novembre; 27-29 novembre; 6-12 décembre
La multiplicité de ces flux périodiques ne doit pas être un sujet de difficulté sérieuse, et l'on peut renvoyer, à cet égard, aux comètes dont les espaces célestes sont remplis, sans que la différence essentielle qui existe entre une comète isolée et un anneau d'astéroïdes puisse rendre l'assimilation vicieuse.
(75) [page 101]. Ferd. de Wrangel, Voyage sur les côtes septentrionales de la Sibérie^ de 1820 à 1824, ne part., p. 259. — Sur le retour de la grande apparition du mois de novembre, par périodes de 34 ans, voy. Olbers } dans Y Annuaire de Schumacher, 1857, p. 280. — J'ai entendu dire, à Cumana, qu'on avait vu, peu de temps avant le tremblement de terre de 1766, un feu d'artifice céleste pareil à celui du 11 au 12 nov. 1799 ^'intervalle serait de 33 ans. Toutefois, le tremblement de terre n'a pas eu lieu au commencement de novembre, mais bien le 21 octobre 1766. Une certaine nuit, le volcan de Cayambe parut, pendant une heure entière, comme enveloppé d'une pluie d'étoiles filantes, et les habitants de Quito, effrayés de cette apparition, firent des processions afin d'apaiser la colère du ciel; peut-être les voyageurs qui vont à Quito pourraient-ils nous apprendre la date précise de ce phénomène. (Rel. histn 1. 1, chap. iv, p. 307; chap. x, p. 520 et 527.)
(76) [page 102]. Extrait d'une lettre qui me fut adressée, en date du 24 janvier 1838. L'énorme essaim d'étoiles filantes du mois de nov. 1799 ne fut guère visible qu'en Amérique ; mais il y fut observé depuis Neu-Herrnhut, dans le Groenland, jusqu'à i'équateur. L'essaim de 1831 et celui de 1832 ont été vus en Europe seulement; ceux de 1833 et de 1834 ne furent aperçus qu'aux États-Unis d'Amérique.
(77) [page 103]. Lettre de M. Edouard Biot à M. Quételet, sur les anciennes apparitions d'étoiles filantes en Chine, dans les Bull, de VAcad. de Bruxelles, 1843, t. X, n° 7, p. 8. — Sur la notice extraite de la Chronicon Ecclesiœ Pragensis, voy. Boguslawski fils, dans les Annales dèPoggend., vol. XL VIII, p. 612.
(78) [page 103]. « Il paraît qu'un nombre qui semble inépuisable de corps trop petits pour être observés, se meuvent dans le ciel, soit autour du Soleil, soit autour des planètes, soit peutêtre même autour des satellites. On suppose que, quand ces corps sont rencontrés par notre atmosphère, la différence entre leur vitesse et celle de notre planète est assez grande pour que le frottement qu'ils éprouvent contre l'air les échauffe au point de les rendre incandescents, et quelquefois de les faire éclater. Si le groupe des étoiles filantes forme un anneau continu autour du Soleil, sa vitesse de circulation pourra être très différente de celle de la Terre; et ses déplacements dans le ciel, par suite des actions planétaires, pourront encore rendre possible ou impossible, à différentes époques, le phénomène de la rencontre clans le plan de l'écliptique. » Poisson, Recherches sur la probabilité des jugements, p. 306-307.
(79) [page 104]. Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle- Espagne, 2e édit., t. III, p. 310.
(80) [page 104]. Déjà Pline avait remarqué la couleur particulière à la croûte des aérolithes: colore adusto (II, 56 et 58); l'expression lateribus pluisse se rapporte également à l'aspect des aérolithes dont la surface indique l'action du feu.
(81) [page 104]. Humboldt, Bel. hisL, t, II. ch. xx, p. 299-302.
(82) [page 105]. Gustave Rose, Voyage dans V Oural, vol. II, p. 202. Aliem.
(83) [page 10b]. Même auteur, dans les Annales de Poggend., 1825, vol. IV, p. 175-192. Rammelsberg, Prem. supp.au dict. de Chimie et de Minéral., 1843, p. 102. Ail.
« C'est un fait bien remarquable et trop longtemps laissé clans l'oubli, a dit Olbers, que jamais aérolithe fossile n'ait été rencontré parmi les coquilles fossiles des terrains secondaires et tertiaires. Faut-il en conclure que, s'il tombe vraisemblablement, d'après Schreibers, sept cents aérolithes par an sur la surface actuelle du globe, il n'en tombait jamais avant l'époque où cette surface a été formée? » (Olbers, Annuaire de Schum. , 1838, p. 329). Plusieurs masses de fer natif nickelifère, d'une nature problématique, ont été trouvées, à 10 m. sous terre, dans le nord de l'Asie (lavages d'or de Petropawlowsk), et tout récemment encore dans les Garpathes occidentales (mines de Magura, près de Szlanicz). Cf. Erman, Arch. des conn. scientif. en Rtissie, vol. I, p. 315; et Haidinger, Rapport sur les mines de Szlamcz en Hongrie.
(84) [page 105]. Berzelius, Rapp. ann., vol. XV, p. 217 et 231. Rammelsberg, Dictn 2e part., p. 25-28. Allem.
(85) [page 106]. « Sir Isaac said, he took ail the planets to be composed of the same matter with this earth, viz. earth, water and stones, but variously concocted. « Turner, Collections for the hist. of Grantham, cont. authentic Memoirs of sir Isaac Newton, p. 172.
(86) [page 107]. Adolphe Erman, dans les Ann. de Poggend., 1839, vol. XLVIII, p. 582-601.
Quelques années auparavant, Biot doutait que le courant d'astéroïdes de novembre dût reparaître vers le commencement de mai (Comptes rendus, 1836, t. II, p. 670). Msedler a cherché, par quatre-vingt-six années d'observations météorologiques faites à Berlin, ce qu'il faut penser de la croyance populaire aux trois fameux jours froids du mois de mai (Trav.de V Union pour l'avancement de l'horticulture , 1834, p. 377), et il a trouvé qu'effectivement, le 11, le 12 et le 13 mai, la température rétrograde de 1°,22, juste à l'époque de l'année, où le mouvement ascensionnel devrait être le plus marqué. Il serait à souhaiter que ce curieux phénomène, où l'on a vu l'effet de la fonte des glaces dans le N. O. de l'Europe, pût être étudié simultanément
sur des points très-éloignés, en Amérique, par exemple, et dans l'hémisphère austral. Cf. le Bull, de VAcad. imp. de Saint-Pétersbourg, 1845, t. I, n° 4.
(87) [page 107]. Plut, Vitœ par. in Lysandro, cap. 22. D'après la narration de Damachus (Daïmachos) on aurait vu, pendant soixante-dix jours consécutifs, une nuée enflammée lancer des étincelles semblables à des étoiles filantes,, puis s'abaisser et finir par lancer la pierre d'iEgos-Potamos, « laquelle ne formait qu'une portion insignifiante de la nue. « Cette narration n'est rien moins que vraisemblable, car il en résulterait que le bolide a dû se mouvoir, pendant soixante-dix jours, dans le même sens et avec la même vitesse que la terre, circonstance dont le bolide du 19 juillet 1686, décrit par Halley (Transact., vol. XXIX, p. 165), n'a offert la réalisation que pendant un petit nombre de minutes. Au reste, ce Daïmachos, l'écrivain mçl sûa-sfot'aç, pourrait bien être le Daïmachos de Platée que Seleucus envoya dans les Indes au fils d'Androcottus, et que Strabon (p. 70, Casaub.) présente comme un « grand diseur de fables « ; un autre passage de Plutarque, Compar. Solonis, C. Pop., cap. 4, le donnerait presqu'à penser. Quoi qu'il en soit, il s'agit seulement ici de la narration très-tardive d'un auteur qui écrivait en Thrace, un siècle et demi après la chute du célèbre aérolithe, et dont Plutarque suspecte également la véracité.
(88) [page 108]. Stob. ed. Heeren, I, 25, p. 508. Plut., De plac. Philos., II, 13.
(89) [page 108]. Le passage remarquable de Plutarque (De plac. Philos, II, 13) est ainsi conçu: « Anaxagoras enseigne que l'éther ambiant est de nature ignée; par la force de son mouvement gyratoire, il arrache des blocs de pierre, les rend incandescents et les transforme en étoiles. « Il paraît que le philosophe de Clazomène expliquait aussi, par un effet analogue du mouvement général de rotation , la chute du lion de Némée , qu'une ancienne tradition faisait tomber de la Lune sur le Péloponnèse (Elien, XII, 7; Plut., De facie in orbe lunœ, c. 24; Schol. ex Cod. Paris, in Apoll. Argon., lib. I, p. 498, ed. Schaef., t. II, p. 40; Meineke, Annal. Alex., 1845, p. 85). Nous avions tout à l'heure des pierres de la lune, voici maintenant un animal tombé de la lune! D'après l'ingénieuse remarque de Bœckh,
^et ancien mythe du lion lunaire de Némée aurait une origine astronomique et se trouverait en rapport symbolique, dans la chronologie, avec le cycle d'intercalation de l'année lunaire, avec le culte de la lune à Némée et les jeux dont il était accompagné.
(90) [page 110]. Je transcris ici un mémorable passage deKépler sur les radiations calorifiques des étoiles; c'est une de ces inspirations que l'on rencontre à chaque pas dans les écrits de ce grand génie: « Lucis proprium est calor : sydera omnia calefaciunt De syderum luce claritatis ratio testatur, calorem universorum in minori esse proportione ad calorem unius solis, quam ut ab homine, cujus est certa caloris mensura, uterque simul percipi et judicari possit. De cicindelarum lucula tenuissima negare non potes, quin cum calore sit. Vivunt enim et moventur, hoc autem non sine calefactione perficitur. Sed neque putrescentium lignorum lux suo calore destituitur; nam ipsa putredo quidem lentus ignis est. Inest et stirpibus suus calor. » (Paralipomena in Vitell. Astron. pars optica, 1604, Prop. XXXII, p. 25). Cf. Képler, Epit. Astron. Copernicanœ, 1618, t. I, lib. I, p. 55.
(91) [page 112]. ;.« Thereis another thing, wichl recommend to the observation of mathematical men: wich is, that in February, and for a liltle before, and a little after that month (as I have observed several years together) about sex in the evening, when the Twilight hath almost deserted the horizon, you shall see a plainly discernable way of the Twilight striking up toward the Pléiades, and seeming almost to touch them. It is so observed any clear night, but it is best Ma nocte. There is no such way to be observed at any other time of the year (that I can perceive), nor any other way at that time to be perceived darting up elsewhere. And I believe it hath been and will be constantly visible at that time of the year. But what the cause of it in nature should be, I cannot yet imagine, but leave it to further inquiry. » Childrey, Brilannia Baconim3:ï66l, p. 185. Telle est la première et la plus simple description du phénomène. (Cassini, Découverte de la lumière céleste qui paraît dans le zodiaque, dans les Mém. de VAcad., t. VIII, 1750, p. 276. Mairan, Traité phys. de V aurore boréale, 1754, p. 16). Le remarquable ouvrage de Childrey, dont nous venons d'ex-
traire ce passage, contient encore (p. 91) des détails très-bien raisonnés sur les époques du maxiraa et du mini ma dans la distribution annuelle de la chaleur et dans la marche diurne de la température, et quelques aperçus sur le retard qui se manifeste pour la production de l'effet maximum ou minimum dans tous les phénomènes météorologiques. Par malheur, le chapelain de lord Henry Somerset enseigne en même temps, dans sa Philosophie baconienne, que la terre est allongée vers les pôles (c'est là l'idée de Bernardin de Saint-Pierre). A l'origine, dit-il, la terre était parfaitement sphérique; mais l'augmentation continuelle des couches de glace vers les deux pôles a modifié cette figure; et comme la glace est formée d'eau, il en résulte que partout la masse des eaux diminue.
