‹ Cosmos; essai d'une description physique du monde;Chapitre 6 sur 14 · SUITE DE L'INTRODUCTION · texte numérisé non relu

SUITE DE L'INTRODUCTION

LIMITES ET MRtHODE D'EXPOSITION DE LA DRSCRIPTION PBV31QDE DD MOHDE.

Dans les considérations qui précèdent, j'ai tâché d'exposer et de faire voir ciairemenl , par quelques eteraples, comment les jouissances qu'olTre l'aspect de la natvre, si diverses dans leurs sources, se sont Kcrues et ennoblies par la connaissance de la connexilé des phénoniènes et par celle des lois qui les ressent. Il meresteàexanainer l'esprit de la méthode qui doit présider à l'exposition de la Description phytique du monde, à iodiquer les limites dans lesquelles je compte circonscrire la science, d'après les aperçus qai se sont oITerts h moi dans le cours de mes études efsous les différents climats que j'ai parcourus. Puisséje me flatter de l'espoir qu'une discussion de re genre justifiera le titre imprudemment donné à cet ouvrage, et m'affranchira du reproche d'une présomption, qui serait doublement blâmable dans des travaux sdeotiBques! Avant de présenter le tableau des phéDomèDes partiels, et de les distribuer en groupes, je traiterai des questions g:éDérales qui, inti- DKiitent liées entre elles, intéressent nos connaiï;saoces sur le monde extérieur en elles-mêmes et dans les rapports que ces connaissances affectent, à toutes les époques de l'histoire, avec les différentes phases de

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' la culture intellectuelle des peuples. Ces quesUons oot pour objet :

1' L^ limites précises de la description physique du monde, comme science distincte ;

2* L'éQumératioD rapide de la totalité des phénomènes de la nature, sous la fonu^ d'un Tableau général de la nature;

3° L'influence du monde extérieur sur l'ÏjnagiDatiou et le sentiment, influence qui a donné, dans le* temps modernes, une impulsion puisfwite à l'étude des sciences naturelles, par la description anioiée à» régions lointaines, par la peinture de paysa^, ea tant qu'elle caractérise la physionomie des végélauKt par les plantations ou la disposition des formas vég^ laies exotiques en groupes qui coqtrasteut entre eux i

k° L'histoire de la coDi«mplatiou de jla Daturs^ott le développem^t progressir de l'idée du Cotmos, selon l'exposé des Taits bistoriquee et géographiquet qui ont conduit h la découverte de l'eacbalneiuent des phénomènes.

Plus est élevé le point de vua aouf lequel la pbysî' que du monde wvisage tes pb^omène», ot plua il est nécessaire 4fl circonscrire la seiew» dao» eq9 vérilA* blefi limites , et de la séparer de toutee les conaei»saoces analogue» ou auxiliaiise. lia descripliou phy* sique du monde o^ fondée aur la «(mtemfilatiw de l'universalité des choses créées, de tout oe qui coexiste dans l'espace* en fait de subslaBces et de Gn^ ces, de la simultanéité des êtres matériels qui oo»> slitueuL l'univeni. La sdenoe que j'efisaie dedéfiaira»

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par cMu^uent , pour rhomoie habitant de la terre, deiu ftartiea distiDciefi i la Iwre elle-même et les eipacfô oéleileB. C'esl pour foire voir le caractère propre et indép^ant de la description physique do monde, e( pour indiqua en même temps la nature de ses rapports avec la Phytigue générale, avec ÏHiS' toirt naturelle descriptive, la Géologie et la Géographie comparée, que je vais m'arrêter d'abord et de prelëreoce à cette partie de la science du Cosmos qui conoeroe la terre. De même que l'histoire de la j^ilo- Sophie se coosiste pas dans une Numération en quelque sorte matérielle des opinions philosophiques qui se sont produites à différents âges, de même ausn la description physique du monde ne saurait être une m^ asaocialion encyclopédique des sciences que Dotu venons de nommer, la confusion entre des coDiuisMDces litroitemmt liées est d'autant plus ^nde, que depuis des siècles, on s'est habitué à désigner des groupes de notions empiriques par des déaouUuationa qui sont tantôt trop larges, tantôt trop éiroitea, relativement aux idées qu'elles sont chargées d'eitprimer. Ces dénominations offrent && outre le graud désavantage d'avoir eu un tout, autre sens dans les langues de l'antiquité classique auxquriles elles OQt été empruntées. Lee uoms de physiologie, de physique, d'biitoire luturelle, de géologie et de géogmi^ie, ont pris naissanœ et ont commencé à être d'uo «saga hatàtoel bien avant qu'on eût des idées WttMi de la diversité des (^jets que ces sciences davaieftl embreieer, c'esWb-dire de leur délimitation

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réciprwiue. Telle est sur les langues l'influence d'une longue habitude, que, chez une des natioDE européennes les plus avancées dans la civilisation, le niul de physique est appliqué à la médecine, tandis que lu chimie technique, la géologie et l'astronomie, sciences purement expérimentales, sont comptées parmi les travaux philosophiques d'une Académie dont la renommée est justement universelle.

On a tenté souvent, et presque toujours en vain, de substituer aux dénominations ancienues, vagues sans doute, mais aujourd'hui généralement comprises, des noms nouveaux et mieux formés. Ces changements ont été proposés surtout par ceux qui se sont occupés de la classification générale des connaissances humaines, depuis la grande Encyclopédie {Margarita phitosophica) de Grégoire Reîsch (19), prieur de la Chartreuse de Fribourg, vers la fin du quinzième siècle, jusqu'au chancelier Bacon, depuis Bacon jusqu'à d'Alembert, et, dans ces derniers temps, jusqu'à un physicien plein de sagacité, André-Marie Ampère (20). Le choix d'une nomenclature grecque peu appropriée a peut-être été plus nuisible encore a celle dernière tentative que l'abus des divisions binaires et l'excessive multiplicité des groupes.

La description du monde envisagé comme objet des sens extérieurs, a indubitablement besoin du concours de la physique générale et de Thistoire naturelle descriptive; mais la contemplation des choses créées, enchaînées entre elles et formant un <ou< animé par des forces Jatérieures , donne à la science qui nous

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occupe dans cet ouvrage un caractère particulier. La physique s'arrête aux. propriétés géoérales d^ corps; elle est le produit de l'abstraction , la généralisation des phénomènes sensibles. Déjà , dans l'ouvrage où ont été jelés les premiers fondemenls de la physique générale, dans les huit livres physiques d'Aristole (21) , Ions les phéDomènes de la nature sont considérés comme dépendant de l'action primitive et vitale d'une force unique, source de tout mouvement dans l'univers. I^ partie terrestre de la physique du. monde, à laquelle je conserverais volontiers l'ancienne dénomination très-expressive de Géographie physique, traite de la distribution du magnétisme dans notre planète, selon les rapports d'iolensilé et de direction, mais De s'occupe pas des lois qu'oiïrent les attractions ou les répulsions des pôles, ni des moyens de produire des courants électro-magnétiques, permanents ou passagers. La géographie physique retrace à grands traits la configuration compacte ou articulée des continents, l'étendue de leur littoral comparée à leur surface, la répartition des masses continentales dans les deux b^isghères , répartition qui exerce une influence puissante sur la diversité des climats et les modificatious météorologiques de l'atmosphère; elle signale le caractère des chaînes de montagnes, qui, soulevée à dilTûrentes époques, forment des systèmes partculiers, tantôt parallèles entre eux, tantôt divergents H croisés ; elle examine la hauteur moyenne des , cùDliueDts au-dessus du niveau des mers et la position dn cMiire de gravité de leur volume, le rapport entre

-Bile poJDt culmioant d'une chatne de montagnes et la hautear moyenne de sa cràte ou sa proximité d'en littoral voiaio. Elle nous dépeint les rochec d'éruption comme principes de monvemeot, puisqu'elles agissent sur les roches sédimentaires qu'elles traversent, soU* lèvent et inclinent; elle contemple les votcaos seton qu'ils se trouvent isolés ou rangés par séries taotdt simple, tantôt double, et qu'ils éludent à diverees dislances ta sphère de leur actiTilé, soit par les roches qu'ils produisent en coulées longues et étroites, soit en branlant le sol par cercles qui s'élargissent ou diminuent de diamètre dans la suite des siècles. La partie terreetre de la science du Cosmos décrit la lutte de l'élément liquide avec la terre ferme ; elle expose ce que toutes les grandes rivières ont de commun dans leur cours supérieur ou inrérieur, et dans leur birurcalion, lorsque leur bassin n'est pas encore entièrement fermé; elle nous montre^ les fleuves brisant les plus hautes chaînes de montagnes (Hi suivant pendant longtemps un cours parallèle à ces chaînes, soit à leurs pieds, soit ft de grandes distances, Iwsque le soulèvement des couches d'un système de montagnes, la direction du ridement, est conforme à celle des bancs phis ou moins inclinés de la plaine. Les résultats généraux de VOrographie et de Y Hydrographie comparées appartiennent seuls à la science dont j'ai à cœur de déterminer ici les limites réelles ; mais l'énumération des plus grandes hauteurs du globe, le tableau des volcans encore actifs, ta division du sol en bassins et la multitude

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tiot lifièreB qui ke «IlOnoent, loi» oa détatki mai du dDawioe <1« la géogra^Aie pKfpretDent dite. Nous ne ooncid^roDC ici les pbénoinèDcs que dans leur dépen* duKâ matuelte, daoE les rapports qu'ils pi^sentent née les différedles zones de noire pltaèW et Ba conslihilioo fikysique «o général. Les flp^talités de la ^ fliMi^ brute ou organisée, classées d'après l'analogie d» {orme et de consposiiiaot oSVcnt shos doute une jtwie du i^us vif intérêt, mais ellee tiennrat à une sphère d'idées complètement distinctes de c^les qui font l'objet de cet ourrige.

Los deÉcriptione de pays divers oITt'ent les matériauK Icâ plui importaots pour la Gomposition d'une géographie physique; oependant ta réunion de ces dtacriptioMt rangées par séries, aons dounereit tout uni peu l'image Traie, la conformation générale de la surlace polyédrique de notre planète, que les Dores des difiëreoles régiouE placées les unes à la suite dei autrrà ne formeraient ce que je désigne sous le nom d'une Géographie des plantes. C'est par l'application de la pensée aux c^KcrvationB isolées, c'est par les vues de l'esprit qui compare et combine, que Dou» parvenons à découvrir, dans l'individualité des ibmMs organiqnes, c'est-^h-dire dans l'histoire naturalle descriptive des plantes et des animaux, les caractères communs que peut présenter la distribution du êtres suivant les climats; c'est l'induction qui nous révèto les Ims numériques d'après lesquelles sont râpées la proportion des familles naturelles à la «MUne totale dei espèces, et la latitude ou position

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géographique des zones où, dans les plaines, chaque forme organique atteint le maximum de son développement. Ces considéralioDS assignent, grâce à la généralisation des aperçus, un caractère plus élevé à la description physique du globe ; c'est en effet de de cette réparation locale des formes, du nombre et de la croissance plus vigoureuse de celles qui prédominent dans la masse totale, que dépeudent l'aspect du paysage et l'imprrasion que nous laisse la physionomie de la végétation.

