient se joindre pour quelques-uns (anguilles du froment , infusoires roulés en cercle, ours d'eau ou tardigrades) une étonnante vitalité. Après avoir été desséchés pendant 28 jours dans le vide, à l'aide du chlorure de chaux et de l'acide sulfurique, après avoir été chauffés à 120°, ces infusoires ont pu encore être rappelés à la vie et sortir de leur engourdissement. Voy. les belles recherches de M. Doyère, dans son mém. sur les tardigrades et sur leur propriété de revenir à la vie, 1842, p. 119,129, 131 et 133. Cf. en général, sur la résurrection des infusoires desséchés pendant des années entières, Ehrenberg, p. 492, 496.

(26) [page 296]. Sur la « transformation primitive « présumée de la matière organique ou inorganique en plantes et en animaux, Cf. Ehrenberg, dans les Annales de Poggendorlï, vol. XXIV, p. 1, 48, et le même auteur, Animalcules infusoires, p. 121 et 525, avec Jean Mùller, Physiologie de Vhomme (4e éd. 1844), vol. I, p. 8, 17, allem. Il me paraît extrêmement remarquable que saint Augustin, en traitant cette question: comment les îles ont-elles pu recevoir, après le déluge, de nou-

velles plantes et de nouveaux animaux? ne se montre aucunement éloigné d'avoir recours à l'idée d'une génération spontanée (Generatio œquivoca, sponlanea aut primaria). « Si les ailles ou les chasseurs des continents , dit ce Père de l'Eglise , n'ont point transporté d'animaux dans les îles éloignées, il faut bien admettre que la terre les a engendrés; mais alors on se demande à quoi bon renfermer dans l'arche des animaux de toute espèce. » Si e terra exortse sunt (bestise) secundum ori- <nnem primam, quando dixit: Producat terra animam vivant! multo clarius apparet, non tam reparandorum animalium causa, quam figurandarum variarum gentium (?) propter Ecclesiœ sacramentum in Arca fuisse omnia gênera, si in insulis, quo transirenon possent, multa animalia terra produxit, Augustinus, De civitale Bel, lib. XVI, cap. 7 (Opéra ed. Monach. ordims S. Benedicti, t. VII, Venet, 1732, p. 422). Deux siècles avant l'évêqued'Hippone, nous trouvons déjà établie, dans les extraits de Trogue-Pompée, entre le dessèchement primitif de l'ancien monde, du plateau asiatique, et la génération spontanée, une connexion semblable à celle qu'on retrouve dans la théorie du Grand Linnée sur le Paradis terrestre et dans les rêveries du xvme siècle sur l'Atlantide fabuleuse: « Quod si omnes quondam terrse submersse profundo fuerunt, profecto editissimam quamque partem decurrentibus aquis primum detectam; m> millimo autem solo eamdem aquam diutissime immoratam, et quanto prior quseque pars terrarum siccata sit, tanto pnus animalia generare cœpisse. Porro Scythiam adeo editiorem omnibus terris esse ut cuncta flumina ibi nata in Mœotim , tum deinde in Ponticum et jEgyptiuni mare decurrant. » Justmus, lib. II, cap. I. L'opinion erronée qui fait de la Scytlne un plateau élevé est fort ancienne ; nous la retrouvons déjà très-nettement indiquée dans Hippocrate (De aere et aquis, cap. 6,^96, Coray). «La Scythie, dit-il, forme une plaine haute et sèche qui, sans être couronnée de montagnes, va toujours en s'élevant vers le nord. «

(27) [page 297]. Humboldt, Jphorismi ex Physiologia chemica planlarum, dans la Flora Fribergensis subterranea, 1793, p. 178.

(28) [page 297]. Sur la physionomie des végétaux, voy. Humboldt, Tableaux de la nature, vol. II, p. 1, 125.