(92) [page 112]. Dominique Cassini (Mêm. de l'Acad., t. VIII, 1750, p. 188), et Mairan (Aurore boréale, y. 16), ont cru retrouver la lumière zodiacale dans le phénomène qui a été vu en Perse, en 1668. Delambre (Hist. de VAstron. moderne, t. II, p. 742) attribue la découverte de cette lumière au célèbre voyageur Chardin; mais Chardin lui-même présente ce nyazouk (nyzek, petite lance), dans le Couronnement de Soliman et dans d'autres endroits de la narration de son voyage (éd. de Langlès, t. IV, p. 526; t. X, p. 97), comme « la grande et fameuse comète qui parut presque par toute la terre, en 1668, et dont la tête était cachée dans l'occident, de sorte qu'on ne pouvait en rien apercevoir sur l'horizon d'ispahan. » (Atlas du voy. de Chardin, tab. IV, après les observations faites à Schiraz). La tête de cette comète a été vue au Brésil et dans les Indes (Pingré, Cométographie, t. II, p. 22). Sur l'identité présumée de la dernière grande comète de 1845 avec celle que Cassini avait prise pour la lumière zodiacale, v. les Nouv. astron. de Schum., 1845,n0 476, 1480. En persan, les mots nîzehi, âteschîn (dards ou lances de feu) s'appliquent aussi aux rayons du soleil à son lever ou à son coucher; de même nayazik est traduit, dans le lexique arabe de Freytag, par stellœ cadentes. Au reste, ces dénominations singulières appliquées aux comètes, par comparaison avec les lances et les épées, se retrouvent dans toutes les langues, surtout pendant le moyen-âge. Il y a plus, la grande comète qui parut en 1500, depuis le mois d'avril jusqu'au mois de juin, est toujours désignée par les écrivains italiens de cette
époque sous le nom de il signor Astone (V. mon Examen critique de l'histoire de la géographie, t. V, p. 80). On a souvent affirmé que Descartes (Cassini,p. 250; Mairan, p. 16) et même que Képler (Delambre, t. I, p. 601) avaient connu la lumière zodiacale; mais cette opinion me paraît inadmissible. Descartes {Principes, III, art. 136, 137) explique d'une manière assez obscure la formation des queues des comètes: « Par des rayons obliques qui, tombant sur diverses parties des orbes planétaires, viennent des parties latérales à notre œil par une réfraction extraordinaire » ; il dit aussi que les comètes qui se voient dans le crépuscule du soir ou dans celui du matin peuvent nous paraître « comme une longue poutre», lorsque le soleil se trouve entre la comète et la terre. Ces passages ne se rapportent pas plus à la lumière zodiacale que celui ou Képler parle d'une atmosphère solaire (limbus circa solem, coma lucida); elle empêche, dit-il, que l'obscurité soit complète pendant les éclipses totales de soleil. Il n'est pas exact de dire, avec Gassini (p. 231, art. XXXI), et avecMairan (p. 15), que les mots « trabes quas vocant » (Plin., II, 26 et 27) s'appliquent
à la lumière zodiacale, qui monte sur l'horizon en forme de langue. Partout, chez les anciens, le mot trabes est appliqué aux bolides (ardores et faces) et à d'autres météores ignés, ou bien aux comètes à longues chevelures. (Sur les mots: fow, faupi^ SovAmç, y. Schsefer, Schol. Par. ad Apoll. Rhod., 1813, t. II, p. 206; Psèudo-Aristot., De Mundo, 2,9; Comment. Alex., Joh. Philop. et Olymp. in Aristot. Meteor, lib. 1, cap. VII, 3, p. 195, Ideler; Seneca, Nat. Quœst., t. I.
(93) [page 112]. Humboldt, Monuments des peuples indigènes de l'Amérique, t. II, pag. 301. Ce manuscrit fort rare provient de la bibliothèque de Letellier, archevêque de Reims; il contient de nombreux passages extraits d'un rituel aztèque, d'un calendrier astrologique et d'annales historiques qui s'étendent de 1197 à 15ft9. Ces annales rapportent à la fois les phénomènes naturels, la date des tremblements de terre, l'apparition des comètes, par exemple de celles de U90 et de 1529, et plusieurs éclipses de soleil fort importantes pour la chronologie mexicaine. Dans le manuscrit de Gamargo, Historia de Tlascala^ la lumière qui montait de l'horizon occidental presque jusqu'au zénith est nommée « étincelante et comme parsemée d'étoiles
très-serrées. « Cette description d'un phénomène qui dura quarante jours ne peut s'appliquer en aucune manière aux éruptions du Popocatepetl, volcan situé à fort peu de distance dans le sud-est. (Prescott, Hist. of the Conquest of Mexico, vol. I, p. 284). Des commentateurs plus récents ont confondu cette apparition, dans laquelle Montézuma voyait le présage de quelque grand malheur, avec la « estrella que humeava» (proprement : qui scinlillaitj en mexicain choloa, sautiller et scintiller). Quant à la connexité de cette vapeur avec l'étoile Citlal Choloha (Vénus), et avec le. Mont de l'Étoile ( Citlaltepetl , ou le volcan d'Orizaba), voy. mon ouvrage sur les Monuments, t. II, p. 305.
(94) [page 113]. Laplace, Exp. du syst. du Monde, pag. 270; Mécanique céleste, t. II, p. 169 et 171. Schubert, Astron., vol. III, g 206.
(95) [page 113]. Arago, Annuaire de 18*2, p. 408. Cf. les considérations développées, par sir John Herschel, sur la faiblesse du volume et de l'éclat des nébuleuses planétaires, dans l'ouvrage de Mary Sommerville, Connexion of the Phys. sciences,
1835, p. 108. L'idée que le soleil est une étoile nébuleuse, dont l'atmosphère donnerait lieu au phénomène de la lumière zodiacale, n'a pas été émise par Dominique Cassini, mais bien par Mairan, en 1731 (Traité de l'aurore bor., p. 47 et 263. Arago, dans l'Annuaire de 1842, p. 412). Cette idée n'est qu'une reproduction des vues de Képler.
(96) [page 113]. Afin d'expliquer la forme de la lumière zodiacale, Dominique Cassini avait eu recours , comme le firent plus tard Laplace, Schubert et Poisson, à l'hypothèse d'un anneau isolé. Il dit en effet: « Si les orbites de Mercure et de Vénus étaient visibles (matériellement, dans toute l'étendue de leur surface), nous les verrions habituellement de la même figure et dans la même disposition à l'égard du soleil, et aux mêmes temps de l'année que la lumière zodiacale. » (Menu de VAcad., t. VIII, 1730, p. 218, et Biot, dans les Comptes rendus,
1836, t. III, p. 666). Cassini pensait que l'anneau nébuleux de la lumière zodiacale était formé d'un nombre infini de très-petits corps planétaires, tournant autour du soleil; il n'était même pas fort éloigné de croire que la chute des bolides se rattachait au passage de la Terre à travers cet anneau nébuleux. Olmsted
et surtout Biot (ouv. cité, p. 673) ont cherché à y rattacher aussi la pluie d'étoiles filantes du mois de novembre , mais Olbers a élevé des doutes à ce sujet (Annuaire de Schum., 1837, p. 281). Houzeau, dans les Nouv. astron. de Schuni., 1843, n° 492, p. 190, examine si le plan de la lumière zodiacale coïncide parfaitement avec le plan de l'équateur solaire.
(97) [page 113]. Astron. de sir John Herschel, g 487.
(98) [page 114]. Arago, dans l'Annuaire de 1842, p. 246. Plusieurs faits semblent indiquer que lorsqu'une masse est réduite mécaniquement à l'état de division extrême, la tension éléctrique peut croître assez pour développer de la lumière et de la chaleur. Les tentatives que l'on a faites avec les plus grands miroirs concaves n'ont fourni, jusqu'à présent, aucune preuve décisive de l'existence de la chaleur rayonnante dans la lumière zodiacale. (Lettre de M. Matthiessen à M. Arago dans les Comptes rendus, t. XVI, 1843 avril, p. 687.)
(99) [page 11b]. « Ce que vous me dites sur les variations de la lumière zodiacale entre les tropiques, et sur les causes de ces variations, excite d'autant plus vivement mon intérêt que j'accorde moi-même depuis longtemps une attention toute particulière à ce phénomène, chaque fois qu'il se présente, au printemps, dans notre zone septentrionale. J'ai toujours pensé comme vous que la lumière zodiacale devait être animée d'un mouvement de rotation ; mais , contrairement à l'opinion de Poisson dont vous me faites part, j'admets que cette lumière s'étend jusqu'au Soleil, en croissant rapidement en intensité, et. que sa partie la plus brillante forme la couronne lumineuse dont le Soleil paraît être entouré pendant les éclipses totales. D'une année à l'autre , j'ai remarqué des variations considérables dans cette lumière: souvent elle est, plusieurs années de suite, très-brillante et très-étendue; souvent aussi elle est à peine perceptible pendant d'autres années. Je crois avoir trouvé la première indication de la lumière zodiacale dans une lettre de Rothmann à Tycho, où Rothmann dit avoir observé que le crépuscule du soir finissait, pendant le printemps, lorsque le Soleil était descendu à 24° au-dessous de l'horizon. Rothmann a certainement pris la disparition successive de la lumière zodiacale dans les vapeurs du couchant pour la fin réelle du phénomène crépus-
culaire. Je n'ai jamais vu de mouvement d'effervescence, sans doute à cause de la faiblesse de la lumière zodiacale dans nos contrées; mais assurément, vous avez raison d'attribuer, aux changements qui surviennent dans notre atmosphère, surtout dans les régions élevées les variations rapides d'éclat que les objets célestes vous ont présentées sous les tropiques. L'effet dont vous parlez se manifeste de la manière la plus frappante dans les queues des comètes. On voit souvent, surtout quand le ciel est très-pur, des pulsations partir de la tête comme du point le plus bas et parcourir la queue entière en une ou deux secondes, de telle sorte que la queue paraît s'allonger rapidement de plusieurs degrés et se raccourcir aussitôt après de la même manière. Ces ondulations, dont autrefois Robert Hooke et récemment encore Schrœter et Ghladni se sont occupés, ne se produisent pas dans le corps même de la comète: elles résultent de simples accidents atmosphériques. Gela devient évident si l'on songe que les diverses parties d'une comète longue de plusieurs millions de lieues se trouvent nécessairement situées à des distances très-inégales de la Terre, et que leur lumière emploie, pour venir jusqu'à nous, des intervalles de temps qui peuvent différer de plusieurs minutes. Quant à ces variations de la lumière zodiacale que vous avez vues, sur les bords de l'Orénoque, se prolonger pendant des minutes entières, je ne saurais décider s'il faut les attribuer à des coruscations réelles, ou bien à un jeu de l'atmosphère. Il m'est également impossible d'expliquer la clarté singulière de certaines nuits, ainsi que l'étendue et l'éclat anormal des crépuscules de 1854*, crépuscules dont la partie la plus brillante ne correspondait pas, selon quelques observateurs, au lieu que le Soleil devait occuper au-dessous de l'horizon. » (Extrait d'une lettre que le docteur Olbers m'a écrite de Brème le 26 mars 1833.)
(100) [page 118]. Biot, Traité d' Astron. physique, 5e éd., 1841, t I, p. 171, 238 et 312.
(1) [page 116]. Bessel,dans Y Annuaire de Schum., pour 1839, p. 51; cette vitesse va peut-être à 742000 myriamètres par jour; la vitesse relative est au moins de 618000 myriamètres: c'est plus du double de la vitesse avec laquelle la Terre accomplit ses révolutions autour du Soleil.
(2) [page 117]. Sur le mouvement du système solaire d'après Bradley, Tobie Mayer, Lambert, Lalande et W. Herschell, voy. Arago dans Y Annuaire de 1842, p. 388-599; Argelander, dans les Nouv. astr. de Schum., n° 565n 564, 598, et sur Persée, considéré comme corps central autour duquel tournerait tout l'amas stellaire , dans le Mémoire sur le mouvement propre du système solaire, 1837, p. 45; voy. aussi Othon Struve, dans le Bull, de VAcad. de Saint-Pétersbourg, 1842, t. X, n° 9, p. 157-139» Un nouveau calcul de ce dernier donne , pour la direction du mouvement solaire, 261° 25' AR; + 57° 56' Décl.; et en réunissant ce résultat à celui d'Argelander , on trouve , par une combinaison définitive de 797 étoiles, 259° 9' AR; + 34° 56' Décl.
(5) [page 118]. Aristot. De Cœlo, III, 2, p. 201 ; Bekker, Phys., VIII, 5, p. 256.
(4) [page 118]. Savary, dans la Connaissance des temps, pour 1830, p. 56 et 163; Encke, Ephém. de Berlin, 1852, p. 255 et suiv.; Arago, dans Y Annuaire de 1854, p. 260-295; John Herschel, dans les Mem. of the Astr on. Soc., vol. V, p. 171.
(5) [page 119]. Bessel, Recherches sur la partie des perturbations planétaires qui résulte du mouvement de translation du Soleil, dans les Mém. de VAcad. des Sciences de Berlin, 1824 (Classe des Mathém.)^ p. 2-6. La question avait été soulevée par Jean Tobie Mayer, dans les Comment. Soc. Reg. Gotting, 1804-1808, vol. XVI, p. 51-68.
(6) [page 119]. Philos. Transact. for 1805, p. 225; Arago, Annuaire de 1842, p. 575. Si l'on veut se figurer d'une manière simple la distance des étoiles, telle que je l'ai rapportée quelques lignes plus haut, dans le texte, il suffit de placer deux points séparés par une distance d'un pied, pour représenter le Soleil et la Terre; alors Uranus sera situé à 19 pieds du premier point, et Wéga de la Lyre à 64 lieues (de 4000 m.).
(7) [page 119]. Bessel, dans Y Annuaire de Schumacher, 1859, p. 55.
(8) [page 120]. Mœdler, Astron., p. 476; le même, dans l'Annuaire de Schum., 1839, p. 95.
(9) [page 121]. Sir W. Herschel, dans les philos, trans. for 1817, P. II, p. 328.
(10) [page 121]. Arago, dans Y Annuaire de 1842, p. 459.
(11) [page 122]. Sir John Herschel, dans une lettre écrite du Cap de Bonne-Espérance, le 15 janvier 1836; Nicholl, Archit. oflhe Heavens, 1838, p. 22. Voy. aussi plusieurs indications éparses de sir William Herschel, sur l'espace vide d'étoiles qui nous sépare de la voie lactée dans les Philos. Transact. for 1817, P. II, p. 328.
(12) [page 122]. Asiron. de sir John Herschel, g 624. Le même, dans les Observations of Nebulœ and Clusters of Stars (Transact., 1833, P. II, p. 479, fig. 25): « We have here a brother system bearing a real physical resemblance and strong analogy of structure of our own. »
(13) [page 123]. Sir William Herschel, dans les Transact. for 1785, P. I, 257. Sir John Herschel, Astron., g 616. (« The nebulous région of the heavens forms a nebulous milky way3 composed of distinct nebulse as the other of stars. » Le même, dans une lettre adressée à moi, en mars 1829.)