Les catalogues des êtres organisés, auxquels od donnait jadis le titre fastueux de Systèmes de la nature^ nous montrent un admirable enchaînement d'analogies de structure, soit dans le développement déjà . complet de ces êtres, soit dans les diverses phases que parcourent, selon les aperçus d'une évoluiion en spirale, d'un calé, les feuilles, tes bractées, le cahce, ia corolle et les organes fécondants, de l'autre, avec plus ou moins de symétrie, les tissus cellulaires et fibreux des animaux, leura parties articulées ou vaguement'ébauchées ; mais tous ces prétendus systèmes de la nature, ingénieux dans leurs classifications, ne nous font pas voir les êtres distribués en groupes dans l'espace , selon les divers rapports de latitude et la hauteur à laquelle ils sont placés audessus du niveau de l'océan , selon les influences climatologiques qu'ils subissent en vertu de causes générales et le plus souvent très-lointaines. Le dernier but d'une géographie physique est cependant, comme nous l'avons énoncé [^us haut, de reconnaître l'anité

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daoE rimmense variété des phéDomènes, de découvrir, par le libre exercice de la peosée et en combinant les observations, la constance des pbénoniènes, au milieu de leurs variations apparentes. Si, dans l'exposé de la partie terrestre du Cosmos, on doit descendre quelquefois à des feits irès-spéciauK, ce n'est que pour rappeler la connexilé qu'ont les lois de la distribution réelle des êtres dans l'espace avec les lois de la clas^- Gcation idéale par familles naturelles-, par analogie d'organisation interne et d'évolution progressive.

11 résulte de ces discussions sur tes limites des sciences, et en particulier sur la distinction nécessaire entre la botanique descriptive ou morphologie végétale et la géographie des plantes, que, dans la physique du globe, la multitude innombrable des corps organisés qui embellissent la création est plutôt considérée par zones d'habitation ou de stations, par bandes isolkennes diversement infléchies, que selon les priocipes de gradation dans le développement de l'orgaotsme iniérieur. Cependant, la botanique et la zoologie, qui composent l'histoire naturelle descriptive des corps o^aisés, n'en sont pas moins des sources Técondes, offrit des matériaux sans lesquels l'étude des rapports et de l'enchaînement des phénomènes manquerait d'an fondement solide.

Nous ajouterons, pour mettre cet enchaînement dans tout son jour, une observation importante. Au pmDÎer abord, en embrassant d'un coup d'œil la vcgétation d'un continent dans de vastes espaces, 00 voit les formes les plus dissemblables, les grami-

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nées et les on^idtieA, les tabns cotiifèree et léS c\At\të, nippmehéft les tinfl dés «aires ; on voit, att conti^tré, IM RimfUes flaturdleB et les getires, Iota de Tonner 4es «Hociatkms lo(Mle9, dispersés cotnnié au hasard. Cotte dispefflkm pourtant n'est qu'apparente. La descrtpiion pfay^oe du globe nous monti% que l'en- «emble de (a végétation pféeente autn^quément, itauB le dévetoppeibetit de ses forâies et de àeé types, des mppôTU (ftmstdfttd; que, sons les mêmes ctimats, les espèceti qol AiMtqnétit à tm pays sont remplacées, d«T)â le pays voisin, par des espèces d'une même fiimille, et que éette loi des substitutions, qui semble looir ftuit toystèi^s mêmes de l'organisine originaire, ibaîntient dans les régions limitrophes la relation fismérique des espèces de telle ou telle grande famille ik la masse totale des phanérogames qui composent les deux flores. C'est ainsi que se révèle, dans la multiplicité des ot^fanisations distinctes qm tes peuplent. un principe d'uoilé, un plan primitir de distribution. Oti peut aussi reconnaître sous chaque zone, diversifiée d'après les familles de plantes qu'elle produit, une action lenle mais continue sur rocéan aérien, action qui dépend de l'influence de la lumière, première condition de toute vitalité organique à la surface solide et liquide de notre planète. On dirait que sous nos yeux se renouvelle sans cesse, selon une belle expression de Lavoisier, l'anlîque merveille du mythe de Prométhée.

Si nous appliquons la méthode que nous comptons suivre dans l'exposé de la description physique de la

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-^ 59 — tem, il \a partie nMârsle de Ift scicAce dti Costaos, à la desttlptiOD des espaces célestes et aut coi^ qui IM peepleatt notre tâche se irouveta singalièretnent ibipUAée. Veut-on, suivant un ancien ustigé, auquel (tes vws i^B pliitosophiques nom fint^eront un jour de reaoB«er, distinguer la ph^iqae, c'est-^-dire les oonridératiotiti gânértites sur l'essence de la tnatière et l«s fones qui lui impriment le mouvement, de 1d ettmAf, qdi s'occupe de l'hétérogénéité des sub^nces, de lear «oinpositiwi éléraétitaire et d'attractions qui nr sont pas uniquétnent déterminées par les rapports des masses, il faut convenir que la description de la lerpB présente des actions physiques et chimiques à la fois. A côté de la gravitation, qu'on doit considérer coaame la force primitive de la nature, agissent autour de MUS, dans l'intérienr ou à la surface de notre phnèie, des attractions d'un autre genre. Ce sont celles qn s'exercent entre les molécules en contact, ou éloi- (ïii*« a d'Infiniment petites distances (22), forces taginilé chimique, qui, diversement modifiées par r^tectricité, la chaleur, la condensation dans des corps poreux, on le contact d'une substance intermédiaire, lakoeirt Clément le monde inorganique et les tissus dn BBimaux et des plantes. Si nous exceptons les pclila BsténAdes qui nous apparaissent sous les formes d'térolithes, de bolides et d'étoiles filantes, les espaces oSestes n'offrent josqu'ici à notre observation directe qne des fAénomènes physiques ; encore ne pouvonsfns juger avec certitude que des effets dépendant (fc ta quantité de matière ou de la distribution des

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masses. Les phénomènes des espaces; célestes peuv^t, par conséquent, être envisagés comme soumis auK simples lois dynamiques du mouvement. Les effets qui pourraient naître de la différence spédfique de l'hétérogénéité de la matière ne sont pas jusqu'ici l'objet des calculs de la mécanique des deux.

L'habitant de la terre n'entre en rapport avec la , matière que contiennent les espaces célestes, qu'elle soit disséminée ou réunie en grandes sphéroïdes, que par deux voies, par des phénomènes de lumière (la propagation des ondes lumineuses) , ou par l'in- Quence cpi'exerce la gravitation universelle (l'attraction des masses). Les influences périodiques du soleil et de la lune sur les variations du magnétisme terrestre sont restées jusqu'à ce jour très-douteuses. Aucune expérience directe ne nous éclaire sur les propriétés ou qualités spécifiques des masses qui circulent dans les espaces célestes et sur celles des matières qui peut-être les remplissent entièrement, si ce n'est, comme nous venons de l'énoncer tout à l'heure, sur les aérolithes ou pierres météoriques qui viennent se mêler aux substances terrestres. Il suffit de rappeler ici ce que l'on peut conclure de leur direction et de leur énorme vitesse de projection, vitesse toute planétaire, à savoir, que ces masses, enveloppées de vapeurs et arrivant à l'état d'incandescence, sont de petits corps célestes attirés par l'attraction de notre planète eu dehors de leur roule primitive. L'aspect, si familier pour nos yeux, de ces astéroïdes, l'analogie qu'ils offrent avec les minéraux

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qui composent la croate de notre globe, ont sans cloute lie quoi surprendre; mais la seule conséquence que l'on puisse en tirer, selon moi, c'est qu'en général les plaoèles et les autres masses qui, sous l'influence d'un wrps central, se sont agglomérées en anneaux de vapem^, puis en sphéroïdes, étant parties intégrantes d'un même système et ayant une même origine, peuvent oITrir aussi une association de substances chimiquement identiques. Il y a plus encore : les expérieuces du pendule, et particulièrement celles que Bcssel a faites avec une si rare précision, conflrmeot l'axiome nevvlonien, que les corps les plus hétérogènes dans leur composition (l'eau, l'or, le quartz, le calcaire grenu et différentes masses d'aérolithes) éprouvent, par l'attraction de la terre, une accélération entièreuKDt semblable. Aux observations du pendule se ^Mgoent des preuves fournies par des observations parement astronomiques. La presque identité de la masse de Jupiter déduite de l'action qu'exerce cette grande planète sur ses satellites, sur la comète d'Encke àcouile période, et sur les petites planètes (Vesta, Junon, Cérès et Pallas) , donne également ta certitude que, dans les limites de nos observations actuelles , l'attraction «st délermioée par la quantité seule de ta matière (23) . Celte impuissance de l'observation directe ou des coQsidératioas théoriques sur l'hétérogénéité de la matière à fournir aucune indication donne à la mécanique des cieux un haut degré de simplicité. L'étendue incoflUDensurable des espaces célestes étant assujettie à la seule science du mouvement, la partie sidérale

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du Cosmafl puba aux aourc8« papes et Koondes de l'astroooime mathématique , oomme la partie lerrestre puiw k celles de la [^y«iqne, de la (Aimie et de la morpbolo^e organique; mais le domaine de ces trois deroières sciences embrasse des phéDomènes tellement ccHopliqués, et jusqu'à ce jour si peu susceptibles de méthodes rigoureuses, que la f^iysique du gk^ ne saurait se glorifter ici de cette c^itude, de cette simplicité dans l'exposition dee faits et de leur enchaînement iQutuel, qui caFaclérise la partie céleste du Cosmos. Ceot peut-^lre par la difTérence que nous signalons en ce momeot, qu'on doit expliquer pourquoi, dans \e8 premiers temps de la culture inielleciuelle dee Grecs, la philosophie de la aature des pyihagcHriciens se tourna avec plus d'ardeur vers les astres et les espaces c^esles que vers la terre et ses productions; pourquoi, par Philolatis, et, dans la suite, par les vues analogues d'Aristarque de Samos et de Séleucus d'Érythres, elle est devenue plus profitable è la connaissance du véritable système dit monde, que la philosophie de la nature de l'école ionienne n'a jamais pu l'être à ta physique de la lane. Peu attestive aux propriétés et aux différences spédQqaes des mati^«e qui revphssent les espaces, la grande école italique, dans sa gravité donenae, portail de préCéreDce ses regards ths tout ce qai lient aux mesupes, h la configuration des corps, aux distances des pianètas et aux nombres (M), tandis qoe les physicieiw d'Ioaie s'arrêtaient aux qualités de h matière, h ses tranefbrmaticns vraies ou supposa

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•I à SM repportfl d'origine. II était réservé au puissant géoit d'Aristoto, si profondément spéculatif e( pratique à la fois, d'approfondir avec le même succès le xooûAb des abstractions et le monde des réalités ma- KrieUes qui renferme d'intarissables sources de mouvement et de vie.

Plusieurs traités de géograf^ie physique, et des [diM distingués, ofi^nt dans leurs introductions une pHtie exduffTement astronomique, tendant à faire envisager d'abord la terre dans sa dépendance ptanétaira, et comme faisant partie du grand système qu'anime le corps central du soleil. Celte marche des idées est diamétralement opposée h celle que je me . propoee de suivre. Pour bien saisir la grandeur du iac»de, il ne faut pas subordonner ta .partie sidérale, qoe Kant a âppdée VHisloire naturelle du ciel, à la pirtie terrestre. Dans le Cosmos, selon l'antique cxpranion d'Aristarquc de Samos, qui préludait au syslème de Copernio, le soleil n'est, avec ses satelyiae, qo'ane des étoiles innombrables qui remplissent Im espaces. La description de ces espaces, la physique éa DHMide, ne peut commencer que par les corps célestes, par le tracé graphique de l'univers, je dirai par DM véritable carte du monde, telle que , d'une Biaia hapdie, William Berschel a osé la Sgurer. Si, ma^ré la petitesse de notre planète, ce qui la concerne eichisiveEQeDt occupe dans cet ouvrage la place la plus cooflidémMe, et s'y trouve développé avec le plus de (tétail, cda tient uniquement à la disproportion de nos ooanissaBces entre ee qui est accessibloà l'observation

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-Guet ce qui s'y refuse. Cette subôrdioatioD de la partie céleste à la partie terrestre se rencontre d^à daos le grand ouvrage de Bernard Varenius (25), qui a par» au milieu du dix-septième siècle. Il distingua le premier la géographie générale et la géographie spéciale, subdivisant la première en géographie absolue, c'est-à-dire proprement terrestre, et en géographie relative ou planétaire, selon que l'on envisage la surface de la terre dans ses diiïérentes zo:ies, ou bien les rapports de notre planète avec le soleil et la lune. C'est un beau titre de gloire pour Varenius, que sa Géographie générale et comparée ait pu lixer à un haut degré l'attention de Newton. D'après l'étal imparfait des sciences auxiliaires auxquelles il devait puiser, le résultat ne pouvait pas répondre à la grandeur de l'entreprise. 11 était réservé à noire temps et à ma pairie de voir tracer par Charles Hitler le tableau de la géographie comparée dans toute son étendue et dans son inliuie relation avec l'histoire de l'homipe (26).