(29) [page 297]. JEtna Dialogus, Opuscula, Basil., 1556, p. 55-54. Dans ces derniers temps, Philippi a donné une belle géographie des plantes de l'Etna. Voy. Linnœa, 1832, p. 755,

(30) fpage 299]. Ehrenberg, dans les Annales des sciences naturelles, t. XXI, p. 587-412; Humboldt, Asie centrale, t. I, p. 339-542; t. III, p. 96-102.

(51) [page 300]. Schleiden, Sur l'évolution des cellules végétales dans les Archives pour VAnatomie et la Physiologie de Millier, 1858, p. 157-176, allem.; même auteur, Principes fondamentaux de la Botanique. P. I, p. 191; P. II, p. 11, allem.; Schwann, Recherches microscopiques sur les similitudes de structure et de développement entre les animaux et les plantes, 1859, p. 45 et 220. Cf. J. Mùller, Physiologie de l'homme, 1840, P. II, p. 614.

(32) [page 300]. Schleiden, Principes de Botanique, 1842, P. I, p. 192-197, Allem.

(35) [page 501]. Tacite, dans ses considérations sur la population de la Bretagne (Agricola, cap, II), distingue à merveille ce qui peut tenir aux influences du climat de ce qui, chez les tribus venues du dehors, appartient, au contraire, à l'antique et immuable pouvoir du type héréditaire. « Britanniam qui mortales initio coluerunt, indigense an advecti, ut inter barbaros, parum compertum. Habitus corporis varii, atque ex eo argumenta; namque rutilaa Caledoniam habitantium comas, magni artus germanicam originem adseverant. Silurum colorati vultus et torti plerumque crines, et posita contra Hispania, Iberos veteres trajecisse , easque sedes occupasse fidem faciunt: proximi Gallis et similes sunt, seu durante originis vi, seu, procurrentibus in diversa terris, positio cœli corporibus habituai dédit. » Cf., sur la permanence des types de configuration dans les régions chaudes et froides de la terre et des montagnes du Nouveau Continent, ma Relation historique, t. I, p. 498-505 ; t. II, p. 572-574.

(54) [page 501]. Cf. sur la race américaine en général le magnifique ouvrage de Samuel George Morton: Cranta americana, 1859, p. 62-86, et sur les crânes apportés par Pentlant du haut pays de Titicaca , Dublin Journal of Médical and Chemical

Sciences vol.V, 1854, p. 47b; kltide à' Orhlgny, L'Homme américain considéré sous ses rapports physiologiques et moraux 1859 p 221. Voyez aussi les Voyages dans l'intérieur de l Amérique du Nord, par le prince Maximilien de Wied, 1839, allem..; livre si riche en fines observations ethnographiques.

(55Ï [paçe 302]. Rudolph Wagner, Sur la génération des métis et des bâtards, dans ses remarques jointes à la traduction allemande de l'ouvrage de Prichard, Histoire naturelle de l espèce humaine, t. I, p. 174-188.

(56) [page 502]. Prichard, t. I, p. 451; t. II, p. 365-369.

(37) [pa*e 302]. Onésicrite dans Strabon, XV, p. 690 et 695 Casaub — Welcker (Sur les Tragédies grecques, en allem., t III p 1078) pense que les vers de Théodecte cités par Strabon étaient empruntés à une tragédie perdue qui portait peutêtre le titre de Memnon.

(58) [page 505]. Joh. Mûller, Physiologie de l'homme, en allem., t. II, p. 768, 772-774.

(59) [page 504]. Prichard, t. I, p. 295; t. III, p. H.