(14) [page 123]. John Herschel, Astron., g 585.
(15) [page 123]. Arago, Annuaire^ 1842, p. 282-285, 409-411 et 439-442.
(16) [page 123]. Olbers, sur la transparence des espaces célestes, dans les Ephém. de Bode, 1826, p. 110-121.
(17) [page 124]. « An opening in the heavens », William Herschel, dans les Transact. for 1785, vol. LXXV,P.I, p. 256. Le français Lalande, dans la Connaiss. des temps pour l'an VIII, p. 383. Arago dans Y Annuaire de 1842, p. 425.
(18) [page 124]. Aristot., Meteor., II, 5, 1; Sénèque, Nat. Quœst., I, 14, 2. « Cœlum discessisse, » dans Cic, De Divin., I, 43.
(19) [page 124]. Arago, Annuaire de 1842, p. 429.
(20) [page 125]. En décembre 1837, sir John Herschel vit l'étoile * d'Argo, qui avait toujours été jusqu'alors de seconde
grandeur, croître rapidement en éclat et devenir de première grandeur. En janvier 1838, son éclat égalait déjà celui de a du Centaure. D'après les nouvelles les plus récentes , Maclear l'a trouvée, en mars 1843, aussi brillante que Ganopus; et même « de la Croix du Sud paraissait tout à fait terne à côté de r,
d'Argo.
(21) [page 12b]. » Henceit follows that the rays of light of the remotest nebulse must have been almost two millions of years on their way, and that consequently, so many of years ago , this object must already have had an existence in the sidereal heaven, in order to send out those rays by wich we now perceiveit.» William Herschel, dans les Transact. for 1802, p. 498. John Herschel, Aslron., g 590. Arago, Annuaire de 1842, p. 354, 359 et 382-385.
(22) [page 126]. Ce vers est tiré d'un beau sonnet de mon frère, Guillaume daHumboldt, OEuvres complètes, vol. IV, p. 358, n° 25. Allem.
(23) [page 126]. Otfried Mùller, Prolegomena, g 373.
(24) [page 129]. Quand il s'agit de la plus grande profondeur à laquelle les travaux des hommes aient pu atteindre, il faut distinguer entre la profondeur absolue, comptée à partir de la surface même du sol, et la profondeur relative, comptée seulement à partir du niveau de la mer. La plus grande profondeur relative qui ait jamais été atteinte est peut-être celle du puits artésien de Neu-Salzwerk, près de Minden, en Prusse; elle était, en juin 1844, de 607, 4 m.; la profondeur absolue était de 680 m. La chaleur de l'eau, au fond du puits, montait alors a 32°, 7; en admettant 9°, 6 pour la température moyenne de l'atmosphère, on aurait un accroissement de 1° pour 29, 6 m. Le puits de Grenelle, à Paris, a 547 m. de profondeur absolue. Au dire du missionnaire Imbert, la profondeur de nos puits artésiens est bien dépassée par celle des fontaines de feu (Hotsmg), en Chine; on perce ces puits afin de se procurer le gaz hydrogène que l'on brûle, dans les salines, pour faire évaporer l'eau. Dans la province chinoise de Szou-Tchouan, les fontaines de feu ont ordinairement de 600 à 650 m. de profondeur ; à Tseou-Lieou-Tsing (lieu de Vëcoulement perpétuel), on a foré à la corde, en 1812, un Ho-tsing de 975 m. (Humboldt, cen-
traie, t. II, p. 521 et 523; Annales de l'association pour la Propagation de la Foi, 1829, n° 16, p. 369). La profondeur relative atteinte à Monte-Massi, en Toscane, au sud de Vol terra, n'est que de 382 m., d'après Matteucci. Il est probable que la houillère d'Apendale, à Newcastle-sur-Tyne (Staffordshire), vient, en fait de profondeur relative, immédiatement après le puits artésien de Neu-Salzwerk. Dans cette mine, les travaux d'exploitation s'exécutent à 725 yards (658 m.) au-dessous de la surface (Thomas Smith, Miner1 s Guide, 1836, p. 160); malheureusement, je ne connais pas la hauteur exacte du sol au-dessus du niveau de la mer. La profondeur de la mine de Monk-Wearmouth, à Newcastle, est de 456 m. seulement (Phillips, dans le Philos. Magaz., vol. V, 1834, p. 446); celle du charbonnage l'Espérance, à Seraing, 413 m., d'après H. de Dechen; celle de l'ancien charbonnage Marihaye, près de Val-Saint-Lanibert, dans la vallée de la Meuse, 376 m., d'après M. l'ingénieur des mines Gernaert. Les fouilles les plus profondes (en mesurant maintenant à partir du sol), ont été entreprises, pour la plupart, sur des plateaux ou dans des vallées tellement hautes que le niveau de la mer n'a été dépassé que de bien peu, ou même n'a jamais été atteint. Un puits de mine, actuellement abandonné, à Kuttenberg, en Bohême, était arrivé à l'énorme profondeur absolue de 1151 m. (F. A. Schmidt, Lois relatives aux mines dans la Mon. autrich., lre div., vol. I, p. xxxii. Allein.) A Saint-Daniel et à Geist, sur la Ilœrerbùhel (district de Kitzbiïhl), les travaux étaient parvenus , dans le xvie siècle, à 947 m. On conserve encore les plans des travaux exécutés sur la Rœrerbûhel, en 1539. (Joseph de Sperges, Histoire des mines du Tyroi, p. 121. Allem.) Cf. aussi Humboldt, Conseils sur l'achèvement de la galerie de Meissner, dans les mines de Freiberg, imprimé dans Herder, Sur la galerie d'écoulement actuellement en voie d'exécution, 1838, p. cxxiv, allem.) La profondeur extraordinaire de ces travaux paraît avoir été très-anciennement connue en Angleterre, car Gilbert, De Magnete, assure que l'homme a pu pénétrer, dans l'écorce terrestre, à 780 et même à 975 m. de profondeur. (« Exigua videtur tervx porlio quse unquam hominibus spectanda einerget aut eruitur: cum profundius in ejus viscera, ultra efflorescentis extremitatis corruptelam, aut propter aquas in magnis fodinis tanquam per venas scaturientes, aut propter aeris salubrioris ad vitam operariorum susti-
nendam necessarii defectum, aut propter ingentes sumptus ad tantos labores exantlandos, multasque difficultates, ad prof un dîores terrse partes penetrare non possumus; adeo ut quadringentas aut fquod rarissime] quingentas orgyas in quibusdam metallis descendisse, stupendus omnibus videatur conatus. » Guillielmi Gilberti, Colcestrensis, De Magnete Physiologia nova, Lond., 1600, p. 40.) Les profondeurs absolues des mines de Freiberg, en Saxe, sont de 592 et 557 m.; les profondeurs relatives ne dépassent pas 203 et 84 m.; en supposant que, pour trouver la hauteur du sol au-dessus de la mer, on prenne, avec Reich, 387 m. pour celle de Freiberg. La profondeur absolue des mines de Joachimsthal en Bohême, non moins célèbre pour sa richesse que celles de Freiberg, est de 646 m., sans que les travaux soient parvenus pour cela au niveau de la mer, puisque les mesures de H. de Dechen donnent environ 731 m. pour hauteur de la surface au-dessus de ce niveau. Dans le Hartz^ le puits Samson, à Andreasberg, a 670 m. de profondeur absolue. Je ne connais pas, dans la ci-devant Amérique espagnole, de mines plus profondes que celles de Valenciana, à Guanaxuato (Mexique), où j'ai mesuré la profondeur absolue des planes de San-Bernardo: ces planes avaient 514 m.; par conséquent il leur manquait encore 1816 mètres pour atteindre le niveau de la mer. La profondeur des anciens travaux de Kuttenberg surpasse la hauteur du mont Brocken, et n'est inférieure à la hauteur du Vésuve que de 65 m. Si on la compare à la hauteur des plus grands édifices construits par la main des hommes (la pyramide de Chéops et la flèche de la cathédrale de Strasbourg), on trouve le rapport de 8 à 1. Nos livres géologiques contiennent tant de données numériques d'une inexactitude manifeste; ces données ont été si souvent altérées par de fausses réductions qu'il m'a semblé utile de présenter ici tous les documents certains que j'ai pu recueillir sur les profondeurs absolues et relatives des mines et des puits artésiens. — Lorsqu'on descend de Jérusalem vers la Mer Morte, en se dirigeant à l'est, on jouit d'un spectacle unique dans le monde; je dis unique pour l'état actuel de nos connaissances sur l'hypsométrie de la surface terrestre : à mesure que l'on s'approche de la faille qui sert de lit au Jourdain, on marche à ciel ouvert sur des couches de roches dont la profondeur au-dessous du niveau de la Méditerranée est de 422 m.
d'après le nivellement barométrique de Bertou et de Russegger. (Humboldt, Asie centrale, tom. II, p. 323.)
(25) [page 129]. A défaut des travaux des mineurs, les couches qui se recourbent en forme de voûtes renversées, et que l'on voit plonger et reparaître plus loin, à une distance déterminée, peuvent donner des indications précieuses sur la constitution des parties très-profondes de la croûte terrestre; les données de cette nature ont un grand intérêt pour la géognosie. Je dois les remarques suivantes à un excellent géologue, M. de Dechen: « La profondeur de la dépression formée par les couches carbonifères de Lûttich, au mont Saint-Gilles, d'après les mesures que j'ai faites, de concert avec notre ami M. de OEynhausen, est d'environ 1186 m. au-dessous delà surface; comme le mont Saint-Gilles n'a certainement pas plus de 130 m. de hauteur absolue, le fond du sinus est à 1056 m. au dessous du niveau de la mer. Le sinus des lits de charbon de terre, à Mons,est encore de 568 m. plus profond. Mais ces profondeurs sont bien faibles en comparaison de celle qu'on peut déduire du gisement des lits de charbon de terre de Saar-Revier (Saarbrûcken). J'ai trouvé, par différents essais, que. la couche de charbon située aux environs de Dultweiler, près de Saarlouis, descend à 6710 m. au-dessous du niveau de la mer. » Ce résultat dépasse de 2600 m. la profondeur que j'ai attribuée, dans le texte, à un sinus formé par le plissement des strates devoniennes. Les lits de charbon de terre dont parle M. de Dechen s'enfoncent ainsi au-dessous du niveau de la mer, autant que le Chimborazo s'élève au-dessus du même niveau. A cette profondeur, la chaleur terrestre doit être de 224°. Des plus hautes cimes de l'Himalaya jusqu'à ces couches où la végétation du monde primitif est enfouie, la distance comptée verticalement est de U600 m. ou de «Ass du rayon de la terre.
(26) [page 133]. Platon, Phœdo, p. 97 (Aristot., Metaph., p. 985). Cf. Hegel, Philos, de Vhist., 1840, p. 16. Allem.
(27) [page 134[. Bessel, Considérations générales sur les travaux d'astronomie géodésique, à la fin de l'ouvrage de Bessel et Bœyer. Mesure d'un arc du méridien dans la Prusse orientale, p. 427. Quant au passage relatif à . \m\e voy. Laplace, Exp. du sysl. du Monde, p. 308.)
(28) [page 154]. PHn., II, 68. Sénéque, Nat. Quœst. Prœf , c. II. El mundo es poco (la terre est bien petite), disait Christophe Colomb, dans une lettre qu'il écrivait de la Jamaïque à îa reine Isabelle, le 7 juillet 1505, afin de lui faire comprendre que le chemin d'Espagne ne pouvait être long quand on cherchait d l'Orient en partant de l'Occident. i> Cf. mon Examen crit'de Vhist. de la Géogr. au XV* siècle, t. I, p. 85; et t. II, p. 527. Delisle, Fréret et Gosselin ont soutenu que les contradictions des Grecs sur les dimensions de notre globe étaient purement apparentes et pouvaient être levées en tenant compte de la différence des stades pris pour unités de mesure; j'ai montré, dans les deux passages cités plus haut, que cette opinion avait déjà été émise, en 1495, par Jaime Ferrer, dans une proposition faite par lui pour fixer la ligne de démarcation papale.
(29) [page 134]. Brewster, Life of sir Isaac Newton, 1831, p. 162 : «f The discoyery of the spheroidal form of Jupiter by Cassini had probably directed the attention of Newton to the détermination of ils cause, and consequently to the true figure of the earth. » La première publication de . Cassini sur l'aplatissement de Jupiter (il l'avait fixé à '/ts), date de 1691 (Anciens Mémoires de VAcad. des sciences, t. II, p. 108). Mais Lalande nous apprend (Astron.,^ éd., t. III, p. 355) queMaraldi possédait, en quelques feuillets imprimés d'un ouvrage latin de Cassini « sur les taches des planètes 4, la preuve que Cassini connaissait l'aplatissement de Jupiter avant 1666, c'est-àdire vingt-un ans avant l'apparition des Principia de Newton.