L'énumération des résultats les plus importants des sciences astronomiques et physiques qui, dans le Cosmos, rayonnent vers un foyer commun, légitime jusqu'à un certain point le titre que j'ai donné à naon ouvrage. Peut-être même ce titre est-il plus téméraire que l'entreprise elle-même, ciP(X)nscrite dans les limites que je lui ai posées. L'introduction de noms nouveaux, surtout lorsqu'il s'agit d'a[)erçus généraux, d'une science qui doit être accessible à tous, a été jusqu'ici très-contraire à mes habitudes : je n'ai ajouté à la nomenclature que là où , dans les spécialités de la

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botanique et de la zoologie descriptives, ôfys ohjel,-. décrits pour la première fois rendaient indispensables de nouveaux termes. Les dénominations de Description physique du monde, ou Physique du monde, dont jo pe sers indiiTéremment, sont formées sur celles de Description physique de la terre, ou Physif/ue du globe, c'est-à-dire Géographie physique, depuis longtemps passées dans l'usage. Un des plus puissants génies de tous les siècles, Descartes, nous a laissé quelques fragoienls du grand ouvrage qu'il comptait publier sous le lilre de Monde, et pour lequel il s'était livré à des éludes spéciales, même à celle de l'analomie de l'homme. L'expression peu usitée, mais précise, de Science du Cosmos, rappelle à l'esprit de l'habitant de la terre qu'il s'agit ici d'un horizon plus vaste, de la réunion de tout ce qui remplit l'espace, depuis les nébuleuses les plus lomtaines jusqu'à ces légers tissus de matière végétale, distribués suivant les climats, i]ui tapissent et colorent diversement les rochers.

Sous l'influence des vues bornées propres à l'enboce des peuples, les idées de terre et de monde ont été coofondues de bonne heure, dans l'usage de toutes Ws langues. Les expressions vulgaires : Voyages autour du monde , mappemonde , nouveau-moiide , offren t des exemples de cette conrusion. Les expressions plus précises et plus nobles de Système du monde, monde planétaire, création el âge du monde, se rapportent les unes à la totalité des matières qui remplissent les espaces célestes, les autres à l'origine de l'univers tout entier.

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11 paraît naturel qu'au milieu do l'extrême variabililé (les phénomènes qu'offrent la surface de notre globe et l'oct'an aérien qui l'cQveloppe, l'homme ail été frappé de l'aspect de la voûte céleste, des mouve^ ments réglés et uniformes du soleil et des planètes. Aussi le mot Cosnws indiquait-il primitivement, dans les temps homériques, les idées d'ornement et d'ordre à la fois; il a passé plus tard daus le langage scientûque. On l'appliqua progressivement à l'accord que l'on* observe dans les mouvements des corps célestes, à l'ordre qui règne dans l'univers entier, au monde même dans lequel cet ordre se reflète. D'après l'assertion de Philolaiis, dont M. Bœckh a commenté les fragments avec une si rare sagacité, et d'après le témoignage général de l'antiquité tout entière, c'est Pylhagore qui , le premier, se servit du mot Cosmos pour désigner l'oixire qui règne dans l'univers, et l'univers ou le monde lui-même (27). De l'école de la philosophie italique, l'expression passa, en ce sens, dans la langue des poètes de la nature, Parménide et Empédocle, et de là dans l'usage des prosateurs. Nous ne discuterons pas ici comment, selon ces mêmes vues pythagoriciennes, Philolaùs distingue une fois entre l'Olympe, Uranus ou le Ciel, et le Cosmos; comment ie luôme mot est employé au pluriel pour désigner certains corps célestes (les planètes) circulant autour du foyer central du monde, ou des groupes d'étoiles. Dans mon ouvrage, le mot Cosmos est employé comme le prescrivent l'usage hellénique, postérieur à Pythagoro, et la définition très-précise donnée dans te

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Trailé du Monde, (jue l'on a faussement attribué à Aristole : c'est l'easemble du ciel et de la terre, l'universalité des choses qui composent le monde sensible. Si, depuis longtemps, les noms des sciences n'avaient été détournés de leur véritable signification linguistique, l'ouvrage que je publie devrait avoir le titre de Cosmo~ graphie, et se diviser en Lranographie et Géographie. Les Romains, imitateurs des Grecs, dans leurs faibles essais de pbilosopbie, ont aussi Uni par transporter à \'mivers la signilicatioa de leur mwidust qui n'indi- ({uait primitivement que la parure, l'ornement, non pas même l'ordre ou la régularité dans la disposition des parties. Il est probable que l'introduction de ce terme technique dans la langue du Lalium, que l'importation d'un équivalent du mot Cosmos, dans sa double sigoilïcalion, est due à Enuius (28), sectateur de l'école italique, traducteur des pliilosophèmes pythagoriciens composés par Ëpicharme ou par quelqu'un de ses adeptes.

Nous distinguerons d'abord entre Vkistoire physique du monde et la description physique du monde. La première, conçue dans le sens le plus général du mol, devrait, si les matériaux exisiaient pour l'écrire, tracer les variations qu'a subies l'univers dans le cours des âges, depuis les étoiles nouvelles qui soudainement ont paru et disparu à la voûte du Grmameot, depuis les nébuleuses qui se dissolvent ou se ixtDdeDâent, jusqu'à la première couche de végétation (■ry[)togame qui a couvert la surface à peine refroidie du globe ou un écueîl de coraux souk'vé du sein dos

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mers. La description physique du monde offre le tableau de ce qui coexiste dans l'espace, de l'action simultanée des forces de la nature et des phénomènes qu'elles produisent. Mais, pour bien comprendre la nature, on ae saurait séparer entièrement, et d'une manière absolue, la considération de l'état actuel des choses, de celle des phases successives par lesquelles elles ODt passé. On ne peut concevoir leur essence, sans réfléchir sur le mode de leur formation. Ce n'est pas la matière organique seule qui perpétuellement se compose et se dissout pour former de nouvelles combinaisons; le globe, à chaque phase de sa vie, nous révèle le mystère de ses étals antérieurs.

On ne peut jeter les yeux sur la croûte de notre planète, sans rencontrer les traces d'un montle organique détruit. Les roches de sédiment présentent une succession d'êtres qui se sont associés par groupes, exclus et remplacés mutuellement. Ces bancs superposés les uns aux autres nous dévoilent les faunes et les flores des siècles écoulés. Dans ce sens, la description de la nature est intimement liée îi son histoire. Le géologue ne peut concevoir le temps présent sans remonter, guidé par l'enchaînement des observations, & des milliers de siècles écoulés. En traçant le tableau physique du globe, nous voyons, pour ainsi dire, le présent et le passé se pénétrer réciproquement; car il en est du domaine de la nature comme du doinaiiio des langues, dans lesquelles les recherches étymologiques nous font voir aussi un développcaionf siicfcssif, et nous montrent l'état antérieur d'un idiome reflclô

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69 — {fans les formes flont on se sert de nos jours. Ce reflet du passif est d'autant plus manifeste dans l'étude du inonde matériel <|uc nous voyons naUre sous nos yeux des roclies d'éruption et des couches sédîmenlajres semblables ît celles des âges antérieurs. Pour emprunter un exemple frappant aux rapports géolo- .ait|Mes qui déterminent la physionomie d'un pays, je rappellerai ici que les dames de tracliyte, les cônes de basalte, les coulées d'amygdaloïde à pores allongés et parallèles, et de blancs dépôls de ponces entremêlés de scories noires, animent, pour ainsi dire, le paysage, pdr les souvenirs du pa.ssé. Ces masses agiï^sent sur rimaginalioD de l'observateur instruit, comme le feraient des traditions d'un monde antérieur. La forme des rocbes est leur histoire.

Le sens dans lequel les Grecs et les Romains ont employé originairement ie mot histoire, prouve qu'eux aii>si avaieut la conviction intituc que, pour se former une idée coaiplète de l'état actuel des choses, il fallait les considérer dans leur succession. Ce n'eLt pas toutefois dans la définition donnée parVerrius Flaccus (29), mais bien dans les écril.=i zoologiqucs d'Aristote que le nuit histoire se pn^scnte comme un exposé des résultais de l'expérience et de l'observation. La description plijsiquc du monde de Pline l'Ancien porte le titre ^Histoire A'aliirelle; dans les lettres de son neveu elle est appelée, d'une manière plus noble. Histoire de la nature. Les premiers historiens grecs ne séparaient point encore les descriptions des pays de la narration des événements dont ils avaient été le théâtre. Chez

eux, la t,'i5osraphie physique et l'iiistoiro fomièrcnl une étroile alliance; elles restèrent môlécs, d'une manière naïve et gracieuse, jusqu'à IV'poque où le grand développement de l'intérêt politique, et la perpétuelle agitation de la vie des citoyens, firent disparaître de l'histoire des peuples l'élément géographique, pour en faire une science & part.

Il reste îi examiner si, par l'opération de la pensée, on peut espérer de ramener l'imraensit^i des phénomènes divers que comprend le Cosmos à l'unité d'un principe cl à l'évidence des vérités rationnelles. Dans i'élat actuel de nos connaissances empiriques, nous n'osons nous flalter d'un tel espoir, I^s sciencos expérimentales, fondées sur l'observation du monde extérieur, ne peuvent prétendre à <)lre jamais complètes; la nature des choses et l'imperfection de nos organes s'y opposent également. Jamais on ne parviendra à épuiser l'inépuisable richosso de la nature; aucune génération ne pourra se vanter d'avoir embrassé la totalité des pIiénom>nes. Ce n'est qu'en les distribuant par groupes qu'on est parvenu, dans quelques-uns de ces groupes, à découvrir l'empire de certaiues lois de la nature, sirapleset grandes comme elle. L'étendue de cet empire augmentera sans doute à mesure que les sciences physiques s'agrandiront et se perfectionneront progressivement. D'éclatants exemples de ces progrès ont été donnés de nos jours dans les phénomènes électro-magnétiques, dans ceux que pn^sentent la propagation des ondes lumineuses et le calorique rayonnant. De nit^me la doctrine féconde de l'évolution nous fait

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— 71 -~ Toir comment, daas les dévcloppemenls organiques, tout ce qui se forme est ébauché d'avance, comment les tissas des matières végétales et animales naissont nniromiémenl de la multiplication et de la transformalion des cellules.

La généralisation des lois qui d'abord, dans des cercles plus étroits, n'avaient été appliquées qu'à quelques groupes isolés de phénomènes, offre, avec le temps, des gradations de plus en plus marquées; elle gagne en étendue et en évidence tant que le raisonnement s'attache à des phénomènes d'une nature réoUeraent analogue ; mais dès que les aperçus dynamiques ne suffisent plus, partout ou les propriétés spécifiques de la matière et son hétérogénéité sont enjeu, il est à craindre qu'en nous obstinant à la poursuite des lois, nous ne trouvions sous nos pas des abîmes infranchissables. Le principe d'unité cesse de se faire sentir, le fi! se brise là où se manireste, parmi les forces de la nature, une acti^n d'un genre particulier. I^ loi des équivalents et des proportions numériques de compo- 'silion, si heureusement reconnue par les chimistes modernes, proclamée sous l'antique forme de symboles atomistiques, reste encore isolée et indépendante des lois raathématiqiles du mouvement de la gravitation.

