Cosmos; essai d'une description physique du monde;
On sait que le Cosmos, résume luminoux des vastes coDnaissances d'uo des plus savants hommes du siècle, fut publié par volumes et même par parties de volume, à des époques quelquefois très-éloigoées l'une de l'autre.
Le premier volume (le Ciel, h Terre, la Vie organique) parut, eu Allemagae, eu 18f|5, et, dès la même année, Alexandre de Humix)ldt s'entendit avec son éditeur français et M. H. Faye, membre de l'Institut, pour la traduction de cette partie, traduction qui avait de grands avantages sur l'édition allemaode et sur les autres traductions étrangères, en ce sens qu'elle était revue par l'auteur et enrichie par lui d'une introduction écrite en français, ainsi que de nouveaux détails-, elle fut publiée en lSh6.
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Le second volume du Cosmos (Reflet du monde BXTÉniBun DANS l'imagination de l'hohhb, Essai
BlSTORttUB SDR LE DÉVELOPPEMENT PROGRESSIF DE
l'idée de l'Univers, etc.) parut, en Alleniague, eu 18f|7, el la traducUoD française en fut doQDée, l'année suivante (ISfiS) , par M. Ch. Galuski, désigné à son tour, de l'agrément de M. Paye, pour celte partie que l'auteur qualifiait d'éminemment littéraire et historique. M. de Humboldt estimait alors que son ouvrage se bornerait à ces deux voulûmes ou à quatre-vingtdix rouilles io-S* environ. (Lettre du 2^ juin 18&6.) Mais, malgré les soixante-dix-sept ans dont il était déjà chargé, ce prodigieux génie, à mesure qu'il avançait dans ses travaux, voyait le cercle s'élargir incessamment devant lui et ne reculait pas. It entreprit la première partie d'un troisième volume (Uranographie
DE LA DESCRIPTION PHYSIQUE DU MONDE), dont la tnt-
duction française, faite par H. Faye, ne vit le jour qu'en 1856, tant elle avait présenté de di^ult^. La deuxième partie du tome troisième (Suite de l' Uranographie) De fut donaée qu'assez longtemps après, et, sur les entrefaites, M. Faye ayant été appelé à de nouvelles fonctions qui s'emparèrent de son temps, ce fui encore M. Galuski que M. de Humboldt désigna pour continuer la traduction du Cosmos. La publication en français de cette seconde partie du tome trois ne fut faite qu'en 1857.
Dès avant que la deuxième partie du troisième vo-
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tume fût acheT<^, M. de Humholdt, bien qu'il eût alors qaatre-vingt-UQ ans, ne pensait plus à s'arrêter dans son entreprise, gigantesque moins par son étendue que par les inépuisables trésors de science qu'il y répandait. Le 21 mai 1851, il écrivait à son éditeur français : « Le Cosmos, en quatre volumes, aura des proportions assez harmonieuses : deux volumes de Généralités et les plus susceptibles de quelque élévation de style ; deux autres volumes de Preuves et Spécialités, le Ciel, la Terre, l'étal présent des Sciences physiques. » L'illustre savant embrassait tout dans son imagination aussi sûre que féconde, et il se mit en effet h écrire un quatrième volume (Physique du Globe), dont la traduction française, due encore à M. Galuski. ne parut que dans les premiers mois de l'année 1859. « J'ai reçu, écrivait, le 15 avril de cette même année, M. de Humboldt, la traduction du quatrième volume, qui, sans doute, a tardé beaucoup, mais qui est faite avec un soin très-louable. J'aH lu une vingtaine de pages, dont une partie entièrement minéralogique, et je n'y ai pas trouvé une seule erreur. » L'infatigable vieillard parlait, dans cette même lettre, de compléter son œuvre par un cinquième volume qui aurait, disait-il, terminé la Physique du Globe ; déjà même il avait mis la main à l'œuvre, rassemblé des matériaux, et donné quelques pages à son éditeur aHemand, desquelles il entretenait en quelque sorte jour par jour son éditeur français -, mais ce beau génie
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fui retiré de la terre dont il était l'omement, peu de jours après avoir écrit ia lettre si flatteuse pour son traducteur, <ie laquelle nous veooDs d'extraire quelques mots.