(50) [page 155]. D'après les recherches faites par Bessel sur dix mesures de degré , recherches où il a été tenu compte de la faute que Puissant a découverte dans le calcul de la mesure de degré française (Schumacher, Nouvelles astronomiques, 1841, n° 458, p. 116. Allem.), le demi-grand axe de l'ellipsoïde de révolution qui se rapproche le plus de la ligure irrégulière du sphéroïde terrestre est de 5272077*,14 (6377398ra,l ) ; le demi petit axe est de 3261159t,33 ( 6556079m,9 ); l'aplatissement est de Y29o,is. La longueur du degré moyen d'un méridien est de 57015t,l09 (111120ra,64), avec une erreur de + 2t,8405 (5m,556): ainsi, un mille géographique vaut 5807t,23 (7420m,45). Les résultats obtenus antérieurement par d'autres
auteurs en combinant les mêmes mesures de degré , oscillaient entre Ysoa et Y297, pour l'aplatissement. Ainsi, Walbeck, De forma et magnitudine Telluris in demensis arcubus meridiani definiendis, 1819, a trouvé Y302, 78 ; Ed. Schmidt, en 1829, a déduit */297, 48, de sept mesures de degré (Cours de mathém. et de géogr. phys., p. V); sur l'influence que de grandes différences en longitude exercent sur l'aplatissement polaire, v. la Bibliothèque universelle, t. XXXIII, p. 181, et t. XXXV, p. 56; v. aussi la Connaissance des temps, 1829, p. 290. — Laplace déduisit des seules inégalités lunaires la valeur de l'aplatissement, qu'il fixa à */5<m, s, d'après les anciennes tables de Biirg: et plus tard, à Y» 99» \, d'après les observations de la Lune discutées par Burckhardt et Bouvard (Mécanique céleste, t. Y, p. 13 et 145).
(31) [page 135] Voici les valeurs de l'aplatissement qu'on a déduites des oscillations du pendule: résultat général de la grande expédition de Sabine (1822 et 1823, depuis l'équateur, jusqu'à 80° de latitude nord), ykii% 7; d'après Freycinet, en excluant les séries de l'Ile-de-France, de Guam et de Mowi (Maoui), Y286, 2 ; d'après Forster, Y289, s ; d'après Duperrey, Y266, 4 ; d'après Lûtche (Partie nautique, 1836, p. 232), Y269, par onze stations. Les observations qui furent faites entre Formentera et Dunkerque ( Connaiss. des temps, 1816, p. 330) ont donné Ys98, 2, d'après Mathieu ; entre Formentera et l'île d'Unst Y3<>4, d'après Biot. Cf. Baily, Report on Pendulum experiments, dans les Memoirs of the royal Astron. Society, vol. VII, p. 96; Borenius, dans le Bulletin de VAcad. de Saint-Pétersbourg , 1843, t. I, p. 25. t- Le premier qui ait proposé d'employer la longueur du pendule à secondes comme base d'un système de mesure, et de prendre le tiers de celte longueur (supposée constante sur toute la terre) pour pes horarius, pour unité de mesure dont tous les peuples pourraient, en tout temps, retrouver la valeur, c'est Huyghens, dans son Horologium oscillatorium, 1673, prop. 25. Ce vœu se trouve reproduit sur un monument qui fut érigé solennellement sous l'équateur, par Bouguer, La Condamine et Godin. On lit sur la belle table de marbre, que j'ai retrouvée intacte dans l'ancien Collège des jésuites, à Quito: Penduli siniplicis œquinoxialis unius minuti secundi archetypus, mensurse naturalis exemplar, utinam universalis! D'après ce
que dit La Condamine dans son Journal de Voyage à l'Équateur, 1751, p. 155, sur certaines lacunes de l'inscription et sur ses différends avec Bouguer au sujet de quelques nombres, je m'attendais à trouver de notables discordances entre la table de marbre et l'inscription publiée à Paris. Toutes comparaisons faites, je ne pus découvrir que deux différences peu importantes: ex arcu graduum 5 lfi, au lieu de ex arcu graduum plusquam triwm, et au lieu de %?*%, la date 1745. Cette dernière date est singulière, car La Condamine et Bouguer revinrent en Europe en 1744, l'un au mois de novembre, l'autre au mois de juin; Godin lui-même avait déjà quitté l'Amérique en juillet 1844. La correction la plus importante et la plus utile qu'on eût pu faire aux nombres cités clans l'inscription eût été celle de la longitude astronomique de la ville de Quito (Humboldt, Recueil d'observ. astron., t. II, p. 319-554). Les latitudes gravées par Nouet sur les monuments égyptiens nous donnent un nouvel exemple du danger qu'il y a d'accorder trop légèrement une sorte de perpétuité solennelle à. des résultats faux ou mal calculés.
(32) [page 156]. Sur l'accroissement de la pesanteur que l'on a remarqué dans les îles volcaniques (Sainte-Hélène, Ouaian, Fernando-de-Noronha, Ile-de-France, Guaham, Mowi et îles Galapagos), sauf l'île de Rawak qui fait exception à cette règle, peut-être à cause du voisinage des hautes terres de la Nouvelle- Guinée (Lùtke, p. 240), v. Mathieu, dans VHist. de VAstron. au XVIIP siècle, par Pelambre, p. 701.
(35) [page 156]. De nombreuses observations ont prouvé qu'il existe, au milieu des continents eux-mêmes, des attractions lo, cales qui se trahissent par de grandes irrégularités dans la longueur du pendule (Delainbre, Mesure de la méridienne , t. III, p. 548; Biot, dans les Mém. de VJcad. des sciences i, t. VIII, 1829, p. 18 et 25). Lorsqu'on traverse, de l'ouest 'à l'est, le midi de la France et la Lombardie, on trouve à Bordeaux la plus faible intensité de la pesanteur; puis l'intensité croît rapidement à Figeac, à Clermont-Ferrand et à Milan, jusqu'à Padoue, où elle atteint son maximum. L'influence du versant méridional des Alpes sur ces variations ne doit pas être attribuée uniquement à la grande masse de cette chaîne; elle appartient surtout aux roches de mélaphyre et de serpentine qui en ont
opéré le soulèvement: celte opinion a été émise par Elie de Beaumont, dans ses Rech. sur les Révol. de la surface du globe. 1850, p. 729. On peut en dire autant des versants de l'Ararat, qui se trouve, avec le Caucase, à peu près au centre de gravité de l'Ancien-Continent (Europe, Asie, Afrique); les remarquables observations du pendule que Fedorow a faites sur ce point, bien loin d'établir l'existence de cavités souterraines, autorisent, au contraire, à conclure à celle de masses volcaniques d'une grande densité (Parrot., Foyage au mont Ararat, v. II, p. 145). On trouve dans les opérations géodésiques de Carlini et de Plana enLombardie des différences de 20" a 47 ",8 entre les latitudes astronomiques elles latitudes déduites de ces opérations (v., par exemple, Andrate et Mondovi, Milan et Padoue, dans les Opérations géodes, et astron. pour la mesure d'un arc du parallèle moyen, t. II, p. 547; Effemeridi astron. di Milano, 1842, p. 57). Si on calcule la latitude de Milan par celle de Berne, à l'aide de la triangulation française, on trouve lb°27'-S2" pour cette latitude, tandis que les observations astronomiques ont donné 45° 27' 55". Comme les perturbations s'étendent dans les plaines de la Lombardie jusqu'à Parme, bien loin au sud du Pô (Plana, Opérât, géodés., t. II, p. 847), il est permis de croire que les causes qui dévient le fil à plomb tiennent à la nature du sol même de la plaine. Des effets semblables se sont présentés à Struve, dans les plaines les plus unies de l'Europe orientale (Schumacher, Now. Astron., 1850, n° 164, p. 599). Quant à l'influence des masses pesantes que l'on suppose exister par une profondeur égale à la hauteur moyenne de la chaîne des Alpes, v. les expressions analytiques que Hossard et Rozet ont insérées dans les Comptes rendus , t. XVIII, 1844, p. 592; et Cf. avec Poisson, Traité de mécanique, 2e éd., 1. 1, p. 482. La première indication de l'influence que les roches de diverse nature peuvent exercer sur les oscillations d'un pendule a été donnée par Thomas Young, dans les Philos, transacl. for 1819, p. 70-96. Mais lorsqu'il s'agit de tirer des observations du pendule quelque conclusion sur la courbure de la terre, il ne faut pas perdre de vue que la consolidation de la croûte terrestre peut avoir été antérieure à l'éruption des masses basaltiques et métallifères. Uvjtirëqqt 'Ah i^uW.ih yJJoo bb '.>*>>v>i\\ 'jbru.-v; cl k Jn'urnupirii: (54) [page 156]. Laplace, Exp. du syst. du Monde, p. 251
(55) [page 157]. Les observations du pendule faites par La Caille, au Cap de Bonne-Espérance, et calculées avec le plus grand soin par Mathieu (Delambre, ffist de V Astron. au XV IIP siècle, p. 479), donnent un aplatissement de 1/28454; mais, de quelque manière que l'on combine les observations faites sous les mêmes latitudes, dans les deux hémisphères, on ne trouve aucune raison de croire l'aplatissement de l'hémisphère austral plus fort que celui de l'hémisphère boréal (Biot, dans les Mém. de VAcad. des sciences, t. VIII, 1829, p. 59-41).
(55) [page 157], Les trois méthodes d'observation donnent les résultats suivants: 1° Par la déviation du fil à plomb près du mont Shehallien (en gallois Thichallin), dans le Perlhshire, méthode proposée autrefois par Newton et mise à exécution , en 1774-1776 et en 1810, par Maskelyne , Hutton et Playfair : 4,715; 2° Par les oscillations d'un pendule observé sur le sommet dune montagne et dans la plaine: 4,857 (observations de Carlini sur le Mont-Cenis, comparées aux observations de Biot, à. Bordeaux, Effemer. astr. J/tao, 1824,-p. 184); 5° Parla balance de torsion et à l'aide d'un appareil imaginé primitivement par Mitchell, Cavendish a trouvé 5,48 (d'après Hutton, qui a revu les calculs, 8,52; d'après la révision d'Edouard Schmidt, 5,52: Cours de géogr. malhèm., vol. I, p. 487. Allem.) ; par la balance de torsion Heich a trouvé 5,44. Dans le calcul de ces dernières recherches, véritable chef d'œuvre d'exactitude, le professeur Reich obtint d'abord, pour résultat moyen, 5,45 (avec une erreur probable de 0,0255 -seulement); mais, en tenant compte de la quantité dont la force centrifuge diminue l'intensité de la pesanteur, sous la latitude de Freiberg (50° 55'), on obtient définitivement 5,44. La substitution du fer fondu au plomb n'a produit aucune différence qu'on ne fût en droit d'attribuer aux petites erreurs de l'observation; il ne s'est manifesté aucune trace d'action magnétique (Reich, Recherches sur la densité moyenne de la terre, 1858, p. 60, 62 et 66, allem.).
La densité moyenne de la terre, que l'on déduisit d'abord des observations faites au sommet et au pied des montagnes, est trop faible d'environ lf& : 4,761 (Laplace. Mècan. céleste, t. V , p. 46) ou 4,785 (Ed. Schmidt, Cours de géogr. mathèm., vol. I, g 587 et 418). Cette différence s'explique par l'emploi, dans les calculs, d'une valeur trop faible de l'aplatissement, et par la
difficulté de déterminer avec exactitude la densité des roches de la surface. — Voy. sur l'hypothèse de Halley (citée p. 138. dans le texte) qui considérait la terre corne une sphère creuse (c'est là le germe des idées de Franklin sur les tremblements de terre), les Philos, transact., for the year, 1693, vol. XVII. p. 563. (On the structure of the internai parts of the Earth , and the concave habitated arch of the shell. ) Halley pense qu'il est plus digne du Créateur « que le globe terrestre soit habité à l'intérieur et à l'extérieur, comme une maison à plusieurs étages. Quant à la lumière nécessaire pour éclairer l'intérieur, il doit y avoir été pourvu d'une façon quelconque (p. 876). «
(37) [page 139]. Cette question a été l'objet des beaux travaux analytiques de Fourier, de Biot, de Laplace, de Duhamel et de Lamé. Dans la Théorie mathématique de la Chaleur, 1835, p. 3, 428-430, 436 et 521-524 (voy. aussi l'extrait qu'en a fait De la Rive dans la Bibliothèque univers, de Genève, t. LX, p. 415), Poisson a développé une hypothèse complètement opposée aux vues de Fourier (Théorie analytique de la Chaleur). Il nie que le noyau de la Terre soit actuellement à l'état liquide; suivant lui, « lorsque la Terre s?est refroidie en rayonnant vers le milieu ambiant, les parties de la surface qui se sont solidifiées les premières, se sont aussitôt précipitées vers le centre, et un double courant ascendant et descendant a ainsi diminué la grande inégalité qui aurait eu lieu dans un corps solide dont le refroidissement s'opère à partir de la surface. » Le grand géomètre admet que la solidification a débuté par les parties les plus rapprochées du centre; « que le phénomène de la chaleur croissant avec la profondeur ne s'étend point à la masse entière du globe, et qu'elle est une simple conséquence du mouvement de notre système planétaire dans l'espace céleste, dont les diverses parties possèdent , en vertu de la chaleur stellaire, des températures très-différentes. " La chaleur des eaux de nos puits artésiens neiserait donc, d'après Poisson , qu'une chaleur étrangère qui aurait pénétré de l'extérieur à l'intérieur du globe terrestre; « on pourrait comparer celui-ci à un bloc de rocher que l'on transporterait de l'équateur jusque sous les pôles , assez rapidement pour qu'il n'eût pas le temps de se refroidir entièrement: l'accroissement de tempé-
rature ne s'étendrait pas, dans un tel bloc, jusqu'aux couches voisines du centre. « On peut lire dans les Annales de Physique et de Chimie de Poggendorff, vol. XXXIX, p. 93-100, les justes objections que cette singulière théorie cosmogonique a soulevées, en attribuant aux espaces célestes un phénomène qui s'explique bien mieux par le passage de la matière primitivement gazeuse à l'état actuel de solidification.