Les productions de la nature, objets de l'observation directe, peuvent i^trc distribuées logiquement par classes, par ordres ou familles. Les tableaux de ces distributions répandent, à n'en pas douter, du jour sur Thisloire naturelle descriptive; mais l'étude des corps

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organis(''S et leur enchainenienl linéaire, tout en donnant plus d'unit<5 et de simplicité à la distribution des groupes, ne peuvent pas s'élever à une classiricatioii fondée sur un seul principe de ooDipositto» et d'orjianisation intérieure. De m^me que tes lois de la naliiixr présentent différentes gradations-, selon l'éleiiduo di's horizons ou des cercles de phénomènes qu'elles eiijbrasscnt, de même aussi l'exploration du monde extérieur a des phases diversement graduées. L'empirisme commence par des aperçus isolés que l'on ra[)proche selon leur analogie et leur dissemblance. A l'acte de l'observation directe succède, mais bien lard, le désir (l'expérimenter, c'est-h-dire de faire naître des phénomènes sous des conditions déterminées. L'expérimentateur rationnel n'agit pas au hasard ; il est guidé par des hj'polhèses qu'il s'est forméo:=, par un pressentiment à demi instinctif et plus ou moins juste de la liaison des choses ou des forces de la nature. Les résultats dus à l'observation ou à l'expérimentation conduisent, par l'analyse et par l'induction, îi la découverte des lois empiriques. Ce sont là les phases que l'intelligence humaine a parcourues et qui ont marqué diflerentes époques dans ia vie des peuples ; c'est en suivant cette route qu'on est parvenu à n'unir la masse de faits qui constituent aujourd'hui la hase solide des sciences de la nature.

Doux formes d^bslraction dominent l'ensemble de nus connaissances : des rap|X)rts de ifnaulitd, relatifs aux idées de nombre ou de grandeur ; et des mp|)orts de ijualité, qui embrassent les propriétés spéciflciues ou

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t'bélérogénéité de la malière. La première de ces formes, plus accessible à l'exercice de la pensée, appartient aux sciences raathénialiques; l'autre forme, plus dilUcile à saisir, et plus mystérieuse en apparence, est du domaine des sciences chimiques. Pour soumettre les phénomènes au calcul, on a recours à une construclioD hypothétique de la malière, par combinaison de modécules et d'atomes, dont le nombre, la forme, la position et la polarité doivent déterminer, modilier, varier tes phénomènes. Les mythes de matières impondérables et de certaines forces vitales, propres à cha(|uc mode d'oi^nisation, ont compliqué tes aperçus et répandu une lumière douteuse sur la route à parcourir. C'est sous des conditions et des formes d'intuition si diverses que s'est accumulée, à travers les siècles, la masse prodigieuse de nos connaissances empiriques, et qu'elle augmente de dos jours avec une rapidité crois- Siinle. L'esprit scrutateur de l'homme essaye de temps en temps, et avec un succès très-inégal, de briser des fonues surannées, des symboles inventés pour soumettre la matière rebelle aux constructions mécaniques. Nous sommes encore bien éloignés de l'époque où il sera possible de réduire à l'unité d'un principe rationnel, par les opérations de la pensée, tout ce que nous apercevons au moyen des sens. On peut mf^me mettre eo doute si un tel succès, dans le champ de la philosophie de la nature, sera jamais obtenu. I^a com|ilication des phénomènes et l'étendue immense du Cosmos paraissent s'y opposer : mats, lors iiK>me que le problèuie serait insoluble dans suu ensemble, une solution

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parlielle, la tendance vers rintelli.i;ence du monde, n'en demeure pas moins le bul t:!lernel et sublime do toute observation de la nature. Fidèle au caractère des ouvrages que j'ai publiés jusqu'ici, et aux travaux de mesures, d'expériences, de recherches, qui ont rempli ma carrière, je me renferme dans te cercle des conceptions empiriques.

L'exposition d'un ensemble- de faits observés et combinés entre eux n'exclut pas le désir de grouper les phénomènes selon leur enchaînement rationnel, de généraliser ce qui est susceptible de généralisation dans la masse des observations particulières, enfin d'arriver à la découverte des lois. Des conceptions de l'univers qui seraient uniquement fondées sur la raison, sur les principes de la philosophie spéculative, assigneraient sans doute à la science du Cosmos un bût plus élevé. Je suis loin de blâmer des efforts que je n'ai pas tentés, de les blâmer par la seule raison qu'ils ont eu jusqu'ici un succès très-douteux. Contre le gré et les conseils de ces penseurs profonds et puissants, qui ont donné une vie nouvelle à des spéculations avec lesquelles s'était déjà familiarisée l'antiquité, les systèmes de la philosophie de la nature ont, dans notre patrie, éloigné les esprits pendant quelque temps des graves études des sciences mathématiques et physiques. L'enivrement de prétendues conquêtes déjà faites, un langage nouveau bizarrement symbolique, une prédilection pour des formules de rationalisme scolastlque, plus étroites que jamais n'en connut le moyen âge , ont signalé par l'abus des foi'ccs chez une jeunesse gêné-

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rcose tes courtes sRlumales d'une science purement ûléâle de ta nature, le répète l'expression abus des (breea, car des esprits supérieurs, adonnés à la fois lux études philosophiques et aux sciences d'observa^ tioD, ont su se préserver de ces excès. Les résultats eblenss par de sérieuses investigations dans la voie de l'expérience ne sauraient être en contradiction avec Bw véritable philosophie de la nature. Lorsqu'il y a eoDtrsdictioD, la feule en est, ou au vide de la spéculilioa, ou aux prétentions exagtWes de l'empirisme, qui croit avoir prouvé par l'expérience plus que l'expërieoce ne peut prouver.

Qu'on oppose la nature au monde intellectuel, offiune si ce dernier n'était pas compris dans te vaste îeia de ki oalure, ou bien qu'on l'oppose k l'art, enviia^^' comme une manifestation de la puissance inleliectuelle de l'humanité, ces contrastes redétés dans les ianjnies les plus cultivées, ne doivent pas pour cela conduirp h un divorce entre la nature et l'intelligence, divorce qui réduirait la physique du monde à n'ôtre plus ((u'un assemblage de- spécialités empiriques. La srience ne commence pour l'homme qu'au moment où Pesprit s'empare de la matière, où il lâche de sountellre la masse des expériences à des combinaisons rationnelles. La science est l'esprit appliqué à la nature; mais le monde extérieur n'existe pour nous To'anlant que. parla voie de l'intuition, nous le réflédiissons au dedans de nous. De même que l'intelliizence et les Tormes du langage, la pensée et le signe, soul unis par des liens secrets et indissolubles, de

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Diême aussi le monde extérieur se confond, presque à notre insu, avec nos idées et nos sentiments. Les phé^ noœèoes extérieurs, dit Hegel dans la Philosophie de l'histoire, sont en quelque sorte traduits dans nos représentations internes. Le monde objectif pensé par nous, en nous réfléchi, est soumis aux formes éternelles et nécessaires de notre être intellectuel. L'ac^vité de l'esprit s'exerce sur les éléments qui lui sont fournis par l'observation sensible. Aussi , dès la jeunesse de l'humanité, se découvre, dans )a simple intuition des faits naturels, dans les premiers efforts tentés pour les comprendre, le germe de la philosophie de la nature. Ces tendances idéales sont diverses et plus ou moins fortes, selon les races, leurs dispositions morales et le degré de culture qu'elles ont atteint, à ta faveur de la nature qui les entoure.

L'histoire nous a conservé le souvenir du grand nombre de formes sous lesquelles on a tenté de coocevoir rationnellement le monde entier des phénomènes, de reconnatlre dans l'univers l'action d'une seule force motrice qui pénètre la matière, la transforme et la vivifie. Ces essais remontent, dans l'antiquité classique, aux traités de l'école ionienne sur les principes des choses, traités où, en s'appuya nt sur un petit nombre d'observations, on osa soumettre l'ensemble de la nature à des spéculations tôm^'aii'es. A mesure que, par l'influence de grands événements historiques, toutes les sciences se sont dévolopinies. en s'appuyaut sur l'observation, on a vu se refroidir aussi l'ardeur qui portait à doduire IVssenco dos chosi'S ol

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leur connesilé de conslruclions purement idéales cl de principes lout rationnels. Dans des tentps plus rapprochés de nous, c'est surtout la partie mathéniatifjue de la philosophie naturelle qui a reçu d'admirables accroissements. La méthode et l'instrument, c'est-à-dire l'analyse, ont été perfectionnés à la fois. Nous pensons que ce qui a été conquis par des Dtoyeas si divers , par l'application ingénieuse de suppositions atomistiques, par l'étude plus générale et plus intime îles phénomènes, et par le perfectionoement d'appareils nouveaux, est le bien commun de rhumanilé, et ne doit pas plus aujouixl'hui que chez les anciens, être soustrait à la libre action de la pensée spéculative.

On ne saurait nier toutefois que, dans le travail de la pensée, les résultats de l'expérience n'aient eu plus d'un danger à courir. Dans la vicissitude perpétuelle des vues théoriques, il ne faut pas trop s'étonoer, comme le dit spirituellenieot l'auteur de Giordam Bruno (30), « si la plupart des hommes ne Toient dans la philosophie qu'une succcession de météores passagers, et si les grandes formes qu'elle a revêtues partagent le sort des comètes, que le peuple ne range pas parmi les œuvres éternelles et pernia- Denles de la nature, mais parmi- les fugitives apparitious des vapeurs ignées. » Hâtons-nous d'ajouter que l'abus de la pensée et les fausses voies dans lesquelles elle s'engage ne sauraient autoriser une opinion qui aurait pour effet de flétrir l'inlelligence, à savoir, que teniiinde des iili'-es n'est de sa nature qu'un monde do

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fantômes et de rêveries, et que les richesses accumatées par de laborieuses observations ont , dans la philosophie, une puissance ennemie qui les menace. Il De sied pas à l'esprit qui caractérise notre temps de rejeter avec méfiance toute généralisation des aperçus, tout essai d'approfondir les choses par la voie da raisonnement et de l'induction. Ce serait méconnaître la dignité de la nature humaine et l'importance relative de nos facultés, que de condamner, tantôt la raison austère qui se livre à l'investigation des causes et de leur enchaînement, tantôt cet essor de l'imagination qui prélude aux découvertes et les suscite par son pouvoir créateur.

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PHEMIEEE PARTIE

rtBLBAD DKI PHËKOllbNBS CÉLBSTBS.

Lorsque l'esprit humain s'eahardit jusqu'à vouloir dominer le moDde matériel, c'est-à-dire feosemble des phénomèDfô physiques, lorsqu'il tente de faire rentrer dans le domaine de sa pensée ta nature ^tière irec la riche plénitude de sa vie, et l'action des forces on libres ou cachées qui l'animent, les limites de son bortnm s'évanouissent dans le lointain, et, des hauteurs (Hi il s'est élevé, les individualités ne lui apparaissent plus que groupées par masses et comme voilées par une brume légère. Tel est le point de vue oii nous Toolotts nous placer pour envisager l'univers et pour tenter de décrire, dans leur ensemble, la sphère des eieux et te monde terrestre. Je ne me suis point dissimulé l'andace d'une pareille tentative, car entre toalee tes formes d'exposition auxquelles ces feuilles sont consacrées, l'essai d'un tableau général de la nature est d'autant plus difTicile, qu'au lieu de nous borner à décrire en détail tes richesses de ses formes si variées, nous nous proposons d'en peindre les grandes masses, soit que leurs c(H(tours aient une

cxisicnce rtVIle, soit Cjiie les divisions rdsulteiit de Iji naliire même de nos com:eptions. Pour que celle œuvre réponde à ia dignilë de la belle expression de Cosmos, qui signifie l'ordre dans l'univers et la magnificence dans l'ordre, il faut qu'elle embrasse et qu'elle décrive le grand Tout (t& -rcâv) j il faut classer et coordonner les phénomènes, pénétrer te jeu des forces qui les produisent, peindre enfin, par un langage animé, une image vivante de la réalité. Puisse l'infime variété des éléments dont se compose le tableau de la nature ne pas nuire à celte impression harmonieuse de calnic et d'unilé, dernier but de toute œuvre littéraire ou purement artistique !