(40) [paee 305]. L'arrivée tardive des tribus turques et mongoles, soit sur l'Oxus, soit dans la steppe des Kirghises, est en opposition avec l'opinion de Niebuhr, selon laquelle les Scythes d'Hérodote et d'Hippocrate auraient été des Mongo s II est beaucoup plus vraisemblable que les Scythes (Scolotes) doivent être rapportés aux Massagètes indo-germains (Alams). Les Mongols, les vrais Tatares (ce dernier nom fut donne plus tard mal à propos à des tribus purement turques en Russie et en Sibérie), habitaient alors bien loin dans l'est de l'Asie. Cf. mon Asie centrale, \. I, p. 239 et 400; et l'Examen critique de l'histoire de la Géographie, t. II, p. 320. Un linguiste distingue, le professeur Buschmann, rappelle que Firdoussi, dans le Schannameh, qui débute par une histoire à demi-mythique, fait mention d'une « forteresse des Alains » sur les bords de la mer, où Selm, le fils aîné du roi Féridoun (deux siècles certainement avant Gyrus) , voulait se réfugier. Les Kirghises de la steppe dite scythique étaient originairement une population finnoise; ils sont aujourd'hui vraisemblablement, avec leurs trois hordes, les plus nombreux de tous les peuples nomades, et ils

vivaient déjà au vie siècle dans la steppe où je les ai vus. Le Byzantin Ménandre (p. 380-382, éd. Niebuhr), raconte positivement que le chakan des Turks (Thu-Khiu), en 869, fit présent d'une esclave kirghiseà l'ambassadeur de Justin II, Zémarque; il appelle cette esclave une xi'rffâ et de même chez Aboulgasi (Historia Mongolorum et Tatarorum) les Kirghises sont nommés Kirkiz. La ressemblance des mœurs, là où la nature du pays leur imprime un caractère dominant, est une preuve fort peu certaine de l'identité des races. La vie des steppes produit chez les Turks (Ti, Tukiu), chez les Baschkirs (Finnois), chez les Kirghises, chez les Torgod et les Dsungares (Mongols), Jes usages communs aux tribus nomades, celui des tentes de feutre, par exemple, transportées sur des chars et dressées auprès des troupeaux.

(M) [page 305]. Guillaume de Humboldt, Sur la diversité de structure des langues humaines 3 dans le grand ouvrage Sur la langue Kawi , dans Vile de Java 3 t. I, p. XXI, XLVIII et CCX1V.

(42) [page 306]. La doctrine si désolante, et plus tard tant de fois reproduite, de l'inégalité du droit à la liberté parmi les hommes, et de l'esclavage comme étant une institution fondée sur la nature, se trouve, hélas! développée avec une rigueur toute systématique dans Aristote, Politique, I, 3, 5, 6.

(43) [page 307]. Guillaume de Humboldt, Sur la langue Kawi, t. III, p. 426. Je tire du même ouvrage les réflexions suivantes: « Les impétueuses conquêtes d'Alexandre, celles des Romains, conduites avec une habileté toute politique, celles des Mexicains, si sauvages et si cruelles, les despotiques réunions de territoire des Incas, ont contribué, dans les deux mondes, à faire cesser l'isolement des peuples et à former de plus vastes sociétés. De grandes et fortes âmes, des nations entières agirent sous l'empire d'une idée qui, dans sa pureté morale, leur était complètement étrangère. Ce fut le christianisme qui la proclama le premier, dans sa vérité et sa charité profonde, quoiqu'il lui ait fallu bien du temps pour la faire accueillir. L'on ne trouve auparavant que des accents épars et fugitifs préludant à celte grande voix. Les temps modernes ont donné un essor nouveau à l'idée de la civilisation, et ont suscité le be-

soin d'étendre de plus en plus les relations des peuples entre eux, et les bienfaits de la culture morale et intellectuelle. La cupidité elle-même commence à trouver qu'il y a plus à gagner pour elle en suivant cette voie de progrès qu'en maintenant par la force un isolement rétrograde. Le langage , plus qu'aucune autre faculté de l'homme, forme un faisceau de l'espèce humaine tout entière. Il semble, au premier abord, séparer les peuples comme les idiomes; mais c'est justement la nécessité de s'entendre réciproquement dans une langue étrangère qui rapproche les individualités, en laissant à chacune son originalité propre » (Ibid., p. 427).

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