(58) [page 140]. L'accroissement de chaleur indiqué par le puits de Grenelle, à Paris, est de 1° pour 32 m.; par le puits artésien de Neu-Salzwerk, près de Minden, en Prusse, de 1° pour 29m,6 ; à Prégny, près de Genève, l'orifice du puits artésien est situé à 490 m. au-dessus du niveau de la mer, et pourtant l'accroissement y est encore de 1° pour 29m,6 d'après Auguste De la Rive et Marcet. Cette méthode a été proposée pour la première fois, en 1821, par Arago (Annuaire du Bureau des Longitudes, 1835, p. 234); on vient de voir l'admirable concordance des résultats qu'elle a fournis par trois puits artésiens dont les profondeurs sont respectivement 547, 680 et 221 mètres. S'il est deux points sur la terre (situés à peu de distance l'un au-dessous de l'autre) dont les moyennes températures annuelles soient bien connues, ces deux points se trouvent à l'Observatoire de Paris où la température de l'air extérieur est 10°,822, et celle des caves 11°,834 ; la différence est 1°,012 pour 28 m. de profondeur (Poisson, Théorie mathém. de la Chaleur, p. 415 et 462). Il paraît que, dans le cours de ces dix-sept dernières années, certaines causes dont la nature n'est pas encore parfaitement connue ont, fait monter de 0°,220 , non la témperature des caves de l'Observatoire, mais bien les indications du thermomètre qui s'y trouve fixé. Si les puits artésiens présentent quelques chances de perturbations dans leur température propre, pour peu que des eaux étrangères s'y introduisent par des fissures latérales, les observations faites dans les mines sont exposées à bien d'autres erreurs, à cause des courants d'air froid qui y circulent sans cesse. Les nombreuses recherches que Reich a faites sur la température des puits des mines de Saxe établissent un accroissement un peu plus lent de la chaleur terrestre; Reich trouve 1° d'augmentation pour 41m, 84. (Observations sur la température des couches à diverses profondeurs, 1834, p. 134.) Cependant, Phillips a trouvé
(Annales de Poggend., vol. XXXIV, p. 191) dans un puits de la houillère de Monk-Wearmouth , à Newcasile, dont la profondeur est de 456 m. au-dessous du niveau de la nier, une augmentation de chaleur de 1° pour 32m,4, résultat presque identique à celui qu'Aràgo et Walferdin ont obtenu par le puits de Grenelle; -, <w.;{i .lty. Y]n\m rnid oopilri/^V j
(39) [page 141]. Boussingault, Sur la profondeur à laquelle se trouve la couche de température invariable, entre les tropiques, dans les Annales de Chimie et de Physique, t. LUI, 1833, p. 225-247.
(40) [page 142]. Laplace, Exp. du syst. du Monde, p. 229 et 263; Mécanique céleste, t. V, p. 18 et 72. Il est à remarquer que la fraction Y270 de degré centésimal du thermomètre à mercure, laquelle désigne, dans le texte, la limite de la stabilité de la température terrestre, depuis les temps d'Hipparque, suppose que la dilatation des matières dont le globe terrestre se compose est égale à celle du verre, ou à '/îoo 000 Pour *° du thermomètre. Voy. les remarques d'Arago sur cette hypothèse, dans Y Annuaire pour 1834, p. 177-190.
(41) [page 143]. William Gilbert, de Golchester, que Galilée nommait « grand jusqu'à faire naître l'envie, » disait déjà: « Magnus magnes ipse est globus terrestris. « Il raillait les montagnes d'aimant que Fracastor, l'illustre contemporain de Christophe Colomb, plaçait aux pôles: « Rejicienda est vulgaris opinio de montibus magneticis, aut rupe aliqua magnetica, aut polo phantastico a polo mundi distante. » Il admet que la déclinaison de l'aiguille aimantée est invariable sur toute la terre (varialio uniuscujùsque loci constans est)j et il explique les courbures des lignes isogoniques parla configuration des continents et la situation des bassins des mers, dont l'action magnétique est moindre que celle des masses solides qui s'élèvent au-dessus du niveau de l'Océan (Gilbert, De Magnete, ed. 1633, p. 42, 98, 152 et 155.)
(42) [page 143]. Gauss, Théorie générale du Magnétisme terrestre, dans les Résultats des observations de V Union pour le magnétisme, 1838, g 41, p. 56.
(43) fpage 144]. 11 existe d'autres causes perturbatrices encore plus locales, dont le siège est peut-être moins profondément situé, et dont les effets ne s'étendent pas très-loin. J'ai fait connaître, il y a déjà longtemps, un exemple fort rare de ces perturbations exceptionnelles qui s'étaient fait sentir dans les mines de Saxe et non à Berlin (Lettre de M. de Humboldt à son A. R. le duc de Sussex, sur les moyens propres à perfectionner la connaissance du magnétisme terrestre, dans le Traité expérimental de V 'électricité, t. VII, p. 442). On a vu certains orages magnétiques se manifester simultanément depuis la Sicile jusqu'à Upsala, sans se propager d'Upsala à Alten (Gauss et Weber, Résultats de V Union magnétique, 1839, p. 128; Lloyd, dans les Comptes rendus de V Académie des Sciences, t. XIII, 1845. Sém. II, p. 725 et 827). Parmi les nombreux et récents exemples de ces perturbations , que Sabine a rassemblés dans son important ouvrage (Observ. on days ofunusual magnetic disturbance, 1843), l'un des plus remarquables est celui du 25 septembre 1841:1a perturbation se fit sentir à Toronto, dans le Canada, au cap de Bonne-Espérance, à Prague, et, en partie du moins, à la Terre de Van-Diémen. Les Anglais attachent tant d'importance à la solennité du dimanche qu'ils croiraient commettre un péché s'ils consentaient à lire une échelle graduée une fois que minuit a sonné dans la nuit qui suit le samedi, quand bien même il s'agirait des plus merveilleux phénomènes delà création. Or, comme l'orage magnétique dont nous parlons tomba précisément sur un dimanche, dans la Terre de Van-Diémen, à cause de la différence de longitude , l'observation resta incomplète. (Observ., p. XIV, 78, 85^1 87).
(44) [page 144]. J'ai montré dans le Journal de Physique de Lamétherie, 1804, t. L1X, p. 449, comment on peut déterminer la latitude à l'aide de l'inclinaison de l'aiguille aimantée, sur une côte dirigée du nord au sud qui, comme celles du Chili et du Pérou, serait constamment enveloppée de brouillards (garua) pendant une partie de l'année. Cette application est d'une utilité d'autant plus réelle, pour cette localité, qu'un courant violent y porte du sud au nord, jusqu'à Gabo-Parina, et qu'un navigateur perdrait beaucoup de temps si, faute de bien connaître sa latitude, il attaquait la côte au nord du port où il veut relâcher. Dans la mer du Sud, depuis le Gallao de Lima
jusqu'à Truxillo, c'est-à-dire, pour une différence en latitude de 5W 87', j'ai trouvé 9° (division centésimale) de variation dans l'inclinaison de l'aiguille aimantée; de Gallao à Guavaquil, j'ai trouvé, pour 9° 50' de différence en latitude, 23°,05 de différence dans l'inclinaison magnétique "(voy. ma Relation historique, t. III, p. 622). A Guarmey (lat. 10°4' sud), à Huaura (lat. 11° 3'), à Chancay (lat. 11° 22'), les inclinaisons sont respectivement: 6°,80; 9°,00 et 10°,35 de la division centésimale. Cette méthode pour déterminer la latitude à l'aide de la boussole d'inclinaison est donc parfaitement applicable lorsque le vaisseau fait route en coupant à peu près à angle droit les lignes isocliniques, et elle a cet avantage remarquable sur toutes les autres méthodes qu'elle n'exige point la détermination de l'heure, ni par conséquent l'observation du Soleil ou des autres astres. J'ai trouvé tout récemment que, vers la fin du xvie siècle, vingt ans à peine après l'invention de Y IncÀinatorium par Robert Norman, William Gilbert avait proposé, dans son grand ouvrage De Magnete, de déterminer la latitude par l'aiguille aimantée, lorsque le ciel est nébuleux « aëre caliginoso » (Physiologia nova de Magnete, lib. V, cap. 8, p. 200). Edward Wright dit, dans la préface qu'il a jointe à l'œuvre de son illustre maître, qu'une telle proposition « vaut beaucoup d'or. » Mais comme il croyait, avec Gilbert, que les lignes isocliniques coïncidaient avec les parallèles de la sphère, ainsi que l'équateur magnétique avec l'équateur géographique, il n'a point remarqué que cette méthode ne saurait être employée partout, mais seulement dans quelques localités.
(45) [page 144]. Gauss et Weber, Résultat de V Union magnétique, 1838, g 31, p. 46.
(46) [page 145]. D'après Faraday (London and Edinburgh Philosophical Magazine, 1836, vol. VIII, p. 178), le cobalt pur ne possède aucune propriété magnétique. A la vérité, d'autres chimistes célèbres (Henri Rose et Wœhler) ne regardent pas les expériences de Faraday comme complètement décisives. Cependant, si de deux masses de cobalt épurées avec soin et supposées toutes deux exemptes de nickel , l une se montrait indifférente au magnétisme (je parle du magnétisme en repos), tandis que l'autre présenterait quelques propriétés magnétiques , on serait en droit, ce me semble , de soupçonner dans
celle-ci un manque de pureté, et de conclure comme l'a fait Faraday.
(47) [page 145]. Arago, dans les Annales de Chimie, t. XXXII, p. 214; Brewster, Treatise of Magnetism, 1837, p. 111; Baumgartner,dans le Journal de phys. et de mathém.,\o\. II, p. 419. Allem.
(48) [page 145]. Humboldt, Examen critique de Vhist. de la géographie, t. III, p. 36.
(49) [page 145]. Asie centrale, 1. 1, Introduction, p. xxxvii-xlii. Les peuples occidentaux, les Grecs et les Romains savaient que l'on peut communiquer au fer des propriétés magnétiques permanentes {» Sola hase materia ferri vires a magnete lapide accipit retinetque longo tempore. » Plin., XXXIV, 14). On aurait donc pu découvrir aussi dans l'Occident la force directrice du globe, si on s'était avisé de suspendre à un fil ou de faire flotter sur l'eau, à l'aide d'un support en bois, un long fragment d'aimant ou un barreau de fer aimanté, et d'observer ensuite leurs mouvements dans l'état de liberté.
(50) [page 146]. Les lieux où la déclinaison magnétique est invariable, ou, du moins, n'éprouve que de lentes variations séculaires, sont les seuls où l'on puisse fixer les lignes de démarcation à l'aide de la boussole , sans tenir compte des corrections de la déclinaison de l'aiguille, et sans s'exposer au danger de voir les actions magnétiques du globe faire changer, à la longue, la superficie légalement constatée des propriétés. « Thewhole mass ofWest-India property,» dit sir John Herschel, « had been saved from the bottomless pitofendless litigation, bythe invariability of the magnetic declination inJamaica and the surrounding archipelago, during the whole of the last century, ail surveys of property there havingbeen conducted solely by the compass. » Voy. Robertson, dans la Philos. Transact.^ for 1806, P. II, p. 248. On the permanency of the compass in Jamaica since 1660. Dans la mère-patrie (l'Angleterre), la déclinaison a varié de 14° dans le même laps de temps.
(51) [page 146]. J'ai montré ailleurs que les documents qui nous sont parvenus sur les voyages de Ghristophe Colomb peuvent servir à fixer la position exacte de trois points de la
ligne atlantique sans déclinaison, pour le 13 septembre 1492 le 21 mai 1496 et le 16 août 1498. La ligne atlantique sans* déclinaison était alors dirigée du N. 0. au S. 0.; elle touchait le continent méridional de l'Amérique, un peu à l'est du cap Godera, tandis qu'elle le touche aujourd'hui au nord du Brésil (Humboldt, Examen critique de Vhist. de la géogr. , t. III, p. 44-48). On voit clairement par la Physiologia nova de Magnete de Gilbert (lib. IV, cap. 1), qu'en 1660 la déclinaison était nulle aux environs des Aeores, comme du temps de Colomb. Je crois avoir prouvé, sur des documents certains, dans mon Examen critique (t. III", p. 54), que si la fameuse ligne de démarcation , établie par le pape Alexandre VI pour partager l'hémisphère occidental entre le Portugal et l'Espagne , n'a point été tracée par la plus occidentale des Acores, c'est parce que Colomb désirait faire d'une division naturelle une division politique. Aussi, Colomb a-til toujours attaché une importance extrême à la zone (raya)'» où la boussole est sans variation, où l'air et la mer couverte d'herbes marines commencent à offrir une constitution nouvelle, où les brises fraîches commencent à se faire sentir, et la courbure de la terre à changer, » (Ce dernier point lui paraissait résulter de quelques observations de la polaire dont il serait superflu de vouloir aujourd'hui démontrer la fausseté.)
tô'j «î'jb t»iqifio6 finoJ ?,fw?. . dIo^jjou* r.i Mbifit'l L i:oiUr>n:ui (52) [page 147]. Une des questions dont la solution importe le plus à la théorie physique du magnétisme terrestre c'est de savoir si les deux systèmes ovales de lignes isogoniques doivent conserver leur forme singulière, pendant toute la durée de ce siècle, où s'ils doivent finir par se dissoudre en se développant? Dans le nœud de l'Asie orientale, la déclinaison augmente de dehors en dedans. Le contraire a lieu pour le nœud ou l'ovale de la mer du Sud; on ne connaît même aujourd'hui dans toute la mer du Sud, à l'est du méridien du Kamschatka, aucune ligne de déclinaison qui soit au-dessous de 2" (Erman, dans les Annales dePoggend., vol. XXI, p. 129). Cependant Cornélius Schouten aurait trouvé, en 1616, le jour de Pâques, la déclinaison nulle par 15° de latitude sud et par 152° de longitude occidentale, c'est-à-dire un peu dans le sud-ouest de Noukahiva (ïiansteen, Magnétisme de la Terre, 1819, p. 28. Allem.). Il ne faut pas perdre de vue que les déplacements des
lignes magnétiques ne peuvent être suivis autrement qu'en projection sur la surface même du globe.