Des profondeurs de l'espace occupées par les nébuleuses les plus éloignées, nous descendrons par degrés à cette zone d'étoiles dont notre système solaire fait partie, au sphéroïde terrestre avec son enveloppe gazeuse et liquide, avec sa forme, sa température et sa tension magnétique, jusqu'aux êtres doués de la vie que l'action fécondante de la lumière développe à sa surface. Sur ce tableau du monde, il nous faudra peindre à grands traits les espaces infinis des cieuK, et tracer l'esquisse de microscopiques existences du règne organique qui se développent dans les eaux stagnantes ou sur les croupes de nos rochers. Les richesses d'observation qu'une étude sévère de la nature a su accumuler jusqu'à notre époque, forment les matériaux de cette vaste représentation, dont le caracti-re princi()al doit être de porter en elte-n«'n)e le témoignage de sa fidélité. Mais dajis les conditions

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posées par les prolégomènes, un tableau descriptif de la nature De saurait comprendre les di^tails et les individualit^^ considérées hors de l'ensemble ; ce serait nuire à l'efTet fïénéral de cette œuvre, que d'y vouloir énumérer toutes les formes où la vie se révèle, tous les faits, toutes les lois de la nature. La tendance à rractioDner indéfiniment l'ensemble de nos connaissaDces est un écueil que le philosophe doit savoir éïiter, sous peine de s'égarer dans la foule des détails accumulés par un empirisme souvent irréfléchi. D'ailleurs, nous ignorons encore une partie notable des propriétés de la matière, ou, pour parler un langage plus conforme à la philosophie naturelle, il nous reste à découvrir des séries entières de phénomènes dépendant de forces dont nous n'avons actuellement aucune idée, et cette lacune seule suffirait à rendre incomplète kHile représentation unitaire de la totalité des faits naturels. Aussi, au sein même de la jouissance qu'inspire le tableau de ses conquêtes, l'esprit inquiet, peu satisfait du présent, éprouve-t-il comme une sorte de malaise en cédant au désir énergique qui le pousse incessamment vers les régions de la science encore inexplorées. Ces aspirations de notre âme nouent plus fortement le lien qui unit le monde sensible au monde idéal en vertu des lois suprêmes de l'intelligence ; elles ïivifieol cette relation mystérieuse « de l'impression qoe notre âme reçoit du monde extérieur à l'acte qui la réfiéchit du sein de ses profondeurs mêmes. »

En outre, puisque la nature prise pour l'ensemble des èlres et des phénomènes est illimitée quant à ses

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contours et à son contenu, elle nous pose un probl^ne que toute la capacité humaine ne saurait embrasser, problème insoluble, car il exige la connaissance géaérale de toutes les forces qui agissent dans l'univers. On peut faire uo pareil aveu, quand on se propose, pour unique objet des recberches immédiates , les lois des êtres ou de leurs développements , et quand od s'astreint à suivre une seule voie, celle de l'expérieDce guidée par une méthode d'induction rigoureuse. Il esl vrai, on renonce ainsi à satisfaire la tendance qui nous porte à embrasser la nature dans son universalité, et à pénétrer l'essence même des chosK ; mais l'histoire des théories générales sur le monde, que ûous avons réservée pour une autre partie de cet ouvrage, prouve que l'humanité peut seulement prétendre à une connaissance partielle, mais de plus en plus approfondie , des lois générales de l'univers. Il s'agit donc ici de peindre l'ensemble des résultats acquis, en restant au point de vue de l'actualité, tant pour la mesure et pour les limites , que pour l'étendue de ce tableau. Or, quand il s'agit des mouvements et des transformations qui s'effectuent dans l'espace, le but final de nos recherches est surtout la détermination mtménqae des valeurs moyennes qui coDStiluenl l'expression des lois physiques elles-mêmes. Ces nombres moyens nous représentent ce qu'il y a de constant dans les phénomènes variables, ce qu'il y a de fixe dans la fluctua^on perpétuelle des apparences. C'est ainsi que les progrès actuels de la physique se produisent presque exclusivement par voie de mesures et de pesées, dîms le but

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— as —

d'obieair ou de corriger les valeurs nuniBriquM moyennes de certaioes grandeurs. Op dirait que leg BomlH«s, ces derniers hiérogl^bes qui subsistent encore dans notre éo'iture, constituent de nouveau pour nous, mais dans une acception beaucoup plus étendue, ce qu'ils étaient autrefois pour l'écoie italique, les forces mêmes du Cosmos.

Le savant aime la simplicité de ces rapports numériques qui expriment les dimi^sions du oiel visible, la grandeur des corps célestes, lauPs portuiv bâtions périodiques, et les trois éléments du magnét- (isme terrestre, de la pression atmosphérique et de la quantité de chaleur que le soleil verse on chaque saison de l'année sur tous les points de nos continents ou de nos mers. Mais ils ne sauraient suflSre au poète de la nature, et moins encore à la multitude curieuse; la science contemporaine leur parait avoir fait fausse roule , parce qu'elle ne répond phis que par le doute à une foule de questions qu'on s'imaginait autrefois pouvoir faire rentrer dans son domaine, si même elle ne les dédare absolument insolubles. Il faut l'avouer, sous une forine plus sévère, avec des limites plus étroiies, la science actuelle est dépourvue de cet attrait décevant de l'ancienne physique, dont les dogmes et les symboles étaient si propres à égarer ta raison en donnant carrière à l'imagination la plus ardente. Du haut des rivages des Canaries ou des Açores, on croyait aper^ œvoir, longtemps avant la découverte du Nouveau- Monde, des terres située à l'occidwit. C'était une

- H illusion produite, non pnr le jeu d'une rérrartion extraordinaire, mais par cette ardeur qui nous entraîne au delà de notre portée. La philosophie naturelle des Grecs, la physique du moyen â^e et même celle des derniers siècles, offrent plus d'un exemple analogue de cette illusion de l'esprit qui se crée, pour ainsi dire, des làntâuies aériens; on dirait qu'aux limites de nos connaissances , comme du haut des rivages des dernières ties, le regard troublé cherche à se reposer sur l'aspect des contrées lointaines; puis la tendance au merveilleux, au surnaturel, prête une forme déterminée à chaque manirestation de cette puissance de création idéale dont l'homme est doué, et le domaine de l'imagination, où régnent en souverains les songes cosmologiques, géognostiques , magnétiques, empiète ainsi constamment sur celui de la réalité.

Sous quelque aspect qu'on veuille considérer la nature, qu'elle soit l'ensemble des êtres et de leurs développements successifs ou bien cette force intérieure d'où naît le mouvement, ou le type mystérieux auquel se rattachent toutes les apparences, l'impression qu'elle produit sur nous a toujours quelque chose de terrestre. Nous ne reconnaissons môme notre patrie que là. où commence le règne de la vie organique; comme si l'image de la nature s'associait nécessairement dans notre âme à celle de la terre, parée de ses fleurs et de ses fruits, animée par les innombrables races d'animaux qui vivent à sa surface. L'aspect du firmament et l'immensité des

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espaces célestes formeDi ua tableau où la grandeur des masses, le nombre des soleils diversement groupés, les pâles nébuleuses elles-mêmes peuvent bien exdter notre étonnement ou notre admiration ; mais nous nous sentons étrangers à ces mondes où règne une solitude apparente, et qui ne peuvent faire naître l'impression immédiate par laquelle la vie Monique nous rattache à la terre. Aussi, toutes les conceptions physiques de l'homme, même les plus modernes, ont-elles toujours séparé le ciel de la terre comme en deux régions : l'une supérieure, l'autre inférieure. Si donc, (jour peindre le tableau de la nature, on choisissait le poinl de vue où nous placent nos sens, il faudrait commencer par le sol ntêue qui nous porte, décrire le globe terrestre, sa forme et ses dimensions, sa densité et sa température croissant vers le centre; séparer les couches saperposées, tant fluides que solides; distinguer les cootiDenls d'avec les mers, peindre la vie organique développant partout sa trame, envahissant la surface et peuplant les profondeurs; et cet océan aérien pwpélutillemenl agité par les courants, au fond duquel surgissent, comme autant de bas-fonds et d'écueils, les hautes chaînes de nos montagnes counanées de forêts. Après ce tableau, dont notre globe seul aurait fourni tous les traits, le regard s'élèverait vers les espaces célestes, et la terre, domaine désormais bien connu de la vie organique, serait alors considérée comme planète; elle prendrait son rang parmi les autres globes, satellites comme elle d'un

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de des aetres sans nombre qui brillent de leur propre lumière. Celte série d'idées a tracé la toie des premières théories générales qui ont pris leur point de départ dans nos sensations; elle rappdlerait presque celte antique conception d'une terre eoTîronnée de tous côtés par les eaus et portent ta voûte céleste; elle débute sur le lieu mÉme de l'observateur, elle part du connu pour aller k l'inconnu, de ce qui nous touche et nous presse pour atteindre aux lilniles de noire portée. C'est la nïélhode mathématiquement trùs^fondée que l'cm suit dans l'exposition des théories astronomiques, lorsqu'on passe des niouvemenls apparents aux mouvements rérfs des corps célestes.

Mais s'il s'agit d'exposer l'ensemble de nos connaissances dans ce qu'elles ont d'arrêté el de positif, ou Hiètaie dans ce qui est actuellement probable à divers degrés, sans s'astreindre toutefois à en développer la démonstration, il faut recourir à un ordre d'idées tout dïBérent, et redoncer surtout à ce point de départ terrestre) dont l'importance dans la généralité est excln- ^vement relative à l'homme. La terre ne doit plus d'abord apparaître que comme un détail subordonné à l'ensemble dont elle fait partie; il f^ut se garder d'amoindrir le caractère de grandeur d'une (elle conception, par des motifs puisés dans la proximité de certains phénomènes particaliers, dans leur influence plus intime, dans leur utilité plus directe. Une description phystqtie du monde, c'est-à-dire un tableau générât de la mturet doit donc corameoeer par le ciel

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et non par notre terre; mais à mesure que la sphère eoibrassée par le regard se rétrécira, cous verrons s'augnirater la richesse des détails, nous verrons 1^ apparences physiques se compléter, les propriétés ^ifiqaes de la matière se multiplier. De ces régions, oii la seule force dont il nous soit donné de constater l'eiistaioe est celle de la graTitalion, nous desœodrotis gndnellement jusqu'à notre planète, et nous aborderons enfin le jeu compliqué des forces qui régnent à sa 9ur&ce. La méthode descriptive que je viens d'esquisse est l'inverse de celle qui en a fourni tes matériaux ; la première énuroère et classe ce que la seconde a démontré.

Par ses organes, l'homme se met en rapport avec la oatare; l'existence de ta matière dans les profondeurs da del nous est révélée par les phénomènes lumineux ; on peut dire ainsi que l'œil est l'organe de la conlemplalion de l'univers, et la découverte de la vision télescopique, qui date à peine de deux siècles et demi, a doué les générations actuelles d'une puissance dont elks ignorent encore les limites.