Le Cosmos dut être considéré comme lermiDé avec le quatrième volume paru : car on ne pourrait certainement pas faire agréer, en France , sous le titre de cinquième volume du Cosmos, comme on a essayé de le faire, en 1862, en Allemagne, une nouvelle Introduction géologique, de quarante pages environ, précédant, comme pour la justilier, une Table alphabétique et analytique des parties données par l'auteur de son vivant, Table presque aussi volumineuse que le corps de l'ouvrage lui-même, dont elle reproduit à peu près tous les mote, en les accompagnant de renvois aux pages et aux lignes. Nous ne voulons pas critiquer le travail de M. le D' Buschmann, travail qui est ie fruit d'une patience tout allemande ; mais nous pouvons bien affirmer que, chez nous, le public n'agréerait pas, pour un ouvrage en quatre tomes d'une facile et attrayante lecture, une Table en caractères compactes, de la grosseur d'environ deux de ces tomes, et qu'il n'y trouverait pas la justiBcation du titre de cinquième volume du Cosmos appliqué aux quarante pages dont nous avons parlé, pages que l'auteur n'aurait pas fait paraître luimême sous ce litre décevant. Examen fait, nous n'avons pas cru qu'il fût convenable d'ajouter, en le faisant traduire, ce fragment à l'édition française;
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l'auteur et le livre n'y auraient absolument rien gagné.
Plusieurs années de silence, depuis la mort de &!. de Humboldt, indiquent assèzque nul ne s'est senti assez hardi pour se Taire le continuateur de son génie, même avec les matériaux qu'il a pu Iakser. L'œuvre d'ailleurs est entière, comme le disait l'auteur lui-même, daDS chacune de ses parties, et les quatre volumes qu'il a donnés de son vivant ont bien, en effet, ces proportions suffisamment harmonieuses qu'il leur trouvait.
De la manière de paraître du Cosmos à de longs intervalles, de se présenter même comine terminé avec ' la fin du deuxième 'Volume et de se scinder par parties nécessitant des changements de traducteurs, il résulta tout d'abord pour ceux-ci la nécessité de donner des explications, de publier des avertissements en tête de chaque tome , et quelquefois même en tête de chaque partie du même tome, comme cela eut lieu pour le troisième volume. Nous conservons ces divers avertissements qui, sauf dans quelques phrases que l'on a pu supprimer sans inconvénient, n'ont pas cessé d'avoir leur raison d'être. Nous n'avons cru devoir rien changer oi diminuer aux Notes du Cosmos, auxquelles M. de Humboldt, ici comme dans tous ses ouvrages, attachait une importance capitale, notes qui, suivant SCS expressions, « renferment plus que les textes, et où plus de tfois mille auteurs sont cités. »
Malgré cela, nous avons pu donner, au moyen de
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certaines modifirations de forme, et non de fond, une liaison plus intime aux diverses parties du Cosmos, tout en en faciUtaDt la lecture par quelques divisions plus marquées. T^iosjirincipales modiGcatioas auront été : V d'adopter trois divisions principales pour le premier volut^e, ce qui en facilitera la lecture; 2" de ne faire qu'un seul volume, divisé en deux parties, et en plaçant toutes les notes à la Sa , comme cela avait lieu dans les autres tomes, des deux anciennes fractions du troisième volume qui, dans le principe, parurent séparément, uniquement pour satisfaire l'impatience du public ; 3° de réunir, en les complétant, à la fin du quatrième volume, les Aperçm analytiques qui se trouvaient dispersés à la fin ou h la tête des diverses parties de l'ouvrage, ce qui en rendait l'objet presque inutile. Nous n'avons pas pour cela supprimé les Tables des matières proprement dîtes appartenant à chaque tome séparément; nous avons seulement renvoyé chacune d'elles du commencement à la fin du volume, en les améliorant un peu pour plus de netteté et de clarté. Nous avons , «dans tous les volumes, disposé mieux en leur place les Observations complémentaires, qui , sous le titre A' Additions et Rectifications, se trouvaient placées comme au hasard dans chaque volume; nous les avons classées de manière à ce qu'elles ne puissent échapper au lecteur, qui s'y trouvera inévitablement reporté par des renvois mis au bas des pages qu'elles concernent.
Ed6d, doue avons augmenté cette édition d'une Notice-biographie sur Alexandre do Humboldt, Taite en grande partie à l'aide de la correspoadance inédite et pleioe d'effusion de l'auteur arec le premier éditeur français du Cosmos.
Pour ce qui est d'une Table alphabétique et analytique des matières, nous la uomprendrons mieux, eo France, appliquée non aux quatre volumes du Cosmos, mais à l'ensemble des œuvres de M. de Humboldt que nous n'avons pas renoncé à réimprïmef ; nous espérons bien ne pas faire défaut à cette tâche dans des conditions acceptables chez nous, où nous n'aimons pas que ce qui doit servir à faciliter la lecture et les recherches, risque au contraire, par des mesures disproportionnéeset des détails exagérés, de les obscurcir et d'en
éloigner.
l.'édilcur,
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