(53) [page 147]. Arago, dans Y Annuaire, 1836, p. 284 et 1840, p, 530-338.
(54) [page 148J. Gauss, Théorie générale, du magnétisme terrestre, g 51. Allem.
(55) [page 148]. Duperrey, De la configuration de Véquateur magnétique, dans les Annales de Chimie^ t. XLV, p. 371 et 379. (Voy. aussi Morlet, dans les Mémoires présentés par divers savants à VAcad. roy. des Sciences , t. III, p. 152.)
(56) [page 149]. Voy. dans l'ouvrage de Sabine (Contributions to terrestrial magnetism \ 1840, p. 139.) la remarquable carte des lignes isocliniques , dans l'Océan Atlantique, pour les années 1825 et 1837.
(57) [page 149]. Humboldt, Sur les variations séculaires de V inclinaison magnétique, dans les Annales de Poggend., vol. XV, p. 322.
(58) [page 149]. Gauss, Résultats des observ. de l'Union magnéto 1858, g 21; Sabine, Report on the variations of themagnetic intensity, p. 65.
(59) [page 149]. Voici l'exposé historique des faits relatifs à la découverte d'une loi importante pour le magnétisme terrestre, celle des intensités croissant (en général) avec les latitudes magnétiques. Lorsque je voulus m'adjoindre, en 1798, à l'expédition du capitaine Baudin, pour un voyage de circumnavigation, Borda s'intéressa vivement à mon projet et m'invita à faire osciller une aiguille verticale dans le méridien magnétique, par différentes latitudes, sur l'un et l'autre hémisphère, afin d'examiner si l'intensité magnétique varie, ou si elle est partout la même. Ces recherches furent effectivement un des objets principaux que j'eus en vue lorsque j'entrepris mon voyage dans les régions équinoxiales dç l'Amérique. Là, je parvins à constater, par mes observations, qu'une même aiguille faisant, en 10 minutes, 245 oscillations à Paris, en fait 246 à la Havane,242à Mexico, 216 à San-Carlo del Rio-Negro (lat. 1° 55' N., long. 80° 40' O.); 211 seulement au Pérou, sur l'équateur magnétique, c'est-à-dire sur la ligne où l'inclinaison-: 0 (lat. 7° ¥ S.,
long. 80° 40' 0.), et que cette même aiguille, transportée à Lima (lat. 12° 2' S.), exécute 219 oscillations dans le même intervalle de temps. Ainsi, de 1799 à 1803, j'ai trouvé qu'en représentant par 1,0000 la force totale sur l'équateur magnétique, dans la chaîne des Andes péruviennes, entre Micuipampa et Caxamarca, la force totale à Paris est représentée par 1,3482: à Mexico par 1,5155; à San-Carlo del Rio-Negro, par 1,0480; à Lima, par 1,0773. Lorsque je développai à l'Institut, le 26 frimaire an Xïll, dans un Mémoire dont la partie mathématique appartient à M. Biot, la loi des variations de l'intensité de la force magnétique du globe, en montrant qu'elle était vérifiée par les valeurs numériques déduites des observations que j'avais faites en 104 points différents, la loi et les faits parurent complètement nouveaux. Ce fut seulement après la lecture de ce Mémoire que M. de Rossel communiqua à M. Biot six observations antérieures, faites de 1791 à 1794, à la terre deVan- Diémen, à Java et à Amboine : cette circonstance a été expressément consignée par Biot dans le Mémoire indiqué ci-dessus (Lamétherie, Journal de Physique, t. LIX, p. 446, note 2) et par moi-même dans la Relation hislor.,t. I, p. 262, note t. Les observations de M. de Rossel établissent aussi le décaissement d'intensité dans l'archipel Indien. Il est à présumer qu'avant la lecture de mon Mémoire, cet excellent homme n'avait point reconnu, dans ses propres travaux, la régularité avec laquelle l'intensité augmente ou diminue ; car il n'avait jamais parlé de cette loi importante à nos amis communs Laplace, Delambre, Prony et Biot. Ce fut en 1808 seulement, c'est-à-dire quatre ans après mon retour d'Amérique, que les observations de M. de Rossel parurent dans \e Voyage d'Entrecasteaux, t. II, p. 287, 291, 321, 480 et 644. Dans toutes les Tables d'intensité magnétique qui ont paru , soit en Allemagne (Hansteen , Magnét. de la Terre, 1819, p. 71; Gauss, Obs.de V Union magnèt., 1838, p. 36-39; Erman, Obs. phys., 1841, p. 529-579), soit en Angleterre (Sabine, Report on magnet. Intensity, 1838 , p. 43-62; Contributions to terreslrial magnetism., 1843), soit en France (Becquerel, Traité dJElectr. et de Magnét., t. VII, p. 354-367), on a conservé l'habitude de réduire les oscillations observées en quelque lieu que ce soit sur la surface du globe à la mesure de la force que j'ai trouvée sur l'équateur magnétique, dans le Pérou septentrional; c'est ainsi que cette force
étant choisie pour unité conventionnelle, l'intensité magnétique à Paris se trouve exprimée par 1,548. Mais d'autres observations, antérieures même à celles de l'amiral Rosse!, ont été faites par Lamanon, pendant la malheureuse expédition de Lapérouse, et adressées à l'Académie des Sciences: ces observations, commencées pendant la relâche à l'île de Ténériffe (1785), ont été continuées jusqu'à l'arrivée à Macao (1787). On sait positivement (Becquerel, t. VII, p. 320) qu'elles étaient déjà, en juillet 1787, entre les mains de Gondorcet; mais, quelques recherches qu'on ait pu faire jusqu'à présent, ces observations n'ont point été retrouvées. Le capitaine Duperrey possède la copie d'une lettre très-importante de Lamanon, adressée au secrétaire perpétuel de l'Académie et oubliée dans l'impression du Voyage de Lapérouse. Il y est dit expressément « que la force attractive de l'aimant est moindre dans les tropiques qu'en avançant vers les pôles, et que l'intensité magnétique, déduite du nombre des oscillations de l'aiguille de la boussole d'inclinaison, change et augmente avec la latitude. « Si l'Académie des Sciences s'était crue autorisée à devancer le retour alors espéré de l'infortuné Lapérouse et à publier, en 1787, une vérité qui a dû être retrouvée depuis par deux voyageurs complètement étrangers l'un à l'autre, la théorie du magnétisme terrestre n'aurait pas attendu dix-huit ans le progrès dont elle devait être dotée par la découverte d'une nouvelle classe de phénomènes. Cette simple exposition des faits justifiera sans doute le passage suivant de ma Relation historique, t. III, p. 615: « Les observations sur les variations du magnétisme terrestre auxquelles je me suis livré pendant trente-deux ans , au moyen d'instruments comparables entre eux, en Amérique, en Europe et en Asie, embrassent, dans les deux hémisphères, depuis les frontières de la Dzoungarie chinoise jusque, vers l'ouest, à la mer du Sud qui baigne les côtes du Mexique et du Pérou, un espace de 188° de longitude, depuis les 60° de latitude nord jusqu'aux 12° de latitude sud. J'ai considéré la loi du décroissement des forces magnétiques, du pôle à Fé quateur, comme le résultat le plus important de mon voyage américain. » Il n'est pas certain ] mais il est très-probable que Condorcet a lu la lettre de Lamanon du mois de juillet 1787, dans une séance de l'Académie des sciences; et je regarde une simple lecture de ce genre comme une publication parfaitement
valable (Annuaire du Bureau des Longitudes, 1842, p. 465). Ainsi le compagnon de Lapérouse est incontestablement le premier qui ait reconnu l'existence de la loi; mais cette loi de l'intensité du magnétisme terrestre variable avec la latitude, loi qu'on a si longtemps négligée ou laissée dans un profond oubli, n'a reçu, ce me semble, une véritable existence scientifique qu'à dater de l'époque où j'ai publié mes observations de 4798 à 1804. L'objet et la longueur de cette note ne surprendront point les personnes qui connaissent l'histoire récente du magnétisme et les incertitudes qu'elle a pu faire naître dans quelques esprits; on m'excusera d'attacher de l'importance au fruit de recherches pénibles, souvent périlleuses, entreprises dans un noble but et continuées pendant cinq ans avec énergie, malgré le poids du climat des tropiques.
(60) [page 150]. Les observations que l'on a pu recueillir jusqu'à présent donnent 2,052 pour le maximum d'intensité sur la surface entière du globe terrestre, et 0,706 pour le minimum. Le maximum et le minimum appartiennent à l'hémisphère austral; le premier a été observé près du mont Grozier, à l'ouest-nord-ouest du pôle sud magnétique, par 73° 47' de latitude sud, et par 169° 50' de longitude ouest, en un point où le capitaine James Ross a trouvé 87° 11' pour l'inclinaison de l'aiguille (Sabine, Contributions lo lerrestrial Magnetism, 1845, n° 5, p. 231). Le minimum a été observé par Erman, par 19° 59' de latitude sud et 37° 24' de longit. ouest, à 80 milles à l'est de la côte brésilienne de la province Espiritu- Santo (Erman, Obser. phys., 1841, p. 570); en ce point, l'inclinaison est seulement de 7° 55'. Ainsi, le rapport exact des intensités est celui de 1 à 2, 906. Longtemps on a cru que l'intensité la plus forte ne dépassait pas deux fois et demie lïntensité la plus faible qu'on pût trouver sur la surface de notre planète (Sabine, Report on magn. intetisity, p. 82).
(61) [page 151]. Pline a dit sur l'ambre (Succinum, glassum) XXXVII, 3: « Gênera ejus plura. Attritu digitorum accepta caloris anima trahunt in se paleas ac folia arida quœ levia sunt, ac ut magnes lapis ferri ramenta quoque. » (Plato, in Timœo, p. 80; Martin, Études sur le Timée, t. Il, p. 343- 346; Strabo, XV, p. 703, Casaub.; Sanctus Glemens Alex., Slrom., II, p. 370, où l'on trouve une distinction singulière en-
tre to o-oû^tov et rb ehwcpow). Lorsque Thalès, dans Aristot, De 4nima, \, 2, et Hippias, dans Dïog. Laert., I, 24, attribuent une à;me à l'aimant et à l'ambre, il est évident que ce mot âme désigne simplement ici une force ou une cause de mouvement.
(62) [page 151]. « L'aimant attire le fer, tout comme l'ambre attire les plus petites graines de sénevé. C'est comme si un souffle mystérieux parcourait ces deux matières et se communiquait avec la rapidité de la flèche. » Ainsi parlait Kouopho, ce philosophe chinois qui écrivit l'éloge de l'aimant, vers le commencement du IVe siècle (Klaproth, Lettre à M. A. de Humboldt, sur Vinvention de la Boussole, 1834, p. 125).
(65) [page 152]. « The phenomena of periodical variations dépend manifestly on the action of solar heat, operating probably through the médium of thermoelectric currents induced on the earth's surface. Beyond this rude guess however nothing is as yet known of the physical cause. It is even still a matter of spéculation, whether the solar influence be a principal, or only a subordinate cause in the phenomena of terrestrial magnetism. » (Observ. to be made in the Antarctic exped., 1840, p. 35.)
(64) [page 152]. Barlow, dans les Philos. Transaat, for 1822, p. I, p. 117; sir David Brewster, Treatise on Magnetism, p. 129. L'influence de la chaleur pour diminuer la force directrice de l'aiguille aimantée a été enseignée dans l'ouvrage chinois Outhsa-tsou, long-temps avant Gilbert et Hooke (Klaproth, Lettre à M. A. de Humboldt, sur Vinvention de la Boussole, p. 96).
(65) [page 153]. V. le mémoire On terreslrial magnetism. ? dans la Quart. Review, 1840, vol. LXVI, p. 271-312.