Les premières et les plus générales parmi les considérations qui forment la science du Cosmos ont trait

I ta répartition, dans les espaces, de la matière ou de

II création , pour employer le terme qui sert d'ordinaire à désigner l'ensemble actuel des êtres et les dévek^pemeots successifs dont ils contiennent le germe. Btd'abord, nous voyons la matière, tantSt condensée m globes de grandeurs et de densités très-diverses, ■nimés d'un double mouvement de rotation et de

tranelatioD, tantôt dissémiaés dans l'espace, sous rorme de oébulosités phosphorescentes.

CoDsidcroDs en premier lieu cette matière cosmique répartie dans le ciel sous des formes plus ou moins déterminées, et dans tous les états possibles d'agrégation. Lorsqu'elles ont de faibles dimensions apparentes, les nébuleuses présentent l'aspect de petits disques ronds ou elliptiques, soit isolés soit disposés par couples et réunis alors quelquefois par un mince lîlet lumineux. Sous de plus grands diamètres, la matière nébuleuse prend les formes les plus variées : elle envoie au loin, dans l'espace, de nombreuses ramiScalions; elle s'étend eo éventail , ou bien elle aflecte la figure annulaire aux contours nettement accusés, avec un espace central obscur. On croit que ces nébuleuses subissent graduellement des changements de forme, suivant que la matière, obéissant aux lois de la gravitation, se condense autour d'un ou de plusieurs centres. Environ 3500 de ces nébuleuses, que les plus puissants télescopes n'ont pu résoudre en étoiles, sont maiolcnanl classées et déterminées, quant aux lieux qu'elles occupent dans le ciel.

En présence de ce développement génésique. de CCS formations perpétuellement progressives, dont une partie de ces espaces célestes semble être le tlioûtre, l'observateur philosophe s'est trouvé conduit il établir une analogie entre ces grands phénoiiièues et ceux de la vie orgauique : de tuéme que uou:^ voyous daus nos forêts des arbres de même espèce

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parvenus ii tous les degrés possibles de croissance, de même od peut recoonaitre, dans l'ijumeosité des champs célestes, les diverses phases de la formalioD graduelle des étoiles. Cette coadeosation progressive, easeigoée par Aaaximène, et, avec lui, par toute l'école ionique, parait ainsi se développer simultanémeDi à nos yeux. Il faut le recoQDaltre, la teodance presque divinatrice de ces recherches et de ces efforts de l'esprit a toujours ofTert à l'imagination l'attrait le plus puissant (31) ; mais ce qui doit captiver, dans Pélude de la vie et des forces qui animent l'univers, c'est bien moins la connaissance des êtres dans leui' essence que celle de la loi de leur développement, c'est^i-dire la succession des formes qu'ils revêtent; car, de l'acte même de la création, d'une origine des choses considérée comme la transition du néant li l'être, ni l'expérience, ni le raisonnement ne sauraient nous eo donner l'idée.

Od ne s'est point borné è constater dans les nébu- Irases diverses phases de formation par les degrés de leur condensation plus ou moins marquée vers le centre; o'n a cru pouvoir aussi déduire immédiatement d'observations faites è différenles époques, qu'il E'est opéré des changements effectifs dans la nébuleuse d'Andromède, puis dans celle du navire Argo et dans les Hlamenls isolés qui appartiennent à la nébuleuse d'Orion ; mais l'inégale puissance des instruments employés à ces diverses époques, les variations de notre atmosphère, et d'autres influences de nature optique, jettent un doute légitime sur une partie de

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c«s résultatst quand on les considère coomie des termes de comparaison légués par l'histoire des cieuz.

Ni les taches nébuleuses proprement dites, à formes si variées, à régions brillant d'un inégal éclat, et dont la matière, sans cesse concentrée dans un moindre espace^ finira peut-être par se condenser en étoiles, ni les nébuleuses planélaires qui émettent, de tous les points de leurs disques un peu ovales, une lumière douce pariaitemedt uniforme, ne doivent être confoodues Avec les étoiles nébuleuses. Il ne s'agit pas ici d'un elfet de projection purement fortuit ; bien loin de Ihf la matière phosphorescente, la nébulosité forme uh tolit avec l'étoile qii'elle environne. Â en jtiger par leur diamètre apparent souvent considérable, et par la distance où elles brillent, ces deux variétés, les nébuleuses planélaires et les étoiles nébuleuses, doivent avoir d'énormes dimensions. Il résulte de considérations noilvelles extrêmement ingénieuses, sur les elTels diters que l'éloignemenl doit produire dans l'éclat d'un disque lumineux de diamètre appréciable, et dans cehii d'un point isolé, que les n^ufeuses planétaires sont probablemetit des étoiles nébuleuses pour lesquelles toute différence d'éclat entre l'éloile cehfnlle et l'atmosphère environnante aurait disparu même pour l'œil armé des plus puissants télescopes.

Les inagniSques zones du ciel austral comprises entre les parallèles du 50' et du 80° degré, sont les plus riches en étoiles nébuleuses et en amas de nébulosités

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irrédactibles. Des deux nuages magellaniques qu) touriteot autour du pôle austral, de ce pôle si pauvre en étoiles qu'on dirait une contrée dévastée, le plus grand surtout paraît être* d'après des recherches récetiles (ii), a une étonnante agglomération d'amas sphériques d'étoiles plus ou moins grandes et dé nébuleuses irréductibles, dont l'éclat général iltnminG le champ de la vision et forme comme le fond du Ublmu. » L'aspect de ces nuages, la brillante cotist^tioD du navire Argo, la voie lacté^j qui s'étend eotre le Scorpion, le Centaure et la Croix, et, j'ose le Jire, l'aspect si pittoresque de tout le ciel austral, ont produit sur mon âme une impression Inefiaçable.

lA lumière zodiacale qui monte au-dessus de l'horizoB comme une pyramide de lumière, et dont le doux édat fait l'éternel ornement des nuits interiropicales, est probablement une grande riébuleuse annulaire tournant entre l'orbite de Mars et celle de la Terre ; car ou ne saurait admettre que ce soil la couche extérieure de l'atmosphère même du Soleil. Outre ces D^ulwités, ces nuages Inmineux è formes déterminées, des observations exactes s'accordent à établir l'exisleDcf) d'une matière inâhimeQt ténue, qui ne pos- «le probablement pas de lufnière propre, mais dont l'erotence se révèle par la i-éststance qu'elle oppose îo mouvement de la comète d'EdCke (et peut-êtro aussi de celles de Blela et de Paye), par la dimintition ip'elle fait subir ti l'excentricité et la durée de la révolulioa. On peut se représenter cette matière étliérée w coBtoiquc, flottante dans l'espace, comme animée

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de mouvement ; malgré sa lénuilé originaire, on peut la supposer soumise aux lois de la graviiatioo, et plus (condensée par conséquent aux environs de l'énoraio masse du Soleil ; on pourrait admettre, entin, qu'elle se renouvelle et qu'elle s'augmente, depuis des myriades de siècles, par les matières gazéiformes que les queues des comètes abandouoeot dans l'espace.

Après avoir ainsi passé en revue la variété des formes que revêt la matière disséminée dans les espaces infinis des cieux (oùp ovoù xoproî) (33) , soit qu'elle s'étende sans limites et sans contours, comme une sorte d'éther cosmique, soit qu'elle ait été primitivement condensée en nébuleuses, il Taut considérer la partie solide de cet univers, c'est-à-dire la matière agglomérée en globes auxquels appartiennent exclusivement les désignations d'astres ou de mondes slellaires. Ici encore nous trouvons des degrés divers d'agrégation et de densité, et notre propre système solaire reproduit mus les termes de la série des pesanteurs spécifiques (rapport du volume à la masse) que les substances terrestres nous ont rendus familiers. Quand on compare les planètes, depuis Mercure jusqu'à Mars, au Soleil et à Jupiter, et ces deux derniers astres à Saturne moins dense encore, on se trouve conduit, par une progression décroissante, de la pesanteur spécifique de l'anlimoioe métallique, jusqu'à celle du miel, de l'eau et du sapin. Bien plus, la densité des comètes est si faible que la lumière des étoiles les traverse sans être réfractée, même par celte partie plus compacte que l'on nomiue

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babitnellement la tt^le ou la nébulosité; peut-^tro la Qiasse d'aucune comète n'a atteint la cinq millième partie de celle de la Terre. Signalons ici ce qu'il y a de frappant dans la diversité des eflets produits par les forces dont l'action progressive a présidé dès l'origioe aux agglomérations de la matière ; du point de vue général où nous sommes placé, nous aurions pa indiquer à priori cette variété indéfinie comme un r^lat possible de l'action combinée des forces génératrices; il valait mieux se réserver de la montrer coome un fait réel qui se développe efTéctivement à nos yeux dans les r^ons célestes.

Les conceptions purement spéculatives de Wright, •le Eant et de Lambert, sur la construction générale descieuXiOnt été établies par sir William Herschel sur Que base plus solide, celle des observations et des mesures précises. Ce grand homme, si hardi et si prudmtà la fois dans ses recherches, fut le premier qui osa sonder les profondeurs des cieux pour déterminer les limites et la forme de la couche isolée d'étoiles dont Qous faisons partie; le premier il tenta d'appliqoer à cette zone stellaire les rapports de grandeur, de fanne et de position qui lui étaient révélés par l'étude des nébuleuses éloignées, justitiant ainsi la belle épi- U|^ gravée sur son tombeau à Upton : Cœlorum ftmtpU clauslra. Lancé, comme Colomb, sur une ■Kr inconnue, il découvrit des côtes et des archipels dont il laissait aux générations suivantes le soin de déterminer la position exacte.

Il a yiu recourir h rle^ hypothèses plus ou moins

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Traisemblablee siir les diverses grandeurs des étoitee et leur nombre relatif, c'est-à-dire sur leur accumulation plus ou moins niarqu<^ dans les espaces égaux que circonscrit le champ d'un télescope donné, armé toujours du même grossissement, pour évaluer l'épaisseur des couches ou des zones qu'elles ctmstitueDl. Aussi est-il impossible d'attribuer h ces aperçus, quand il s'agit d'en déduire les particularités de la structure des cieux, le même degré de certitude auquel ou est parvenu dans l'étude des phénomènes particuliers » notre système solaire, ou dans la théorie des mouvements apparents et réels des corps célestes en général, ou même dans la délennination des révolutions accomplies par les étoiles composantes d'un système bioaire autour de leur centre commun de gravité. Cette partie de la science du Cosmos ressemble aux époques fabuleuses ou mythologiques de l'histoire; toutes deux remontent en effet à ce crépuscule incertain où vieuDenl se perdre les origines des temps historiques el les limites de l'espace que nos mesures cessent déjà d'atteindre; alors l'évidence commence à disparaître de DOS conceptions, et tout invite l'imagination à chercbef en die- même une forme et des contours arrêtés pour ces a^^rences confVises qui menacent de nous échapper. Mais revenons à la comparaison que nous avons déjà indiquée entre la voûte céleste et une mer parsemée d'tles et d'archipels; elle aidera à mieux saisir les divers modes de répartition des agrégats isolés que forme la matière cosmique, de ces nébuleuses non résolubles, condensées autour d'un ou de plu-

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sieurs centres, portai)! en elles-roèmes Vindice de leur antiquité ; de ces amas d'étoiles ou de ces groupe sporadiques dist'qcts qui présentent des traces d'une formation plqs réceote. L'aqias d'étoiles dpnt nous faisons partie et que nous pourrions appeler aipsi une fie dans ruaivers, fomte yqe couche aplatie, lenticulaire, isolée de loutee parts; op estime que sop graqij axe est égal à sept ou huit cepts fois la distapce de Sirius à la Tot«> et le petil axe à ceqt cinquante dp ces unités. Quant à la grandeqr absolue de l'unité dont il s'agit, pour s'en former une idée, on peut supposer que la parallaxe tjp Sirius nç dépasse point cçl|e de |a brillante du Centaure (0'',9J28] ; dans ce cas la lumière emploirait trois années à parcourir la distance qui nous sépare de Sirius; d'après les admirables travaux de Bessel sur la parallaxe de la 61' du Cigne (O^iâfiSâ) (34), étoile dont Ip mouvemeqt propre considérable laissait sotipçonner la proximité, un rayon lumineux parti de rat astre pe peut arriver jusqu'à nous qu'après neuf a» un quart.

Notre amas (t'étoiles. do^t l'épaisseur est relativement faible, se partage en ^eqx braqches sur un ti^rs enriroQ de son étendu^; çn pense que le système solaire y est situé expentriquemeot, non loin du point de partage, plus près de )a V^gioq où brille Sirius que de la constellatioq de l'Aïg^, et presque au piiUeu de b couche dans le sens dç ^n épaisseur.

Nous l'aTons dit plus haut, c'est en jaugeant syslânatiqqemapt le cie|, c'est en comptapt les étoiles cooienues dans le champ invariable d'un télescope

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dirigé successivement vers toutes les régions de l'espace, que l'on est parvenu à fixer ainsi la place de notre système solaire, à déterminer la forme et les dimensions de l'amas lenticulaire d'étoiles dont il fait partie. En effet, si les nombres plus ou moins grands d'étoiles que renferment des espaces égaux, varient eo raison de l'épaisseur même de la couche dans chaque direction, ces nombres doivent donner la longueur du rayon visuel, sonde hardiment jetée dans les profondeurs du ciel, lorsque le rayon atteint le fond de la couche stellaire ou plutôt sa limite extérieure, car il ne peut être question ici ni de haut ni de bas. Dans le sens du grand axe, le rayon visuel doit rencontrer les étoiles échelonnées suivant cette direction, en beaucoup plus grand nombre que partout ailleurs; les étoiles sont en effet fortement condensées dans ces régions, et comme réunies dans bne nuance générale qu'on peut comparer à une poussière lumineuse. Leur ensemble dessine sur la voàte céleste une zone qui parait l'envelopper complètement. Cette zone étroite, dont l'éclat inégal est interrompu çà et là par des espaces obscurs, suit, à quelques degrés près, la direction d'un grand cercle de la sphère, [tarce que nous sommes placés près du milieu de la couche d'étoiles et dans le plan même de la voie lactée, qui en est la perspective. Si notre système planétaire se trouvait situé à une grande distance de cet amas d'étoiles, la voie lactée offrirait l'apparence d'uo anneau; à une distance encore plus forte, elle apparaîtrait, dabs un télescope, comme une nébuleuse

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in^ucUble terniinée par ua contour circulaire. Parmi tous ces astres lumiaeux par eux-mêmes, qu'on a longtemps réputés fixes , mais à tort, puisque leur p(^itioD change contiDuellement ; parmi ces astres qui forment notre île dans l'océan des mondes, le soleil est le seul que des observations réelles nous permettent de reconnaître comme centre des mouvements d'un système secondaire composé de planètes, de comètes et d'astéroïdes analogues à nos aérolithes. Les étoiles doubles ou multiples ne sauraient être assimilées complètement à notre monde planétaire, ni pour la dépendance des mouvements relatifs, ni pour les apparences lumineuses. A la vérité, les astres brillant d'une lumière propre qui forment ces associations binaires ou plus complexes, tournent aussi autour de leur centre commun de gravité; ils entraînent peut^tre des cortèges de planètes et de lunes dont nos télescopes ne peuvent nous révéler l'existence, mais le centre de leurs mouvements se trouve dans UD espace vide ou rempli seulement de matière cosmique, tandis que, dans le système solaire, ce centre est situé à l'iatérieur d'un corps visible. Si, pourtant, ou voulait considérer comme étoiles doubles le Soleil et la Terre, ou bien la Terre et la Lune, si on assimilait rensemble des planètes à un système multiple, il faudrût restreindre aux seuls mouvements l'analogie que «s dénominations rappellent, car on peut admettre l'universalité des lois de la gravitation, mais tout ce qui a trait aux af^rences lumineuses devrait être exclu de ce rapprochement.

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Wacés à ce point de rue gént^ral qui nous ébit imposé par la nature mAme de notre œuvre, il nous e9l permis d'cntisager actuellement le sysièrae solaire M(H un donbfe aspect : nous étudierons d'abord, dans les classes diverses qu'on y peut distinguer, les caractères généraux de grandeur, de figure , de densité et âè situation relative ; nous aborderons ensuite les relatioffîi qui paraissent unir cet ensemble aux autres parties de notre zone étoilée : c'est indiquer assez le mouvement pfoiw* du Soleil lui-m^me.

Dans Tétat actuel de la science, le système solaire se compose de onze planètes principales, de dix-hoit hines ou satellites , et d'une myriade de comètes dont quelques-unes restent constamment dans les limites étroites du monde des planètes : ce sont les comètes planétaires. Nous pourrions encore, avec toute vraisemblance, ajouter au cortège de notre Soleil, et placer dans fa sphère oii s'exerce immédiatement son action centrale, d'abord un anneau de matière nébuleuse, animé d'un mouvement de rotation; cet anneau est probablement situé entre l'orbite de Mars et celle de Vénus, du moins il est certain qu'il dépasse l'orbite de la Terre (35) : c'est lui qui produit cette apparence lumineuse, h fbrme pyramidale, connue sous le nom de lumière zo<fiacale; en second lieu, une multitude d'astéroïdes excessivement petits, dont les orbites coupent celle de la "Terre ou s'en écartent fort peu: c'est par eux qu'on explique les apparitions d'étoiles filantes et les chutes d'aérolithes. Lorsque l'on considère ces formations si complexes, ces astrœ si nom-

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breux qui circidmt autour du Soleil dïtos des ellipses phis ou moins excenlriquee , sans cbéiV;her à etpTi- (fier, avec l'imoiortel autear de )» Mécanique éékstè, l'or^ne de la f^uparl deâ oomèMr, par des pOrï!&Aà de matière détachées des nébuleuse» et errant d'un monde à l'autre (36), il faut bien recoilnattrcf que les (danètes avec leurs satellites ne forment ^'utfe trèsbible partie du systènie solaire, si oû a égard au nombre et non pas aux masses.

On a supposé que les planètes téleSCopiqu'éS, Vestaf, JuDOD, Gérés et Pallas, fortnent une sOfte dé ^upe intermédiaire, et que leurs orbites, si étroitement enttïlacées, si inclinées, si excentriques , déterminent dans l'espace nne zone de séparation entre les planètes inlérienres. Mercure, Vénus, (a terre, Maiï, et la région des planètes extérieures, Jupiter, Saturne, ^Uranu8.{37). Ces deux régions présentent en effet leS' contrasta les plus frappants. Les [danètes intérieures, plus rapprochées du Soleil, sont de grandeur n»>yenfie'; leor densité est con^dérable; elles tourneM lentëûieltf svf elles-mêmes en temps è peu près égaux fvirïgfqoalre heures environ ) ; elles sont peu aplaties, et saof la Terre, elles sont totalement dépourvoéï ât aatdiites : les planètes extérieures sont énormément plus grosses et cinq fois moins denses; leur rotation est deux fois au nfoins plus rapide , leur aplati^ftttent plus marqué; enfin, le nombre de leurs satellites est à celui du groupe intérieur, dans le rapport de dixsept à un, si toutefois Uranus possède effectiremeut les &x lunes qu'on lui attribue.

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Mais les considéra lions d'où nous avons fait ressortir les caractères généraux de ces deux groupes, ne sauraient s'étendre avec une égale justesse à chacune des planètes en particulier ; on ne pourrait comparer ainsi une à une les distances au centre commun des mouvements avec les grandeurs absolues, les densités avec le temps de la rotation, les exc^itricités et l'inclinaison mutuelle des orbites avec les grands axœ. Nous ne connaissons point de liaison nécessaire entre les six éléments que nous venons d'énumérer et les moyennes distances, nous ignorons s'il existe entre ces diverses grandeurs une loi de la mécanique céleste analogue à celle qui unit, par exemple, les carrés des temps périodiques aux cubes des grands axes. Mars est plus éloigné du Soleil que Vénus et que la Terre; il est pourtant plus petit, et de toutes les planètes anciennement connues, celle dont il diffère le moins quant au diamètre, c'est la planète la plus voisine du Soleil, c'est Meicure. Saturne est plus petit que Jupiter, mais il est beaucoup plus gros qu'Uranus. Bien plus, à la zone des planètes télescopiques succède immédiatement Jupiter, le plus puissant de tous les astres secondaires de notre système; et cependant la surface de ces astéroïdes, dont le diamètre, par sa petitesse , échappe presque à nos mesures, dépasse à peine de moitié celle delà France, de Madagascar ou de Bornéo. Quelque frappante que puisse être la densité si extraordinairement faible des colosses planétaires qui gravitent vers le Soleil aux confins de notre monde, ici encore il n'y a pas de régu-

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tarilé dans la série décroissante (3S), puisque Uranus parait être plus dease que Saturne, même en admettant la masse donnée par LamoQt, ~ïï> '^ P'"^ faible de toutes; et tnalgré la diiïérence à peine notable qui s'observe dans les densités du groupe des planètes les plus rapprochées du Soleil (39), nous trouvons, de part et d'autre de ia Terre, Vénus et Mars, qui sont tous deux moins denses que notre planète. Quant à )a durée de la rotation, elle diminue incontestablement à mesure que la distance au Soleil augmente, mais elle est plus grande pour Mars que pour la Terre, plus graode aussi pour Saturne que pour Jupiter. Les plus fortes excentricités appartiennent aux ellipses que décrivent Junon, Pallas et Mercure; les plus faibles sont celles de Vénus et de la Terre , deux planètes qui se suivent pourtant dans l'ordre des distances. Mercure et Vénus nous offrent précisément le même contraste que les quatre petites planètes, car les excentricités peu dif- ' férenles de JuDon et de Pallas sont triples de celles de Ciirès et de Vesta. De semblables anomalies se présentent (juand on considère rinclinaison des orbites sur le plan de l'écliptique, et la position relative des axes de rotation, éléments qui iniluent bien autrement que l'excentricité sur les climats, la longueur de l'année et la durée variable des jours. Les ellipses les plus allongées , celles que parcourent Junon , Pallas et Mercure, sont aussi les plus fortement inclinées sur l'écliptique, mais dans des rapports très-différents : rinclinaison de l'orbite de Pallas. dont ou ne retrouve d'analogue que parmi tes comètes, est à peu près

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yiogt-Eix fois plus graode que colle de Jupiter, tandis que -l'inclinaison de la petite planète Ve&ta, si rapprochée de Pallas, surpasse à peine le sextuple du mùvaQ angle. On n'a pas mieux réussi à former une série régulièi^ avec les positions des axes de rotation des quatre ou cinq planètes à l'égard desquelles cet éléiDQBt a été déterminé avec exaotitude. A eo juger, pour Uranus, d'après la positiou des plans dans lesquels tournent les deux seuls satellites qui aient été Dé£j>gervi5s récemment, l'axe de rotation de cette planète serait incliné de 11° à peine sur le plan de son orbite ; et Saturne se trouve ainsi placé, sous ce rapport, entre Jupiter, dont l'axe de rotation est presque perpendiculaire du plan de l'orbite, et Uranus.