(66) [page 153]. Lorsque je proposai, pour la première fois , de fonder un réseau d'observatoires, tous munis d'instruments semblables, je n'avais guère alors l'espoir de vivre assez pour voir mes vœux réalisés, comme ils l'ont été en effet par les efforts réunis d'astronomes et de physiciens distingués ^ et surtout par l'intervention généreuse et soutenue de deux grandes puissances, la Russie et l'Angleterre. Aujourd'hui, grâce au concours de tant de pouvoir et de tant de lumières, les deux hémisphères sont couverts d'observatoires magnétiques. J'avais
formé le projet d'observer, sans interruption, la marche de l'aiguille aimantée pendant cinq ou six jours et autant de nuits, principalement à l'époque des solstices et des équinoxes, et j'avais mis ce projet à exécution, à Berlin, en 1806 et en 1807 , avec mon ami et mon collaborateur, M. Oltmanns. J'étais persuadé qu'une série d'observations continuées, sans interruption (obsermtio perpétua), pendant plusieurs jours et plusieurs nuits, serait plus fructueuse que des observations isolées faites durant plusieurs mois. L'appareil employé, une lunette magnétique de Prony, suspendue dans une boîte à glaces à l'aide d'un fil sans torsion, permettait de mesurer des angles de sept ou de huit secondes sur une mire éloignée qui portait des divisions fines et qu'on éclairait, la nuit, avec une lampe. Déjà, à cette époque, des perturbations (orages magnétiques) qui revenaient parfois aux mêmes heures, pendant plusieurs nuits consécutives, me faisaient désirer vivement que de semblables appareils fussent observés simultanément à l'ouest et à l'est de Berlin, afin de pouvoir enfin distinguer les phénomènes généraux du magnétisme terrestre, d'avec les perturbations locales qui se produisent, soit dans la croûte inégalement échauffée de notre alobe, soit dans l'atmosphère où se forment les nuages. Mon voyage à Paris et les troubles politiques de celte époque s'opposèrent alors à l'accomplissement des vœux que j'avais exprimés. Mais, en 1820, la grande découverte d'OErsted vint répandre une vive lumière sur l'intime connexité de l'electricité et du magnétisme, et attirer enfin l'intérêt général sur les variations périodiques de la tension magnétique du globe. Arago, qui avait commencé quelques années auparavant, à 1 Observatoire de Paris, avec une admirable boussole de déclinaison de Gambey, la plus longue série continue d'observations horaires qu'il y ait en Europe, Arago, dis-je, montra, par la comparaison de ses observations avec celles de Kasan, faites aux mêmes heures et accusant les mêmes perturbations, tout l'avantage qu'on pouvait retirer de mesures correspondantes de la déclinaison. Lorsque je retournai à Berlin, après un séjour de dix-huit ans à Paris, je fis élever un petit observatoire magnétique pendant l'automne de 1828, afin de continuer le travail commencé en 1806, et surtout dans le but d'instituer un système d'observations simultanées, faites à des heures convenues, à Berlin, à Paris et dans les mines de Freiberg (par 66 m.
de profondeur). La simultanéité des perturbations et le parallélisme des mouvements de l'aiguille, pendant les mois d'octobre et de décembre 1829, furent dès lors représentés graphiquement (Annales de Poggend., vol. XIX, p. 557, tabl. Mil). Bientôt une expédition entreprise en 1819, sur l'ordre de l'empereur de Russie, dans l'Asie septentrionale , vint me fournir l'occasion d'exécuter mon plan sur une échelle plus vaste. Ce plan fut développé dans le sein d'une commission spécialement instituée à cet effet par l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg ; en conséquence, sous la protection du chef du corps des mines , le comte Cancrin , et sous la savante direction du prof. Kupffer , des stations magnétiques furent établies dans toute l'Asie septentrionale, depuis Nicolajeff, Catharinenbourg, Barnaul, Nertchinsk, jusqu'à Pékin. L'année 1832 figure dans les annales de la science comme l'époque où l'illustre fondateur d'une théorie générale du magnétisme terrestre, Frédéric Gauss, commença à établir dans l'Observatoire de Gœttingue des appareils construits sur de nouveaux principes. L'observatoire magnétique fut achevé en 1834, et dans la même année (Résultats des obs-de V Union magnél., 1838, p. 135, et Annales de Poggend., vol. XXXIII, p. 426), Gauss, activement aidé par un ingénieux physicien, G. Weber, fit connaître ses instruments, ses méthodes d'observation, et les répandit en Suède, en Italie et dans une grande partie de l'Allemagne. Telle est l'origine de l'Union magnétique dont Gœttingue est le centre. Depuis 1836, cette Union a fixé quatre époques dans l'année pour les observations qui doivent être continuées pendant vingt-quatre heures; mais ces époques ne coïncident point avec celles que j'avais adoptées1 (les équinoxes et les solstices) et proposées en 1830. Jusque là, la Grande-Bretagne, en possession des plus vastes relations commerciales du monde entier et de la navigation la plus étendue, était restée étrangère à ce grand mouvement scientifique, dont les résultats faisaient espérer, dès 1828, tant de progrès pour l'étude du magnétisme terrestre. Une invitation publique que j'adressai de Berlin, en avril 1836 , au Président de la Société royale de Londres, le duc de Sussex (Lettre de M. de Humboldt à S. A. R. le duc de Sussex^ sur les moyens propres à perfectionner la connaissance du magnétisme terrestre par l'établissement de stations magnétiques et d'observations correspondantes) 3 fut couronnée d'un plein succès;
j'eus le bonheur d'appeler un intérêt bienveillant sur une entreprise dont l'extension était, depuis bien des années, l'objet de mes vœux les plus ardents. J'insistais, dans cette lettre, sur l'établissement de stations permanentes dans le Canada, à Sainte- Hélène, au Gap de Bonne-Espérance, à l'Ile-de-France, à Geylan et à la Nouvelle-Hollande, points dont j'avais signalé l'importance cinq ans auparavant. Un comité, dont les attributions devaient s'étendre à la physique et à la météorologie, fut nomme dans le sein de la Société royale, et ce comité proposa au gouvernement: 1° la fondation d'observatoires magnétiques fixes dans les deux hémisphères; 2° une expédition navale destinée à recueillir des observations magnétiques dans les mers antarctiques On sait assez combien la science a été redevable a la grande et noble activité que sir John Herschel, Sabine, Airy et Lloyd ont déployée à cette occasion, ainsi qu'au puissant appui" de Y Association britannique pour V avancement des Sciences, réunie à Newcastle en 1838. En juin 1839, l'expédition magnétique vers le pôle austral fut résolue et placée sous le commandement du capitaine James Clark Ross. Cette expédition a été glorieusement terminée; elle a doté la science des plus importantes découvertes géographiques vers le pôle aus. tral et d'observations simultanées en huit ou dix stations magnétiques.
(67) [pa<*e 153]. Au lieu d'attribuer la chaleur interne de la terre au passage de la matière, de l'état de nébulosité gazeuse, à l'état solide, Ampère l'explique d'une manière fort peu vraisemblable, à mon avis, par l'action chimique prolongée d un noyau composé de métaux alcalins, sur l'écorce déjà oxydée du globe. « On ne peut douter, dit-il, dans son chef-d'œuvre , la Théorie des phénomènes électro-dynamiques (1826, p. 199), qu'il existe dans l'intérieur du globe des courants électro-magnétiques, et que ces courants sont la cause de la chaleur qui lui est propre. Ils naissent d'un noyau métallique central composé des métaux que sir Humphry Davy nous a fait connaître, agissant sur la couche oxydée qui entoure le noyau. »
(68) [pa<*e 153]. La remarquable connexité qui existe entre la courbure des lignes magnétiques et celle de mes isothermes a été découverte par sir David Brewster; V. Transactions o(
the Royal society of Edinbur g ftj v ol. IX, 1821, p. 318, et Trea-
Use of Magnetism, 1837, p. 42, 44, 47 et 268. Ce célèbre physicien admet l'existence de deux pèles de froid (poîes of maximum cold) dans l'émisphère septentrional,, l'un en Amérique, par 73° de lat. et 102° de long, ouest (près du cap Walker) ; et l'autre en Asie, par 73° de lat. et 78° de long. est. Il y aurait ainsi deux méridiens où régnerait la plus forte chaleur, et deux autres méridiens pour le plus grand froid. Déjà, au XVIe siècle, Acosta enseignait qu'il y avait quatre lignes sans déclinaison, en se fondant sur les observations d'un pilote portugais très-expérimenté (Historia natural de las Indias, 1589, lib. I, cap. 17). Cette opinion paraît n'avoir point été étrangère à la théorie des quatre pôles magnétiques de Halley, à en juger, du moins, par la discussion de Henry Bond (l'auteur de la Longitude found, 1676) avec Beckborrow. Voy. mon Examen critique de Vhist. de la Géographie, t. III, p. 60.
(69) [page 153]. Halley, dans les Philosophical transactions, vol. XXIX (for 1714-1716), n* 341.
(70) [page 154]. Dove , dans les Annales de Poggendorff , vol. XX, p. 341; vol. XIX, p. 388: « L'aiguille de déclinaison se comporte à peu près comme un électromètre atmosphérique dont la divergence indique également la tension croissante de l'électricité, avant que cette tension soit devenue assez forte pour donner lieu à la production d'une étincelle (éclair). » Cf. aussi les ingénieuses considérations du prof. Kaamlz, dans son Cours de Météorologie, vol. III, p. 511-519; Sir David Brewster, Treatise on Magnetism., p. 380. Sur les propriétés magnétiques d'une flamme ou d'un arc lumineux galvanique produit par une batterie de Bunsen, zinc et charbon, voy. les Observ. de Casselmann (Marbourg, 1841, Allem.), p. 56-62.
{71) [page 155]. Argelander, dans un mémoire important sur les Aurores boréales qu'il a joint aux Rapports lus à la Société de physique de Kœnigsberg, vol. I, 1834, p. 257-264.
(72) [page 155]. Les résultats des observations que Lottin, Bravais et Siljerstrœm ont faites sur la côte de Laponie à Bo sekop (lat. 70°), où ils ont vu 160 aurores boréales en 210 nuits, se trouvent dans les Comptes-rendus de VAcad. des Sciences, t. X, p. 289, et dans la Météorologie de Martins, 1843, p. 453. Cf. Argelander, collection citée dans la note précédente.
(75) [page 186]. John Franklin , Narrative of a Journey to the shores of the Polar Sea in the years , 1819-1822, p. 552 et 597 ; Thieneman, dans le Edinburgh Philos. Journal, vol. XX, p. 366; Farquharson, même collection, vol. VI, p. 396; Wrangel, Obs. phys., p. 59. Parry vit même en plein jour l'arc de l'aurore boréale sans aucune agitation ; Journal of a second voyage, performed in 1821-1823, p. 155. Une remarque à peu près semblale fut faite en Angleterre le 9 sept. 1827 : on distinguait, en plein midi, dans une partie du ciel qui venait de s'éclaircir à la suite d'une pluie , un arc lumineux de 20° de hauteur d'où s'élevaient des colonnes brillantes. Journal oflhe Royal Institution ofGr. Britain, 1828, janv., p. 429.
(74) [page 157]. A mon retour d'Amérique, je décrivis , sous le nom de bandes polaires, une disposition qu'affectent par fois de petits flocons de nuages très-régulièrement détachés comme par l'action de forces répulsives; j'avais choisi ce nom, parce que d'ordinaire le point où ces bandes convergeaient en perspective sur le ciel, coïncidait d'abord avec le pôle magnétique, en sorte que les lignes parallèles formées par ces flocons suivaient le méridien magnétique du lieu. Ce phénomène énigmatique présentait une autre particularité: le point de convergence paraissait s'élever et s'abaisser tour à-tour, d'autres fois il marchait régulièrement dans une même direction. Ordinairement, ces bandes ne se forment entièrement que dans une partie du ciel; d'abord elles affectent la direction du nord au sud; puis, à mesure qu'elles marchent, elles changent peu à peu de direction et finissent par prendre celle de l'est à l'ouest. Il ne me paraît pas possible d'expliquer les mouvements de ces zones par des varialions qui surviendraient dans les courants des régions supérieures de l'atmosphère. Ces bandes se montrent dans le calme le plus complet, lorsque le ciel est parfaitement pur, et sont bien plus fréquentes sous les tropiques que dans les zones froides ou tempérées. J'ai remarqué ce phénomène sur la chaîne des Andes, presque sous l'équateur, à 4550 m. d'élévation, ainsi qu'en Asie, dans les plaines de Krasnojarski, au sud deBuchtarminsk, et toujours il s'est développé d'une manière si frappante qu'il était impossible de n'y pas voir l'action de forces naturelles très-générales et très-répandues. V. les importantes remarques de Kaemtz, Leçons de Météorologie, 1840,
« m et les réflexions plus récentes de Martins et de Bravais
1844, des bandes polaires australes, formées de nuages extre mement lé-ers,' et des rayons sombres cpn paraissaient sortir ™Îc Sé de l'est à l'ouest. Nous avons signale plus haut fp m), aLI les aurores boréales nocturnes, des rayons noirs, semblables à une fumée épaisse.
(7b) [page 187.]. Aux îles Shetland, l'aurore boréale porte le nom K mernj dancers. Kendal, dans le Quarterly Journal of Science, new séries, vol. IV, p. 395.
(7a\ Tnase 1571. Voyez l'excellent travail de Muncke, dans la ^ImonlmLnnaire de pkysiçue de Gehier, vol. VII, I, p. 115-268, et en particulier, p. 1H8.
' (77) [page 188]. Farquharson, dans le Edinb Philos Journal, vol ; XVI, p. 504; Philos, transact, for 1829, p. 1*5.
(78) [page 160]. Kœmtz, Météorologie, vol. III, p. 498 et 801.
(79) [page 161]. Arago, sur les brouillards secs de 1785 et de 1851 qui paraissaient lumineux pendant la mut, dans \ Annuaire lu Bureau des longitudes, 1852, p. 246 et 280; et sur la lumière singulière émise par certains nuages non orageux, voy. Notices sur le Tonnerre, dans l'Annuaire pour l an 1858, p. 279-285.