II semble résulter de l'énumération de ces irrégularités, que le monde des formations célestes doit être ;«ccepté comme un fait, comme une donnée naturelle qui se dérobe aux S|M5culalions de l'esprit par l'absence de tout encliainement visible de cause à effet. Ep d'autres termes, les rapports de grandeurs abso> lues et de position relative des axes, les relations qui existent dans le système planétaire entre les densités, ]fi& durées de rotation et les excentricités, ne nous paraissent pas autrement nécessaires dans la nature que la idislribution des eaux et des terres à la surface de BOlre globe, les contours de ses continents ou lu hauteur de ses chaînes de montagnes. Point de loi gûnérajc qu'on puisse établir, sous ces divers rapports, 4aQâ Les cicux ou dans les iné.^alilés des couches tervu^if-^a i ce sont autant iJc faite naturels pixiduits jiar lu

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a»flit de forces multiples qui ont agi autrefois daos des eoaditioos tout à fait^iaconnues. Or, eo fait de cogiDOgoDie, l'homme attribue au jen du hasard ce ((u'il ne peut expliquer par l'acticMB génératrice des forœe <^i lui sont familières. ^ les j^anètee ont élë knoées par la coodensaiioD progressive d'aDoem^ de de ontièraB gazeuses, ccmceDtriqttes au Soleil, les deo- BléB, les températures, les tensions magnétiques inégiles de ces anneaux expliquent les difTérânces actueUes de forine et de grandeur, tout oomn»e les rilesses pn- DttiTes de rotation , et de petites variations dans la directicn des mouvements peuvent rendre compte des iBdiuisoDS et des excentricités ; ea outre, les atlraclioag des masses et les lois de la pesanteur jouèrent ici kuf rôle ausKi bien que dans les soulèvemeuts qui prodniareot 1m irrégularités de la surface terrestre ; mais il est impossible de déduire, de l'état actuel des choses, la série entière des mutations qu'elles ont dû parcoohr avant d'y arriver. Quant à la loi bien connue par laquelle on a volu rdier les distances des planètes au Soleil, on «i a constaté numériquement l'inexacttbKle pow les intervalles qui séparent Mercure, Vénus M la Terre; d'ailleurs, elle est en contradiction manifeste avec la notiï)n même de série, à cause du premier leroie qu'on y suppose.

Les <mzc pilanètes principales qui composent à présent ie système solaire, sont accompagnées, dans leurs mouvements, par quatorze planètes secondaires (lunes mmtelUtes), dont l'existence est incontestable; ce dernier aoratire s'élèvorail même phis haut si on tenait

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compte des quatre satellites dont la réalité est moins bien établie. Ainsi, les planètes principales sont à lear tour les centres des mouvements de systèmes subordonnés. Évidemment la nature a procédé dans les formations célestes comme dans le règne de la vie organique, où nous voyons si souvent les classes secondaires reproduire les types primitifs autour desquels les animaux et les végétaux viennent se grouper. Les satellites sont plus nombreux vers les régions extrêmes du monde planétaire, au delà des orbites si étroitement assemblées de ce qu'on nomme les petites planètes. Mais, du côté opposé, les planètes sont dépourvues de lunes, excepté la Terre, dont le satellite est proportionnellement très-grand, car son diamètre est le quart de celui de notre globe, tandis que le plus grand satellite connu, la sixième lune de Saturne, est linéairement dix-sept fois plus petit que cette dernière planète. Ce sont précisément les planètes les plus éloignées du Soleil, les plus grandes, les moins denses et les plus aplaties, qui possèdent le plus de satellites ; Uranus lui-même ne fait exception à cette remarque sous aucun rapport, car son aplatissement, fixé, par les nouvelles recherches de Maedler, à ^7, dépasse celui de toutes les autres planètes. Mais dans ces systèmes éloignés, la diflerence entre les satellites et l'astre central quant aux diamètres et aux masses, est beaucoup plus prononcée que dans le système analogue formé par la Terre et la Lune (hO) , dont la distance est de 38&00 myriamètres (51800 milles géographiques). Les relations de densité y sont aussi tout ^ fiiit

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difiëreDitô, car la .densité de la Lune est ) de celle de la Terre , tandis que le deuxième satellite de Jupiter parait être plus dense que sa i^nète centrale, s'il est permis toutefois d'ajouter une confiance entière Ji des déterminations aussi délicates que celles des masses et des volumes de ces satellites.

Parmi tous ces systèmes secondaires, du moins parmi ceux dont la théorie offre un certain degré d'exactitude, le plus singulier est assurément le tDoode de Saturne. Les cas extrêmes, en fait de grandears absolues et de distances des satellites à la planète centrale, s'y trouvent réunis. Ainsi, le sixième et le septième satellite de Saturne sont énormes; dans l'ordre des volumes, ils passent avant tous ceux de Jupiter; peut-être même le sixième satellite ne diflére-t-il guère de Mars, dont le diamètre est précisénKDt le double du diamètre de notre Lune. Au contraire, les deux satellites les plus voisins de Saturne, que William Herschel découvrit en 1787, à l'aide de son télescope de kO pieds, les mêmes qui plus tard, furent revus à grand'peine par John Herschel au cap de Bonne- Espérance, par Vico à Rome, et par Lamont à Munich, ces deux satellites sont, disons-nous, avec ceux d'Uranus, les astres les plus petits et les plus difficiles à voir de tout notre système solaire; les plus puissants télescopes n'y sauraient suffire, il faut eocore savoir choisir les circonstances favorables. Au reste, les disques apparents de tous ces satellites sont extrêmement petits, et la détermination de leurs dimenàons réelles ne peut s'obtenir que par des mesures

noicroniétriques où l'oo rencoBtre.à ta Tois tous Iw genres de difficultés ; heureusemeot l'astrouoniie q«i fepréseDte par des oombres lee mouvemeDts des astres, tels qu'ils apparaiBseot k un observateur placé sur la terj%, rastrouauiie calculalrice, en uq mot, a bien inoÎDS besoin de connaître exactement les Tolumes que les masses et les disiances.

De toutes ces planètes secondaires, c'est te septi^ne setellitâ de Saturne qui s'écarte le plus de sa planète centrale. Sa dislance dépasse un tiers de million de myriamètres t elle est donc décuple de celle de la Luite à la Terre. Dans le monde de Jupiter, ledMvier satellite est éloigné de 193000 myriamètres ; il est vrai que dans celui d'Uranus cette distance atteindrai! 2$2000 myriamètree, si l'existence du sixième satellite était bien constatée. Pour achever de mettre eo relief ces singuliers contrastes, comparons actuellement le volume de chaque planète centrale aux dimensions de l'orbite ou circule son dernier satellite. Les dislances des satellites extrêmes de Jupiter, de Saturne at d'Uraaus, exprimées eo rayons de leurs planètes centrales respectives, sont entre elles comme 9i, Gk et 27 : le septième satellite de Saturne parait alors à peine plus éloigné du centre de Saturne que ne l'est notre Lune du centre de la Terre ; la difiëreRve n'est que de n. Le satellite le plus rapproché de sa planète centrale est, sans contredit, le premier sat^lite de Saturne, qui nous offre en outre l'exemple unique d'une révolution tout entière accomplie en moins de vifl^t-quati'ii Itcurcs- Sa distance, exprimée en deflù-

diamètres de Satunie, cet de 3,/i7 d'après MaoUtv, ce qui reWentà iliSS7 piyriamètres ; eHe se réduirait d 8808 myriamèlres, si oo la comptait k partir de la jurlace de Saluroe , et à 913 myriamèlres à partir du bord exh^ieur de l'aoneau; c'est une bien faible ior- UDce, et l'on comfu'endra qu'uD voyageur puisM s'en faire aisément une idée, si l'on ae rappelle l'assartioa d'un hardi oavigtiteur, le capitaine Beechey, ^i dit avoir parcouru 18200 milleB géographiques (lââOO iii\hainètres) en trois ans. E^Bn, si, au lieu de comparer entre elles les distances absolues, on continue à les éTaJuer en rayons de chaque planète centrale, on trouve que la distance du quatrième satellite de Jupiter aa centre de cette plaoète, distance qui dépasse en réalité de fiSGO myriamètres celle d« U Lune 3 la Terre, se réduit à six fois le demi-diamètre de lupiter, tandis que la Lune est éloignée de nous de W T rayons terrestres.

Aa reste, les relations mutuelles des satellites et leurs rapports avec la planète centrale prouvent que <^ moDdes secondaires sont sowuis aux lois de ia .^vilalion qui régissent les mouvements des fia.' uéles autour du Soleil. De même que celles-ci, les liouze satellites de Saturne, de Jupitw et de la Terre, ie iDeuTent de l'occident à l'orient dans des ellipses RM différentes du cercle; la Lune et le premier satellite de Saturoe, dont l'excentricité est 0,068, sont l(S !?euls dont l'orbite soit plus elliptique que l'orbite d-' Jupiter; l'orbite du sixième satellite de Saturne, '. lui a éié pour Bcsâcl l'objet d'obswvotiuus si piticises.

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offre une excentncité de 0,0S9, supérieure par conséquent à celle de la Terre. Aux confins du monde planétaire, dans ces régions éloignées de dix-neuf rayons de l'orbile terrestre, où la force cenbiile du Soleil se trouve déjà notablement affaiblie, le système des satellites d'Uraniis présente des anomalies vraiment étranges : tandis que les autres satellites parcourent, comme tes planètes, des orbites peu inclinées sur le plan de l'écliptique et se meuvent de l'occident vers l'orient, sans même en excepter l'anneau de Saturne, qu'on pourrait assimiler à une agrégalton de satellites fondus ensemble ou du moins invariablement liés entre eux, les satellites d'Uranus, au contraire, se meuvent de l'est à l'ouest dans des plans situés presque perpendiculairement à l'écliptique. Les observations que sir John Herschel a poursuivies pendant plusieurs années confirment parraitement ces singularités. Si les planètes et leurs satellites ontélé formés par la condensation des atmosphères primitives du Soleil et des planètes principales; si ces atmos- [^ères se sont divisées successivement en anneaux fluides animés d'un mouvement de rotation, il faut que des effets de retardation ou de réaction bien énergiques se soient produits, d'une manière inconnue, dans les anneaux d'Uranus, pour que les mouvemeots du deuxième et du quatrième satellites se trouvent ainsi dirigés en sens inverse de la rotation de la planète centrale.

II est extrêmement probable que le temps de ta rotation de chaque satellite autour de son axe est égal au

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temps que chacun de ces astres emploie à faire sa révolution sidérale autour de la planète qu'il escorte; d'où l'on conclut que le salellile doit toujours préseoter la même face à la planète. En réalité, l'accord de œs deux périodes ne saurait être rigoureux, à cause des iDégalités dont la révolution sidérale est périodiquemeot affectée; telle est la cause principale de la lilnûon apparente, c'est-^-dire d'une sorte de balaucaDeol dont l'amplitude, pour la Lune, atteint plusieurs degrés, tant en longitude qu'en latitude. C'est ainsi qoe nous découvrons successivement un peu plus de la moitié de la surface de notre satellite, la partie nouvellement visible étant tantôt vers l'est, tantôt vers l'ooest du disque apparent. Ces petits mouvements libraloires et d'autres du même genre qui se manifestent Ters les pôles, placent mieux en vue, à certaines époques, des parties intéressantes, telles que le cirque de Malapert, qui cache parfois le pôle austral de la Lune, les coDtrees arctiques qui entourent le cratère de Gioja, et ta grande plaine grisâtre, située près d'Endymion, doot l'étendue surpasse celle du Mare vaporum (41)- Cependant les -f de la surface entière de la Lune éduppent à nos regards, et resteront éternellement KKbfepour nous, sauf l'intervention peu probable de ■KNiTeiles forces perturbatrices. La contemplation de • «s belles lois du monde matériel invite l'esprit k cbercfaer quelque analogie dans le monde de l'intelli- $8Dce, et l'on pense alors à ces régions inabordables où Il nature a caché le mystère de ses créations : elles {araissaient aussi destinées à rester ignorées à Jamais,

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