(80) [page 465]. Hérod., IV, 28. Les anciens assuraient que l'Égynte Vêtait point sujette aux tremblements de terre (Phn II, 80)7 mais cette assertion est contredite parla nécessite ou 1 on fut de restaurer le colosse de Memnon (Letronne, La statue vocale de Memnon, 1855, p. 25-26); du moins on pe.it dire que la vallée du Nil est située en dehors du cercle d'ébranlement de Byzance, de l'Archipel et de la Syrie (Ideler, Ad Aristot. Meteor., p. 884). ,
(81) [page 165]. Saint-Martin, dans les savantes notes qu'il a jointes àYHistoire du Bas-Empire, de Lebeau, t. IV, p. 401.
(82) [page 164]. Humboldt, Asie Centrale, t. II, p. 118. Sur la différence entre l'ébranlement de la surface et celui des couches inférieures voy. Gay-Lussac, dans les Annales de Chimie et de Physique, t. XXII, p. 429.
(85) [page 164]. « Tutissimum est cum vibrât crispante œdificiorum crépita; et cum intumescit assurgens alternoque motu residet, innoxium et cum concurrença tecta contrario ictu arrêtant; quoniam al ter motus alteri renititur. Undantis inclinatio et fluctus more qusedam volutio infesta est, aut cum in unam partem totus se motus impellit. » Plin., II, 82.
(84) [page 165]. Même en Italie on commence à reconnaître combien peu les tremblements de terre dépendent des phénomènes météorologiques et de l'aspect du ciel avant les secousses. Les données numériques de Frédéric Hoffmann s'accordent très-bien avec les expériences de l'abbé Scina, de Païenne; voy. les OEwres posthumes du premier, vol. II, p. 566-373. J'ai remarqué moi-même, à diverses reprises, qu'un brouillard rougeâtre se montrait peu de temps avant les secousses; et le k noy. 1799 , j'ai éprouvé deux violentes secousses au moment où un fort coup de tonnerre se faisait entendre (Relat. hisL, liv. iv, ch. x). Un physicien de Turin, Vassalli Eandi, a vu l'électromètre de Volta fortement agité pendant les longs tremblements de terre qui durèrent, à Pignerol, du 2 avril au 17 mai 1808 (Journal de Phys.> t. LXVII, p. 291). Mais les brouillards, les variations brusques de l'électricité atmosphérique et le calme de l'air ne se rattachent pas nécessairement aux tremblements de terre ; on aurait tort de leur attribuer, en général, une signification quelconque; car on a observé partout, à Quito, au Pérou, au Chili, aussi bien qu'au Canada et en Italie , que les tremblements de terre avaient lieu également par un ciel serein, complètement pur de nuages, et par une brise fraîche de terre ou de mer. Mais, tout en reconnaissant que les tremblements de terre ne sont ni précédés, ni annoncés par aucun signe météorologique , même pendant le jour où ils doivent se faire sentir, il ne faudrait pas cependant rejeter avec dédain certaines croyances populaires qui attribuent de l'influence aux saisons (les équinoxes d'automne et de printemps), aux débuts de la saison des pluies , sous les tropiques , après une longue sécheresse, enfin au retour des moussons; il ne faudrait pas, dis-je, les dédaigner, en se fondant sur notre ignorance actuelle des rapports qui peuvent exister entre les phénomènes météorologiques et les phénomènes souterrains. Des recherches numériques ont été faites avec un zèle extrême par
M de Hoff, Peter Merian et Frédéric Hoffmann, dans le but d'établir le mode de distribution des tremblements de terre pour les différentes saisons de l'année: ces recherches s'accordent à indiquer un maximum vers l'époque des équinoxes. — Il est singulier que Pline ait appelé les tremblements de terre un orage souterrains il est plus curieux encore de voir quelles raisons il en donne, à la fin de sa fantastique théorie. Pour lui: la ressemblance n'est pas seulement dans le fracas qui accompagne souvent ce phénomène redoutable; ce qui le frappe surtout c'est que les forces élastiques, dont la tension croissante finit par ébranler le sol, s'amassent dans les entrailles de la terre alors qu'elles font défaut dans l'atmosphère. « Yentos in causa esse non dubium reor. Neque enim unquam intremiscunt terrae, nisi sopito mari cœloque adeo tranquillo ut volatus avium non pendeant, subtracto omni spintu qui velnt; nec unquam nisi post ventes conditos, scilicetin venas et cavernas ejus occulto afflatu. Neque aliud est in terra tremor quam m nube tonitruum; nec hiatus aliud quam cum fulmen erumpit , incluso spiritu luctante et ad libertatem exire nitente. » (Phn., Il, 79) Au reste, on retrouve dans Sénèq ue (Nat Quœst., 11,4-31), le çerme assez développé de tout ce qui a été dit ou imagine, jusque dans ces derniers temps, sur les causes des tremblements de terre.
(88) [page 16b]. J'ai montré, dans la Rel.hist., t. I, p. 511 et 513, que la marche des variations horaires du baromètre n'est nullement troublée, soit avant, soit après un tremblement de terre.
(86) [page 166]. Humboldt, Rel. hist., t. I, p. 515-317.
(87) [page 167]. Voy. sur les Bramidos de Guanaxuato mon Essai polit, sur la Nouv.- Espagne, t. 1, p. 303. Ce fracas souterrain ne fut accompagné d'aucune secousse, dans les mines profondes, ni à la surface (la ville de Guanaxuato est située a 1955 mètres au-dessus de la mer); on ne l'entendit point sur le plateau voisin, mais seulement dans la partie montueuse de la Sierra, depuis Cuesta de los Aguilares, non loin de Marfil, jusqu'au nord de Santa-Rosa. Les ondes sonores ne parvinrent pas dans certaines régions isolées de la Sierra, situées a h ou 3 myriamètres au N.-O. de Guanaxuato, près de la source d'eau
bouillante de San José de Comangillas. On imaginera difficilement à quels excès d'autorité les magistrats de ce grand centre d'industrie métallurgique crurent devoir recourir, lorsque la terreur causée par le tonnerre souterrain était à son comble. « Toute famille qui prendra la fuite sera punie d'une amende de 1000 piastres si elle est riche, et de deux mois de prison si elle est pauvre. La milice a ordre de poursuivre et de ramener les fuyards. » Ce qu'il y a de plus curieux dans cette histoire singulière c'est la confiance affectée par l'autorité (el Cabildojj voici ce que j'ai lu dans une des Proclamas: « L'autorité saura bien reconnaître, dans sa sagesse (en su sabiduria), le moment où le danger sera imminent; alors elle pourra songer à la fuite; pour le présent, il suffit que les processions soient continuées. » La famine survint, car la peur des truenos empêcha les habitants des hautes terres d'apporter leurs grains à la ville. — Les anciens connaissaient aussi les bruits souterrains sans secousses; Aristot., Meteor., II, p. 802, Pli n., II, 80. Le bruit singulier qui se fît entendre, de mars 1822 jusqu'en septembre 1824, dans l'île dalmate de Meleda (à 3 myriam. de Raguse), bruit dont Partsch a donné une explication satisfaisante, a été parfois accompagné de secousses.
(88) [page 169J.Drake, Nat. and Statist. Wiew of Cincinnati, p. 232-238; Mittchell, dans les Transactions of the Litt. and Philos, soc. of New-York, vol. I, p. 281-308. Dans le comté piémontais de Pignerol, des vases remplis d'eau jusqu'aux bords restaient en mouvement pendant des heures entières.
(89) [page 170]. On dit en espagnol: rocas que hacen puente. Ces interruptions toutes locales des ébranlements transmis par les couches supérieures, ont peut-être quelque analogie avec un phénomène remarquable qui s'est présenté au commencement de ce siècle, dans les mines de Saxe: de fortes secousses se firent sentir avec tant de violence dans les mines d'argent de Marienberg, que les ouvriers effrayés se hâtèrent de remonter ; sur le sol même on n'avait éprouvé aucune secousse. Voici maintenant un phénomène inverse: en novembre 1823, les mineurs de Falun et de Persberg n'éprouvaient aucune secousse au moment môme où, au-dessus de leurs tètes, un violent tremblement de terre jetait l'effroi parmi les habitants de la surface.
(90) [page 170]. Sir Alex. Bûmes, Travels info Bokhara,\J, p. 18; et Wathen, Mem. on the Usbek State clans le Journal of the Asiatic Soc. of Bengal, vol. III, p. 337.
(91) [page 171]. Philos. transact., vol. XLIX, p. 414.
M) [page 173]. Voy. sur la fréquence des tremblements de terre dans le Cachemir, la traduction de l'ancien Radjatarangini, par Troyer, vol. II, p. 297, et les Voyages de Cari de Hùgel, vol. II, p. 184. Allem.
(93) [page 173]. Strabon, lib. I, p. 100, Gasaub. La preuve que l'expression Àofcl <Wu/>ov iroz^bv ne signifie point de la boue (éruption de boue), mais bien de la lave, résulte clairement d un passage du même auteur, Strabon, lib. VI, p. U% Cf. Walter, Sur la diminution de V activité des Volcans depuis les temps historiques, 1844, p. 25. Allem.
(94) [page 175]. Sur les puits de feu artésiens (Ho-tsing) en Chine, et sur l'emploi du gaz transporté à l'aide de tuyaux de bambou dans la ville de Khioung-Tcheou, voy. Kïaproth, dans mon Asie centrale, t. II, p. 519-530.
(95) [page 175]. Voy. l'excellent ouvrage deBischof Théorie de la chaleur interne du Globe.
(96) [page 175]. Boussingault (Annales de Chimie, t. LU, p. 181) n'a point remarqué d'acide hydrochlorique dans les émissions gazeuses des volcans de la Nouvelle-Grenade, tandis que Monticelli en a trouvé d'énormes quantités dans les produits de l'éruption du Vésuve, en 1813.
(97) [page 175]. Humboldt, Recueil d'Observ. astronomiques, t. I, p. 311, (Nivellement barométrique de la Cordillère des Andes, n° 206).
(98) [page 176J. Adolphe Brongniart, dans les Annales des Sciences naturelles, t. XV, p. 225.
(99) [page 176]. Bischof, ouvrage cité, p. 324, Rem. 2.
(100) [page 177]. Humboldt, Asie centrale, t. I, p. 43.
(1) [page 177]. Sur la théorie des lignes isogéothermes (chthonisothermes),\oy. les ingénieux travaux de Kupffer, dans
les Annales de Poggend., vol. XV, p. 184, et vol. XXXII, p. 270; dans le Voyage dans l'Oural, p. 382-398; et dans le Edinb. Journal of Sciences, new séries, vol. IV, p. 355. Cf. Ksemtz, Leçons de Météorologie, vol. II, p. 217, et sur l'exhaussement des ehthonisotherrnes dans les pays de montagnes, Bischof, p. 174-198.
(2) [page 177]. Léopold de Buch, dans les Ann. dePoggend., vol. XII, p. 405.
(3) [page 177]. La température des gouttes de pluie était descendue à 22°,3, lorsque la température de l'air était de 30 à 31° quelques instants auparavant; pendant la pluie même, la température atmosphérique était 25°,4; voy. ma Rel. hist., % II, p- 22. La température initiale des gouttes de pluie dépend de la hauteur de la couche nuageuse et du degré d'échauffement que les rayons solaires ont communiqué à la face supérieure de cette couche; mais cette température change pendant la chute. Lorsque les gouttes de pluie commencent à se former, leur température est supérieure à celle du milieu environnant, à cause du calorique latent qui devient libre ; puis, en tombant, elles traversent des couches d'air plus basses et plus chaudes, où elles s'échauffent et grossissent encore un peu, en condensant la vapeur d'eau contenue dans ces couches (Bischof, Théorie delà chaleur interne du Globe, p. 73); mais cet échauffement est compensé par la perte de chaleur qu'entraîne l'évaporation des gouttes elles-mêmes. Si l'on met hors de cause l'électricité atmosphérique dont les effets se font probablement sentir pendant les pluies d'orage, on peut attribuer le refroidissement de l'atmosphère, pendant la pluie, d'abord à la température initiale plus faible, que les gouttes ont acquise dans les hautes régions, puis à l'air froid des couches supérieures qu'elles entraînent avec elles ; enfin à l'évaporation qui s'établit sur le sol humecté. Telle est, en effet, la marche ordinaire du phénomène. Mais dans certains cas rares , les gouttes de pluie sont plus chaudes que l'air voisin du sol (Humboldt, Rel. hist., t. III, p. 513), ce qui tient peut-être à la présence de courants d'air chaud dans les hautes régions, ou à la température élevée que l'insolation peut développer dans des couches de nuages très-étendues et peu épaisses. Ajoutons qu'Arago a montré dans V Annuaire pour 1836, p. 300, comment la grandeur et l'accroissement du volume des gouttes de pluie se
rattachent au phénomène des arcs supplémentaires de l'arc-enciel, qui ont été expliqués au moyen d'interférences des rayons lumineux: cette savante discussion fait voir tout le parti qu'on peut tirer d'un phénomène optique convenablement observé , pour éclaircir les questions les plus ardues de la météorologie.
M [Paee i77l- APrès les observations décisives de Boussingault, il n'est plus permis de douter que la température du sol, à une faible profondeur, ne soit égale à la température moyenne de l'atmosphère, sous les tropiques. Je me permettrai de citer ici les exemples suivants:
STATIONS dans